Les communautés de métiers

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Les communautés de métiers royalis mesocial.com royalismesocial.com 1 Les communautés de métiers La peur : « Jamais, pendant un siècle, la classe ouvrière n’a rien obtenu en développant ses raisons. Elle a amélioré son sort en s’organisant, en manifestant, en prenant part aux insurrections et aux révoltes. Ce que la prudence et l’intérêt public bien entendu n’avaient pu lui procurer, elle l’a arraché en faisant peur. C’est chose merveilleuse d’ailleurs, de contempler les miracles que provoque cette peur. Les lois économiques cessent subitement d’être fatales et plient à toutes sortes d’arrangement. Ce qui était impossible la veille devient supportable le lendemain. Ce qui promettait les entreprises à une ruine nécessaire n’est plus une cause irrémédiable de décadence… Je ne dis pas que dans tous les conflits du travail, la raison se soit toujours trouvée du même côté. Cela ne serait pas humain.
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Les communautés de métiers






























































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La peur :



« Jamais, pendant un siècle, la classe ouvrière n’a rien obtenu en développant
ses raisons. Elle a amélioré son sort en s’organisant, en manifestant, en prenant
part aux insurrections et aux révoltes. Ce que la prudence et l’intérêt public bien
entendu n’avaient pu lui procurer, elle l’a arraché en faisant peur. C’est chose
merveilleuse d’ailleurs, de contempler les miracles que provoque cette peur. Les

lois économiques cessent subitement d’être fatales et plient à toutes sortes
d’arrangement. Ce qui était impossible la veille devient supportable le lendemain.
Ce qui promettait les entreprises à une ruine nécessaire n’est plus une cause
irrémédiable de décadence…


Je ne dis pas que dans tous les conflits du travail, la raison se soit toujours
trouvée du même côté. Cela ne serait pas humain. Je dis simplement que si,
pendant des dizaines et des dizaines d’années, le patronat (toutes exceptions
faites) n’avait pas habitué les salariés à ne compter que sur la force pour faire
aboutir des revendications même très modérées, même très légitimes, ils

n’auraient pas, lorsqu’ils croient menacés les avantages acquis, le réflexe de se
porter aussitôt du côté extrémiste, du côté qui fait peur, avec la certitude que leurs
demandes paraîtront soudain plus acceptables que s’ils avaient « bien voté ».


Pierre GAXOTTE de l’Académie Française




« La Révolution en détruisant les corporations, en les spoliant de leurs biens et
les interdisant, voulait rendre impossible toute organisation ouvrière autonome.
C’est donc contre cette révolution bourgeoise et libérale, symbole de la victoire du
capitalisme que s’affirme la nécessité du retour des communautés de métiers… »




























Mise en page : P.P BLANCHER royalismesocial.com 2 Les communautés de métiers
SOMMAIRE :

- Diversité p4

- Grèves et conflits p5

- Vers l’aristocratie ouvrière p5

- De la coutume à la corporation p6

- Organisation autonome p7

- Caractère populaire p7

- Les corporations ouvrières p8

- Les corporations féminines p8

- Instrument du progrès social p9

- Défense du consommateur p11

- Social parce que Chrétien p12

- Horaires repos et jours fériés p12
Louis XVI ressuscitant cent quarante
- Quelques exemples... p14 quatre corporations se justifiait, devant

TURGOT, par cet argument : - Démocratie locale et professionnelle p17
“ En faisant cette création, nous
- Une économie humaine p18 voulons donner aux ouvriers les
moyens de défense, nous voulons
- Tous privilégiés par la propriété p19
qu’ils puissent jouir en commun de
- Le sens de la vie p19 leur intelligence, qui est le bien le
plus précieux de l’homme ”.
- La Révolution spoliatrice p20 (Ce n’était pas encore la liberté
individuelle !) - La Révolution antisociale p20

