Fiche de Méthodes de Philosophie de niveau HEC

De
Méthode pour la dissertation niveau 1
Fiche de Méthodes en Philosophie (2011) pour HEC 1, Terminale L, Terminale S, Terminale ES
Publié le : mardi 9 avril 2013
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Source : CapMention
Nombre de pages : 7
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Conseils méthodologiques pour la dissertation philosophique et/ou de culture générale en CPGE Niveau 2 M. Buosi La dissertation philosophique ou de culture générale est une réflexion qui s' appuie sur des leçons, des théories, des doctrines étudiées en classe (pas seulement de terminale mais aussi de première, seconde etc.) mais qui doit s'en détacher puisqu'il ne s'agit ni de réciter une ou des leçons, ni de faire un catalogue organisé de théories, ni de penser à partir d'un auteur particulier ou dune œuvre particulièreElle est une réflexion rationnelle qui s 'appuyant sur des bases culturelles (philosophiques, sociologiques, historiques, anthropologiques, mathématiques etc.) doit montrer à la fois une pensée riche et sure d'elle-même dans sa forme (orthographe, grammaire etc.) et capable, sur le fond, de personnalité, de singularité dans la façon d' élaborer un problème à partir d'une simple question, d'une notion, d'un couple de notions (d'un sujet) ainsi que dans les réponses toujours nuancées et composées qu'elle permettra d'apporter à celui-ci.
NB: il n' y a pas de différence fondamentale entre la dissertation et l' explication de texte. Une bonne dissertation explique. Cela signifie que tout y est défini, rien ny est implicite même et surtout ce qui peut sembler évident à lauteur. Lévidence doit être du côté du lecteur. On notera aussi quil ny a pas de ssiertation sans questions. Celles-ci sont un outil rhétorique à destination de son lecteur pour, par exmeple, insister sur une idée, une définition, un problèmemais aussi une aide méthodologique pour lauteur puisquelles permettent de faire une pause dans la réflexion et de répérer ses faiblesses, de se redirigerDu bon usage du brouillon: 3 étapes, 3 types de sujets, un exemple. 1 Etudier le libellé du sujet. Le sujet « Qu'est-ce qu'un homme ? » ne se confond pas avec « Qu'est-ce que l' Homme ? ». 2 Multiplier les définitions des termes du sujet dans le contexte de la question. Un homme c'est un individu (donc singulier ?), c'est un animal (particulier ?). Travaillez les différentes acceptions des mots du sujet. 3 Problématiser le sujet. Il n'y a que 3 types de sujets(sous de multiples formes) a) une question ne mettant en jeu qu'une notion. Exemple : « qu'est-ce que la justice ? » (cela revient à certains sujets qui ne proposent en apparence aucune question mais seulement une notion comme par exemple : « la raison » mais cela revient à poser la question : « qu'est-ce que la raison ? »). Puisque le libellé du sujet ne propose aucune définition de la notion en jeu aussi faut-il au brouillon se donner au moins deux définitions opposées de la notion. Par exemple, la justice est une égalité parfaite ou àcontrariojustice est une distribution qui la est fonction des mérites de chacun etc. et évoquer ce que supposent ces positions (leurs raisons d'être) et si possible identifier ceux qui les
