Resumé thèse de Valentina VARDABASSQ

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Resumé de la thèse de Valentina VARDABASSQSoutenue à Pavie le 2 mars 2007, sous la double direction de M.Nicole Pietri(Université deStasbourg III) et M.le Professeur Robert Frank (Université Paris 1)Dans les limites de la période comprise entre 1948 et 1954, celle-ci se propose de renouve lerl'étude des débuts de la construction européenne, auxquels la France et l'Italie ont partici pé entant que membres fondateurs, en analysant les interactions entre l'intégration européenne et lesintérêts nationaux respectifs des deux pays.Jusqu'alors, l'historiographie de ces derniers a interprété les relations franco-italiennes dansleur rapport aux questions européennes, dans un sens plutôt négatif. Valentina Vardaba sso avoulu relever ce défi en dégageant les retombées positives des initiatives franco-italiennes s ur laconstruction européenne, en dépit des échecs connus, tel le projet d'union douanière.En privilégiant certains moments de l'intégration occidentale entre les deux dates li miteschoisies, l'auteur étudie la construction européenne à travers les relations franco-italiennes, ainsique les réactions du Quai d'Orsay et la Farnesina à l'égard de la dynamique communauLtaei re. rôle et le poids du couple franco-allemand dans la construction européenne est bien connu, pour avoir fait l'objet de nombreux travaux, mais plutôt rares sont les publications sur le rôle du couple franco-italien.La relation entre Paris et Rome, est prioritaire dans cette étude, ...
Publié le : samedi 24 septembre 2011
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Resumé de la thèse de Valentina VARDABASSQ
Soutenue à Pavie le 2 mars 2007, sous la double direction de M.Nicole Pietri(Université de
Stasbourg III) et M.le Professeur Robert Frank (Université Paris 1)
Dans les limites de la période comprise entre 1948 et 1954, celle-ci se propose de renouve ler
l'étude des débuts de la construction européenne, auxquels la France et l'Italie ont partici pé en
tant que membres fondateurs, en analysant les interactions entre l'intégration européenne et les
intérêts nationaux respectifs des deux pays.
Jusqu'alors, l'historiographie de ces derniers a interprété les relations franco-italiennes dans
leur rapport aux questions européennes, dans un sens plutôt négatif. Valentina Vardaba sso a
voulu relever ce défi en dégageant les retombées positives des initiatives franco-italiennes s ur la
construction européenne, en dépit des échecs connus, tel le projet d'union douanière.
En privilégiant certains moments de l'intégration occidentale entre les deux dates li mites
choisies, l'auteur étudie la construction européenne à travers les relations franco-italiennes, ainsi
que les réactions du Quai d'Orsay et la Farnesina à l'égard de la dynamique communauLtaei re.
rôle et le poids du couple franco-allemand dans la construction européenne est bien connu, pour
avoir fait l'objet de nombreux travaux, mais plutôt rares sont les publications sur le rôle du couple
franco-italien.La relation entre Paris et Rome, est prioritaire dans cette étude, tout en la situant
dans une relation multilatérale plus large de l'Europe des Six et de l'Alliance atlantique. Le
champ du sujet est même plus ample, car il ne se limite pas aux acteurs étatiques, mais comprend
tous ceux qui militent dans le cadre du « mouvement européen ». De ce point de vue, la période
choisie, est en fonction de l’unité de temps intéressante à étudier. 1948 est, un an après le traité
de paix signé avec l'Italie à Paris, l'année de la mise en place du plan Marshall, de l'OECE et des
premiers projets franco-italiens, ainsi que de la réunion du Congrès des militants européistes à la
Haye. L'année 1954 est marquée par l'échec de la CED, de la CPE, d'un certain type de
construction européenne et d'un certain type de militantisme européiste.
Pour traiter ce thème, ValentinaVardabasso a retenu quatre axes de recherches :
1) - Dans le cadre du premier, elle s'attache à démontrer comment les intérêts
nationaux ont limité ou, au contraire, donné une impulsion à l'intégration
européenne.
Parmi les nombreux fonds d'archives consultés, l'auteur attire l'attention sur les corresponda nces
échangées avec leurs ministères respectifs par Fouques-Duparc, ambassadeur de France à R ome
et Pietro Quaroni, ambassadeur d'Italie à Paris.
2) - Le second axe de recherche est intitulé : « La CED dans l'OTAN : Rome et Paris
entre perspective européenne et fidélité atlantique ».
