La lettre de Borloo à Hollande

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Jean-Louis BORLOO Président de l’Union des Démocrates et Indépendants Ancien Ministre d'Etat Député du Nord Paris, le 28 avril 2013 Monsieur le Président de la République, Le projet de résolution du Parti Socialiste ainsi que des déclarations de certains membres de votre gouvernement et de votre majorité, sont consternants et d’une extrême gravité. La France, l’un des pays qui fonda l’Union européenne dans un extraordinaire élan de réconciliation franco-allemande après tant de drames, ne peut être prise en otage par les propos de quelques-uns. Nous avons cru que face à un sujet aussi grave, vous vous exprimeriez d’une voix forte et claire. Mais, malheureusement, à cette heure-ci, il n’en est rien. Les difficultés auxquelles la France doit faire face, sa compétitivité, les charges pesant sur ses entreprises, la crise du logement ou bien encore celle de son système éducatif, son mille- feuille administratif, ne dépendent que de nous, ni de l’Europe, ni de l’Allemagne. Cette cacophonie, qui prend une ampleur insensée, n’est pas nouvelle. Pour être élu Président de la République, vous aviez promis de réviser le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance afin sans doute de donner quelques gages à votre gauche, tout en sachant pertinemment qu’une telle révision était impossible, puisque 25 pays avaient déjà signé ce Traité que vous d’ailleurs fait voter par le Parlement français, dès juillet dernier.
Publié le : lundi 29 avril 2013
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Jean-Louis BORLOO
Président de l’Union des Démocrates et Indépendants
Ancien Ministre d'Etat
Député du Nord

Paris, le 28 avril 2013




Monsieur le Président de la République,
Le projet de résolution du Parti Socialiste ainsi que des déclarations de certains membres de
votre gouvernement et de votre majorité, sont consternants et d’une extrême gravité. La
France, l’un des pays qui fonda l’Union européenne dans un extraordinaire élan de
réconciliation franco-allemande après tant de drames, ne peut être prise en otage par les
propos de quelques-uns.
Nous avons cru que face à un sujet aussi grave, vous vous exprimeriez d’une voix forte et
claire. Mais, malheureusement, à cette heure-ci, il n’en est rien.
Les difficultés auxquelles la France doit faire face, sa compétitivité, les charges pesant sur
ses entreprises, la crise du logement ou bien encore celle de son système éducatif, son mille-
feuille administratif, ne dépendent que de nous, ni de l’Europe, ni de l’Allemagne.
Cette cacophonie, qui prend une ampleur insensée, n’est pas nouvelle. Pour être élu
Président de la République, vous aviez promis de réviser le Traité sur la stabilité, la
coordination et la gouvernance afin sans doute de donner quelques gages à votre gauche,
tout en sachant pertinemment qu’une telle révision était impossible, puisque 25 pays avaient
déjà signé ce Traité que vous d’ailleurs fait voter par le Parlement français, dès juillet dernier.
Cette ambiguïté européenne, qui a marqué le début de votre quinquennat, se poursuit et
s’accroit de manière dramatique.
Il convient de rappeler que ce n’est ni l’Allemagne, ni la Commission européenne qui ont
rédigé vos engagements de campagne concernant la réduction des déficits publics et
l’équilibre budgétaire de la France. Face à vos échecs économiques et sociaux, vous
cherchez des boucs émissaires : ce fut tout d’abord votre prédécesseur, puis les
entrepreneurs de notre pays. Maintenant, le nouveau responsable désigné est l’Allemagne en
la personne de sa Chancelière, Madame Angela MERKEL.

…/…


Monsieur François HOLLANDE
Président de la République
55, rue du Faubourg Saint-honoré
75008 PARIS






Assemblée nationale – 126, rue de l’Université – 75355 PARIS 07 cedex SP – Tél. 01 40 63 60 00
Le climat germanophobe que, par votre silence, vous contribuez à entretenir et à amplifier,
est inacceptable, lorsque l’on connaît les cicatrices du passé. Tous vos prédécesseurs,
quelles que furent leurs difficultés politiques en France, ont toujours maintenu ce Pacte
franco-allemand. Que penserait François Mitterrand d’une telle attitude?
Au plus vite, une plateforme économique franco-allemande doit être recherchée d’ici le
sommet du mois de juin.
Monsieur le Président, ne vous y trompez pas, l’ensemble des forces politiques allemandes
est choqué. Vous ne devez plus rester silencieux.
Plutôt que de vous rendre au Congrès du SPD le 23 mai prochain, en pleine campagne
électorale allemande, vous devriez de toute urgence inviter Madame la Chancelière ou lui
rendre visite afin de confirmer solennellement et fortement tant vos engagements européens
que la priorité absolue de l’amitié franco-allemande.
Ces dérives germanophobes et anti-européennes sont trop graves pour que vous ne preniez
pas la parole. Il ne s’agit plus de simples couacs, mais d’une ambigüité par laquelle vous êtes
arrivé au pouvoir et que vous avez savamment entretenue afin de satisfaire votre majorité.
Cette ambigüité aujourd’hui démasquée risque d’emporter des conséquences dramatiques et
profondes. Votre silence devient assourdissant. Vous devez parler aux Français, et par là
même aux allemands.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très
haute considération.


Jean-Louis BORLOO




Assemblée nationale – 126, rue de l’Université – 75355 PARIS 07 cedex SP – Tél. 01 40 63 60 00

Les commentaires (1)
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kourdane

Borloo le véléitaire qui cherche à exister !
Il fait comme Segolène qui a été tant et tant raillée par les Juppé et consorts.

Cette droite jacobine si méprisante oublie que leur mentor Sarkosy dénigrait l'axe franco allemand et voulait lui substituer un trio anglo franco hispanique avant d'accepter la soumission à Angela MERKEL

on peut être opposé à cette politique CDU sans être germanophobe !

D'ailleurs beaucoup d'allemands le sont puisqu'elle a perdu un certain nombre de Lander

lundi 29 avril 2013 - 17:40