La Sainte Bible - La Genèse et Introduction au Pentateuque

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LA SAINTE BIBLE TEXTE D I I A TULGATE, TRADUCTION FRANÇAISE M REGARD AVEC COMMENTAIRES THÉOLOGIQUES, MORAUX, PHILOLOGIQUE^, HISTORIQUES, ETC., RÉDIGÉS D'APRÈS LES MEILLEURS TRAVAUX ANCIENS ET CONTEMPORAINS. ET ATLAS GÉOGRAPHIQUE ET ARCHEOLOGIQUE i X i • LA GENÈSE E T INTRODUCTION AU PENTATEUQUE P a r M. l 'Abbé H. -J . C R E L I E R Ancien professeur de philosophie PARIS P . L E T H I E L L E U X , L I B R A I R E - É D I T E U R l O , rue Cassette, 3.0 1 8 9 5 Tous droits
  • origine mosaïque du pentateuque
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Publié le : mercredi 28 mars 2012
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LA
SAINTE BIBLE
TEXTE DII A TULGATE, TRADUCTION FRANÇAISE M REGARD
AVEC COMMENTAIRES
THÉOLOGIQUES, MORAUX, PHILOLOGIQUE^, HISTORIQUES, ETC., RÉDIGÉS D'APRÈS LES MEILLEURS
TRAVAUX ANCIENS ET CONTEMPORAINS.
ET ATLAS GÉOGRAPHIQUE ET ARCHEOLOGIQUE
iX i •
LA GENÈSE
E T
INTRODUCTION AU PENTATEUQUE
Pa r M. l'Abbé H.-J. CRELIER
Ancien professeur de philosophie
PARIS
P . LETHIELLEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR
lO , rue Cassette, 3.0
189 5
Tous droits réservés. L A
SAINTE BIBLE
L A GENÈSE
ET INTRODUCTION AU PENTATEUQUE IMPRIMATU R
Parisis, die 26 octobris 1888.
ï FRANCISCUS, Archiepiscopus Parisiensis.
PROPRIÉT É DE L'ÉDITEUR INTRODUCTION AU PENTATEUQUE
§ I. — Nom et division du Pentateuque; son importcmce.
Le Nouveau Testament s'appuie sur l'Ancien, qui en est l'annonce et la pré­
paration, et l'Ancien lui-même repose tout entier sur les livres de Moïse.
Ces livres sont désignés sous le nom collectif de Pentateuque, formé de
ic£vce, cinq, et ^eu^oç,. volume, sous-ent. PtgXoç, livre, c'est-à-dire, livre en cinq
volumes, appellation qui a passé du grec dans le latin et de là dans les langues
modernes. Les juifs les appellent minn is d Livre de la Loi, ou simplement
min, Loi, proprement enseignement, nom dérivé de rnin (hiph. de m*),
montrer, enseigner. C'est l'appellation la plus juste, le Pentateuque n'étant
autre chose en effet que le livre des enseignements que Jéhovah a donnés
par Moïse à son peuple, aux Israélites, d'où vient qu'il est aussi appelé d'un
nom plus complet Loi de Jéhovah, et Livre de Moïse.
La division en cinq livres est-elle primitive, ou a-t-elle été introduite pos­
térieurement? C'est une question sur laquelle on n'est pas d'accord. Nul doute
qu'elle ne soit très ancienne. Haevernicfc et Kaulen l'attribuent aux Septante;
d'autres tiennent pour certain qu'elle remonte plus haut, et plusieurs pensent
qu'elle vient de l'auteur même. Il eet incontestable en effet eue le partage en
cinq-parties est indiqué par celui des matières; mais Kaulen rait observer que,
dans les manuscrits, le texte est toujours écrit tout d'une suite, et que les
quatre derniers livres n'y présentent pas des divisions plus tranchées que cel­
les qui se rencontrent dans la suite de ces mêmes livres.
