UNIVERSITE PARIS PANTHEON SORBONNE

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UNIVERSITE PARIS 1 PANTHEON-SORBONNE INSTITUT DE RECHERCHE ET D'ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME POUR UNE EVALUATION DES PERSPECTIVES ET OUTILS DE DEVELOPPEMENT DU TOURISME A VELO EN FRANCE La Loire à vélo, première étape vers une future « France à vélo » ? Mémoire professionnel présenté pour l'obtention du Diplôme de Paris 1 Panthéon-Sorbonne MASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2e année) Spécialité Développement et Aménagement touristique des Territoires Par GIRARD Julie Directeur du mémoire : M. Jean-Pierre MARTINETTI JURY Membres du Jury : ………………………… ………………………… ………………………… Session de Juin 2010

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Publié le : mardi 1 juin 2010
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Source : univ-paris1.fr
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UNIVERSITE PARIS 1 PANTHEON-SORBONNE INSTITUT DE RECHERCHE ET D’ETUDES SUPERIEURES DU TOURISME POUR UNE EVALUATION DES PERSPECTIVES ET OUTILS DE DEVELOPPEMENT DU TOURISME A VELO EN FRANCE La Loire à vélo, première étape vers une future « France à vélo » ? Mémoire professionnel présenté pour l’obtention du Diplôme de Paris 1 Panthéon-Sorbonne e MASTER PROFESSIONNEL « TOURISME » (2 année) SpécialitéDéveloppement et Aménagement touristique des Territoires Par GIRARD Julie  Directeur du mémoire : M. Jean-Pierre MARTINETTI  JURY Membres du Jury : …………………………  …………………………  ………………………… Session de Juin 2010
« Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi si j’ose ainsi dire, que dans les voyages que j’ai fait seul et à pied. Je dispose en maître de la nature, mon cœur errant d’objet en objet s’unit, s’identifie à ce qui le flatte, s’entoure d’images charmantes, s’enivre de sentiments délicieux. » - Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions – « Pour moi, une itinérance, ça se vit sur l’histoire. C'est-à-dire qu’il y a quelque chose à raconter, ou bien qu’on va partager avec quelqu’un d’autre. » - Yvon Durand, Fédération française de cyclotourisme – « Comment mieux qu’au rythme libre d’une balade à vélo s’imprégner des richesses naturelles et culturelles du paysage ligérien ? … Le nouveau tourisme à vélo a la vie devant lui. » - Site Internet de la Loire à vélo -
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REMERCIEMENTS « Arrivée au terme de la rédaction de mon mémoire, je tiens à adresser ma gratitude et mes plus sincères remerciements à toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à son élaboration. Je tiens tout d’abord à remercier l’équipe enseignante pour son encouragement et ses conseils. Je remercie M. Martinetti, mon directeur de mémoire, pour ses conseils avisés concernant l’élaboration du plan. Je remercie M. Tiard pour m’avoir transmis de précieux documents normalement peu accessibles. Ma gratitude va ensuite à Sébastien Baholet de la DGCIS, pour son accueil chaleureux, pour m’avoir fourni de précieux renseignements, pour avoir partagé son avis d’expert, pour sa disponibilité, et pour m’avoir permise de coécrire avec lui une fiche thématique, diffusée auprès de nombreux acteurs professionnels du tourisme à vélo en France. Je remercie Marion Frémont du CRT Centre pour son accueil et pour avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je remercie aussi Jacques Zeimert, Président de l’Association de Défense de la Loire Angevine, pour la qualité des informations qu’il m’a transmises. Je tiens à remercier Céline et Denis Dodokal de l’entreprise Loire Vélo Nature pour leur accueil chaleureux, pour m’avoir transmis de précieuses informations, pour avoir partagé leur expérience et leur opinion de professionnels du tourisme à vélo et pour m’avoir permis de réaliser un stage dans des conditions très agréables. Je remercie Susi Giraud pour ses magnifiques photographies. Merci aussi à toute l’équipe de Loire Vélo Nature pour leur accueil et leur bonne humeur permanente. Je remercie ensuite mes collègues de Détente Consultants pour leur soutien durant la période de rédaction du mémoire. Enfin, je tiens particulièrement à remercier mes parents qui m’ont gentiment véhiculée le long de la Loire à vélo afin de pouvoir prendre plus aisément des photographies des réalisations. Je les remercie aussi pour leur soutien et pour leur intérêt. »