Un travail approfondi intégrant la Communauté Européenne de défense dans le développe ment
de la solidarité atlantique fait encore défaut aujourd'hui. La corrélation entre les deux est traitée
comme un fait occasionnel, alors que ceux-ci sont complémentaires.L'auteur se propose de ce
fait, d'étudier la CED dans le cadre de l'OTAN en mettant l'accent sur le Quai d'Orsay et la
Farnesina , s'interrogeantsur leurs orientations, là où existaient des marges de convergence entre
Rome et Paris, entre la perspective européenne et la fidélité atlantique.Bien que dotée d'unepersonnalité juridique, la CED n'avait aucune autonomie opérationnelle et était dans ce dom aine
totalement subordonnée à l'OTAN. C'est pourquoi, à certains égards, l'atlantisme a bloqué la prise
de conscience d'une identité européenne dans le secteur de la sécurité. Cette affirmation doit
cependant être nuancée à la lecture des débasttsra tégiques et des programmes de formatio n,
sollicités lors des sommets del'O TAN et prévus dans le cadre de la CED. La question doit
néanmoins être posée : l'atlantisme a-t-il été un vecteur ou une limite à la constitution d'une
identité commune dans le secteur de la défense.L'on ne doit pas oublier par ailleurs que les
Européens craignaient de compromettre les liens et les équilibres établis par le Pacte Atlantique.
3) - Dans le troisième axe de recherche : la Communauté politique européenne (CPE)
est vue sous l'angle de la diplomatie parlementaire.
Ce sont en effet les parlementaires et non les diplomates qui ont élaboré le statut destiné à la
création d'une Communauté politique.Les débats, qui se sont déroulés dans les diffé rentes
capitales européennes, depuis la première réunion de l'Assemblée «ad hoc» (septe mbre
1952),jusqu'à la présentation du projet de statut de la CPE à Strasbourg, en mars 1953, sont
analysés sous cet angle. L'accent est mis sur les débats révélateurs des tenda auxquences lles les
politiques ont trouvé des réponses dans les années suivantes, qua lends traités de Rome ont fa it
prévaloir le facteur économique sur le facteur politiquAue. cours de ces débats la questi on
centrale : intégration ou coopération, a bien étépo sée.Au niveau des parlements il y a une
différence notable entre l'Italie et la France à propos de l'interaction entre les mouvem ents
fédéralistes (dont l'apport essentiel au projet de CPE n'a pas été mis suffisamment en évide nce
par l'historiographie) et la diplomatie parlementaire. Cette différence se restreint cependant au
niveau des décideurs, comme l'auteur tentera de le démontrer.Cette étude s'appuie sur le fonds
Spinelli et les débats sur la CPE, conservés àl' Institut européen de Florence et au Ministère des
Affaires Etrangères à Paris.
4)- Le quatrième axe de recherche : « Le poids du facteur italien dans l'échec de la
CED » est essentiel. Ainsi, il est établi, sur la base d'archives inédites, que
Georges Bidault a demandé à De Gasperi de différer la ratification du Traité CED
par le Parlement italien.
Conclusion
Les principales conclusions de la thèse de Valentina Vardabasso sont orientées dans le sens d'une
lecture positive des relations franco-italiennes.
Pour l'auteur, la politique européenne des deux pays a été dirigée respectivement par les
préoccupations de « reprise du rang » et de « réhabilitation morale ». Selon cette dynam ique,
dans les questions européennes vues dans la perspective franco-italienne, le facteur intérie ur a
parfois limité et à d'autres occasions, donné une impulsion au processus d'intégration alors à ses
débuts. Par ailleurs, une corrélation est apparue à certains moments entre intérêts nationa ux et
objectifs supranationaux. Ainsi l'accord de compensation monétaire signé entre l'Italie et la
France ainsi qu'avec les pays du Bénélux, qui était destiné à court terme, à équilibrer la ba lance
des paiements italienne, a servi de modèle à long terme à l'Union européenne des paiements créée
en 1950. De même l'Union douanière (qui ne fut pas ratifiée) a suscité une réflexion approfondi e
d'ordre juridique sur la protection des travailleurs au niveau européen. L'accord postal franco-italien de 1950 fut également à la base d'une série de négociations qui débouchèrent, en 1958, sur
l'Union postale européenne. Enfin, dans le cadre de ce dialogue entre Rome et Paris, Schum an et
Sforza furent les promoteurs de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et
des libertés fondamentales signée à Rome, le 4 novembre 1950 et ouverte à d'autres pays.Pour les
Français, cependant, les relations franco-allemandes furent considérées comme prioritaires et
l'Italie demeura un « brillant second ». Par ailleurs, la France s'éloigna très rapidement de l'opt ion
européenne suggérée par Schuman, dans le domaine de la politique atlantique.
