I Recherche et développement

De
Publié par

doctorat, Supérieur, Doctorat (bac+8)
  • fiche - matière potentielle : caisse des peseurs de graines
  • mémoire
  • exposé
Universités, mouvements sociaux et développement Les universités sont des centres d'excellence et de convergence. Leur mission couvre la recherche, l'enseignement, l'encadrement, l'expérimentation, l'évaluation. I Recherche et développement : Une recherche naît de l'expression d'un besoin, s'appuie sur des instruments, se déroule dans des contextes particuliers, peut donner des résultats satisfaisants, décisifs, voire révolutionnaires. A. De l'expression des besoins : Les besoins peuvent être ceux d'un individu, d'une communauté, ils peuvent être liés à des questionnements, doutes métaphysiques, idéologiques, culturels, politiques, sociaux économiques etc. Les préoccupations d'un étudiant d'
  • matière de projets de développement économique
  • travailleurs sur les réalités africaines et sur les réalités du monde de travail
  • question de la recherche en éducation des adultes dans les universités
  • tradition foire annuelle du livre et des travaux universitaires
  • programmes universitaires
  • programme universitaire
  • universitaires
  • universitaire
  • matière d'éducation
  • sénégal
  • université
  • universités
  • recherche
  • recherches
Publié le : lundi 26 mars 2012
Lecture(s) : 48
Source : forumdespeuples.org
Nombre de pages : 5
Voir plus Voir moins
Universités, mouvements sociaux et développement
Les universités sont des centres d’excellence et de convergence. Leur mission couvre la recherche, l’enseignement, l’encadrement, l’expérimentation, l’évaluation.I Recherche et développement : Unerecherche naît de l’expression d’un besoin, s’appuie sur des instruments, se déroule dans des contextes particuliers, peut donner des résultats satisfaisants, décisifs, voire révolutionnaires. A.De l’expression des besoins: Les besoinspeuvent être ceux d’un individu, d’une communauté, ils peuvent être liés à des questionnements, doutes métaphysiques, idéologiques, culturels, politiques, sociaux économiques etc.d’un étudiant d’une faculté qui souffreLes préoccupations de marginalisation et qui veut avoir son diplôme de licence, master ou de doctorat, ne sont pas les mêmes que ceux d’une association, d’une ONG ou d’une entreprise privée confrontées à des problèmes de reboisement, d’analphabétisme, ou de ravitaillement en matières premières. En prenant notre propre cas, nous pouvons révéler que les raisons qui nous ont poussé à faire des recherches sur les langages, les discours, les mythes, les représentations idéologiques, historiographiques et géographies sont liées à notre formation classique, humanistique, en historiographie, et notre situation de négro africain qui a subi le choc de l’Occident et de l’Orient dans cette dynamique il s’agit de travailler pour un développement de la conscience identitaire, identité souvent multiple. Par contre, les raisons qui nous ont amené à suggérer, à conduire, à superviser telle ou telle recherche participative, dans les différentes associations ou ONG oùnous militons, sont liées à des préoccupations communautaires; il s’est agi d’étudier les meilleures pratiques en matière d’alphabétisation et d’éducation des adultes, en matière de projets de développement économique, en matière de défense des droits humains etc.La durée et la qualité peuvent être liées, elles peuvent être à leur tour liées à la force de la motivation, la fiabilité des instruments, à la métrologie utilisée ; ce dernier élément s’acquiert par la formation.B.Les instruments Le premier instrument est l’intelligence qui permet d’articuler les éléments divers, disparates qui sont liés entre eux ; cette intelligence est une bonne utilisation de nos organes :la vue; l’ouïe, l’odorat, le goût, le toucher; elle permet de fabriquer, de choisir les outils d’investigation, d’expérimentation, elle permet de lire, de commenter, d’analyser des états deconnaissances antérieures ou contemporaines. Les instruments par excellence dans nos recherches académiques, philosophiques, historiographiques, géographiques ont été et sont les livres, les archives, les cartes, les répertoires, les dictionnaires etc. Dans le cadre d’une recherche sur le développement dans les pays du Sahel (projet PADLOS) avec les professeurs Peter Easton des USA, Guy Belloncle de France, les sources d’informations que nous avons utilisées étaient constituées par des fiches de caisse des peseurs de graines, les carnets de santé etc. ; les focus group mobilisés dans
