Du conflit sociocognitif au modèle de la Stivation

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Du conflit sociocognitif au modèle de la Stivation « Le modèle de la stivation est un modèle interactionniste qui favorise les interactions entre adultes en situation de formation professionnelle. Il trouve son ancrage dans les théories socioconstructivistes de l’apprentissage. Le processus de stivation comprend trois dialectiques, celle de l’interaction, de la stimulation et de la motivation. La particularité du processus de stivation est que tout se passe hors des instances formelles de formation. La stivation entraine une réflexivité, résultat d’un travail d’élaboration qui nécessite la présence d’une médiation d’un tiers pour parvenir à la décentration.» L'apprentissage apparaît comme un processus complexe, qui implique de la part du sujet à la fois un travail au plan psychocognitif, intra-subjectif et des interactions inter- individuelles multiples. Les travaux sur la théorie du conflit sociocognitif se fondent à l’origine sur l’intuition de Piaget selon laquelle la coopération joue un rôle dans le développement cognitif individuel (Doise & Mugny, 1981). C’est par la suite que de nombreux travaux expérimentaux ont validé cette intuition (Venegas, 1996) et ont permis de développer un modèle de l’apprentissage qui confère aux variables sociales une place considérable dans le processus de développement cognitif. Doise et Mugny (1981), pensent que le conflit sociocognitif est une hétérogénéité de réponses face à un même problème cognitif.
Publié le : mercredi 5 mars 2014
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Du conflit sociocognitif au modèle de la Stivation
« Le modèle de la stivation est un modèle interactionniste qui favorise les interactions entre adultes en situation de formation professionnelle. Il trouve son ancrage dans les théories socioconstructivistes de l’apprentissage.Le processus de stivation comprend trois dialectiques, celle de l’interaction, de la stimulation et de la motivation. La particularité du processus de stivation est que tout se passe hors des instances formelles de formation. La stivation entraine une réflexivité, résultat d’un travail d’élaboration qui nécessite la présence d’une médiation d’un tiers pour parvenir à la décentration.»
L'apprentissage apparaît comme un processus complexe, qui implique de la part du sujet à la fois un travail au plan psychocognitif, intrasubjectif et des interactions inter individuelles multiples. Les travaux sur la théorie du conflit sociocognitif se fondent à l’origine sur l’intuition de Piaget selon laquelle la coopération joue un rôle dans le développement cognitif individuel (Doise & Mugny, 1981). C’est par la suite que de nombreux travaux expérimentaux ont validé cette intuition (Venegas, 1996) et ont permis de développer un modèle de l’apprentissage qui confère aux variables sociales une place considérable dans le processus de développement cognitif. Doise et Mugny (1981), pensent que le conflit sociocognitif est une hétérogénéité de réponses face à un même problème cognitif. De la confrontation de ces réponses subvientune réorganisation cognitive individuelle. Bertrand (1993) affirme que trois principes sont à la base de cette théorie : « la construction des connaissances est nécessairement sociale et repose sur un ensemble d’interactions entre les personnes » (Bertrand, 1993, p. 119). « le conflit sociocognitif est à la source de l’apprentissage » (Bertrand, 1993, p. 119). « la recherche d’un dépassement du déséquilibre cognitif interindividuel provoque un dépassement du déséquilibre cognitif intraindividuel » (Bertrand, 1993, p. 120). C’est parce que le conflit est social que les personnes en interaction sont amenées à coordonner leurs efforts pour élaborer une nouvelle structure cognitive. Doise et Mugny (1981) ont décrit comme suit les situations d’interactions qui peuvent conduire à l’émergence et à la résolution de conflits sociocognitifs: le conflit peut