- Les nouveaux martyres p21

- Réhabilité le travail manuel p22

- Demain p22

- Décret d’Allarde et Loi Le Chapelier p23

- L’enseignement de la Tour du Pin confirmé p24

- Plaidoirie pour le corporatisme p26

- Les origines de la Législation sociale en France p27





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Diversité
Celles-ci sont de vraies petites républiques autonomes dont
les différences sont accentuées encore par le fait qu’elles soient
On parle aujourd’hui de réflexe « CORPORATIF » pour réglées ou libres, c'est-à-dire jurés ou non. L’uniformisation
indiquer une défense identitaire professionnelle, en général ce n’est pas de rigueur. Les métiers jurés font des assemblées, le
terme est devenu péjoratif mais autrefois on entendait : devoir du chef-d’œuvre, de la juridiction professionnelle, du
confrérie, ghilde, maîtrise, charité, hanse, collège, fraternité, droit du sceau, du contrôle de la production, avec plus de
jurande… discipline…La différence essentielle entre juré et libre ne réside
Il reste difficile de donner une définition définitive tant les pas dans les conditions de travail mais dans les rapports avec
disparités existaient entre lieux, époque et professions… l’Etat.
Devons nous parler du Moyen-âge ou du XVIème siècle ? « La réglementation est une garantie contre les excès
« Vous avez le choix entre huit siècle d’histoire et entre de la concurrence, un gage de solidarité pour les
plusieurs dizaines de provinces…D’une ville à l’autre et, producteurs. L’autorité en fait aussi le plus souvent une
dans chaque ville, d’une profession à la profession garantie pour les consommateurs, pour la collectivité. Mais
voisine, elles diffèrent plus que les amples bliauts du elle y ajoute un autre gage de sécurité pour les premiers en
XIIIème siècle et les justaucorps collants du XVIème, que élevant leurs communautés au dessus du droit privé, en
les draps riches et lourds des communes du Nord et les leur donnant une personnalité juridique, d’ailleurs plus ou
tissus légers du Midi moderne.» moins parfaite selon les cas, et en leur conférant une
E. Coornaert autorité propre sur leurs membres. »
E. Coornaert

On peut d’ailleurs faire un parallèle avec l’organisation
territoriale entre ville franches et communes libres. Les métiers
libres sont quelquefois plus contraignants que les métiers
réglés. L’organisation autonome fonctionne par serment, qui à
l’époque est respecté…Les métiers libres sont sous contrôle
des pouvoirs publics ou religieux et leurs recettes sont versés
sur un compte municipal ou à l’Eglise. Les chefs plaident avec
un échevin ou un agent urbain. Il faut toujours se garder de
prendre ses indications pour une stricte observance générale,
on dira que ce sont les grandes lignes. Toute organisation dans
l’ancienne France reste sur le modèle de la famille élargie avec
le principe d’autorité…
On trouve quelques révoltes sociales, les tisserands, les
foulons et autres travailleurs de la laine, au XIIIème et XIVème
siècle dans les Flandres. En France, grève des bouchers
d’Evreux en 1244 (confrères de St Jacques) sous Charles VI au
temps de Caboche et avec les canuts lyonnais en 1744…
La France était alors hérissé de libertés bien réelles
(devoirs avec droits et privilèges), on n’avait pas besoin alors
de le marteler sur les mairies pour y croire. Nous sommes loin
alors de l’univers gris des conflits incessants d’aujourd’hui…
« Ne parlons pas de l’université parisienne du XIIIème
siècle : maîtres et étudiants de la Montagne Sainte-
Geneviève formaient alors une authentique corporation.
Mais, au cours de l’ancien régime, on réunit parfois avec
les corps de métiers, sous les mêmes noms de corps et
communautés, les universités, collèges, chapitres,
monastères et confréries et on tend, aujourd’hui, à allonger

royalismesocial.com 4 Les communautés de métiers
cette liste autrefois limitée : ensemble disparate, où les - Guerres et disettes en 1694.
artisans pouvaient trouver, au vrai, des parentés Plus tard il est important d’étudier les problèmes
inattendues à nos regards modernes. Leurs groupements économiques liés aux temps de colères sociales comme
sont confondus ainsi plus ou moins avec les « corps l’inflation du système de Law de 1719 à 1721 et la déflation de
intermédiaires » qui contribuaient à assurer à la société 1724…
d’autrefois hiérarchie et organisation. Ainsi associés à Les artisans prennent l’habitude de se regrouper par
d’autres communautés, ils se rattachent, plus intimement profession et par rue (voir les noms de rues dans Paris…)
encore qu’il ne paraît à première vue, à un aspect général présent. Un trafic intense se développe en Occident et l’aisance
de la société d’ancien régime, à ses tendances sociales, si nouvelle permet à un marchand de St Omer de faire construire
différentes de l’individualisme du XIXème siècle. Ils à lui seul, une Eglise…
témoignent bien de la place qu’elle accordait à l’homme, L’ascension des humbles se poursuit et certaines fois les
de l’idée qu’elle se faisait de la liberté, des rapports qu’elle consommateurs se liguent contre le monopole d’une
établissait entre l’économie et les autres formes de la vie corporation comme en 1267 à Pontoise avec les boulangers.
collective. » - A Paris en 1250, les valets protestent contre les maîtres
des foulons.
« Nous parlions, il y a un instant, des différences C’est à la suite de ces divers conflits que St Louis
provinciales : elles imposent une discipline plus étroite demandera à Etienne Boileau de codifier les us et coutumes
dans le Nord, elles laissent plus de jeu à la liberté dans le des métiers, jusqu’ici orales dans un livre. Cela n’empêchera
Midi ;Toulouse et Montpellier en sont largement pourvues pas d’autres conflits comme les tisserands contre les drapiers à
dès le XIIIème siècle ;Bordeaux, Nîmes, Marseille se Paris en 1270
défendront encore au XVIIème siècle contre - les valets contre les maîtres foulons en 1277-79.
l’établissement de jurandes ; très tôt, les « chonffes » de
Montbéliard, qui empruntent leur nom aux Zünfte, Vers l’aristocratie ouvrière
participeront étroitement à la vie artisanale allemande ; la
vie corporative ne s’implantera en Franche-Comté qu’au
XVIIème siècle. Au vrai, c’est d’une ville à la ville voisine
que le décor change : de Saint-Omer, par exemple, à
Abbeville, qui en est distante d’une vingtaine de lieues
seulement, on passe d’un milieu industriel à un autre,
d’une ville riche de traditions, de sève et de vigueur, et de
libertés efficaces, à une ville longtemps médiocre où les
corporations ont poussé plus tard, et moins librement.
Mieux encore, dans la même ville, c’est successivement,
métiers par métiers, que l’ambition est née parmi les
travailleurs de constituer des corps autonomes ou que le
moyen leur en a été procuré : à Lyon, où quelques
communautés sont organisées dès la fin du XIIème siècle,
c’est au XVème et au XVIème seulement que se propage la
conquête corporative ; à Poitiers, c’est de la façon la plus
irrégulière au cours de deux ou trois siècles, du XVème au
XVIIème, qu’elle gagnera la plupart des professions. »
E. Coornaer

