Prise en compte du changement climatique par le système touristique québécois HENNION Fabien

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UNIVERSITE DE PARIS 1 – PANTHEON SORBONNE INSTITUT DE RECHERCHE ET D'ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME Mémoire professionnel présenté pour l'obtention du Diplôme de Paris 1 – Panthéon Sorbonne MASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2ème année) Spécialité Développement et Aménagement Touristique des Territoires Par M. Fabien HENNION Sous la direction de M. Noël Le Scouarnec Année universitaire 2008-2009 Prise en compte du changement climatique par le système touristique québécois.

  • direction de la recherche et de la prospective

  • p17 p17

  • p33 p33

  • tourisme

  • p57 p57

  • p70 p70

  • p26 p26

  • changement climatique

  • développement durable


Publié le : vendredi 8 juin 2012
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UNIVERSITE DE PARIS 1 – PANTHEON SORBONNE
INSTITUT DE RECHERCHE ET D’ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME




Prise en compte du changement climatique
par le système touristique québécois.





Mémoire professionnel présenté pour l’obtention du

Diplôme de Paris 1 – Panthéon Sorbonne

èmeMASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2 année)
Spécialité Développement et Aménagement Touristique des
Territoires



Par M. Fabien HENNION

Sous la direction de M. Noël Le Scouarnec

Année universitaire 2008-2009 Remerciements



Ce travail n’aurait pas pu être réalisé sans la participation de plusieurs personnes qui ont
contribué, de près ou de loin, à l’élaboration de ce mémoire. Il me paraît indispensable
de remercier toutes ces personnes.

Tout d’abord M. Noël Le Scouarnec, Maître de Conférence associé à l’IREST - Chef du
bureau de la Prospective et de l’Evaluation Economique, Direction Générale de la
Compétitivité, de l’Industrie et des Services, pour son encadrement universitaire et
professionnel et ses apports nombreux sur les thématiques relatives à ce travail.

Ensuite,
- Mme Paule Buissière, Coordinatrice à la gestion et exploitation des Parcs au
sein de la SEPAQ ;
- Mme Marie-José Guérin, Directrice de la Maison du tourisme de Tadoussac ;
- M. Alexis Boyer-Lafontaine, Directeur des affaires publiques de l’ASSQ ;
- M. Thomas Antil, à la Direction de la recherche et de la prospective du
Ministère du Tourisme Québécois ;
- M. Dany Gareau, Gestionnaire à la communication et la mise en valeur du parc
marin du Saguenay-Saint Laurent ;
- M. Guy Bélanger, responsable de l’enneigement de la station du Mont Sainte
Anne
Toutes ces personnes qui ont accepté de me rencontrer au Québec ont permit de faire
avancer la réflexion autour de ce -système touristique québécois-.

M. Ludovic Martin, ex-stagiaire à la direction de la prospective et de la recherche de la
Direction du Tourisme, pour m’avoir apporté beaucoup sur le sujet du changement
climatique et la complexité de sa prise en compte.

elleEnfin, Mme Gravari-Barbas, professeur de géographie et directrice de l’IREST, et M
Amandine Chapuis, monitrice en géographie à l’IREST, pour le suivi méthodologique et
les conseils apportés tout au long de ces deux années.


2 Sommaire

Remerciements p2

Sommaire p3

p5 1. Introduction

2. Problématique p8

3. Méthodologie globale de l’étude p11






Partie 1 : Changement climatique et tourisme, état des
connaissances et regards croisés p12


1. Le phénomène climatique : entre phénomène scientifique avéré et
p14 perception de la société
1.1 Entre –réchauffement- et -changement- climatique :
p14 illustration de l’incertitude entourant le thème
p15 1.2 Perception du changement climatique : aléa, enjeu, risque ?


2. Changement climatique et tourisme : des liens étroits p17
2.1 Le tourisme, vecteur du changement climatique p17
2.2 Le tourisme, victime du changement climatique p20
2.3 Une prise de conscience du monde du tourisme p23


3. L’approche de la question au Québec : l’image d’une province verte ? p26
3.1 Introduction méthodologique : l’analyse documentaire p26
3.2 Eléments de synthèse p27
3.3 Conclusion : un imaginaire français fortement ancré p30

3
Partie 2 : Prise en compte du changement climatique :
Monographie du système touristique québécois p31


1. Cadre méthodologique de la monographie p33
p33 1.1 Le système touristique québécois
p37 1.2 L’analyse de discours : une méthodologie pour la production
d’une information nouvelle


p41 2. Résultats et discussions
2.1 Le système touristique : approches et réalités diversifiées p41
2.2 Des réponses apportées à un contexte plus large p47
2.3 Le développement durable : cadre d’actions et volonté affichée p52



Partie 3 : Vers des pistes de réflexion pour le territoire français p55


p57 1. Un contexte particulier
p57 1.1 La situation géographique du Québec rend le contexte climatique différent
p60 1.2 Le système des parcs diffère de nos espaces naturels
p61 1.3 Le développement durable inscrit dans les textes


p64 2. Mais des similitudes qui permettent la mise en perspective
p64 2.1 Le cas des stations de ski, une problématique comparable
p66 2.2 L’érosion côtière et autres phénomènes naturels, des enjeux identiques
p68 2.4 Le Ministère du Tourisme québécois et son homologue français,
des points communs


p70 3. Facteurs clés de prise en compte
3.1 L’approche de la question, plurithématique et sectorielle p70
3.2 Le développement durable appliqué concrètement p71