Valentina Vardabasso a voulu montrer, également, comment les relations franco-italienne s,
partant du bilatéralisme, se sont orientées vers le multilatéralisme. Le plan italien mort- né, qui
aurait conféré une stature politique à l'OECE, en est une bonne illustration.De même Robe rt
Schuman exprima le désir que l'Italie soit associée aux travaux qui ont précédé la créati on du
Conseil de l'Europe. A cet égard, la présence d'une délégation italienne au cours de la de rnière
période de négociations sur le statut du Conseil de l'Europe, a contribué à aider la dipl omatie
française dans le combat difficile qu'elle dut mener à Washington pour surmonter les rétic ences
américaines et l'hostilité britannique envers la participation de l'Italie à l'Allia nce
Atlantique.Toutefois, quel rôle a joué l'européisme dans la politique italienne ? Entre le s mois
d'avril 1948 et 1949, Sforza et De Gasperi se virent contraints de réviser leurs orienta tions
politiques, afin d'éviter l'isolement de leur pays. L'Italie avait besoin de l'Europe et sa seul e alliée
était la France. De son côté, pour contrer l'hégémonie anglo-saxonne sur le continent et renforc er
son rôle, le gouvernement français contribua beaucoup à persuader l'Italie d'entrer dans l'All iance
Atlantique. Toutefois, De Gasperi et Sforza auraient heurté de larges secteurs du monde pol itique
italien s'ils s'étaient contentés de soutenir devant le pays la nécessité d'une alliance militai re. Ils
ont placé leur choix dans une perspective acceptable par de larges fractions de l'opinion publ ique
grâce à l'européisme, qui a évité également l'isolement.
En revanche, les choix opérés en 1950 s'intègrent plutôt dans une perspective d'union.Concerna nt
la CECA, l'Italie fut la première à donner une acceptation de principe au plan Schuman et la
dernière à ratifier le traité.
Les milieux économiques italiens se montraient réticents, voire hostiles. Les décideurs eux-
mêmes cédèrent à un certain calcul pour défendre les intérêts italiens. Cela se traduisit par la
présentation de revendications, pour l'essentiel, au nombre de quatre. Ils craignaient que les
négociations échouent ou qu'elles soient détournées dans le sens préconisé par les Britanni ques
favorables à l'instauration de commissions de délégués des gouvernements analogues à cell es de
l'OECE.Au cours des négociations, la délégation italienne s'impliqua fortement en fave ur de
l'adoption de l'article 64 du Traité CECA, selon lequel les Etats membres s'engageai ent à
supprimer toute restriction fondée sur la nationalité des travailleurs.
Le choix européen comportait néanmoins des sacrifices qui suscitèrent des hésitations du côté
italien. Ainsi, durant les négociations du Traité CECA, l'enthousiasme manifesté publiquem ent
contrastait avec la prudence régnant en privé.
Toutefois, et cette conclusion revêt une certaine importance, si l'on ne peut metdotreut en l e
fédéralisme de De Gasperi, les recherches françaises récentes tendent à montrer Mquonnee t et
Schuman, sans renier la méthode fonctionnaliste, furent plus fédéralistes qu'on ne l'a écrit
jusqu'alors.Par ailleurs, après que Dean Acheson eut présenté son plan à la Conférence de New
York, l'Italie y vit une occasion de définir son identité dans le contexte atlantique. Lors du
conseil atlantique de Londres (Mai 1950), Sforza se prononça en faveur d'une armée européenne,
à laquelle participeraient les Allemands de l'Ouest, sous commandement unique int égré.
Contrairement aux Français hostiles au réarmement de l'Allemagne, Sforza soutint les
propositions d'Acheson, étant convaincu que l'Allemagne devait être appelée à participer à ladéfense de l'Europe occidentale, à l'intérieur du cadre atlantique. En raison également de la
faiblesse des moyens destinés au réarmement reçus jusqu'alors et du rôle secondaire joué par
l'Italie dans l'Alliance Atlantique et le plan Acheson, Sforza et les autres membres de la
délégation italienne cherchèrent à comprendre comment serait définie l'identité italienne da ns la
communauté atlantique. L'Italie représenterait-elle un avant-poste de l'Afrique, ce risque aya nt
une existence concrète en cas de repli des Anglo-américains sur une stratégie périphérique ou
serait-elle plutôt un membre à part entière de l'Europe ?
A la fin , l'auteur revient sur une des idées centrales de sa thèse : au niveau de la décision,
Monnet et Schuman diffèrent de De Gasperi sur la méthode à employer pour réa liser
l'intégration, mais non sur le principe d'une communauté politique fédérale.

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