C’est un sujet très vaste et ces deux citations sont là pour C’est dans un contexte de conflits et dans le but de la paix
expliquer qu’il ne faut pas systématiser la structure sociale de sociale que la rédaction des droits et devoirs par
l’ancien régime. profession sera rédigée. La codification des corporations
représenta à l’époque une grande avancée sociale et une
conquête ouvrière…Ces organismes à la fois économiques et Grèves et conflits
politiques, gérant l’organisation sociale dans la cité,
représentaient un barrage aux gros entrepreneurs et aussi
Loin d'avoir tout inventer, comme nous essayons de le
garantissaient les droits des ouvriers. Il existait déjà de grandes
démontrer notre temps semble découvrir aujourd'hui ce qui hier industries qui employaient de nombreux ouvriers et celles-ci
était monnaie courante. La grève existait déjà sous Saint-Louis. étaient tenues par de riches propriétaires bourgeois :
Les organisations ouvrières s’organisent avec leurs Saints et
fêtes chômés, leurs blasons avec privilèges et devoirs, leurs « Toujours tisserons drap de soie,
justice, police et coutumes. Quelques conflits naissent des
Jamais m’en serons mieux vêtues,
rivalités entre maîtres et ouvriers car les premiers cherchent à Toujours serons pauvres et nues,
se distinguer des seconds, nous sommes dans les temps dits
Et toujours aurons faim et soif… »
classiques ou la bourgeoisie s’affirme, loin de l’humilité du Chrestien de Troyes 1170/1175
Moyen-âge…

- Maçons et ouvriers du bâtiment à Paris, 1660-62, La terre de France voit s’élever les Cathédrales comme des
- les papetiers en Auvergne, 1664 les garçons boulangers à
champignons, symbolisant la richesse urbaine de l’époque. Les
Bordeaux, 1666-67 à Lyon… seigneurs féodaux et les villes organisent leur gouvernement à

royalismesocial.com 5 Les communautés de métiers
partir des cadres corporatifs présents, pour l’administration ouvrable, leurs aides 14 deniers ; des travailleurs de
fiscale, militaire et électorale. C’est surtout dans les villes que l’habillement gagnaient de 24 à 36 deniers ; mais il semble
les corporations jouent un rôle de premier plan, dans que le salaire moyen de beaucoup de compagnons fût
l’organisation politique et sociale, véritable chef d’œuvre d’environ 18 deniers. Or, en 1312…un mouton valait 6 sous
économique des bourgeoisies du Moyen-Âge. Imaginons huit deniers (80deniers), un pourceau 14 sous 7 deniers
comment une telle organisation pouvait tenir avec les difficultés (175 deniers).N’allons pas conclure à d’exceptionnelles
qui pouvaient surgir ; guerres, pénuries, conflits sociaux…Les conditions de vie : il y a des métiers dont nous ignorons
corporations sont des personnes féodales avec leurs droits et les salaires…»
devoirs, blasons et gens d’armes. Les règles s’installaient et De là l’extension des corporations malgré quelques zones
malgré quelques petites divergences, une harmonie de « franches aires » maintenant leurs privilèges en dehors du
s’établissait. On voit des seigneurs créer des communautés de cadre corporatif. Cette multiplication, toujours à l’ombre du roi,
travailleurs. L’abbé de St Denis (1175) garantie l’organisation permet aussi l’obtention de pouvoir comme l’élection des chefs
de ses bouchers. Les rois auront toujours le soucis des de métier. En 1338, à Rouen, « les filassiers sont invités à se
travailleurs et seront qualifiés par eux de prince besogneux dire d’accord avec un règlement fait, sur leur demande, par
(Henri Ier, Philippe Ier, St Louis, Louis le Gros).Sous le règne le maire et ses pairs…»
de Philippe Auguste, la capitale compte 30 métiers organisés. Il Entre le XIIIème et le XIVème siècle, le pouvoir
laissa le gouvernement de Paris aux bourgeois pendant qu’exerçaient les capitouls de Toulouse sur les métiers, passe
l’expédition en Terre Sainte. On trouve bien là, l’alliance peuple aux mains des jurés de ceux-ci.
et Roi, chère à la vieille France.
« Le bon roi Philippe » criaient les classes artisanales. De la coutume à la corporation
Saint Louis, outre le fait d’organiser les métiers, voulut