provenir de différentes interactions. Il survient souvent lors des rencontres entre individus qui ne disposent pas des mêmes systèmes de réponses. Par exemple des enfants deniveau cognitif différent se retrouvent facilement en désaccord sur des réponses spécifiques, dans la mesure où cellesci (actions, jugements…) découlent de schématismes différents. Les inférences de Doise et Mugny sur la théorie du conflit sociocognitif trouvent un écho intéressant dans les travaux antérieurs de Vygotsky ( 1978), particulièrement dans son concept dezone proximale dedéveloppementqui met en évidence le fait que la collaboration entre deux individus de niveau cognitif différent provoque chez celui dont le niveau est inférieur, la maîtrise de schèmes cognitifs nouveaux ainsi que la reproduction ultérieure de ces schèmes dans des situations où il agit seul. Ces résultats de recherche nous renseignent sur la complexité des modalités d’émergence et de résolution de conflits sociocognitifs subséquents à la nature de la situation d’interaction sociale. L’étude de l’émergence et de la résolution de conflits sociocognitifs dans le cadre d’activités d’enseignement s’est surtout développée avec desenfants en âge préscolaire et scolaire(Doise & Mugny, 1981, 1997). Les travauxsur la même théorie de conflit sociocognitif dans des structures de formation d’adultes pour une professionnalisation restent encore relativement limités même si Bourgeois et Nizet (1997) affirment qu’elle reste un bon moyen pour décrire les mécanismes et les conditions de l’apprentissage des adultes en situation d’interaction sociale. Buchs, C., Lehraus, K., & Butera, F. (2006) ont essayéde faire le point sur un ensemble de recherches mettant en évidence les liens entre les interactions qui s’installent dans les petits groupes et l’apprentissage. Ils ont montré à partir de ces travaux que les échanges d’informations et de ressources favorisent le traitement cognitif. D’abord, parce que résumer des informations oralement est un moyen efficace de les organiser, de les élaborer et de les retenir. Ensuite parce que le seul fait d’enseigner ses connaissances, améliore la compréhension de ces informations. Autrement dit, le discours se construit dans l’interaction. Ainsi, l’étudiant qui explique à son camarade favorise la construction d’une signification commune de la situation (coconstruction) et provoque un enrichissement mutuel. Et dans une perspective socioconstructiviste, les discussions et les conflits stimulent la curiositéet lamotivationpour apprendre et favorisent le travail. Cette recherche intéressante semble la plus contigüe aux théories sur le modèle de la stivation, mais ne fait pas ressortir les hypothèses inscrites dans une situation « adidactique » de formation « professionnalisante ». Le défi dans la conception du modèle de la stivation était grand mais intéressant, car il était difficile de mettre en place les mêmes schémas expérimentaux classiques comme pour les études avec des enfants. La formation d’adulte diffère de celle de l’enfant car avec l’adulte il s’agit de faire face à des situations complexes d’enseignement et d’apprentissage avec l’entrée en matière de facteurs commel’identité professionnelle, le sentiment de compétence, la motivation personnelle ou les relations sociales entre eux. Pourtant généralement, les dispositifs d’apprentissage établis dans les écoles de formation d’adultes et les méthodes pédagogiques mises en œuvre suscitent des
discussions, des débats entre stagiaires. Qu’il s’agisse d’exposés, d’apprentissages collaboratifs, des séances d’animation pédagogique, d’études pratiques, les stagiaires sont mis en situation d’interaction sociale.Dans de situations pareilles, les stagiaires entrent en «conflit sociocognitif» parce que leurs conceptions et structures cognitives sont confrontées à des informations perturbantes, incompatibles avec leur système de connaissances préalables. Cette déstabilisation ou perturbation cognitive engage le stagiaire dans la recherche d’un nouvel équilibre qui tient compte des informations perturbantes. La particularité et l’intérêt dumodèle de la stivationdans le fait que les réside interactions sociales des stagiaires sont vécues de manière spontanée dans des situations de controverses et de débatshors des cadres institutionnels de formation (Ex : dans les chambres, dans les couloirs, en cours de route, autour du repas, au terrain de foot etc.). En dehors de ces cadres institutionnels de formation, les stagiaires surmontent aisément les éléments inhibiteurs source de blocage commelapeur,l’angoisse,le stress,le trac etc. Ces blocages sont ressentis lors des prises de parole et empêchent le stagiaire de jouir de tout son potentiel communicationnel. Or, la faculté de communiquer, d’argumenter à l'oral est un facteur essentiel de réussite sociale et professionnelle. Mouhamadou Bamba MBAYE  Inspecteurde l’Education  Chercheur,Consultant
Concepteur du modèle de la stivation
Email :mbayemouhamadoubamba@yahoo.fr
Tel : 221 70 331 81 03 LMS
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