différents sites nous ont mis dans bons poste d’observation sur l’évolution de la condition paysanne. Concernant ce dernier projet mentionné, nous avons eu la chance de participer à deux de ses phases avec un décalage de cinq ans; ce qui a permis de noter encore des transformations plussignificatives par rapport à la première situation de référence, d’où l’intérêt à accorder au contexte et aux conditions de la recherche. C.Contexte de la recherche : On a coutume de dire que la recherche prend du temps, elle suppose une initiation, elle passe par des phases de survol, d’observation, de repérage, d’accélération, de systématisation, derestitution. Le chercheur isolé au travaillant dans une équipe à un âge; il/elle peut être relativement jeune ou d’un âge assez avancé, célibataire ou marié (e) assistant (e) ou professeur titulaire. Il elle vit dans un pays au climat froid, tempéré, chaud. Certes les équipements peuvent adoucir les rigueurs du climat, le temps de travail ne saurait être le même sous tous les cieux, les performances non plus. C’est l’enjeu que constituent les équipements qui ait poussé le professeur Cheikh Anta DIOP à préconiser la régionalisation de la recherche. Les raisons sont multiples : «le coût onéreux répétitions, les travaux parallèles, les chevauchements de toutes sortes et les gaspillages de temps » (Cheikh Anta DIOP, OP. cit.p.86) C’est pour améliorer son travail que le CONGAD a pensé utile de consacrer quelques axes de son programme triennal 2004 2006 à la diffusion et à la capitalisation de son expérience. C’est ainsi que l’histoire des 20 ans du consortium a été écrite. Nous accordons également une grande importante aux évaluations externes faites par des chercheurs sur notre expérience, sur nos activités. En un mot, nous disons que la recherche dont il faut tenir compte, est celle produite par des chercheurs acteurs et celle produite sur des chercheurs acteurs euxmêmes. Il faudrait que les résultats soient accessibles, visibles, d’oùl’intérêt des moments de restitution, des formes et lieux des conversations et surtout du dialogue des recherches. II Université et mouvement sociaux Les associations de la société civile et les universitaires ontdes liens très forts, des liens naturels, des liens pratiques. En effet, l’université reçoit des personnes (étudiants, enseignants chercheurs, personnel administratif et technique, hommes et femmes, nationaux, étrangers) ; ces personnes ont des affinités, des intérêts communs et se constituent en associations ethniques, de langues, culturelles, sportives les exemples foisonnent. Les associations peuvent beaucoup apporter à l’université et l’université à son tour peut être tournés vers l’extérieur c’estàdire aider ces associations à mieux intervenir dans la société, au bénéfice des « extensions », des partenaires de ces associations, les ONG par exemple. Les ONG sont des associations assez particulières conscientes des contextes et des enjeux locaux nationaux et internationaux, elles sont parfois reconnues par les autorités politiques ; certaines ont prouvé leurs capacités à participer au développement d’une localité; leur dynamisme peut être reconnu par l’autorité publique et/ou par les populations; leur impact peut être réel dans les relations internationales.
Les universitaires sont des révélateurs de conjonctures et agents d’innovations intellectuelles, scientifiques et techniques, ils ont besoin des ONG, comme les ONG ont besoins des universités et des universitaires. Je vais citer quelques exemples sur lesquels il est possible de mener une recherche approfondie. le premier exemple qui me vient à l’esprit: c’est une des premières offres de formation que l’université de Dakar a ouvertes pour des adultes, à savoir la capacité en droit. On aurait py élargir la réflexion et développer sur toutes les formations diplômantes et non diplômantes offertes par des instituts comme l’ISG (l’Institut Supérieur de Gestion), l’EBAD (Ecole des Bibliothécaires et Archivistes de Dakar) etc. le second exemple que je donnerai, je l’ai tiré de mon expérience pratique, de l’expérience du mouvement étudiant en France, la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France), l’AESF (l’Association des Etudiants Sénégalais en France); il s’agit de l’expérience CLET quipermis à des étudiants de former des travailleurs immigrés en France en alphabétisation, mais aussi d’apprendre auprès de ces travailleurs sur les réalités africaines et sur les réalités du monde de travail en France, ces travailleurs et ces étudiants ont créé ensemble des troupes culturelles (ex. Amilcar CABRAL, Patrice LUMUMBA etc.). le troisième exemple que je citerai est l’expérience Sofaque j’ai conduite pendant dix ans avec le professeur Yéro SYLLA, quelques collègues de la faculté des lettres (Amadou DIALLO, alors Chef du Département de la Linguistique, A. Moussa LAM (Histoire) et avec une équipe de militants et de professionnels comme Mallé MBOW, dévoué à la cause des langues nationales, travaillant dans les instituts comme l’IFAN (Institut Fondamental d’Afrique Noire) et des intellectuels éparpillés sur le territoire et en dehors du territoire national. Dans ce journal quia été un projet expérimental de l’Association des chercheurs sénégalais, il y avait des informations générales et des résultats de recherche. le quatrième exemple est tiré de l’expérimental que j’ai eu en tant que Directeur académique au Sénégal du programme SIT (School For International Training Vermont,USA) . Nous avons pu, pendant deux ansannées, travailléavec des collèges des départements ou d’UFR (Unité de formation et de Recherche) d’histoire, de géographie, de sociologie, de lettres modernes, aussi bien de l’UCAD (UniversitéCheikh Anta DIOP de Dakar) que de l’UGB (Université Gaston Berger de Saint Louis), de l’Ecole des Arts et aussi avec beaucoup d’ONG.Je peux citer deux mémoires et/ou réalisations d’étudiante (s) sur la surréalité(propos des femmes sénégalaises) ou la maîtrise de la kora instrument de musique) Nous avons fait le bilan de cette expérience et avons transmis au rectorat nos propositions pour une nouvelle conception des rapports ONG. Universités, surtout dans le cadred’un ème programme Artculture et Développement. Cela m’amèneà aborder le 5et dernier exemple qui synthétise le tout. ème  5exemple: il s’agit de l’éducation des adultes et solidarités communautaires dans les universités. La question a été systématisée depuis longtemps, j’ai eu moimême à participer, il y a quelques années, à une réflexion systématique à l’Université d’Ibadala question den sur la recherche en éducation des adultes dans les universités. Mieux encore, toutes les grandes universités du monde prêtent attention à la question. Aux USA, dans l’évaluation de prestations enseignantes, on tient copte du «community service». Mieux encore, un peu