organiser la garde, l’approvisionnement des villes (le guet fut
« La Fraternité fut le sentiment qui présida dans
réorganisé en 1254) et tenu par des gens de
l'origine à la formation des communautés
métier…L’extension du marché international et la rigueur
professionnelles. »
corporative fait apparaître le contrôle technique et cela pas
Louis BLANC "L'Histoire de la Révolution "
seulement dans le domaine industriel des grandes entreprises

mais dans le monde artisanal, agricole et littéraire(l’université
La Royauté fut, durant son histoire, la protectrice du monde
parisienne, les ménestrels) .Les corporations jouèrent un rôle
ouvrier. Elle encouragea la création des Corps de métier par la
d’émancipation et les caractères analogiques avec l’université
codification et la transcription des us et coutumes
sont criants (bacheliers, doctorat, maîtrise de métier…). Quelle
professionnels, dans le grand "Livre des Métiers" que rédigea
richesse alors dans les sciences d’art et métiers et quel gâchis
Etienne Boileau, grand prévôt de Paris, aidé du conseil des
quand on compare avec aujourd’hui. Mais encore une fois,
anciens, travail malheureusement non terminé car celui-ci
attention, l’ancienne France n’avait rien d’uniforme mais un
mourut la même année que Saint-Louis (1270). Celui-ci écrivit
enchevêtrement de droits divers, de coutumes locales, un
en préface :
véritable canevas riche de multiples organisations complexes
«Quand ce fut fait, concueilli et ordoné, nous le feimes
suivant les lieux…On est loin du gaufrier étouffant
lire devant grand plenté (grand nombre) des plus sages,
d’aujourd’hui… « Il y a, indéniablement, montée sociale des
des plus léaux et des plus anciens homes de Paris, et de
travailleurs manuels…le Registre de 1292 qui signale des
ceus qui devaient plus savoir de ces choses : lesquels tout
cotes appréciables pour plusieurs valets…Autre
ensemble louèrent moult cette œuvre ; il représente enfin
indications :des maçons et des tailleurs de pierre qui
une organisation spontanée et autonome».
travaillaient au couvent des Augustins dans les dernières
Ce livre magnifique de 121 règlements, est une mine d'or
années du XIIIème siècle étaient payés 20 deniers par jour
de bon sens, véritable bible des organisations ouvrières
autonomes du temps jadis. « Quand les
maîtres et jurés boulangers, iront par la
ville accompagnés d'un sergent du
Châtelet, ils s'arrêteront aux fenêtres où
est exposé le pain, et si le pain n'est pas
suffisant, la fournée peut être enlevée
par le maître."Mais le pauvre n'est pas
oublié, et : "les pains qu'on trouve trop
petits, li juré feront donner par Dieu le
pain ».
Louis Blanc

La première partie parle des coutumes
professionnelles, puis le chapitre suivant
traite des redevances de chaque
corporation. La corporation sera le nom
retenu pour parler des différents
groupements de métiers, confréries,
charités, maîtrises, ghildes, hanses,
collèges, fraternités, jurandes...

royalismesocial.com 6 Les communautés de métiers
couturiers, maçons, cordiers, chapeliers, tonneliers et des Organisation autonome
représentants d’une quinzaine d’autres professions
prendront part à des assemblées qui délibèrent sur la
C'est la troisième partie sur les droits et pouvoirs des dépréciation des monnaies, sur les aides demandées par le
juridictions royales et seigneuriales qui ne fut pas terminée. roi, sur les impôts nécessaires pour payer les fortifications,
Ces corps parfaitement structurés et organisés possédaient, même sur les attaques dirigées contre la ville par les gens
privilèges et avantages, protégeaient leurs membres et de guerre ».
assuraient qualité, formation, soins, repos, entraides et E. Coornaert
compassion...L'Etre humain trouvait dans son métier
l'accomplissement de son destin temporel et spirituel. Caractère populaire
Comment ne pas voir pour aujourd’hui, une grande leçon face
aux égarements de la jeunesse et aux destructions
programmées du monde artisanal, commerçant et paysan.
C’est souvent à l'ombre des abbayes, évêchés et monastères
que se fondèrent de nombreuses corporations. Un saint
patronnait chacune d'entre elles et les membres s'y regardaient
en frères (confréries)."
« Abrités sous la bannière du même saint, priant les
uns pour les autres au pied des mêmes autels, le
cultivateur, l’homme de métier, l’industriel et le
commerçant ne voyaient pas dans leurs voisins des
antagonistes, mais des frères et des amis...C'est ainsi que
les Confréries développaient la charité chrétienne et, par
là, maintenaient à un niveau très élevé la valeur morale et
professionnelle de leurs membres ; car on avait à cœur de
bien apprendre son métier et de l'exercer en toute
conscience et dans toute sa perfection, et c'est pour
obtenir ce résultat que travaillait spécialement le second
élément de la confrérie. »
Les anciennes corporations