Les juifs de Palestine ont désigné les livres particuliers dont est formé le
Pentateuque, sauf le quatrième, par le premier mot de chacun ; ceux d'Alexan­
drie, et en particulier les Septante, qu'ont suivis les chrétiens, d'après
leur principal contenu. Nous nous contenterons de citer ici ces noms, sur les­
quels seront données les explications nécessaires en tête de chaque livre. Ce
sont : 1° r№N* n Berbshith, la Genèse, ou l'Origine du monde et de l'homme;
rmxo hSni Veelleh Shemotii, YÊxode ou la Sortie d'Egypte ; 3° Nip'i
Vaïyiqera , le Lévitique ou le Code des Lévites et des prêtres; 4°in m Bam-
midebar et aussi autrefois -Dm Vayedabber, les Nombres ou la relation des
deux Dénombrements du peuple ; 5° DWin nS« E lle h Haddebarim, le Deuté-
ronomeovi la Seconde promulgation de la Loi.
Le Pentateuque forme un tout complet en soi, gui commence avec la créa­
tion du monde et finit à la mprt de Moïse, le médiateur de l'ancienne alliance.
Tout ce que raconte le .premier livre sur les temps primitifs du genre humain
et -sur les origines du peuple d'Israël est en rapport plus ou moins direct,,
prochain ou éloigné, comme préliminaire et comme fondement, avec le
royaume de Dieu, dont la fondation et les lois sont l'objet dès livres suivants.!
Le second livre en raconte rétablissement sur le Siaaï, avec sa constitution et
Ste Bible. — La Gbsèse. — À . II INTRODUCTION AU PENTATEUQUB
ses lois fondamentales, qui sont suivies, dans le troisième et le quatrième li­
vres, des autres lois destinées à régler les relations religieuses et civiles. Ces
lois toutefois ne sont pas proposées dans un ordre systématique rigoureux,
mais, plutôt historiquement, à propos des circonstances qui les ont provoquées.
Enfin le cinquième livre est une répétition comprenant l'histoire et la législa­
tion sous la forme d'exhortation pour inculquer au peuple l'observation de la
Loi, la fidélité à Dieu et à l'alliance contractée avec lui, afin de mériter con­
stamment son assistance.
En somme, le Pentateuque nous présente, dans les discours et dans les
faits, les points fondamentaux ,de la religion et de la Révélation divine. Nous
y apprenons à connaître Dieu comme créateur et souverain Seigneur de toutes
choses, et par suite nos rapports avec lui et avec le monde, et l'état primitif
du genre humain; mais surtout nous y trouvons, avec la promesse d'un Sau­
veur faite à l'homme, la cause du besoin qu'il en avait; avec l'élection
d'Abraham pour être la lige du peuple de Dieu, les raisons pour lesquelles Dieu
a voulu se choisir un peuple particulier, et les institutions qu'il lui a données
pour le mettre en état de remplir la noble et sublime mission qu'il lui con­
fiait, mission qui était non seulement de conserver dans le monde sa connais­
sance et son culte, mais encore d'être la source d'où se répandrait un jour
sa bénédiction sur tous les peuples, le porteur de son salut dans tout l'uni­
vers. Les livres postérieurs au Pentateuque ne font guère que nous montrer
sa Providence qui le dirige dans l'accomplissement de cette mission, ou qui
l'y ramène par différents moyens lorsqu'il s'en écarte, jusqu'à ce que son but
soit atteint.
C'est assez dire de quelle importance est le Pentateuque, Cette importance ne
ressort pas avec moins d'éclat des paroles de Jésus-Christ même, a Ne pensez
pas, dit-il, que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes : je ne suis pas
venu les abolir, mais les accomplir. Car en vérité je vous le dis, jusqu'à ce
que passe le ciel et la terre, un iota ou un seul trait ne passera pas de la Loi
jusqu'à ce que tout se fasse » (1), Or en tant que la vie du Sauveur est l'ac­
complissement de la Loi, ainsi que des prophètes, comment pourrait-on en
avoir l'intelligence sans la connaître dans ses rapports avec elle? Si donc il
est vrai que l'Ancien Testament ne peut être bien vu et bien compris qu'à la
lumière du Nouveau, on peut dire aussi en toute vérité que celui-ci n'appa­
raît dans tout son jour qu'autant qu'il est mis en regard de l'Ancien.
Le Pentateuque n'est pas seulement la première source de la Révélation,
le plus ancien document par lequel nous ont été transmises les manifestations
que Dieu a daignées faire aux hommes de son être et de ses perfections, de
ses desseins sur eux et des devoirs qu'ils ont à remplir pour arriver à leur fin,
il a encore pour l'histoire du monde en général une valeur incomparable.
