UNIVERSITE DE PARIS PANTHEON SORBONNE

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Niveau: Supérieur, Master

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  • mémoire

  • mémoire - matière potentielle : professionnel


1 UNIVERSITE DE PARIS 1 – PANTHEON SORBONNE INSTITUT DE RECHERCHE ET D'ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME LE RAPPORT HABITANT-TOURISTE DANS LES DESTINATIONS METROPOLITAINES Etude de l'émergence du tourisme participatif à Paris et en Seine-Saint-Denis Mémoire professionnel présenté pour l'obtention du Diplôme de Paris 1 – Panthéon Sorbonne MASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2e année) Spécialité Développement et Aménagement Touristique des Territoires Par Mlle Zayneb BOUHNINI Directeur du mémoire : Mme Maria GRAVARI-BARBAS JURY Membres du jury : Session de

  • aujourd'hui

  • enjeux globaux du tourisme métropolitain

  • territoire en pleine mutation et portant des actions volontaristes

  • émergence

  • tourisme participatif


Publié le : vendredi 8 juin 2012
Lecture(s) : 107
Source : univ-paris1.fr
Nombre de pages : 146
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UNIVERSITE DE PARIS 1 – PANTHEON SORBONNE
INSTITUT DE RECHERCHE ET D’ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME



LE RAPPORT HABITANT-TOURISTE DANS LES DESTINATIONS
METROPOLITAINES
Etude de l’émergence du tourisme participatif à Paris et en Seine-Saint-Denis


Mémoire professionnel présenté pour l’obtention du
Diplôme de Paris 1 – Panthéon Sorbonne
e
MASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2 année)
Spécialité Développement et Aménagement Touristique des Territoires



Par Mlle Zayneb BOUHNINI
Directeur du mémoire : Mme Maria GRAVARI-BARBAS


JURY
Membres du jury :



Session de
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Remerciement

Je souhaite avant toute chose remercier sincèrement ma directrice de mémoire,
Madame Maria Gravari-Barbas, pour les conseils ainsi que les encouragements précieux
qu’elle a pu m’apporter.
Je remercie également mes professeurs et notamment Amandine Chapuis et Anne-
Cécile Mermet qui ont su m’orienter lorsque j’en avais besoin.
J’adresse toute ma gratitude à l’ensemble des personnes qui ont accepté de me recevoir
en entretien et dont les réponses sont venues nourrir ce mémoire. Merci à ceux qui ont
acceptés de me recevoir durant leur balade. Une mention particulière aux membres de
l’association Parisien d’un jour qui se sont particulièrement investis dans ce projet.
Je tiens à exprimer ma reconnaissance à mes directeurs de stage, Maud Baccara et
Laurent Ternois, pour leur accueil bienveillant et leurs conseils avisés.
Enfin, je n’oublie pas tous ceux que j’ai pu rencontrer et qui m’ont permis d’avancer
dans la rédaction de ce mémoire.


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Sommaire
Introduction............................................................................................................................................. 5
Présentation du sujet ...................................................................................................................... 5
PREMIERE PARTIE : TOURISTES ET HABITANTS, VISITEURS ET VISITES................................................... 9
I. Les prémices et l’affirmation d’un intérêt scientifique : ................................................................. 9
II. Qu’apporte l’étude de la relation touriste-habitant ? .................................................................. 14
III. L’émergence du tourisme participatif : une nouvelle prise en compte de l’habitant dans le
développement touristique................................................................................................................... 17
DEUXIEME PARTIE : UNE DEFINITION DU TOURISME PARTICIPATIF .................................................... 26
I. Une définition générale :............................................................................................................... 26
II. Se déplacer pour rencontrer. ........................................................................................................ 34
III. Rencontrer pour échanger. ....................................................................................................... 54
IV. La parole : au cœur de la pratique participative ....................................................................... 67
TROISIEME PARTIE : LE TOURISME PARTICIPATIF, AU DELA D’UNE EXPRESSION ?.............................. 75
I. Une pratique liée à la spécificité des territoires. .......................................................................... 75
II. Le tourisme participatif permet de se détacher de l’emprise des territoires............................... 83
Conclusion ............................................................................................................................................. 92
BIBLIOGRAPHIE...................................................................................................................................... 97