Cette vie intense et communautaire était jalonnée par le
sens des responsabilités, de la compétence et de l'élévation
spirituelle. « C'est là, disait Georges Valois, le merveilleux Toute l'histoire de notre beau pays de France est jalonnée
secret de l'ordre social dans les nations de la d'exemples sur le caractère éminemment populaire de la
chrétienté...Les passions temporelles, dont on pourrait Royauté française. Pensons à Saint Louis qui, avant de partir
craindre les dérèglements, sont utilisées pour le maintien en croisade, s’assura que tout pauvre paysan de France
de la paix chrétienne et de la paix civique. En premier lieu, bénéficierait d'une "retraite" pour ses vieux jours. Esprit de
c’est l'instinct de puissance, qui, dans une société non charité, compassion, entraide, la société d'alors était empreinte
organisée, entraîne l'homme à la guerre perpétuelle, et qui, de christianisme. L’Eglise, maison du peuple réglait la vie du
dans notre monde classique, l’entraîne au travail et devient travail en sonnant de ses cloches le réveil comme le repos. La
un merveilleux instrument de progrès social. » protection des pauvres était essentiel et la législation
Les saines institutions canalisent les esprits tumultueux, recommandait la probité au mesureur, défendait au tavernier de
orgueilleux, anarchiques au profit des métiers devenant ainsi hausser le prix du vin, comme boisson du menu peuple, étalage
dans l'organisation, des facteurs sains d'évolutions. Cette des denrées sur les marchés pour constater fraîcheur, qualité et
organisation « procurait à ses membres le moyen de se loyauté. Pour la petite bourse des pauvres, surveillance des prix
documenter sur les meilleures méthodes de travail, sur les et les marchands ne se serviront qu'après tous les autres
perfectionnements à réaliser et les inventions capables de habitants... Les bouchers étaient au pied de la tour Saint-
transformer la technique du métier ; par conséquent, Jacques; la rue de la Mortellerie rassemblait les maçons; la
c’était une lutte contre la routine, c’était l'aide aux corporation des tisserands donnait son nom à la rue de la
chercheurs souvent isolés, et la création d'un utile esprit Tixeranderie qu'ils habitaient; les changeurs étaient rangés sur
d'émulation. » le pont au Change, et les teinturiers sur le bord du
Les anciennes corporations fleuve... « Chaque corps de métier constituait un petit Etat
avec ses lois, ses rites, ses fêtes religieuses et jours
Ces multitudes de petites républiques avaient leurs propres chômés, ses bannières, fêtes et processions, sa « sécurité
lois qui remontaient à la nuit des temps, Mercier relatait sociale», ses formes de retraites, ses hôpitaux, enfin son
l'exemple de la corporation des fumistes ayant jugé et pendu organisation propre, autonome et fraternelle. Les malades,
l'un des siens, coupable de vol sans que l'autorité royale n'ait les veuves, les orphelins étaient sous la protection des
eu son mot à dire... chefs du métier qui s'en occupaient comme de leur propre
Au XIVe siècle, les marchands de l’eau dirigent famille »
administrativement la ville de Paris. A Troyes pendant Jeanne Les anciennes corporations.
D’Arc, « bouchers, boulangers, orfèvres pourront faire
partie du conseil de ville ; des pâtissiers, meuniers,