C'est la seule histoire authentique qui ait un commencement et qui nous re­
porte non seulement à l'origine du genre humain, mais encore à celle du
ciel et de la terre, de l'univers entier.
Cependant ce n'est pas comme une histoire universelle, ni même comme une
histoire du peuple d'Israël, que le Pentateuque doit être considéré: il n'est ni
ne veut être autre chose qu'une histoire de la religion, du royaume de Dieu sur
la terre. A tout autre point de vue, il présenterait d'étonnantes lacunes, pas-
(l)Matth., v, 17. INTRODUCTION- AU PENTATEUQUE II!
sant sous silence ou seulement avec de brèves indications de longs espaces de
temps, durant lesquels il n'avait à signaler aucun nouveau fait, aucun progrès
particulier dans cette direction. Ainsi l'histoire de plusieurs siècles, depuis la
mort de Joseph jusqu'à la persécution des Israélites en Egypte, est renfermée
dans un seul verset du premier chapitre de l'Exode, et il n'est pas dit un mot
de trente-huit années du séjour des Israélites dans la presqu'île du Sinaï.
Le Penlateuque présente les institutions de rancien peuple portées du pre­
mier coup à toute la perfection dont elles étaient susceptibles, sans qu'on
découvre dans les livres postérieurs aucune trace d'un nouveau développement
du droit et de la législation chez les Israélites : au lieu de fabriquer sans cesse
de nouvelles lois, comme dans nos société modernes, les meilleurs princes
n'avaient qu'à veiller à l'observation de celles de Moïse.
S IL — AutJienlicité du Pmtaieuque,
I. — HISTORIQUE DE LA QUESTION.
L'origine mosaïque du Pentateuque a toujours été reconnue tant par les
chrétiens que par l'ancienne Synagogue ; car je ne parlerai pas de quelques
hérétiques des premiers siècles et du moyen age, tels que les nazaréens, les
manichéens, les bogomiles, adversaires de l'autorité divine de la Loi de Moïse
plutôt que de son authenticité, ni des doutes émis par quelques particuliers,
entre autres par Carlsladt et Masius, qui même, le dernier surtout, se bornent
à l'hypothèse d'intercalations et explications insérées dans le texte. Les premiè­
res attaques contre l'authenticité du Pentateuque sont venues d'Isaac de La
Peyrère, inventeur du système des préadamites (1), de Baruch Spinoza, père
du panthéisme moderne, et du libre-penseur anglais Thomas Hobbes, c'est-à-
dire, d'ennemis déclarés de la Révélation, auxquels se joignit Jean Le Clerc,
professeur d'hébreu au collège arminien d'Amsterdam ; mais elles rencontrè­
rent une telle répulsion que ce dernier se rétracta.
Ainsi les opinions contraires à l'authenticité du Pentateuque avaient trouvé
bien peu de partisans jusque vers la fin du siècle dernier. Mais lorsque la
croyance à la Révélation surnaturelle de l'Ancien et du Nouveau Testament fut
de plus en plus remplacée, particulièrement dans l'Allemagne prolestante, par
une philosophie rationaliste et sceptique, et que la négation des miracle et
des prophéties rapportés dans l'Ecriture sainte, du surnaturel en généra., eut
été érigée en axiome de critique biblique, l'origine mosaïque du Pentateuco
ne pouvait plus être admise par les partisans de ces doctrines ; car la tentative
d'expliquer naturellement les miracles de la Bible était trop peu naturelle pour
n'être pas bientôt écartée. A l'intelligence devenue non seulement étrangère
à la Révélation, mais révoltée contre elle, il ne restait d'autre parti à prendre
que de donner tous les laits surnaturels pour des mythes, des fables, ce qui
\n'était possible que dans l'hypothèse que les livres qui les rapportent n'eus­
sent été écrits- que des siècles après les événements. Gomment en effet leur
attribuer ce caractère en admettant qu'ils fussent racontés par des témoins
oculaires à des témoins oculaires? Gomment supposer, par exemple, que le
(1) Il no faut pas confondre La Peyrère, né à Bordeaux, de parente calvinistes, et mort chez les
Pères de l'Oratoire PRÈ3 de Paris en 1677, BVRC Benoît Pereira ou Pererius Jésuite, né à Valence
en Espagne en 10*35 et mort à Rome en 1610, auteur d'excellents oummeiiiaires sur l'Ecriture
Sainte, particulièrement sur la Genèse. ÎNTRODUCTION AU PENTATEUQUE IV
récit des plaies d'Egypte, du passage de la mer Rouge et de tant d'autres mi­
racles que nous lisons dans les quatre derniers livres du Pentateuque eût été
adressé par Moïse même à lout un peuple comme celui de faits passés sous ses
yeux et dans lesquels il avait joué un rôle, et ne fut qu'une 6clion? Evidem­
ment on ne pouvait pas y songer : il fallait qu'il se fût écoulé un espace de
temps assez long pour que, dans la mémoire du peuple, les réalités eussent
pu se transformer en légendes, l'histoire en mythologie.
