Enseigner la culture nationale au Cameroun

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Les enseignants du primaire au Cameroun manifestent peu d'engouement à enseigner la culture nationale. Les résistances sont liées à la non-maîtrise des modalités d'évaluation, à la faible implication des parents et à la formation approximative des enseignants à l'enseignement de cette discipline. Un modèle est suggéré pour améliorer les enseignements de la culture nationale à l'école primaire au Cameroun.
Publié le : mercredi 15 juin 2016
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EAN13 : 9782140011825
Nombre de pages : 266
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plusieurs années dans les filières des Conseillers d’orientation et des Sciences de l’éducation, l’économie, l’administration et la planification
Grébert Hotou Innocent Fozing
Enseigner la culture nationale au Cameroun
Résistances, approches, défis
ENSEIGNEMENTETÉDUCATIONENAFRIQUE
Enseigner la culture nationale au Cameroun Résistances, approches, défis
Enseignement et éducation en Afrique Dirigée par Magloire KEDE ONANA En ces temps de crise généralisée, l’Afrique, comme beaucoup d’autres continents de la planète, traverse des moments extrêmement difficiles dans tous les secteurs d’activités. Au plan de son secteur éducatif objet de nos investigations, la crise ne cesse d’assombrir la vie des différents acteurs de nos communautés éducatives : les parents pour la plupart démissionnent chaque jour devant leurs responsabilités ; les enseignants qui pourtant ont entre autres tâches celles d’exercer dans les jeunes esprits la faculté de penser et de développer en eux le sentiment de la valeur de l’homme deviennent de plus en plus comme des bouches inutiles. Premiers passeurs culturels, ils ont toujours du mal à affirmer leur autorité devant une jeunesse devenue esclave dans l’usage de nouveaux moyens sophistiqués de diffusion de la seule culture moderne. Une telle situation installe tous les acteurs ainsi désignés dans un malaise profond, accentué par leur porte-monnaie qui ne répond plus à tous les défis. La conséquence au niveau des apprenants va être la langueur, la désertion, l’angoisse ou la phobie permanente des échecs et le désenchantement sur les lendemains de l’école. Pour s’élever au-dessus de toutes nos limitations, l’alternative qui semble s’imposer à nous tous c’est : créer ou disparaître. Nous devons pour ainsi dire nous employer à la production radicale de nouvelles manières de voir, de faire et d’être ; autant d’orientations et de combinaisons originales sous l’effet desquelles un nouveau re-décollage est possible au risque de devenir comme des balafons crevés. Une telle entreprise nécessairement collective doit donc s’ouvrir et nous ouvrir aux autres, parce qu’elle contribuera à mesurer désormais l’avenir de nos Etats à leur capacité de stimuler l’intelligence de leurs concitoyens. C’est suite à ce constat et surtout sous l’impulsion des Editions L’Harmattan, que l’idée de créer la collection «Enseignement et éducation en Afrique» s’est imposée. Déjà parus André-Marie MANGA,Cameroun : de l’éducation à l’émergence,2016. Claude-Marie MBIA,Hundert Jahre. Deutschunterricht in Kamerun 1910 – 2010,2016. André-Marie MANGA,Comunicación en didáctica de lengas,2016.Sous la direction de Jean Calvin BIPOUPOUT, La tricherie en milieu scolaire en Afrique, Quels enjeux ?,2015. Claude Marie MBIA,Théorie et Pratique du Cours entre Pédagogie et Didactique, Traité de Didactique Générale à l’usage du Normalien, 2015.Serge Romain OMGBA,Enseigner aujourd’hui.Stratégies actives de l’apprentissage significatif,2015.