partout dans le monde, surtout dans les universités de tradition anglosaxonne, il y a des départements d’adulte éducation.Nous avons essayé à plusieurs reprises de sensibiliser les autorités universitaires et les organisations syndicales sur la question. La Revue Convergence du Conseil International d’Education des Adultes, dans unede ses livraisons de 2003 (vol. XXXVI n°1), donne l’expérience d’universités jamaïcaines, brésiliennes,italiennes, espagnolesetc. Ainsi Johannes Doll, en se penchant sur l’expérience brésilienne, montre comment des ouvriers du troisième âge de l’industrie métallurgique brésilienne se sont débrouillés pour apprendre à travailler avec la technologie informatique. Il propose des consignes pour l’élaborationde cours d’informatique répondant aux besoins spécifiques destravailleurs âges de l’industrie métallurgique. Ces consignes se fondent d’une part sur l’expérience acquise par les programmes d’apprentissage pour le troisième âge (ThirdLearning Programmes) et Age respectent d’autre part les acquis professionnels et les intérêts des travailleurs qui désirent obtenir une formation (op.cit.p.6170). L’article de FrancescoRomano sur la situation italienne est ainsi résumé.« Cetarticle décrit l’interaction qui existe entre l’enseignement supérieur et l’éducation des adultes en Italie.Les politiques affectant les deux systèmes sont décrites comme provenant de l’intérieur et d’ailleurs. Après avoir fourni quelques informations essentiellesconcernant l’éducationdes adultes et les universités, les politiques de l’intérieur et d’ailleurs sont présentées dans le but de comprendre le concept «d’université sociale» défendu par les intervenants. Le concept de «social »est largement expliquédans la conclusion où l’on trouve également des arguments de poids en faveur de l’éducation des adultes en Italiet aux Etats Unis, (op. cit. p. 7186). L’article d’Augustin Requejo Osario consacré à l’Espagne, insiste sur la gérontologie éducative et exposé en détail les actuels «programmes universitaires » qui, à titre spécifique, sont développés en Espagne par les Universitaires (op. cit. p. 87100).  la prochaine expérience que je développerai la prochaine fois sera CinéUcad initiée par mon collèguedes étudiants des différents établissements de l’UCADet frère Aziz Boye avec et avec des jeunes de Banlieue de Dakar. Il y a des réalisations extraordinaires et si demain le Sénégal obtient un grand prix dans un très grand festival de cinéma, il viendra de ce creuset. III Recommandations On peut formuler des recommander et des vœux: 1.Que la tradition Foire annuelle du Livre et des travaux universitaires soit instaurée. On pourrait l’articuler à la rentrée solennelle.2.Concernant les thématiques qui pourraient être mensuelles, on pourrait mettre le focus sur une faculté, sur un institut et voir avec les réseaux ou collectifs correspondants. Pour donner un exemple, le CONGAD a ses huit réseaux plus ou moins dynamiques : a.EPT (Education pour Tous) Alphabétisation ; b.SantéSidaPopulation ; c.CitoyennetéDémocratiePaix et Droits Humains ; d.Genre et Développement ; e.Environnement et Développement ; f.Lutte Contre la Pauvreté ;
g.Epargne et crédit. Il a aussi des cellules régionales plus ou moins actives. Au sein de la société civile sénégalaise, il existe des commissions et/ou collectifs sur les politiques publiques, sur le commerce équitable, sur la décentralisation,sur les secours d’urgence etc. Chaque fois que le CONGAD EST informé à temps, il peut actionner des leviers en son sein ou avec ses partenaires dans la société civile, pour une démarche participative, riche et fructueuse. 3.Enfin nous proposons la mise en place d’un groupe de travail Université ONG qui fera le bilan de l’expérience chaque année,exploitera les propositions issues de l’évaluation des programmes en matière de recherchecapitalisation, animation et de renforcement des capacités. Il faut tenir compte des sessions d’évaluation triennales avec des objectifs réalistes et pratiques élaborés en matière d’éducation, d’environnement, de santé etc. Sur ce socle ONG et université, la société civile pourra trouver un appui important et assumer ses responsabilités et mieux dialoguer avec les autorités politiques, administratives, coutumières, religieuses et le secteur privé. Il faut développer la culture du respect mutuel, de la paix, de la solidarité humaine. Tout cela suppose une régulation institutionnelle participative et inclusive et des moyens suffisants et durables. Bouba DIOP Professeur à l’Université CheIkh Anta DIOP
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.