C'est ce que n'ont pu s'empêcher d'avouer les rationalistes eux-mêmes.
Ainsi un des coryphées de la nouvelle critique, De Welte, dans les trois pre­
mières éditions de son Introduction à l'Ancien Testament^ après avoir com­
mencé la discussion sur le Pentateuque par l'observation qu'il renferme « une
quantité d'événements qui contredisent les lois de la nature et supposent une
intervention immédiate de Dieu », continue ainsi : « Si, pour une intelligence
cultivée, il est décidé que de tels miracles ne sont pas réellement arrivés, on
demande si peut-être ils ont paru tels aux témoins oculaires et à ceux qui y
ont pris part ; mais cela aussi il iaut le nier... De là il résulte déjà que la
narration n'est pas contemporaine ». Ewald, dans son Histoire du peuple
d'Israël, s'exprime dans le même sens, et c'est d'après ces principes qu'il
expose la formation successive du Pentateuque. M. E. Renan fait aussi cet
aveu significatif: « Si le miracle a quelque réalité, mon livre (sa Vie de Jésus)
n'est au'un tissu d'erreurs... Si le miracle et l'inspiration de certains livres
sont choses réelles, notre méthode est détestable * ('1).
Ainsi ce n'est pas aux exigences de la science qu'obéissent ces critiques,
mais aux exigences d'une philosophie qui se confond avec l'irréligion et le
scepticisme : ce n'est pas l'amour de la vérité qui les guide, mais la haine du
surnaturel, incompatible avec les principes qu'ils se sont forgés, haine qui
s'étend jusqu'aux livres qui en renferment, jusqu'aux personnages célébrés
dans ces livres Comment s'expliquer autrement des paroles comme celles que
Reuss a laissé tomber de sa plume à propos de l'expulsion d'Agar et d'Ismaël
de la maison d'Abraham ? a Ce n'est pas là de l'histoire, dit-il, ou bien Abra­
ham est un monstre En vain l'auteur de la Genèse assure-t-il qu'Abraham,
dans celte occasion, n'a rien fait que par l'ordre de Dieu même : l'auteur
de la Genèse a menti, ou Dieu a commandé une monstruosité. Reuss parait
s'en tenir à la première hypothèse, puisque d'après lui ce récit n'est qu'un
mythe; mais ce résultat peut lui sulfure, puisqu'il implique la négation de l'au­
torité divine des saintes Ecritures et le renversement de toute la Révélation.
Battre en brèche l'authenticité non seulement du Pentateuque, mais encore
delà plupart des écrits de l'Ancien et du Nouveau Testament pour se mettre
en droit de nier leur véracité, telle a été et telle est encore la grande occupa­
tion des rationalistes, particulièrement en Allemagne. « Aucun des livres qui
contiennent des récits miraculeux, dit M. Vigouroux, n'a trouvé grâce devant
leur incrédulité ; ils" ont rejeté comme apocryphe tout ce qui suppose l'inter­
vention divine dans l'histoire du peuple de Dieu; ils en sont venus enfin par
degrés à bouleverser de fosd en comble les Ecritures et à faire une histoire
d'Israël au rebours, plaçant à la fin de l'Ancien Testament les livres que la tra­
dition avait toujours mis au commencement. D'après leur système, la Loi n'a
pas été donnée aux douze tribus d'Israël avant le passage du Jourdain, mais
e(1) Vie de Jésus, Préface de la 13 édit., 1867, p. v et ix (cit. par M. Vigouroux dans La Bible
et la critiq.f p. 56).
(2) VHistoire Sainte et la Loi, p. 368.

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