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SOMMAIRE Introduction Page 6 Méthodologie Page 12 Partie 1 – Le vélotourisme, un produit de niche qui cherche à grandir Page 14
1)La politique vélotouristique, une politique vélo parmi d’autres 1.1Page 14) Historique et organisation de la politique vélo en France 1.2) La Mission Nationale des Véloroutes et Voies Vertes, un fonctionnement et Page 16 des objectifs transversaux 1.3Page 17) L’économie du vélo en France, des chiffres non négligeables 1.4Page 18) Des usages multiples pour les Véloroutes et Voies Vertes 2)Une valeur ajoutée certaine du vélo pour les territoires 2.1) Economie, aménagement, environnement : les enjeux Page 20 2.2) Image, positionnement et politiques touristiques Page 21 2.3) Coopération institutionnelle et management de projet Page 23 3)Le tourisme à vélo : une diversité de pratiques et de publics 3.1) L’itinérance à vélo, un « slow tourism » de découverte du milieu rural Page 24 3.2) Une typologie diversifiée des itinéraires cyclables Page 28 3.3) Profil, attentes et dépenses des usagers des itinéraires cyclables Page 29 3.4) Les enjeux de la segmentation et de l’étude des clientèles Page 32 4)Une persistance d’obstacles à surmonter pour construire la France à vélo 4.1) Des objectifs trop ambitieux… Page 33 4.2) … pour des moyens trop limités ? Page 34 4.3) Domination persistante de l’automobile et enjeux de l’éducation au vélo Page 35 4.4) L’itinérance à vélo, un démarrage lent qui nécessite plus d’efforts Page 37
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Partie 2 – Territoire et infrastructure, deux facteurs clés ou Pourquoi, à la différence Page 39 du Val de Loire, tous les territoires ne peuvent pas devenir vélotouristiques 1)Sans potentialités, pas de cyclotourisme dans les territoires 1.1)Page 39Les plus d’une fréquentation touristique déjà acquise 1.2)Page 40Le tourisme à vélo, du tourisme culturel ? 1.3)Le vélo, outil de valorisation d’un patrimoine « autre » Page 44 1.4)Développement vélotouristique et protection patrimoniale : un conflit Page 49 d’intérêt ? 2)Intégration territoriale et identité vélo en Val de Loire 2.1) Un fleuve et des paysages à préserver et à valoriser Page 51 2.2) Impact environnemental et intégration paysagère Page 55 2.3) Décliner la territorialité du projet vélo : la marque Loire à vélo Page 57 3)La qualité des infrastructures comme point de départ. La Loire à vélo est-elle au point ? 3.1) Longueur, continuité, sécurité et praticabilité Page 59 3.2) Intermodalité et interconnexion. Exemplarité de la Loire à vélo ? Page 62 3.3) La signalétique et les aires d’accueil, deux données clés Page 65 Partie 3 - Des aménagements à la filière : les processus et perspectives de Page 70 développement du tourisme à vélo en France 1)Une mise en place de services nécessaire au développement du tourisme à vélo 1.1)La qualité, une exigence pour l’accueil et l’hébergement. Le cas Page 70 d’Accueil Vélo 1.2)Guidage et information : les enjeux de l’utilisation des TIC Page 73 2)Commercialiser le tourisme à vélo ? Il en faut pour tous. Le cas de la Loire à vélo 2.1) La programmation de la Loire à vélo par les TO et agences de voyage. Page 78 Des spécificités ? 2.2) Une autoproduction croissante des séjours vélo : raisons et conditions Page 82
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3)Animer et promouvoir : enjeux et valeur ajoutée d’une « France à vélo » 3.1) Optimiser la promotion vélotouristique : entre actions spécifiques et actions Page 84 transversales 3.2) L’évènementiel, un outil stratégique de développement des pratiques Page 88 vélotouristiques 3.3) Mieux communiquer et mutualiser les moyens : les enjeux de la Page 90 construction de la France à vélo « L’Université n’entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions émises dans les mémoires et thèses. Ces opinions doivent être considérées comme propres à leurs auteurs. »
