Irairi Climra

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Irairi Climra îr'lrrpnlnp Imprimerie HUAUX THUIN
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Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 37
Source : hainaut.mariemont.museum
Nombre de pages : 32
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Irairi Climra
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Imprimerie HUAUX
THUIN
XLI. Le Mythe des Muses & Clio
" Mousai Hélikôna bathudendron, haï lakhèté Dios
étibromou thugatrés. ... „ Muses de l'Hélicon aux bois profonds,
filles de Zeus retentissant....
Tel est le début de l'Hymne à Apollon, le plus ancien
spécimen de musique grecque dont on ait la notation musicale
(IIP s. av. J-C).
Les Muses (Musae ou Camoenae) étaient, comme il est
dit dans le vers grec, filles de Jupiter et de Mnémosyne (déesse
de la mémoire).
Déesses des sciences et des arts, elles étaient neuf : Clio
présidait à ihistoire, Thalie à la Comédie, Calliope aux chants
épiques, Euterpe à l'art musical, Uranie à l'astronomie, Terpsi-
chore à la chorégraphie, Polymnée à l'éloquence, Erato à la poésie,
Melpomène à la tragédie.
Apollon leur frère, dirigeait leurs réunions qui se tenaient
sur l'Hélicon, le Parnasse ou le Piérius (d'où le nom de Piérides
qu'on leur donne parfois).
On les représente généralement sous la forme de jeunes
plies couronnées de lauriers et portant les attributs qui leur sont
propres.
Clio, qui nous intéresse particulièrement, puisque ces réu-
nions sont placées sous son patronage, passait pour avoir inventé
la guitare et de ce fait est parfois représentée portant un de ces
instruments. On la représente plus communément avec une trom-
pette dans la main droite, et un rouleau de parchemin dans l'autre,
signifiant par là qu'elle préside aux travaux historiques.
Les Muses sont une des fictions les plus connues et les
plus fréquemment employées dans les littératures de la Renaissance
ede l'époque classique et du XVIII siècle.
On ne pouvait donc choisir un meilleur patronage pour un
groupe qui, avec un bel optimisme, se lance, à un moment si peu
propice aux spéculations de l'histoire et de l'archéologie.
Yvan Winance. Notre but.
.... nous ne l'avons pas élaboré autour d'une table
ronde ; c'est comme un " conséquent „ des erreurs et omissions
commises jusqu'ici par les historiens.
Quel est-il ? Certains - non initiés - répondront : écrire
l'histoire de la Cité. Mais alors la besogne n'est faite qu'à moitié,
car on n'a pas épuisé toutes les données des sources archéolo-
giques. Ainsi au cours d'une de nos réunions, nous avons eu
l'occasion d'entendre un exposé de notre directeur sur l'architec-
ture des anciennes maisons de la ville. Quel rapport la forme du
toit des maisons a-t-elle avec l'histoire d'une ville ? Cet exemple
prouve à lui seul qu'il ne suffit pas de faire l'historique d'une
région ; mais qu'il faut étudier ce qu'on pourrrait appeler sa
société et ses institutions. Ceci suppose une " compétence „.
Notre but est plus modeste : préparer le travail de cette compé-
tence en exhumant'le plus de documents possibles.
Le travail de l'historien pëut se diviser en trois parties :
l'heuristique, la critique et la synthèse. Ce que nous pouvons
faire, c'est de l'heuristique : nous mettre à la recherche des
témoignages tels que monuments, inscriptions, pièces d'archives,
sources littéraires, etc... ; ensuite, après une certaine initiation,
nous arriverons à pouvoir en examiner la valeur : ce sera la critique.
Mais ce travail requiert certaines aptitudes. En effet
l'histoire rentre dans les sciences empiriques (d'observation, d'in-
duction), et dans les sciences morales (elle a pour objet la connais-
sance des vicissitudes humaines, l'homme étant compris comme
être social). Le travail d'observation exige diverses qualités
d'ordre intellectuel et d'ordre moral : la curiosité scientifique qui
tient toujours l'esprit en éveil ; l'attention qui porte l'observa-
teur non seulement à voir un monument mais à le regarder,
à entendre une légende ou une chanson populaire mais à
l'écouter ; la sagacité qui sait discerner les faits significa-
tifs. Dans l'ordre moral, il y a : la patience, le désintéressement,
et surtout l'impartialité qui apprend à se débarrasser de tout
préjugé pour voir les faits tels qu'ils sont.
L'histoire exige donc l'esprit mathématique (rigueur dans
l'observation des faits) et en outre l'esprit de finesse. C'est une
science, et non un art ! — 4 —
Mais lorsqu'on s'occupe d'histoire locale, ce dont il faut
surtout se délier, c'est de l'isolement monographique. Il faut
tout situer dans l'ambiance réelle. Ainsi, lorsqu'on parle du siège
de 1578 par le duc d'Alençon, il faut savoir que la ville était
défendue par les troupes de Farnèse, l'Alexandre de l'époque
moderne ; ce qui revient à dire qu'il faut étudier l'histoire de
notre ville parallèlement à celle de notre pays.