royalismesocial.com 7 Les communautés de métiers
« Et premier, que nous et chacun de nous, confrères et « La réclame par prospectus est interdite (mais non la
consoeurs, debvons et sommes tenus par nos dicts criée des marchandises qu'un maître avait à vendre). Le
serments, tenir foiz et loyauté, l'ung envers l'autre désirer tirage au sort est usité au lieu de la surenchère. C’est le
le bien l'ung de l'autre, et si aucun de nous savait le cas des places sur un marché qui sont distribuées par
domaige de son confrère, lui anuncer féablement que ci tirage au sort et non par surenchère sur le prix. De même,
son frère, le ayder, conforter et soutenir son droit, si les approvisionnements sont réglementés de façon à éviter
besoin estait. Voilà ce que disent les statuts des les accaparements par un des fabricants au détriment des
boulangers d'Epinal, dont on retrouve les premières traces autres. Ainsi à Rennes, les maîtres démunis de matière
en 630 (VIIe siècle). Jamais un ouvrier n'était abandonné. première pouvaient en exiger d'un confrère plus prévoyant.
La communauté ou confrérie était la seconde mère de La seule possibilité de concurrence réside donc dans
l'ouvrier. Pauvre, malade, trépassé, jamais elle ne l'habileté personnelle du maître ; ce qui explique au moins
l'abandonnait.». Quelle leçon pour le monde dit démocratique en partie la perfection atteinte en France par l'artisanat...Le
d'aujourd'hui... Cela est d'autant plus intéressant que nous prix s'établit au taux qui permet un plus grand nombre de
vivions alors en Monarchie féodale, nous ne nous consommateurs, compte tenu d'un gain légitime du maître
embarrassions pas alors de mots vides de sens comme et du salaire également légitime du compagnon. Toute
démocratie, droits de l'homme, liberté, égalité, fraternité pression sur l'un de ces éléments romprait l'équilibre et le
martelés sur nos monuments comme un affront envers la consommateur or tout le monde est consommateur en
démophilie et la charité évangélique bien réelle du temps pâtirait. »
jadis...En France, c’est la liberté qui est ancienne, c’est le L'Ordre Français, dec 1966.
despotisme qui est nouveau, disait Madame de Staël.
Rappelons que les métiers s'auto-organisaient librement dans Leurs premières apparitions se situent vers 1160, au sujet
des villes libres où l'administration se faisait par des d'une charte touchant les revenus des métiers. Le mouvement
gouverneurs assistés par des bourgeois élus au suffrage de communal, largement soutenu par la royauté, fût un traité de
tous. Les corporations étaient parties prenantes dans les paix entre l'autorité féodale et l'organisation corporative. Une
conseils des cités féodales. Elles participaient et discutaient de loyale concurrence s'exerçait entre artisans pour le plus grand
tout, de la répartition des impôts, de l'organisation communale, bien de la vie sociale. « Si l'on devait juger un régime par le
de la défense et de la sécurité de la ville...Cette organisation mot qui le caractérise le mieux, on appliquerait à celui de la
décentralisée limitait tout empiètement arbitraire de l'autorité, communauté ouvrière l'épithète de protecteur, et cela dans
soit du seigneur soit du roi. le sens le plus large et le plus étendu. C’était, en effet, un
« Quelle est la classe du continent, qui oserait prendre véritable protectorat organisé au profit de tous... »
aujourd'hui des allures aussi indépendantes en face de la Tisserand «L’histoire de Paris »
bureaucratie européenne ? »
Le Play
Les corporations féminines
Les corporations ouvrières

« Voulons, qu’ils fassent, souffrent et laissent les gens
du métier en jouir et user pleinement...ne les molestent,
perturbent et empêchent ou souffrent être molestés,
perturbés et empêchés en aucune manière, au contraire ».
Charles VI, 1390
Au bailli et aux officiers de la Ville
concernant les selliers d'Amiens

Les corporations regroupaient les ouvriers, les apprentis et
les maîtres d'un même métier. Rien à voir avec nos
organisations syndicales actuelles, souvent reflets des partis
politiques et ayant en leur sein, pour les uns les patrons de
différentes branches d'activités économiques et pour d'autres
les employés ou les ouvriers, toutes professions confondues. A
qui ferait-on croire, qu’un ouvrier du livre à des intérêts
professionnels avec un apprenti boulanger ? C'est pourtant
dans cette aberration sociale que nous vivons. Disons plutôt
que ce système est une architecture de guerre sociale
entraînant une lutte des classes perpétuelle. Les corporations
maintenaient la modération dans la production, la qualité de la
fabrication. Elles empêchaient le regroupement des capitaux,
source de surproduction et de chômage, surveillaient l'âpreté
au gain, source de fraude, de déloyauté et d'injustice dans le
travail.