Conclusions de l’étude p73

p76 Références bibliographiques

Liste des figures p79

Glossaire p80

Annexes p81
« L’Université n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans les
mémoires et thèses. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs » 4 1. Introduction


Un sujet d’actualité, complexe et transversal
Le changement climatique est actuellement au cœur de nombreuses réflexions dans le
domaine du tourisme. L’approche du phénomène apparaît comme complexe et liée à
beaucoup d’incertitude. En sortant du simple champ touristique le changement climatique
est un réel sujet de société, largement diffusé par les médias, et dont le monde
scientifique s’est emparé depuis déjà quelques années. Les travaux sur le sujet sont
nombreux et amènent à un fait établi, pour lequel tout le monde est d’accord : le
réchauffement climatique existe. Mais là s’arrête le consensus, le reste est synonyme
d’hypothèses, de scénarios, d’expérimentations… Et ceci tant pour les tenants que les
aboutissants du phénomène.

Directement liée au tourisme, la question est là encore sujette à controverse et en cours
d’étude. Les doutes et remises en question scientifiques se retrouvent dans l’approche
1touristique du changement climatique. La récente conférence de Davos a traité,
notamment, de scénarios possibles, de conséquences supposées, toujours en restant
dans une approche très globale et en montrant bien les limites des études au niveau des
territoires, à plus grande échelle.


Un enjeu pour le développement touristique français
Dans ce contexte d’extrême complexité, le sujet apparaît comme un enjeu majeur dans
les politiques actuelles de développement touristique en France. En 2006 la Direction du
2
Tourisme publie un rapport sur le sujet , ce travail reprenant le GIEC (Groupe d'Experts
Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) en référence s’intéresse au cas français
en particulier. Ce rapport est pour l’instant le seul existant sur ce thème, et est la base
de plusieurs travaux actuels, notamment par la DIACT, le MEEDDAT et l’ancienne
Direction du Tourisme. Tous ces travaux prennent le parti d’une nécessaire adaptation du
tourisme face aux risques du changement climatique.

Le contexte international est lui aussi porteur sur ce sujet. L’allocution de M. Francesco
Frangialli du 18 novembre 2008, dans le cadre du cycle des conférences de l’IREST,
l’illustre bien. La question est globale, au cœur des travaux et discussions, et porteuse de
nombreuses interrogations pour l’avenir. Dans cette vision prospective les échanges

1 Climate change and tourism : Responding to global challenges, octobre 2007
2 CERON, J-P. ; DUBOIS, G. Adaptation au changement climatique et développement durable du tourisme. Mai
2006
5 internationaux sont nombreux, fréquents, et tendent vers une connaissance toujours plus
poussée du sujet. Néanmoins ici encore on se trouve dans le champ des hypothèses et
des partis pris, à une échelle globale et pluri-thématique.


L’intérêt de l’étude d’un exemple, par une approche ciblée
Ce travail s’inscrit ici dans l’étude d’un exemple : le territoire du Québec, afin d’en tirer
une analyse amenant à des pistes de réflexions pour la question française. L’étude de cet
exemple apparaît positive car permettant un « pont » entre le monde nord-américain, et
son approche de ces questions, et la France. Les modèles sociaux-économiques
européens et nord-américains divergent sur de nombreux points. Il ne s’agit pas ici du
cœur de l’étude mais cela explique certaines choses qui nous intéressent. Nous
retrouvons ces différences dans les approches en termes d’ingénierie territoriale. Le
monde nord-américain semble laisser une plus grande place à l’initiative privé, là où
l’Europe se base sur un modèle plus institutionnel. Cette impression apparaît dans les
secteurs du tourisme et de l’environnement qui encadrent ce travail, les approches
divergent et s’inscrivent différemment sur les territoires. L’approche nord-américaine,
même s’il est important de relativiser des approches différentes entre le Canada, les
USA, ou le Québec, semble montrer une certaine avance dans la prise de position face au
changement climatique, et dans les notions environnementales en général. L’histoire de
ce continent, et l’environnement particulier de celui-ci, laisse une grande part encore à la
« nature sauvage » qui fait tant rêver en Europe. Paradoxalement le rôle des politiques
et décideurs peut parfois paraître moins marqué dans ces pays quant aux questions
environnementales, la sphère privée y jouant un rôle prépondérant. Ces modèles
proposent donc une vision différente du traitement de ces questions et posent le Québec
comme à mi-chemin entre ce continent et la Vieille Europe à laquelle il reste attaché,
parfois à l’encontre de sa propre appartenance au Canada. Il nous semble que le Québec
puisse agir comme un pont entre ces modèles. Le choix de ce terrain permettra de
confronter la vision nord-américaine de la question tout en laissant une certaine facilité
de contact et d’étude dans cette province francophone, et aux liens forts avec la France.