Et si nous entrons dans le domaine linguistique ou litté-
raire, Binche fait toujours partie d'un ensemble qu'il ne faut pas
négliger : c'est la Wallonie, qui elle-même collabore à la culture
française.
Notre ville n'est pas un tout, mais une partie d'un tout !
Ce n'est pas le siège de 1578 qu'il faut étudier, mais la révolte
des Pays-Bas du Nord dont il n'est qu'un épisode.
Quiconque est sorti de rhétorique est supposé connaître
notre histoire nationale ; mais, si on la connaît, c'est d'une façon
très imparfaite.
Les manuels scolaires sont souvent faits par une " réunion
de professeurs „ - c'est le terme classique - qui conçoivent encore
l'histoire comme un genre oratoire ; pour eux, l'histoire politique
est un réquisitoire ou une apologie, l'histoire religieuse est un
acte de piété, et le duc d'Albe un démon. Ces mêmes professeurs
tantôt s'exciteront avec les martyrs luthériens, tantôt essayeront
de faire pleurer les élèves sur l'échafaud du comte d'Egmont. Us
parleront de domination romaine, franque, bourguignonne, espa-
emegnole et autrichienne ; et lorsqu'ils arrivent au X chapitre de
leur " Histoire „ - c'est alors que cela devient pathétique ! - ils se
lèvent pour chanter l'hymne national et dire adieu aux " Siècles
d'esclavage „, alors que, sauf à la Révolution française, nos
ancêtres ont toujours été gouvernés par leurs princes nationaux.
Pirenne a raison lorsqu'il dit : " Clio n'est pas une Muse
hystérique. Les siècles révolus ne sont pas des prévenus de
Cour d'Assise „.
Mais non seulement nos maîtres nous donnent à ce sujet
un enseignement erroné, mais de plus il est incomplet.
Des " anciens Belges „ jusqu'à la conquête romaine, que
s'est-il passé ? Dieu le sait 1 C'est une tradition d'escamoter cette
époque.... et combien d'autres 1 Les manuels " belgicistes „ (pour reprendre un terme du
Père Piron) négligent le rôle de nos provinces. Un écolier connait
les événements politiques, économiques et militaires de la Flandre ;
sur l'histoire des régions wallonnes, il ne sait rien, si ce n'est le
" dévouement des 600 Franchimontois „. Cette carence déplora-
ble a été suffisamment dénoncée et pourtant elle continue à
exister à tous les degrés de l'enseignement, depuis l'école
primaire jusqu'à l'Université.
Pour éviter l'isolement monographique, il n'est donc pas
inutile, en commençant un travail se rapportant à notre ville, de
revoir le chapitre de l'histoire nationale correspondant à cette
époque.
Nous voulons donc étudier le plus intelligemment que
possible le passé de notre ville, et ce, à tous les points de vue
(histoire, folklore, art.. .. ). La moisson est féconde ; espérons
que les ouvriers seront nombreux.
Omer Cambier. La Mont joie de Bonne-Espérance
Je vous ai signalé tout l'intérêt que présentaient (particu-
lièrement aux points de vue archéologique, folklorique et
religieux) les petites chapelles que l'on rencontre, si nombreuses
1f ), au long des routes-et aux angles des anciennes propriétés
2terriennes ( ).
Je vous ai demandé de relever leurs emplacements, de •
dessiner leur architecture ou de les photographier, d'en noter
aussi soigneusement que-possible toutes les inscriptions, aidant
en celà l'Association sans but lucratif "Les Amis-des Calvaires
et Chapelles du Hainaùï' ,, :
Il est extrêmement important de recueillir, tant qu'il en
est temps encore, tous les souvenirs, légendes et traditions orales
qui s'y rapportent et de coHiger' tous les documents écrits ou
imprimés qui pourraient aider à rédiger leur Histoire.
Ne serait-il pas également intéressant de savoir à quels
Saints elles étaient, en plus grand nombre, vouées ?
*
# *
Au cours d'une visite de l'église de Buvrinnes, de la
ville de Binche et de l'abbaye de Bonne-Espérance, par la Société
Archéologique et Historique de l'arrondissement d'Avesnes, le
22 septembre 1932, j'appris que notre collègue M. J. Scrive-Loyer
recherchait l'aire d'extension de ces petits édicules que dans le
Hainaut Français l'on désigne sous le nom de " capelles „.
C'est ainsi qu'arrivant au Séminaire de Bonne-Espérance,
je lui fis remarquer les quelques chapelles et Croix qui se trouvent
à proximité de l'entrée, et, tandis que les excursionnistes se
groupaient dans la cour d'honneur, je le conduisai sur la route de
Binche devant la chapelle de Louis XI à l'architecture particuliè-
rement soignée. Il était possible, en effet, de lui donner au sujet
(1) Dans Les Chapelles et les Calvaires de la région Lessines-Enghien,
(Annales du Cercle Royal archéologique d'Ath., t. XXVI, 1940, pp.
144-205) Richard DELTAND les classifle en trente-quatre catégories.
