Etude Chine 2007 rapport

De
Publié par

Mai 2007 Étude financée par le Ministère de l’Agriculture et de la pêche – DGFAR Co-financement Office National des Forêts Avec le soutien de France Bois Forêt. ÉTATS DES LIEUX Perspectives des marchés des produits bois,De l’aménagement intérieur etDe la construction en ChineÉtude réalisée par FrenchTimber Mai 2007 FrenchTimber - 1 - Mai 2007 Chapitre V - Conclusions et recommandations : Le marché chinois : l’envers du décor. La Chine est devenue le premier importateur de produits à base de bois. Cette croissance des importations, qui correspond au développement de l’industrie en Chine, n’est cependant pas harmonieuse. En Chine, le bois reste pour l’instant considéré et utilisé comme une source de combustible dans de nombreuses régions. Ses applications en tant que produit à valeur ajoutée restent très limitées. La structuration du marché du bois en Chine est en grande partie la conséquence de la politique forestière menée lors du « grand bond en avant » décidé par Mao. Face à des besoins croissants et une ressource en pleine reconstruction, la Chine est fortement dépendante de ses importations. Placée idéalement entre la Russie et ses vastes ressources et les pays du Sud-Est asiatique détenteurs d’une grande variété d’essences tropicales, la Chine a su tirer partie et exploiter la matière première des pays voisins. Cependant, le coût en terme écologique et économique n’est plus supportable par ces ...
Publié le : vendredi 23 septembre 2011
Lecture(s) : 212
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins
Étude financée par le Ministère de l’Agriculture et de la pêche – DGFAR Co-financement Office National des Forêts Avec le soutien de France Bois Forêt.
ÉTATS DES LIEUX Perspectives des marchés des produits bois, De l’aménagement intérieur et De la construction en Chine
Étude réalisée par
FrenchTimber Mai 2007
FrenchTimber
 Mai 2007
Chapitre V -Conclusions et recommandations :Le marché chinois : l’envers du décor. La Chine est devenue le premier importateur de produits à base de bois. Cette croissance des importations, qui correspond au développement de l’industrie en Chine, n’est cependant pas harmonieuse. En Chine, le bois reste pour l’instant considéré et utilisé comme une source de combustible dans de nombreuses régions. Ses applications en tant que produit à valeur ajoutée restent très limitées. La structuration du marché du bois en Chine est en grande partie la conséquence de la politique forestière menée lors du «grand bond en avant» décidé par Mao. Face à des besoins croissants et une ressource en pleine reconstruction, la Chine est fortement dépendante de ses importations. Placée idéalement entre la Russie et ses vastes ressources et les pays du Sud-Est asiatique détenteurs d’une grande variété d’essences tropicales, la Chine a su tirer partie et exploiter la matière première des pays voisins. Cependant, le coût en terme écologique et économique n’est plus supportable par ces pays. La Chine se trouve au carrefour d’importants changements dans la gestion de ses importations de matière bois. Face à un protectionnisme russe qui impose des taxes sur l’exportation de sa matière première non transformée et face à une raréfaction des ressources dans les pays d’Asie, la Chine n’a d’autre choix que de diversifier ses approvisionnements. En attendant que ses ressources se régénèrent, la Chine restera fortement dépendante de ses importations pour les quinze années à venir. Le marché chinois : une diversification en marche. Même si certaines industries comme l’industrie du panneau resteront fortement orientées vers un approvisionnement monoessence, le développement des marchés exports et le développement du marché intérieur conduiront les entreprises de transformation chinoises à diversifier leurs approvisionnements en terme d’essences. L’approvisionnement des entreprises chinoises exportatrices de produits finis en bois dépendra essentiellement des modes et tendances constatées dans les pays occidentaux. La Chine restera un sous-traitant et un producteur qui ne peut que copier et s’adapter aux goûts des clients finaux. Les variations de volumes qui seront enregistrées entre les différentes essences importées par la Chine reflèteront l’intérêt des consommateurs finaux et la demande des industries concurrentes en Europe ou aux États-Unis. L’individualisme grandissant du consommateur chinois mettra fin à l’homogénéité des goûts et des tendances. Même si les phénomènes de mode vont jouer un rôle important, poussant à des pics d’importations sur certaines essences, la taille du marché intérieur obligera les transformateurs chinois à utiliser un large panel d’essences, faute de volumes suffisants. Cette diversification ne se fera pas au détriment de tous ses fournisseurs privilégiés. La Russie restera le principal fournisseur de bois de la Chine. Cependant, les pays possédant une ressource en bois conséquente sont susceptibles de trouver une place sur le marché.