défendent. En somme, il s'agit de faire le point sur : qui pense quoi ? Et pourquoi ? On voit ici que la simple question de la définition de la justice est dépassée parce qu'il existe de nombreuses définitions de celle-ci qui s' opposent, se complètent ... Il s'agit dès lors de trouver le terrain exact sur lequel s' opposent chaque position, c'est-à-dire ce qui les opposent réellement en dehors du simple fait qu'elles n' adhèrent pas à la même définition d'un mot (ce qui est un faux problème). A contrario,trouver ce qui opposent deux positions antithétiques c'est trouver le problème philosophique d'un sujet. b) Un sujet dans lequel on propose déjà une thèse (par exemple : ceci est-il cela ? Suis-je réellement ce que j'ai conscience d'être ? / faut-il faire ceci ? « L'homme doit-il connaître le vrai avant d'agir ? / Que penser de ça ? / peut-on penser, dire, faire, objecter etc. ceci ? ). Dans ce type de sujet la moitié du travail est fait puisque l'on propose déjà une thèse ou position. Reste à trouver son opposée, leur raison d' être respective et leur terrain d' affrontement pour trouver le problème philosophique du sujet. c) Un sujet dans lequel il y a déjà deux thèses qui s' affrontent: à vous de déduire la procédure ... En somme il faut toujours pour trouver le problème rajouter au sujet le mot « ou » pour trouver des alternatives, des oppositions quand il n'y en a pas. Ensuite comprendre les raisons de ces oppositions et les formuler. Un exemple de problématisation : soit le sujet « l'expérience suffit-elle à nous faire accéder aux vérités rationnelles ? ». celui-ci doit s' entendre (après analyse fine des termes !) comme : l'expérience suffit-elle à nous faire accéder aux vérités rationnelles ou existe-t-il autre chose qui puisse le faire mieux qu'elle ? Quoi ? Les capacités supposées innées de la raison. On aura donc l'expérience suffit-elle à nous faire accéder aux vérités rationnelles ou faut-il lui adjoindre les capacités rationnelles innées de l'homme ? On voit qu'il s'agit de s'interroger sur les forces et faiblesses de l'expérience mais surtout sur ce qui peut permettre l'accès aux vérités rationnelles. Le problème est donc de savoir comment accéder aux vérités rationnelles ? Par l'expérience, la raison ? Par quoi ? A éviter On a donc le problème reste à chercher à le solutionner ... et le brouillon n'est pas le lieu de cette solution ... Il faut absolument éviter de tomber dans les écueils suivants au brouillon : 1 Tout rédiger : question de temps. 2 faire un plan définitif : il empêche de réfléchir réellement, les directions qui indiquent au brouillon une voie à suivre deviennent comme obligatoires pendant l'examen même si l'analyse fine sur la copie les a rendues obsolètes.
3 faire un plan catalogue : I abc II abc III abc. Disserter ne consiste pas remplir des cases. La forme n'est pas le fond, c'est le fond qui fait la forme. De plus, ce type de préparation permet seulement de juxtaposer des arguments sans lien réel entre eux. c'est l'analyse, l' explication de ce qui est dit qui fera le lien entre les paragraphes dans la copie et il n'est pas possible de faire ses analyses au brouillon faute de temps. Ainsi, s'il est impossible de connaître la fin de sa dissertation avant de l' avoir faîte, « faire un plan » ne peut consister qu'à se donner des axes de réflexions. NBil est évidemment conseillé pendant la mise en crise des positions : de faire des références (!). La réalisation de la dissertation Un plan n'est que la forme d'un contenu, il n' y a donc pas de plan type. il s'agit seulement de suivre une logique explicite et montrer ce qui conditionne quoi et pourquoi. Aussi faut-il sortir du mythe thèse /antithèse/synthèse. Il est possible qu'à un problème on envisage des oppositions qui seraient dépassées mais c'est là tout ce qu'il fut entendre par là ... Pourtant certaines règles sont à respecter comme pour tout travail académique : 3 parties, 3 paragraphes (15 à 20 lignes environ !) par partie qui commencent par un alinéa. Chaque partie se termine par une conclusion partielle et une transition. L'introduction 1 Il fautamener le sujet par un exemple, une référence, une situation qui met en scène la position inhérente au sujet ou les raisons qui font que la question du sujet se pose dans la réalité. 