(2) Cfr. Richard DELTAND, Les chapelles, les calvaires et le folklore
de Biévêne et des environs, dans " Annales du Cercle. . . d'Ath, t. XXV
(1939), pp. 175-188,,. — 7 —
de ses origines quelques indications intéressant l'Histoire de
France. _
J'eus le plaisir, par la suite, de revoir M. Scrive et de lui
faire visiter'quelques chapelles des environs (Buvrinnes, Mont-
Sainte-Genëviève, Estinnes, Piéton, Tràzegnies). Ce lui fut l'oc-
casion d'uné étude publiée dins le tome XV des Mémoires de la
Société Archéologique d'Avesnes, sous le titre " La Montjoie de
Notre-Dame de Bonne-Espérance, à/Vellereille-le-Brayeux „.
M. Serivê-Loyér y fait d'abord une allusion aux indica-
tions données.par M. ^e chanpine Puissant sur Notre-Dame de
Bonne-Espérance, sa statue et le culte qui lui fut rendu.
" Le bût (de sa communication), moins ambitieux, est
e simplement d'attirer l'a;ptention sur un édicule du début du XVIII
siècle, voisin de l'antique abbaye, et sur les circonstances qui ont
motivé l'érection de ce monument commémoratif
Après avoir rappelé ce qu'ont écrit sur les origines de la
chapelle les auteurs modernes (abbé DECLEVES, Notre-Dame
de Bonne-Espérance, 1869 ; Th. LEJEUNE, Le monastère et la
Vierge miraculeuse de B.~E., 1874 ; abbé GRÉGOIRE, Souvenir
du couronnement , 1905) l'auteur tire les conclusions suivantes :
" Une chapelle, dit Th. Lejeune, fut érigée à environ
500 mètres du monastère , cet oratoire fut remplacé en 1704
par une modeste construction
" Avait-il de sérieuses raisons de croire qu'il en était ainsi ?
Comme il a négligé de nous les faire connaître il est assez difficile
de trancher la question ; mais, sous réserve de la découverte de
faits nouveaux venant à l'appui de ce qui semble être son opinion,
l'on peut craindre qu'il n'ait été induit en erreur par l'ambiguité
du terme de chapelle qui, d'une façon générale, et en particulier en
Hainaut, désigne tantôt une enceinte close assez grande pour
contenir une assemblée de fidèles plus ou moins importante, tan-
tôt un édicule du genre de celui qui nous occupe.
" Ce qui nous porte à croire que la " chapelle „' antérieure
devait être de même genre que celle de 1704 c'est qu'à cette
dernière date tout militait en faveur de l'érection d'un monument
plus important que celui qui l'avait précédé. Il est même probable
que ce sont ces circonstances qui ont amené la substitution, à
l'antique monument sans doute jugé d'un style trop " gothique „ — 8 —
d'un autre à la mode du jour.
" A cette époque, en effet, l'accession du petit-fils de
Louis XIV à la couronne d'Espagne avait eu pour résultat de
rendre l'influence française prépondérante dans les ex-Pays-Bas
espagnols. Bien plus
'. *
•*• #
Après avoir pris connaissance de cette notice, Monsieur le
chanoine Louis Delmotte, Président du Petit-Séminaire de Bonne-
Espérance, voulut bien signaler à l'auteur que des soins venaient
d'être apportés au tertre sur lequel s'élève la chapelle, dans
laquelle il avait mis une nouvelle statue après avoir fait restaurer
le grillage de la niche et fait disparaître l'affreuse barre de fer
transversale qui fixait ce grillage.
Sa lettre du 4 juin 1936, contient quelques apports nou-
veaux et du plus haut intérêt, à l'histoire de cette chapelle. Aussi
ai-je cru utile de vous en communiquer un abrégé.
Le titre choisi ne semble pas très heureux ; la première
réflexion de Monseigneur est pour bien situer la question.
" Excusez d'abord un fils de Bonne-Espérance de regret-
ter ce titre. Pour nous, Notre-Dame de e c'est
e ela Vénérable statue du XIII ou du XIV siècle, qui se trouve
dans l'église du Séminaire.
" La Montjoie appelée ici " chapelle Louis XI „ fut cer-
tainement édifiée en l'honneur de Notre-Dame, et la niche devait
contenir une statue de la Vierge. Mais cette statue n'était ni
Notre-Dame de Bonne-Espérance, ni même une imitation réduite
de la statue de l'Abbaye, car on ne se figure guère les artisans de
1704 s'essayant à reproduire une statue " gothique „.
" Vous parlez de la chapelle qui a précédé l'actuelle
montjoie. Sans avoir fait des fouilles précises, j'ai pu facilement
me rendre compte que les fondations de l'édifice plus ancien
débordent nettement la base du monument actuel, et leur forme
parait avoir été, du côté opposé à l'entrée, à peu près semi-circu-
laire. La largeur extérieure était d'environ trois mètres, peut-être
un peu plus. La longueur est difficile à déterminer car les fonda-
tions ne sont pas visibles devant, où le terrain a du être plus
remanié.

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