FrenchTimber
 -116 -
 Mai 2007
Le marché chinois : marché de grumes ou de sciages ? La Chine, en développant son industrie du bois, a souhaité développer l’ensemble de sa filière. Mais, face à son manque de ressources dans l’immédiat et au manque d’unités de transformation chez ses principaux pays fournisseurs (Est de la Russie), la Chine a développé ses propres capacités de transformation. Le phénomène d’importation de grumes perdurera en raison de l’importance des besoins de la Chine et de sa croissance. Cependant, dans les pays possédant ou développant des capacités de transformation, l’exportation de grumes est ou sera limitée par les gouvernements. La Russie n’est que le premier exemple. Ces restrictions prendront différentes formes : quotas, taxes à l’exportation, protection de l’environnement …. Les flux de sciages seront fortement influencés par de telles décisions. Face à des besoins croissants, les entreprises chinoises s’adapteront et répartiront leurs approvisionnements en ressources entre transformation locale et importation de sciages. Cette tendance sera encore plus visible lorsque de grands groupes émergeront dans l’industrie du meuble, remplaçant les milliers de petites usines qui ne peuvent supporter les coûts de stockage. Ces géants de l’ameublement devront disposer de produits homogènes, calibrés et classés afin de conserver une productivité face aux concurrents des autres pays asiatiques. Ils seront donc plus réceptifs à l’importation de sciages en provenance des pays producteurs comme l’Europe et l’Allemagne. Enfin, de simples calculs de rentabilité amèneront certains pays détenteurs de la ressource à privilégier l’exportation de certaines qualités de grumes, trop onéreuses à transformer sur place. Le marché chinois : le rêve de la construction bois. Tous les pays producteurs de sciages résineux rêvent de transformer la Chine en un 3 marché encore plus important que le marché américain (100 millions de mde bois consommés par an dans la construction). La création d’un marché identique en Chine constituerait un développement positif pour l’industrie européenne qui connaît un excédent de production. Mais ce marché n’est encore qu’un rêve et n’émergera pas avant des années. La mise en place de normes de construction bois devrait aboutir en 2008-2009 après dix ans de travaux communs entre la Chine, les Canadiens, les Américains et les Européens. Mais combien de temps s’écoulera avant de créer la structure commerciale adaptée au développement de la construction bois en Chine ? La formation des ingénieurs et des constructeurs, le transfert de savoir-faire, la lutte contre les barrières psychologiques à l’utilisation du bois en structure en Chine, représentent de formidables défis à relever. Seule l’impulsion d’une volonté politique du gouvernement central chinois pourra accélérer le processus et permettre un développement rapide de la construction bois.
FrenchTimber
 -117 -
 Mai 2007
Le marché chinois : une place pour la France. Après la grave crise qui a touché les producteurs de hêtre, la filière française est en proie à de nombreuses questions concernant l’exportation vers la Chine. La forte demande en chêne va-t-elle engendrer les mêmes conséquences catastrophiques pour la filière française ? La chute des importations de hêtre en Chine semble avoir pris fin. Le hêtre retrouve quelques parts de marché, que ce soit en grumes ou en sciages. La fin des phénomènes de mode monoessence en Chine fera que lehêtre retrouvera une place sur le marché chinois même si les niveaux historiques ne seront plus atteints. Les entreprises chinoises ont un besoin vital de produits bois représentant des volumes importants, le hêtre retrouve donc naturellement sa place. La demande chinoise en chêne ne peut être comparée à la demande de hêtre des années 1996-2000. En effet, la France et l’Allemagne représentaient alors la majorité des exportations de hêtre vers la Chine. Concernant le chêne, les approvisionnements chinois proviennent de sources beaucoup plus nombreuses: Russie en premier lieu, États-Unis, Allemagne, Belgique, France … La France ne représente qu’un très faible pourcentage de ces volumes. L’influence de la demande chinoise sur le marché français est donc beaucoup moins forte. Mais dans un contexte d’approvisionnement déjà tendu pour répondre aux besoins des entreprises de transformation françaises, cette demande chinoise en grumes amplifie les déséquilibres et met à mal le marché. Le chêne est à la mode, en Europe comme en Chine, mais la ressource n’est pas extensible. Comme toute mode, la demande finira par se tasser et se transférera sur une nouvelle essence. La transformation de la matière première dans le pays d’origine ou l’exportation de grumes est un problème central pour l’avenir d’une filière de transformation locale. Le sourcing chinois, surfant sur des phénomènes de mode et des opportunismes, ne saurait être privilégié au développement durable de l’industrie française. Le marché chinois : quels produits pour quels débouchés ? Le hêtre : Le renouveau du hêtre en Chine, perceptible sur les statistiques d’importation de l’année 2006, semble se confirmer lors des trois premiers mois de 2007. Même si le marché demeure relativement bas, les acheteurs chinois retrouvent une certaine confiance dans cette essence mais surtout un potentiel d’importation non négligeable. Le marché continuera à se répartir entre importation de grumes et importation de sciages, en fonction des utilisations. Les grumes destinées au déroulage se transformeront toujours en Chine. Par contre, comme le montre la Roumanie, des sciages destinés à l’ameublement et à la décoration intérieure sont de plus en plus demandés, même si les prix pratiqués sont encore trop faibles pour permettre des exportations depuis la France. Ce marché des sciages de hêtre correspond à des produits de grande consommation : avivés et étuvés. Les produits plus techniques, comme les plots, trouvent plus difficilement preneur.