Grébert Hotou Innocent Fozing Enseigner la culture nationale au Cameroun Résistances, approches, défis
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-09436-6 EAN : 9782343094366
Sigles, abréviations et acronymesAFD :Agence française de développement AFRICACULT :Conférence africaine sur la culture
APEE :Association des Parents d’Elèves et Enseignants
AUF :Agence universitaire de la Francophonie BEPC :Brevet d’étude du premier cycle BIE :Bureau international d’Education
BTS :Brevet de Technicien Supérieur
BUCREB :Bureau Central des Recensements et des Etudes de la Population
CAL:Center for Applied Linguistics
CE1:Cours élémentaire première année
CEP :Certificat d’étude primaire
CNTV :Classe non télévisuelle CONFEMEN :Conférence des ministres de l’Education des pays ayant le français en partage CP :Cours préparatoire
CTV :Classe télévisuelle
ELAN :École et langues nationales
ENIA :Ecole normale d’instituteurs adjoints ENIEG :Ecole normale d’instituteurs de l’enseignement général
EPT :Education Pour Tous
ESTP :Enseignement Secondaire Technique et Professionnel
FTP :Functional Tripartite Platform
IPAM :Institut pédagogique africain et malgache
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LASCOLAF : l’enseignement francophone
Les langues de scolarisation dans fondamental en Afrique subsaharienne
LMD :Licence, Master, Doctorat
MAEE :Ministère des Affaires étrangères et européennes MEBA :Ministère de l’enseignement de base et de l’alphabétisation
MINCULT :Ministère de la culture MINEPAT :Ministère du plan et de l’aménagement du Territoire MINESEC :Ministère des Enseignements secondaires OCDE :Organisation de Coopération et de développement Economique OIF :Organisation Internationale de la Francophonie
ONG :Organisation non gouvernementale
ONU :Organisation des Nations Unies PDSEB :Programme de développement l’éducation de base
stratégique de
PNUD :Programme des nations unies pour le développement PROPELCA :Projet de recherche opérationnel pour l’enseignement des langues au Cameroun QCM :Question à choix Multiple RECOSAF :Réseau des Compétences Sans Frontières SDN :Société Des Nations
SIL :Section d’initiation au langage SPSS :Statistical Package of Social Sciences TTISSA :Teacher Training Initiative for Sub-Saharan Africa
UNESCO :Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture
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Avant-propos Dans un monde soumis au changement, parler de la Culture relève d’une posture que d’aucuns peuvent facilement taxer d’iconoclaste. Le changement est tel que tous ceux qui refusent de s’y soumettre vont soit périr ou, dans le meilleur des cas, être déphasés. C’est dans ce contexte que nous avons osé aborder un thème aussi délicat : l’enseignement de la culture nationale. Et pourtant, bien qu’elle soit destinée, elle aussi, au changement, la culture est au centre de toutes les préoccupations. Par ailleurs, l’enseignement des langues et des cultures nationales est un défi que les systèmes éducatifs des pays africains doivent relever pour trois raisons essentielles :la préservation du patrimoine culturel en voie de disparition, l’enracinement culturel des jeunes en quête de référentiels de vie et l’amélioration des rendements scolaires des apprenants par l’usage des langues nationales dans le processus enseignement/apprentissage.
Pour des raisons méthodologiques et aussi pour éviter de trop embrasser pour mal étreindre, l’emphase est mise ici sur la culture, même si les concepts culture et langue sont consubstantiellement liés ; c’est pour cette raison que par moment, dans le développement de la pensée, les questions inhérentes à l’enseignement des langues sont abordées sans que cela signifie que nous confondons les deux concepts ou que nous les dissocions fondamentalement. Cette démarche relève des précautions méthodologiques qu’il faut observer au moment de mener les actions didactiques car les méthodes d’enseignement des pratiques culturelles ne sont pas exactement les mêmes que celles de l’enseignement des langues.
Enfin, il convient de dire que l’ambition de ce travail n’est pas de recenser les cultures camerounaises, d’autres travaux de recherche s’y sont penchés, ni même de s’interroger sur l’opportunité de leur enseignement mais, d’analyser les leviers à actionner pour que ces cultures soient enseignées avec succès à l’Ecole primaire.
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