Comment créer huit millions d'emplois

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Comment créer huit millions d'emploisExtrait du L'Afrique de la nouvelle génération - Le portail de l'espoir africainhttp://www.newafrika.org/spip.php?article514Comment créer huit millionsd'emplois- Dossiers - Réflexions - Etudes - Education - Emploi - Entrepreneuriat - Date de mise en ligne : lundi 22 novembre 2010Description :Le chauffeur de taxi était plutôt bavard ce jour-là. Il m'emmenait du Ceasar Palace de Las Vegas, temple de l'argent facile, du mauvais goût et des spectacles àgogo, vers l'aéroport. « Quelle misère, je roule depuis deux heures du matin et, à midi, je n'ai fait que 9 clients, se lamentait-il. Je suis juste au-dessus du seuil depauvreté, mais au moins j'ai un boulot. Ici, au Nevada, le taux de chômage est de 14 %, le plus fort des Etats-Unis. J'ai jamais vu ça... »L'Afrique de la nouvelle génération - Le portail de l'espoir africainCopyright © L'Afrique de la nouvelle génération - Le portail de l'espoir africain Page 1/4Comment créer huit millions d'emploisLe chauffeur de taxi était plutôt bavard ce jour-là. Il m'emmenait du Ceasar Palace de Las Vegas, temple de l'argentfacile, du mauvais goût et des spectacles à gogo, vers l'aéroport. « Quelle misère, je roule depuis deux heures dumatin et, à midi, je n'ai fait que 9 clients, se lamentait-il. Je suis juste au-dessus du seuil de pauvreté, mais au moinsj'ai un boulot. Ici, au Nevada, le taux de chômage est de 14 %, le plus fort des Etats-Unis. J'ai jamais vu ça... »L'Amérique ...
Publié le : vendredi 23 septembre 2011
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Comment créer huit millions d'emplois
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Comment créer huit millions
d'emplois
- Dossiers - Réflexions - Etudes -
Education - Emploi - Entrepreneuriat -
Date de mise en ligne : lundi 22 novembre 2010
Description :
Le chauffeur de taxi était plutôt bavard ce jour-là. Il m'emmenait du Ceasar Palace de Las Vegas, temple de l'argent facile, du mauvais goût et des spectacles à
gogo, vers l'aéroport. « Quelle misère, je roule depuis deux heures du matin et, à midi, je n'ai fait que 9 clients, se lamentait-il. Je suis juste au-dessus du seuil de
pauvreté, mais au moins j'ai un boulot. Ici, au Nevada, le taux de chômage est de 14 %, le plus fort des Etats-Unis. J'ai jamais vu ça... »
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Le chauffeur de taxi était plutôt bavard ce jour-là. Il m'emmenait du Ceasar Palace de Las Vegas, temple de l'argent
facile, du mauvais goût et des spectacles à gogo, vers l'aéroport. « Quelle misère, je roule depuis deux heures du
matin et, à midi, je n'ai fait que 9 clients, se lamentait-il. Je suis juste au-dessus du seuil de pauvreté, mais au moins
j'ai un boulot. Ici, au Nevada, le taux de chômage est de 14 %, le plus fort des Etats-Unis. J'ai jamais vu ça... »
L'Amérique redécouvre le chômage de masse, et l'Europe ne parvient pas à en sortir. Il est donc assez réjouissant
de tomber, quelques jours plus tard, sur un personnage comme Fazle Abed. Ce petit bonhomme jovial d'un peu plus
de 1,60 mètre est un géant. Dans son pays, le Bangladesh, c'est un héros. En Grande-Bretagne, il a été anobli par la
reine et, aux Etats-Unis, Bill Clinton lui a décerné le premier prix de sa fondation dès sa création, en 2007.
Curieusement sa notoriété reste quasi nulle en France, même s'il a reçu l'an dernier le prix de l'entrepreneur social
décerné par l'Ecole de management de Lyon (EM-Lyon).
Et pourtant, cet homme est à l'origine de la création de 8 millions d'emplois dans son pays, grâce à l'organisation
qu'il a créée en 1972. Aujourd'hui, BRAC, pour « Bangladesh Rural Advancement Committee », est la plus grande
ONG du monde. Elle emploie directement à plein-temps près de 50.000 personnes et est active dans une dizaine de
pays. Avec sa banque, ses entreprises, son université, ses hôpitaux, ses écoles, elle couvre une population de plus
de 100 millions de personnes. Gérée comme telle, mais avec d'autres priorités, elle est la première multinationale de
l'extrême pauvreté.
Comment créer en une génération autant d'emplois dans un pays ravagé par les catastrophes et qui peine à nourrir
ses habitants ? Avec ce que Fazle Abed appelle « une vision holistique du développement économique ».
Démonstration en quatre points, comme il se doit dans tout bon plan stratégique.