2Poserles alternatives pour justifier le problème. On clairement distinguera laproblématiqueest une reformulation du sujet qui (re-élaboration) et laproblématisationest le processus lent de qui complexification du sujet (et qui ne peut pas être résumée en une phrase). Peu importe votre choix, seul compte le fait qu'il y eu identification du problème. 3Chaque problème à des effets, desenjeuxet il faut les identifier. Si je me demande si l'homme à une âme par exemple, il va de soi que cela détermine une certaine position dans l'existence, que cela génère des conséquences ... 4Annoncer le plan (les axes de réflexion). Cette opération n'est pas nécessaire lorsqu'il y a eu problématisation (l'annonce s'est faite automatiquement) ; dans le cas d'une problématique, elle est nécessaire mais sous la forme suivante. On n' annonce pas trois questions simples ; au contraire, il faut justifier les questions et surtout ne pas simplement les juxtaposer. Il faut rendre compte du lien qui les uni. NBattendez d'avoir terminé le devoir avant de poser votre plan (dans : le cas d'une problématique). Le corps du devoir
Notez bien que la forme pour un paragraphe suivant le schéma : une idée/un argument/un exemple est un raccourci pratique mais très largement insuffisant. Un argument n'est pas la justification rationnelle d'une opinion. Il doit être le fruit d'une analyse, une conséquence. L'examen attentif d'une référence, d'une citation, d'un concept amène naturellement une position. L'argument ne justifie pas, il est un résultat et c'est en cela qu'il convainc. Ceci résoud le problème de savoir si on doit ou non donner son avis dans une copie : tout n'est ici qu' hypothèses rationnelles à partir d'un examen attentif et non opinion justifiée après coup.
Le premier paragraphe du Iainsi contextualiser le problème par doit une référence où se joue soit une position du sujet soit l' opposition entre deux (ou plus) thèses construites ou déjà présentes dans le sujet. L'examen, l' explication de cette référence doit montrer le problème. Ici deux solutions. Soit vous choisissez l'option de présenter la thèse 1 dans le premier paragraphe et suivra dans le paragraphe 2 l'autre thèse et le problème sera posé dans le 3ème paragraphe ; soit et c'est le meilleur, votre référence ou situation de départ montre tout de suite un conflit entre plusieurs thèses donc le paragraphe 2 posera clairement celui-ci et le 3 le généralisera. Dans tous les cas vous devrez monter que le problème issu de la référence est généralisable. En fonction de votre point de départ, on peut déjà prévoir que le devoir avec l'option 1 sera moins performant que le devoir type option 2, ce dernier ayant deux paragraphes (donc une longueur) d'avance ! On notera que la première partie explore et rend explicite le problème philosophique et qu'il répète dans son rôle l'introduction. Ce n'est évidemment pas un problème car quel est le rôle d'une introduction sinon de présenter ... La fin de chaque partieun bilan qui sert à formuler clairement la est thèse défendue ou examinée dans la partie ceci afin qu'elle puisse être reproblématisée (comme pour le sujet). Par conséquent plus besoin de se poser la question de ce que devra etre la suite du devoir. Le II répond au nouveau problème et ainsi de suite.