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INTRODUCTION La pratique touristique du vélo ne date pas d’hier. En effet, bien avant la généralisation des déplacements touristiques en automobile, les aristocrates londoniens, pionniers du tourisme, arpentèrent les premiers kilomètres du Grand Tour à bicyclette. Les premiers ème touristes, dès la fin du 19 siècle, étaient des touristes à vélo. Le vélo se conjuguait alors parfaitement avec les attentes de ces aventuriers des temps modernes : « le vélo, c’est aussi [et déjà] la liberté : alors que le chemin de fer contraint le voyageur à un trajet précis, la bicyclette autorise toutes les errances, tous les arrêts. Elle permet de reconquérir un regard 1 tranquille sur le paysage, de s’approprier à nouveau la route. » En vélo ou à pied, l’itinérance est aux origines même du tourisme, car « sa spécificité est bien de mettre en avant le déplacement lui-même, au détriment éventuel de la destination. Il s’agit donc d’un voyage actif par définition, opposant le « voyageur » (itinérant) au « voyagé » (statique, du moins une 2 fois sa destination atteinte) » . Cette envie de découverte libre de toutes contraintes, dont celle du temps, d’errance régénératrice, d’admiration paysagère grâce au vélo, après s’être faite ème moins présente au cour du 20 siècle, revient aujourd’hui au premier plan des préoccupations touristiques.  En effet, après un siècle d’une écrasante domination de l’utilisation de l’automobile pour les vacances, objet associé aux congés payés, au tourisme de masse et au progrès social, la question du vélo réapparait à nouveau depuis le début des années 2000 au sein des politiques touristiques en France. Mais comment expliquer ce renversement spectaculaire de tendance, ce changement de rapport à l’objet, alors que l’objet en lui-même, le vélo, est resté globalement le même comme l’affirme Sébastien Baholet ?  Le développement actuel des politiques vélo s’inscrit dans le contexte de la généralisation à toutes les populations et à tous les domaines socio-économiques du concept et des enjeux du développement durable définis lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Le vélo est un transport doux qui répond parfaitement aux exigences du développement durable, à ses trois volets économique, environnemental et social, et aux nouvelles donnes en matière de tourisme car :
1 BERTHO LAVENIR, Catherine.La Roue et le stylo. Comment nous sommes devenus touristes, 1999. 2 Versant Sud et Altimax pour la FFRando, la Grande Traversée des Alpes, le Club Alpin Français et l’Union des Accompagnateurs en montagne,De l’itinérance aux pratiques itinérances : vers un nouveau tourisme ?, 2009
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-il s’agit d’un mode de déplacement non polluant respectueux de l’environnement et appréciable dans un contexte de renchérissement des énergies fossiles -il permet de faire des rencontres et de découvrir autrement les territoires en permettant de prendre son temps pour explorer et appréhender de nouvelles richesses naturelles, patrimoniales et culturelles -il assure la cohésion et le dialogue entre les territoires en reliant les villes et les « pays » ruraux et en organisant des liens entre les autorités administratives et les communautés -il est un instrument d’aménagement réfléchi du territoire et permet de diversifier les économies locales -il génère des retombées sociales et économiques importantes et crée de nouveaux métiers et emplois. Aussi, la démonstration de l’inscription du tourisme à vélo dans le secteur du tourisme durable ayant déjà été faite à plusieurs reprises (par les études régionales et nationales du 3 cabinet Altermodal ou par des mémoires universitaires ), nous partirons ici du principe que ce 4 point est admis de tous et évoquerons seulement ci-dessous les objectifs auxquels tend la réalisation des véloroutes et voies vertes pour confirmer cela : développer le tourisme à vélo, dans le contexte de la « »slow révolution (développement des transports lents par respect de l’environnement et pour prendre son temps) développer l’intermodalité développer la randonnée à vélo en aménageant de nouveaux lieux et en valorisant de nouveaux territoires développer les produits de courts séjours intégrés territorialement augmenter la durée de séjour dans des lieux de passage ou d’excursionnisme (dans un objectif de retombées économiques viables) développer les territoires qu’elles traversent en leur faisant bénéficier de retombées économiques donner une forte cohérence identitaire et touristique aux territoires traversés faire émerger de nouveaux produits touristiques en zone rurale.