royalismesocial.com 8 Les communautés de métiers
Et les femmes dans tout cela, «Notre Avenir Français», doivent avoir deux femmes parmi leur quatre jurés ; chez
journal aujourd'hui disparu publia sous la plume de J. Guilbert, les filassiers de Rouen, la moitié des gardes sont des
un article intéressant à ce sujet : femmes. ».
«Les femmes de l'Empire germanique, comme les La femme perdit par la suite beaucoup de libertés et Léa
Françaises de l'époque d'ailleurs, sont fortes et Marcou ("Le Monde-Dimanche" 28/06/1981) commentant le
indépendantes. Au XVème siècle, une Madame Liblar, livre de Barbara Beuys expliquait :
épouse d'un commerçant de Cologne, dirige, sous son « La famille médiévale est une communauté de vie où
propre nom, l’un des principaux ateliers de soieries de la les enfants, très tôt mêlés au monde des adultes,
ville. A Francfort-sur-le-Main, on compte, entre le XIVème acquièrent leur autonomie et quittent le nid de bonne
et le XVIème siècle, 65 corps de métiers uniquement heure. Et puis Luther vient...Dont les écrits, largement
féminins (entre autres, la brasserie). Les femmes sont diffusés grâce à l'imprimerie, vont profondément
majoritaires dans 17 autres corporations et à égalité avec transformer la société...Il épouse, en 1525, l'ex-nonne
les hommes dans 38 autres, tandis que 81 professions Catherine Von Bora...qui ouvre une pension de famille pour
sont à prédominance masculine. Ce qui distingue les compléter le modeste salaire de son mari. Mais, dans la
corporations féminines c'est, parfois, leur plus grande tranquillité de son cabinet de travail, il jette - affirme Barbara
ouverture d'esprit : certaines d'entre elles acceptent de Beuys - les fondements de la famille patriarcale et
prendre en apprentissage des enfants illégitimes ». autoritaire et fait de celle-ci la cellule de base de l'Etat».
Barbara Beuys Le premier devoir d'un enfant est d'obéir à ses parents -
mais bientôt il ne sera plus question que du père...
Les femmes sont parties prenantes dans les affaires « L'évolution du secteur tertiaire et la propagation des
corporatives : « Il arrive que des femmes siègent parmi eux, idées protestantes sur le paternalisme, éloigneront les
même dans des corporations qui ne sont pas femmes des professions corporatives. »
spécifiquement féminines : à Paris, les marchands de Une nouvelle catégorie sociale est née...et, avec eux, un
grains, formés en métier juré en 1595, doivent avoir deux nouvel idéal de vie familiale : l'épouse du marchand, de
femmes parmi leurs quatre jurés ; chez les filassiers de l'artisan, avait sa place au comptoir, à l'atelier, mais on
Rouen, la moitié des gardes sont des femmes. Là où les n'emmène pas sa femme au bureau...Les corporations se sont
maîtres sont divisés en anciens et modernes, d’ordinaire, peu à peu fermées aux femmes, mais, dans les logis, on tricote
leurs chefs sont choisis proportionnellement entre ces et on tisse...L'éducation du temps est rude : elle doit avoir pour
catégories.» objectif principal de briser la volonté de l'enfant, de ne jamais
l'abandonner à lui-même. Mais parallèlement - on est tout de
Ces communautés étaient des groupements spontanés à même à l'époque du rationalisme et des lumières (XVIIIe s) - on
l’origine dont les conventions orales devinrent des coutumes, commence à s'interroger sur ce qui lui convient : des livres, et
petites entités ou groupements de grandes industries, les même des journaux pour enfants, font leur apparition...".Mais
associations ouvrières s’entourèrent de barrières juridiques et n'allons pas trop vite dans le temps, ceci étant une parenthèse
organisaient leur vie à l’image de la famille. « Voyez, à Paris, prouvant que les notions de puritanisme, d’autoritarisme ainsi
en 1745 : les six corps sont parrains d’un enfant dont le que les conceptions "étriquées" de la pensée furent attribuées à
père est secrétaire du lieutenant général de police ; en tord au catholicisme. Il est malheureux que certains catholiques
1777 encore, à Toulouse, un jour de fête où trois métiers se comportent comme des protestants. Nous entendons parler
associés ont fourni une compagnie de trente hommes, « la de "libération de la Femme" mais regardons le Moyen-âge où
femme à Maître Reuchin….a accouché d’un garçon et l’a celles-ci étaient plus libres qu'aujourd’hui. Elles acquièrent petit
donné au corps des selliers, des esperonniers et des à petit des “libertés” qu'elles avaient autrefois nombreuses, en
chapeliers, qui l’on accepté ; et on l’a baptisé, l’après- perdant quelquefois au passage, leur féminité au profit d'une
dîner, avec des étendards et armes, tous rangés, fifres et soi-disant égalité dans la ressemblance à l'homme.
tambours ; et a été baptisé en telle pompe ; tous les trois
corps ont été parrains ». Les femmes étaient
admises sans distinction et la maîtrise leur
était ouverte : « leur caractère politique est
bien essentiel et les amène à suivre le
progrès de l’unité française, à s’intégrer
dans la vaste construction monarchique de
l’économie nationale, où elles subissent
une discipline commune tout en gardant
leur personnalité et, plus ou moins efficace,
leur autonomie.» On retrouve dans les
conseils de jurés des femmes (gardes,
maïeurs, syndics, maîtres, consuls, bailes…),
cela pour montrer combien celles-ci ne furent
point écartés de la vie corporative et parfois
même jurés dans des corpos non
féminines…Ces experts chargés du contrôle
technique, de la police professionnelle et de la
juridiction. « A Paris, les marchands de
grains, formés en métier juré en 1595,