NB: garder le sujet sous les yeux, son brouillon à droite de sa copie : on s'inscrit dans un triangle pendant tout l'exercice ; d'ailleurs il est obligatoire de faire des retours au sujet tout le long du devoir (on reprend la question posée et on montre en quoi ce qui est dit permet d'avancer dans une réponse) La conclusion : 3 étapes essentielles
1Récapitulation (et non résumé) de l’itinéraire parcouru : qu’a-t-on appris depuis le début de l’investigation quant au problème philosophique ? 2Réponse explicite aux questions posées dans l’introduction. 3Solution apportée au problème philosophique central : on établit l’importance de ce qui a été trouvé en montant toutes les conséquences de cette solution (c’est ce qui se nomme
« l’ouverture » et qui n’en est jamais une faute d’avoir saisi de quoi il s’agit) : la fameuse question d’ouverture est donc inutile et coûteuse …
Les critères de correction
Une pensée ne peut être originale en étant naïve et désordonnée, c’est-à-dire en ne supposant pas des connaissances très précises et réelles, et en n’étant pas d’une grande rigueur formelle. C’est pourquoi les nécessités scolaires sont formatrices et doivent être assumées. La spécificité de cet exercice et son insertion dans les études se traduisent par des exigences et des exclusions qui valent également comme critères de correction qu’on présenter ainsi:
Aspectspositifsdunecopie:
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Une référence bien choisie (dans un roman, un poème …) montre que la question énoncée se pose vraiment un problème précis est clairement indiqué en interrogeant le sens de l’énoncé les termes de l’énoncé sont tous pris en compte le chemin à suivre pour la résolution du problème est clairement indiqué en fin d’introduction la progression claire du devoir obéit à la structure de la notion ou du problème posé dans l’introduction chaque partie apporte une idée irréductible au reste le cours est intégré à la réflexion (il va de soi qu’il peut être contredit) des lectures personnelles sont mobilisées (dans tous les domaines) le résultat de l’ensemble est un concept nouveau chaque occasion de se servir et de montrer de la culture a été saisie pas un paragraphe sans référence, concepts ou citation (pas de topo) expliqués
Aspects négatifs d’une copie:
1) l’attitude infantile
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des phrases grammaticalement et/ou sémantiquement absurdes (attention à l’usage des coordinations) des phrases et formules absconses dans l’espoir de « faire philosophique », seul la clarté est une exigence. des contradictions que l’on fait semblant de ne pas apercevoir un discours appuyé sur l’autorité supposée d’un cours ou de textes qu’on n’a pas compris ou des exemples triviaux des paraphrases juxtaposées des topos qui remplacent des explications des références vagues l’absence de citation
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2)
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l’absence de liens logiques entre les phrases, les paragraphes et les parties (ou même au sein d’une même phrase)
Le refus de penser
des clichés et des idées prêtent à l’emploi des sottises qui montrent qu’on n’a pas lu les livres conseillés des « opinions personnelles » des généralités (« l’homme cherche la vérité ») le relativisme paresseux (« tout ce la est bien relatif … », « chacun son avis » etc.) des exemples qui remplacent des analyses des exemples dont la signification n’est pas clairement dégagée relativement au problème traité un catalogue d’auteurs des références arbitraires des citations présentées comme des arguments (« untel dit que … ») la thèse vaguement résumée d’un auteur présentée comme une donnée alors qu’elle est le résultat d’une argumentation précise sur laquelle on ne doit pas faire l’impasse l’ambiguïté volontaire pour ne pas montrer qu’on ne sait pas la généralisation abusive à partir d’exemples
En résumé, vous ne devez jamais rendre une copie sans avoir vérifié chacun des points suivants :
Introduction :
1 On passe pâr une ou des références pour amener le sujet (et le problème) 2 la signification de l’exemple est dégagée 3 le paradoxe est indiqué 4 un problème explicite est formulé 5 le plan est clairement exposé 6 tous les termes de l’énoncé sont pris en compte 7 le problème indiqué est bien celui dont traite l’ensemble du devoir
Ledéveloppement:
1 le plan procède de la logique du problème dégagé dans l’introduction 2 la nécessité de chaque partie est clairement expliquée dans la précédente 3 aucune référence n’est arbitraire 4 tout est expliqué 5 chaque partie apporte un élément décisif au traitement du problème 6 chaque affirmation est justifiée (pas par un nom d’auteur ou une citation) 7 on a supprimé toutes les formes d’allusions (le correcteur ne connaît pas le cours) 8 on a supprimé toutes les opinions personnelles et les généralités 9 il y a de nombreuses questions au sein du devoir et l’auteur y répond
La conclusion :
1 on reprend les grandes étapes du raisonnement 2 on répond clairement aux questions posées
3 on donne la solution apportée au problème en établissant l’importance de ce qu’on a trouvé
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