3  Par exemple, le mémoire de fin d’études d’Emmanuelle Sailly intitulé « Bougez autrement » (Université d’Orléans) 4 Objectifs officiels indiqués dans le cahier des charges du schéma national
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Cette pratique proche de la nature et qui permet de prendre son temps attire donc beaucoup les clientèles familiales qui ont besoin de se regrouper et de se ressourcer, et satisfait aux besoins des touristes d’aujourd’hui : la découverte, la rencontre, l’échange, le partage, besoins auxquels s’ajoutent depuis quelques années la recherche de nouvelles valeurs comme l’authenticité, le bien-être, le ludisme ou encore le non-marchand. Le tourisme à vélo, et particulièrement dans sa forme itinérante, possède en effet un imaginaire propre, que les touristes définissent par « la curiosité, la découverte, l’aventure ou le voyage, mais aussi la recherche du changement, de la rupture, de l’expérience personnelle, dans une optique de bien-être physique et mental associé à une immersion dans les grands espaces et une certaine 5 solitude ou isolement » . Le tourisme à vélo est donc une forme de tourisme durable, voire sous certaines conditions, d’écotourisme.  Dans ce contexte, les pratiques cyclables possèdent un bon potentiel de développement et le vélo s’implante un peu partout. En ville, les pistes cyclables et voies réservées se multiplient et, comme le montre la carte présentée en annexe 1, bientôt, toutes les métropoles régionales voire toutes les villes moyennes possèderont leur système de vélos en libre service à l’image de Paris et de son fameux Vélib’. En milieu rural, les véloroutes et voies vertes s’étendent petit à petit, leur développement étant encadré par le schéma national des Véloroutes et Voies vertes et par ses déclinaisons régionales ou départementales. Cette multiplication des aménagements a permis la croissance considérable de l’ensemble des pratiques cyclables pour atteindre aujourd’hui le chiffre de 24 millions de pratiquants en France dont 16,8 millions de réguliers (au moins une fois par mois) et une part modale du 6 vélo de 4%, en croissance constante . La France sort peu à peu du peloton des relégables européens (entre 50 et 100 km parcourus au total par an et par habitant) évoqués par Altermodal.  Le tourisme en France est déjà concerné par le vélo et de grands itinéraires vélotouristiques, au premier rang desquels se trouve la Loire à vélo, sont en train de se mettre en place. En 2007, on comptait 7,2 millions de séjours liés au vélo soit 3,5% des séjours touristiques en France (Altermodal, 2008). Mais ce chiffre reste faible comparé aux scores très élevés de nos voisins allemands ou hollandais et cache des inégalités de pratiques. Il y a d’abord les inégalités géographiques (57% des séjours concernent le littoral), puis les inégalités entre les pratiques touristiques (seulement 12% d’itinérance soit un total de 660 000
5 Versant Sud et Altimax pour la FFRando, la Grande Traversée des Alpes, le Club Alpin Français et l’Union des Accompagnateurs en montagne,De l’itinérance aux pratiques itinérances : vers un nouveau tourisme ?, 2009 6 Altermodal,Le tourisme à vélo en France, 2008
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séjours itinérants dont seulement 42 600 séjours de Français) mais aussi et surtout des inégalités de clientèles (l’itinérance concerne majoritairement les étrangers (85% des itinérants sont des étrangers) et les CSP+). En effet, pour certaines catégories de population, le vélo demeure un moyen de se déplacer, peu lié au plaisir, à la découverte et donc au tourisme et, de manière générale en France, l’automobile reste encore aujourd’hui le moyen de transport le plus associé au temps des vacances. Le principal travail à fournir pour développer le tourisme en France concerne donc d’abord les représentations du vélo et des vacances : comme cela se fait en Hollande ou en Allemagne, l’apprentissage du vélo vacances doit passer par le développement du vélo quotidien.  