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Introduction

Présentation du sujet

Ce mémoire porte sur l’étude de la relation touristes / habitants dans le tourisme métropolitain
d’aujourd’hui. Le tourisme participatif constitue l’exemple développé pour tenter de
comprendre les enjeux de la relation entre les deux types d’individus. Le terrain d’étude se
constitue de deux entités territoriales limitrophes que sont le département de la Seine-Saint-
Denis et la ville de Paris. L’étude portera sur le développement de la pratique et consistera à
interroger la relation entre métropolisation, territoire et tourisme participatif, lequel devra être
défini au préalable.
Dans un premier temps, j'ai souhaité travailler sur la problématique du développement
touristique en « banlieue » parisienne, notamment du département de la Seine-Saint-Denis,
département porteur d'une image forte mais difficile. L’étude de cas d'un territoire en pleine
mutation et portant des actions volontaristes, souhaitant se positionner comme chef de file,
m'est apparu très instructive pour comprendre les dynamiques actuelles. Le thème du tourisme
participatif s'est imposé de lui même étant le principal cheval de bataille du Comité
Départemental du Tourisme du 93.
L'étude de la banlieue parisienne ne peut se faire sans Paris puisque sans la présence de la
capitale 1ère destination mondiale le contexte serait totalement autre. En France, c'est à Paris
qu'est apparue la première initiative participative revendiquée comme telle. L'association
Belleville Insolite, qui a aujourd'hui disparue, a lancé les premiers éléments d'un tourisme dit
« différent ». Aujourd'hui, les initiatives se sont multipliées, ont évolué et pris diverses
formes, on peut également parler d'intérêt pour la pratique à l'échelle internationale.
Cependant, aucune définition claire n’a été donnée, aucune analyse des acteurs et des
pratiques n'a été réellement menée. Le domaine reste peu connu. L'émergence d'une nouvelle
échelle de travail, traduit une tendance de fond de l'émergence de problématiques
métropolitaines.
Ainsi, l'approche comparative de deux territoires semble une approche indispensable afin de
comprendre les enjeux globaux du tourisme métropolitain de demain.

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Problématique

Sera adoptée une approche géographique de la question. Ainsi, il s’agira de répondre aux
interrogations suivantes :
- qu'apporte le tourisme participatif aux territoires et comment influe-t-il sur leur
recomposition ?
- dans quelles mesures les frontières territoriales influent-elles sur l'apport du tourisme
participatif ?
- le tourisme participatif engendre-t-il des pratiques touristiques métropolitaines ?
- le tourisme participatif nous renseigne-t-il sur le mode d'appropriation des territoires
métropolitains ?
- l'étude du tourisme participatif permet-elle une cartographie des territoires touristiques qui
transcendent les limites administratives actuelles ?
- le tourisme participatif peut-il permettre d’atteindre les objectifs fixés pour la destination
Paris ?

Hypothèses

Pour cela, je baserai ma recherche sur deux hypothèses :
Premièrement, l’hypothèse selon laquelle les formes que prend le tourisme participatif sur un
territoire sont liées au « substrat touristique » préexistant. Le tourisme participatif est un
ensemble de pratiques et de discours qui est conditionné par un « substrat » composé :
- de l'imaginaire du territoire et des éléments concourant à sa production ;
- des acteurs du tourisme (touristes, résidents et institutionnels), et donc des flux et pratiques
des visiteurs et de la population résidente (sur leur lieu de vie quotidienne et à l'extérieur),
mais aussi des réajustements (aménagement, développement, communication) faits par les
institutionnels.
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Dans un deuxième temps, on suppose qu’il y a une certaine inertie dans la reproduction du
« substrat touristique » mais que le tourisme participatif, en tant que pratique innovante,
induirait une légère déviation de la trajectoire habituelle du fait de l'introduction d'une
nouvelle inconnue : la rencontre entre les habitants et les touristes organisée elle-même par
les « locaux ».
En étudiant cette hypothèse, ce mémoire devrait me permettre de déterminer une géographie
des pratiques du tourisme participatif sur les différents territoires de la métropole.