1 Sortir du quotidien
La première urgence, selon Fazle Abed, est de redonner confiance aux pauvres. Qu'ils soient capables de penser au
lendemain et pas seulement au jour le jour. Pour cela, il faut leur prêter de l'argent. C'est à cela que sert le
microcrédit. A ce jour, 8 millions de prêts ont été accordés, quasi exclusivement à des femmes. Le taux d'intérêt est
élevé. Pour 100 dollars prêtés, l'emprunteur rembourse, à un rythme hebdomadaire, un total d'environ 114 dollars
sur six mois, soit un taux annuel de près de 27 %. « C'est élevé, mais c'est la condition pour couvrir les coûts et donc
pour maintenir un business dans la durée, assure Fazle Abed. Et d'ailleurs, seuls 10 % n'arrivent pas à rembourser
dans les délais et doivent renégocier des délais. » Mais pour que cela marche, il faut s'assurer que le projet qu'ils
réalisent avec l'argent prêté trouve un débouché.
2 Développer le marché
Très vite est donc apparue la nécessité de soutenir les initiatives. Si avec l'argent emprunté, la famille achète une
vache, mais que celle-ci tombe malade, ou qu'il n'y a pas assez d'acheteurs au village, le risque est grand de perdre
le revenu (le lait), voire l'actif (si la vache meurt), tout en étant endetté et donc de se retrouver in fine plus pauvre
qu'avant. La solution BRAC a été de monter des points de collecte de lait puis de stockage par réfrigération et
d'écouler ces quantités sur le marché national. Dans le cas du poulet, BRAC vend les poussins de ses élevages, de
la nourriture et collecte les oeufs.
Un raisonnement identique a été tenu pour l'artisanat. Il ne suffit pas d'aider les femmes à tisser la soie, il faut trouver
un débouché commercialement viable à leurs objets. Une chaîne de magasins d'artisanat a été mise en place dans
les grandes villes. Au total, BRAC est à la tête d'une cinquantaine d'usines, de pêcheries et de fermes, de la laiterie
aux champs de thé en passant par le biogaz, l'emballage et l'alimentation animale. Gérées comme des entreprises
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ordinaires, travaillant au prix du marché, elles sont pour la plupart profitables, assure Fazle Abed. Ainsi, l'artisanat
rapporte 50 millions d'euros de revenus et réalise 8 millions de profits, réinvestis dans les autres missions. Mais le
profit, qui assure la stabilité, ne doit pas être l'objectif premier. Ainsi, des plans d'automatisation dans le textile ont
été refusés car ils risquaient d'avoir des conséquences néfastes sur l'emploi dans les villages.
3 Santé et éducation
Le troisième étage de la fusée BRAC concerne la santé et l'éducation des enfants. Dans ces deux cas, les
organisations de village (base du système BRAC) désignent une femme responsable, dans un cas de la santé, dans
l'autre de l'éducation (elle doit être diplômée du secondaire). Elles sont formées par l'organisation puis officient dans
leur village. Avantage : la proximité.
4 Une banque pour les PME
Le microcrédit est un outil formidable de réduction de la misère, mais il n'est pas en soi créateur d'emplois car il ne
s'adresse qu'à des individus isolés. Aussi BRAC a créé sa propre banque pour aider les microentreprises de moins
de 10 salariés avec des prêts de 7.000 à 10.000 dollars. Puis la banque a visé le prêt aux entreprises de plus de 10
personnes. Démarrée avec 5 millions d'investissements, la banque revendique 2 milliards de fonds propres, s'est
introduite en Bourse et est devenue la sixième banque du pays. Aujourd'hui, la moitié de son activité concerne les
programmes BRAC et l'autre correspond à celle d'une banque ordinaire.
Au total, tout ce système, dont le budget approche les 500 millions de dollars, s'autofinance aujourd'hui à hauteur de
70 à 80 % selon les années. Les dons, surtout américains et britanniques, viennent supporter en priorité les
programmes de santé et d'éducation.
Quand on l'interroge sur les raisons du succès de son organisation, qui, depuis, a essaimé au Pakistan, en
Afghanistan et sur toute la côte orientale de l'Afrique, Fazle Abed met en avant la vision globale, une connaissance
intime de l'économie de l'extrême pauvreté, son ambition de bâtir des structures suffisamment grandes pour être
productives et efficaces et son expérience managériale personnelle acquise comme directeur financier chez Shell. «
Faire bien n'est pas si facile, explique-t-il. Il faut bâtir des programmes, s'assurer de leur efficacité et ensuite
seulement les généraliser. » Bien sûr, 8 millions d'emplois (le détail figure dans leur rapport annuel, disponible sur
www.brac.net
), ce n'est pas suffisant pour sortir un pays de 160 millions d'habitants de la pauvreté et le préserver
des inondations et des cyclones, mais quelle autre entreprise au monde peut se prévaloir d'un tel bilan ?
Chiffres clés
Dépenses 2009 : 460 millions de dollars. Donations : 30 %.
Employés : 47.000 temps pleins.
Activités : microfinance, entreprises, éducation, santé, banque.
Emplois créés : 8,5 millions.
Points forts
Couvre plus de 100 millions de personnes.
Proche du terrain : (300.000 organisations de villages).
Activités industrielles autofinancées.
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Points faibles
Insuffisant pour enclencher le développement économique.
Catastrophes climatiques régulières.
Philippe Escande
Source : lesechos.fr
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