Ainsi, du fait de son actualité durable, de son attractivité et de son bon potentiel de développement, le tourisme à vélo mérite qu’on lui consacre tous les efforts notamment en réduisant ces inégalités d’accès et en construisant un réseau de qualité, valorisé, animé, mis en tourisme.?Comment développer alors le tourisme à vélo et le rendre accessible à tous Voilà la question à laquelle répond ce mémoire. Mais aussi : Comment créer un réseau national attractif, intégré aux territoires et à leur culture, compétitif, animé et valorisé ? Comment passer efficacement de l’aménagement brut au produit touristique puis à la filière ? Comment attirer les Français vers le tourisme à vélo ? Comment surmonter les éventuelles difficultés de positionnement dues à la diversité des clientèles cibles ? Quels sont les objectifs et outils de développement du vélotourisme ainsi que les freins ? Comment atteindre un niveau de développement exemplaire afin d’en optimiser les retombées?  Nous définirons ici l’accessibilité à atteindre par une accessibilité économique (de l’autoprogrammation aux séjours clés en main, il en faut pour toutes les bourses), une
accessibilité physique (aux enfants, aux familles, aux handicapés, aux séniors, sur les courtes et longues distances) mais surtout une accessibilité socioculturelle (il faut véhiculer le concept du vélo liberté, nature, découverte, et prioritairement auprès des Français). Cette accessibilité totale, pour tous, est au cœur des ambitions des développeurs du tourisme à vélo. Et les Français sont la cible prioritaire des politiques vélotouristiques. En effet, avec un investissement prévu à hauteur de 1,2 Mds d’euros, l’Etat français dont les objectifs touristiques sont souvent construits dans un rapport de concurrence avec la Suisse, l’Allemagne ou les Pays-Bas, ambitionne d’atteindre les 2,5 Mds d’euros de retombées et 7 25.000 emplois directs . Mais les outils mis en place au niveau national et régional pour faire
7 Odit France,Economie du vélo, 2009.
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de ces ambitions une réalité sont-ils satisfaisants ? Les moyens mis en place sont-ils à la hauteur des objectifs ? Cette analyse de l’efficacité et de la qualité des instruments utilisés, c'est-à-dire de l’offre vélotouristique, est au cœur de mon propos. Afin d’évaluer de façon détaillée ces outils, j’ai consacré mon étude au plus ambitieux et symbolique d’entre eux, la Loire à vélo. Projet élaboré par l’Afit et la Région Centre au milieu des années 1990, long aujourd’hui de 615 km mais qui en fera plus de 800 à terme, traversant deux régions, six départements et six grandes agglomérations (Orléans, Blois, Tours, Saumur, Angers et Nantes), bénéficiant d’un total de 52 millions d’euros 8 d’investissement , il est intégré à la plus célèbre des Eurovéloroutes européennes, l’Eurovélo6, reliant la Mer Noire à l’Atlantique. Porté par les régions Centre et Pays de la Loire, l’itinéraire Loire à vélo est aussi au cœur des priorités nationales. Déjà très empruntée et jouissant d’une bonne renommée construite en partie à partir de celle des Châteaux de la Loire, la Loire à vélo sert de modèle aux politiques et projets nationaux. Mais la Loire à vélo (ses aménagements et leur mise en tourisme) est-elle si exemplaire qu’on nous le dit ? Est-ce une première étape légitime dans la construction menée actuellement par la Sous-Direction du Tourisme et ses partenaires de la France à vélo, futur grand réseau national vélotouristique ? Une France à vélo construite à partir des acquis et des outils de la Loire à vélo satisfera-t-elle les objectifs de durabilité (environnementale, sociale et surtout économique) et de fréquentation touristique attendus par les développeurs du vélotourisme en France ? L’évaluation du projet de la Loire à vélo menée dans ce mémoire a donc pour but d’en évaluer l’exemplarité en tant que modèle et première étape de la future France à vélo.  Afin de répondre à toutes ces questions, les enjeux touristiques, politiques et économiques de l’émergence d’une France à vélo sont évoqués dans une première partie. Puis est abordée dans une seconde partie l’évaluation de l’intégration territoriale, de la valorisation identitaire, de la praticabilité et de la qualité de l’aménagement brut de la Loire à vélo en tant que condition première et support nécessaire au développement du tourisme à vélo. Enfin, dans une troisième partie, nous étudions les perspectives et outils de construction d’une filière vélotouristique représentée par la France à vélo à travers l’évaluation de la mise en tourisme des aménagements ayant abouti au développement d’un réel produit « Loire à vélo ».
8 D’après les informations fournies par le site Internet de la Loire à vélo
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