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bien fait, de l'ordre de ses ouvriers, «protégé contre les Instrument du progrès social
exactions et les entreprises rivales, assuré de la vente de
ses produits par la limitation du nombre des ateliers,
« La corporation, a été la sauvegarde et la tutrice de vaquait paisiblement aux soins de son industrie, et ne
l'industrie. Elle a enseigné au peuple à se gouverner lui- craignait pas de voir l'atelier paternel déchoir, entre ses
même. Elle a fait plus; elle a donné aux artisans des mains »
dignités, la science et le goût du métier, les secours Tisserand
d'argent, les joies de la fraternité dans le sens étendu du
mot, par ses fêtes, ses réceptions, ses examens. Elle a été Tout le monde y trouvait son compte. Point de place pour le
la grande affaire des petites gens, la source de leurs chômage et autres maladies capitalistes mais beaucoup de
plaisirs, l’intérêt de toute leur vie ». leçons à prendre au contraire. Tisserand parlant des avantages,
Levasseur «Histoire des classes ouvrières » reprend :
«Protection de l'enfance ouvrière; garantie du travail à
qui en vit et de la propriété industrielle à qui la possède;
examen et stage pour constater la capacité des aspirants et
interdiction du cumul des professions pour empêcher
l'exercice abusif; surveillance de la fabrication pour
assurer la loyauté du commerce; fonctionnement régulier
d'une juridiction ouvrière ayant la main sur tous les
métiers, depuis l'apprentissage jusqu'à la maîtrise;
suppression de tout intermédiaire parasite entre le
producteur et le consommateur; travail en commun et sous
l'œil du public; solidarité de la famille ouvrière; assistance
aux nécessiteux du métier... ».
Certains pensent, que cette organisation ne vaut que pour
les petites économies, ce serait bien vite oublier, les
enseignements de l'histoire. Les manufactures (Sèvres 1750,
Gobelins...), les grands ateliers, la porcelaine de Limoges
(1768), l'usine du Creusot (1742), les mines de houilles (1700),
fabrication des indiennes (Alsace), les réseaux de grandes
routes (système routier du Cardinal de Fleury sous Louis XV),
les aménagements des fleuves et canaux (canal du Midi)...
« …les corporations composent un tableau vivant
qu’anime, au long des siècles, une même force, le labeur
consacré à la tâche quotidienne. Effort des ouvriers
manuels peinant à la sueur de leur front, souci des chefs
d’entreprise assis dans leur « comptoir », c’est le travail
qui constitue leurs unions, sa discipline qui donne à leurs
communautés une personnalité collective. Le travail
s’élève par elles à une dignité reconnue et protégée.
Permettant aux uns de « couvrir des besoins » immédiats, Loin de représenter un frein, l’organisation corporative
à d’autres de gagner richesse et domination, à tous assurait à la fois les protections sociales nécessaires, la
d’assurer et de transmettre un état économique et moral, formation continue sur le terrain et la mise à profit des
les corporations associent les travailleurs en des cellules dernières inventions dans l'évolution technique du temps.
qui ont vécu d’une vie propre, se ressemblant toutes, à Levasseur écrivait : «La corporation, a été la patrie chérie de
travers les lieux, les temps les plus variés, par leur l'artisan; la royauté, sa tutrice vigilante; l’art, son guide et
constitution et par leur rôle économique et social. » son maître. La corporation lui a permis de grandir...La
« Les métiers organisés, réunissant des travailleurs royauté, en le protégeant et en le soumettant à ses lois, a
pour l’exercice de leur profession, les constituent en créé la grande industrie et l'a fait lui-même, de bourgeois
corporation. Ce mot s’est usé à être mêlé parmi tant d'une commune, citoyen d'un grand royaume». Tout, dans
d’autres qui les désignent. Il a pourtant un sens plus plein la corporation se discute entre maîtres et valets ou apprentis
qu’il ne paraît au premier abord. Il indique un être vivant, sur les améliorations du cadre professionnel. Textes et
un organisme différencié. Pas seulement d’un point de vue règlements empêchaient toute forme d'abus à l'encontre des
juridique. Ces corps sont vivifiés par une âme commune, ouvriers. Des jurés assuraient le bon respect des statuts du
dont la vigueur et la valeur ont pu changer au cours des métier empêchant ainsi : diminution de salaire, abus de temps
siècles, mais qui est, en son fond, restée identique. Etre de travail, renvoi...Les maîtres devaient assurer des garanties
complexes et de structure originale : ils sont des de bonnes mœurs, le logement sain, la nourriture suffisante et
groupements de particuliers ; mais ils ne tiennent leur l'instruction professionnelle. On trouve dans les sentences de
forme, leur droit que des pouvoirs publics ; leur activité est police, des arrêts indiquant, comme celui du 27 janvier 1716, la
réglée par un gouvernement autonome ; leur unité condamnation d'un maître cordonnier pour l'apprentissage du
essentielle s’entretient par les manifestations de leur vie métier, par les échevins du Havre faisant suite à une plainte de
collective. » son apprenti (Martin, Les anciennes communautés d'arts et
métiers du Havre). Le maître, quand à lui s'assure du travail

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