Méthodologie

Dans un premier temps je m’attacherai à un approfondissement de la thématique « touristes et
habitants » en m’appuyant sur les nombreux auteurs qui s’y sont penchés pour faire un état de
la question et ainsi venir inscrire le développement du tourisme participatif comme un
renouveau de ces recherches sur le rapport visiteurs-visités et ainsi donner à l’étude du
tourisme participatif toute sa pertinence scientifique en le replaçant dans ce contexte
généraliste. La seconde partie aura pour fil rouge la définition de ce tourisme, que fait-on
réellement quand on fait du tourisme participatif, qui sont les acteurs, quelles sont leurs
pratiques ? Autant de questions auxquelles il semble primordial de répondre avant de pouvoir
vérifier mes hypothèses. Enfin, la troisième et dernière partie viendra confirmer ou infirmer
l’hypothèse posée en introduction et permettre l’analyse du tourisme participatif dans ce qu’il
implique réellement dans la pratique actuelle et à venir des touristes dans la destination
capitale.

Si pour la majorité la première partie est alimentée par l’analyse du corpus bibliographique
que j’ai pu enrichir en étudiant les bibliographie de chaque ouvrages consultés pour pouvoir
dégager des ouvrages et des auteurs de référence, l’analyse de l’émergence du tourisme
participatif a nécessité en plus l’immersion au sein des acteurs institutionnels et le suivi des
réunions. Chose que j’ai pu faire en suivant deux stages. Le premier, de mars à juin 2009,
auprès de la chef de projet de la Cité-jardin de Stains qui propose des visites intégrées au
programme Douce Banlieue, et le second, de mars à juin 2010, auprès du chargé du tourisme
de la Ville de Paris.
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La seconde et la troisième partie se basent avant tout sur la définition de la pratique, ce qui a
nécessité de faire un recensement des structures, puis des entretiens, qui ont eu lieu de
novembre 2009 à juin 2010, avec leurs représentants en ayant rédigé une grille d’entretien au
préalable, ainsi qu’une retranscription de ceux-ci. A également été établie une méthode
d’observation en suivant quelques une des prestations, retranscrites par la suite sous formes de
fiches. Cette triple méthodologie m’a ainsi permit de définir les contours du tourisme
participatif tel qu’il a été définit au départ en y intégrant les acteurs qui n’étaient pas encore
recensés. Elle m’a également permit de confronter le discours des acteurs à la réalité sur le
terrain et ainsi de ne pas être limitée à ce qui a pu être dit en entretien.
Enfin, une collaboration entre l’IREST et l’association Parisien d’un jour m’a permit de
suivre cinq balades sur le territoire du Marais avec cinq bénévoles différents mais aussi
d’avoir accès à leur base de données bénévoles et visiteurs pour pouvoir en faire une analyse.
Enfin il semble important de préciser que pour l’ensemble de mon travail j’ai volontairement
souhaité me détacher de la conception « tourisme solidaire » souvent associé au tourisme
participatif du fait de la filiation faite avec la terminologie existante dans le rapport de
l’IAURIF. Cependant, ce rapport montrait bien les limites de cette filiation.
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PREMIERE PARTIE : TOURISTES ET HABITANTS, VISITEURS ET
VISITES

I. Les prémices et l’affirmation d’un intérêt scientifique :
Avant toute chose, il est indispensable de revenir sur les concepts et leurs auteurs qui nous
permettent de mieux comprendre la relation touriste et habitant dans l’espace urbain. Le
rapport visité-visiteur a fait l’objet de nombreux écrits et l’étude de ceux-ci montre que cette
question est liée à l’émergence même du tourisme.