FrenchTimber
 -118 -
 Mai 2007
L’exportation de grumes de hêtre destinées au sciage, principalement en provenance d’Europe de l’Ouest, se poursuivra sur certaines qualités. Lorsque l’industrie européenne retrouvera ses capacités de production et une plus grande compétitivité dans la production d’avivés, alors, les volumes de grumes exportées diminueront. Le chêne : Les importations chinoises de chêne connaissent une forte croissance. Un euro fort face au dollar limitera les possibilités d’exportation aussi bien en grumes qu’en sciages en 2007. En effet, les principaux fournisseurs russes et américains bénéficient d’une conjoncture favorable. Le marché des grumes restera dominé par la Russie, et ce pour les années à venir. La mise en place d’une taxe à l’exportation n’empêchera pas l’exportation de grumes en raison d’un manque d’industries de transformation à l’est de la Russie. Le marché des sciages répond à des problématiques plus nombreuses. La domination américaine ne s’est pas faite sans concessions. Elle est due à un très fort investissement marketing et commercial des entreprises américaines mais surtout à l’ouverture du marché américain aux meubles chinois, et cela au détriment de la production nationale. Le consommateur américain retrouve ses essences nationales dans ses meubles, même si ceux-ci sont fabriqués à l’étranger. La grande diversité du système de distribution du meuble en Europe et la proximité des centres de production de meubles en Europe de l’Est limite et protège pour le moment le marché européen. Comme pour le hêtre, des exportations françaises de chêne sont possibles. Dans un contexte de marché tendu en France, il faudra tout de même veiller à ne pas déstabiliser l’ensemble de la filière. Les demandes chinoises correspondent à des besoins qu’ils ne peuvent satisfaire dans d’autres pays. Par exemple, le diamètre des grumes françaises est bien supérieur à ce que la Chine importe de Russie. Le marché du parquet : La forte augmentation de la demande en parquet bois et l’accroissement des capacités de production en Chine ont contribué à l’explosion de la demande en bois tropicaux et en chêne. Jusqu'à présent, la production chinoise de parquet massif était dictée par la disponibilité matière et ses caractéristiques. Pour le chêne, la majorité de la production est constituée de petites frises à parquet (largeur de 85 à 120 mm et longueur de 300 à 1500 mm). Cela correspond à la qualité des grumes importées de Russie. Mais cette production ne correspond pas à la mode des parquets dans les pays occidentaux qui demandent des parquets longs et larges. Des opportunités existeront pour la France en ce qui concerne l’exportation de planches et avivés permettant de produire ce type de parquet. Mais pour cela, une réévaluation des prix en Chine et un euro moins fort sont nécessaires. Les bois tranchés : La Chine est devenue un acteur incontournable dans la production de bois tranchés. Ses facilités d’approvisionnement en grumes tropicales et en grumes russes en font un concurrent pour les producteurs français.
FrenchTimber
 -119 -
 Mai 2007
Il reste cependant des opportunités pour des produits de niches ou de qualité que les transformateurs chinois ne peuvent pas encore produire. On notera par exemple les bois tranchés d’essences précieuses ou bien le chêne en grande largeur. Mis à part ces niches, la transformation des bois tranchés en produits à valeur ajoutée s’avère nécessaire. Les résineux : Le marché chinois du résineux est et restera majoritairement dominé par les produits en provenance de Russie, que ce soit sous forme de grumes ou bien de sciages. Le développement du bois dans la construction absorbera de plus en plus de volumes dans les années à venir. Ce constat, même s’il est peu bénéfique à la France en terme d’exportations directes, présente cependant des avantages. La création d’un important marché en Chine réduira les conséquences d’une surproduction annoncée en Russie et en Europe, réduisant ainsi la concurrence sur le marché français des sciages. Les nouvelles capacités de production en Russie trouveront ainsi un marché prêt à absorber des volumes non négligeables. De même, si l’exportation de sciages bruts depuis l’Europe vers la Chine est peu envisageable en terme de compétitivité, d’autres produits à valeur ajoutée comme les bois lamellés-collés et tous les EWP pourront bénéficier de nouveaux débouchés hors Europe. Les produits bois pour l’extérieur : Ce marché est en plein développement. La nécessité de créer des espaces verts et de détente pour les habitants urbains chinois crée une nouvelle demande pour les produits d’aménagement extérieur. Malgré la hausse de la production chinoise, les entreprises occidentales possèdent une avance considérable dans ce domaine, que ce soit en terme de procédés ou bien de produits. De nombreuses opportunités sont à saisir pour des produits à valeur ajoutée, mais cela nécessite de la part des exportateurs de lourds investissements commerciaux pour réussir à convaincre les architectes, promoteurs et prescripteurs chinois.
FrenchTimber
 -120 -
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.