L’objectif de ce travail est d’étudier, dans le contexte de complexité et d’incertitude
présenté plus haut, la perception et la prise en compte de l’enjeu par les acteurs du
tourisme. D’une part en comparant les approches entre l’échelon global et l’échelon local,
d’autre part en effectuant aussi cette comparaison entre les différents professionnels, les
élus, les organismes privés… Ceci afin d’observer des comportements et prises en compte
divers, pour enfin étudier la réponse à tout cela de la politique touristique québécoise.
6
Cette approche s’avère riche en enseignement, en effet l’étude de cet exemple précis
qu’est le Québec rend possible l’obtention de résultats. Dans ce contexte d’enjeu
international, de questions mondiales, s’intéresser à un cas particulier en passant d’un
cadre général, et flou, à un enseignement local et précis apporte à la réflexion. De plus,
l’approche envisagée prend comme objet d’étude les questions de perceptions,
d’approches particulières du phénomène. En ce sens il s’agit d’apporter un regard
nouveau sur ce thème déjà largement abordé.

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2. Problématique

Un décalage constaté entre connaissances globales et réalités locales
Comme présenté précédemment, le changement climatique et le tourisme sont deux
thèmes liés, de plus en plus au cœur des réflexions actuelles. Pourtant on constate un
réel décalage en France entre les différents échelons du tourisme sur la question. La
prise en compte est inégale et complexe au niveau local, de plus la connaissance du
problème est globale et les instances nationales ont un regard limité sur l’implication
3
locale et concrète du changement . Il existe donc un besoin de mieux cerner les choses,
de mettre en place des méthodes permettant de lier les différents échelons, et d’apporter
des réponses locales dans un contexte global. Ceci se retrouve dans les préoccupations
actuelles de la Direction du Tourisme, notamment du bureau de la recherche et de la
prospective qui a lancé une réflexion dans ce sens.


Le Québec : l’image d’une province « verte »
Le Canada, est plus particulièrement la province du Québec, apparaît dans l’imaginaire
français comme un pays novateur et en avance sur les questions environnementales. Il
s’agit ici d’un sentiment, souvent partagé et constaté, qu’il conviendra de préciser et de
clarifier lors d’une étude sur l’imaginaire relayé par le Québec auprès des français. Le
choix précis du Québec s’explique par, d’abord le lien fort qu’il existe entre la France et
celui-ci, ensuite par le fait que le Québec est, au sein de la fédération canadienne, garant
de sa politique touristique. Il apparaît donc comme une entité pertinente à étudier.

Ainsi, dans ce contexte actuel de réflexion, lancée par les instances touristiques
françaises, l’étude du cas du tourisme québécois, et plus particulièrement de la prise en
compte de l’enjeu du changement climatique aux différents échelons touristiques du
territoire, s’avère intéressante. Il s’agira ici d’observer cette prise en compte, et les liens
et méthodes qui unissent l’échelon provincial et les territoires à un niveau local, quant à
la perception et les réponses apportées au changement climatique.






3 Entretien avec M. Ludovic MARTIN, chargé de mission « changement climatique » à la Direction du
Tourisme. Avril 2008.
8 Ce travail essaiera de répondre à cette problématique :


Est-il possible et pertinent, pour la France, de s’inspirer de l’exemple de prise en
compte du changement climatique par le tourisme québécois ?


Chronologiquement il s’agira de se demander :

- Comment les acteurs du tourisme québécois perçoivent le changement climatique et
répondent au défi ? Il s’agira d’analyser les discours et d’observer les méthodes et
stratégies proposées.

- Pourquoi pensent-ils cela et agissent-ils de cette façon ? Ici le contexte québécois sera
mis en avant pour en relever les particularités et les spécificités limitant l’application à
d’autres cadres.


Des hypothèses structurant la réflexion

Hyp. 1 : Le système touristique québécois, plus impliqué sur les questions
environnementales, intègre le changement climatique et apporte des réponses
pertinentes et adaptées.

Cette hypothèse met en avant le fait que l’imaginaire géographique du Québec n’est pas
qu’un imaginaire, qu’il se base sur des faits et des réalités. Partant de ce postulat
l’approche québécoise doit apporter à la réflexion, par l’étude de sa prise en compte du
phénomène : perceptions et réponses apportées. Cette hypothèse devra être démontrée
en mettant en parallèle un travail sur l’imaginaire et des constatations faites par
observation ou discussion avec les principaux intéressés.


Hyp. 2 : Le contexte québécois, bien que particulier, permet de tirer de ces
réponses et méthodes une réflexion pour le cas français sur la question du tourisme
face au changement climatique.

Ici c’est l’analyse du contexte québécois qui permettra de valider, ou non, cette
hypothèse. Il s’agira d’une réflexion sur le pourquoi de la prise en compte de la question.
Les particularités du contexte seront mises en avant, qu’elles soient géographiques,
9 sociétales, structurelles… , afin de permettre la comparaison avec notre cas français.
Nous partons de l’idée que malgré ces particularités il est possible de tirer des
enseignements de cette étude et des applications possibles dans d’autres cadres.
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