A. Un rapide retour historique :
L’évolution du rapport visiteur/visité s’est faite en parallèle au développement touristique
depuis la « Révolution Touristique » (Boyer M., 2002, p.394).
Au départ, par la pratique du Grand Tour, c’est l’entre soi qui était valorisé. « Les premiers
touristes avaient, d’emblée, créé des lieux qui leur permettaient de vivre ensemble et de
n’entretenir que le minimum de relations – généralement ancillaires – avec la société
d’accueil. Vivre entre soit fut, très tôt, à défaut d’être nécessairement un ressort, au moins une
manière de se comporter dans les lieux touristiques, de Bath à Nice en passant par Chamonix
ou Cannes ». (Equipe MIT, 2005, p.246)
Puis, la pratique s’est développée dans des espaces « non habités », créés souvent ex-nihilo
comme les stations littorales ou de montagne (Boyer M., 2002, p.395). Avant les stations
littorales, il a pu y avoir des ports de pêche. Se sont développées des pratiques touristiques
tournées vers l’observation de ces fonctions portuaires en même temps que le paysage. Puis il
y eu un glissement de ces stations vers des formes plus urbaines (Stock, M., 2003) et le
développement de ce que l’on nomme le « tourisme urbain ».
Cependant, le développement du tourisme n’a pas été uniforme. Au contraire, plusieurs
pratiques se sont développées parallèlement par le fait de ruptures. Ainsi, l’Equipe MIT
rappelle le rôle des « hippies » en affirmant que du « rejet farouche du prêt à consommer
touristique, il nous reste le désir d'aller à la rencontre des autres » (EQUIPE MIT, 2005,
p.153). C’est à partir de ce moment de rupture que se sont développées l’ensemble des
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considérations éthiques et les termes tels que le tourisme « alternatif », « ethnique »,
« éthique », « respectueux », censés faire prévaloir la découverte, dans le respect des modes
de vie traditionnels.
La relation visiteur/visité dans le cadre du tourisme ethnique est devenue l’objet d’étude
principal des anthropologues qui s’intéressent au tourisme. Cependant, il y a une
surreprésentation des études portant sur le différentiel de développement et de mode de vie
entre les touristes et les autochtones.
Tandis que le tourisme « de masse » continue son développement sur tous les types d’espaces,
« peu de types de lieux peuvent se prévaloir d’avoir attiré voyageurs, visiteurs puis touristes
depuis plus de siècles. Or, c’est le cas de la ville, surtout de la grande ville» (Duhamel Ph. et
Knafou R., 2007, p.10). Et le « tourisme urbain » de la fin du XIXe siècle est riche
d’enseignements. En effet, étant protéiforme, de nombreux auteurs se sont penchés sur ces
différents aspects et notamment sur la question qui nous intéresse, la relation
1touristes/habitants. Ainsi, les concepts de l’ « habiter touristique » (Stock, 2007), et des
2« lieux communs » (Bernardie-Tahir, 2007).
Enfin, en parallèle, se sont et se développent encore d’autres pratiques touristiques, dites
« hors sol », en rupture avec la « contestation hippie » qui vise à se couper de la réalité du
territoire sur lequel on réside. C’est le cas des center parcs, parcs d’attraction et îles-hôtels.
Ainsi, la destination Maldives propose de séjourner dans des îles-hôtels coupées totalement de
la société locale et de ses us et coutumes. On peut y boire de l’alcool alors que dans le reste du
pays, cela est interdit. Le fuseau horaire est différent du fuseau national etc. (Equipe MIT,
2005).


1
« Si la ville est habitée par le « flâneur » (Baudelaire, Walter Benjamin) – figure du XIXe siècle – ou le
« passant considérable » (Isaac Joseph) – figure du XXe sicle – elle l’est aujourd’hui (sic) par le touriste. » (Stock,
2007, p.25)
2
« [Les lieux communs »] se définissent comme des lieux de contact ou d’échanges, des lieux nés de la
rencontre entre groupes sociaux et culturels différent, des lieux multiculturels producteurs d’une nouvelle
urbanité. » (Bernardie-Tahir, 2007, p.48)

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