Magazine Réplique - Premier Plans - 2012

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Rétt RA Rits ospective- po R t RA it N°7 - 27 janvier 2012 Christophe Honoré, un désir absolu de cinéma Cela faisait 15 ans : 15 ans qu’il n’avait pas foulé le sol du palais des Congrès. Le stagiaire qu’il était à l’époque s’est mué en un homme de renom. réalisateur, scénariste, écrivain, metteur en scène, Christophe Honoré, pro- (( renContre aveC... lixe et polymorphe est aujourd’hui président du jury du festival Premiers Plans. rétrospective et introspection. Il raconte. Jacques Gamblin, le « musicien des mots »l’ambiance particulière du festi- val, une ambiance conviviale, qui JGamblin, connu principalement pour ses rôles aussi bien au cinéma qu’au doit en partie son charme « à théâtre, revient sur le devant de la scène avec un spectacle musical. « Gamblin Jazze l’absence de rivalités entre les jeunes Wilde Sextete », c’est d’abord la rencontre entre six musiciens, mêlant jazz, poésie réalisateurs ». Premiers Plans, c’est et improvisation.avant tout la découverte. L’homme vient à parler de Godard. « C’est très important qu’une rétrospective beaucoup Chick Corea ». soit faite ». Godard, c’est l’inspira- Ce qui lui a plu dans ce Lumière sur tion. Christophe Honoré loue son projet, c’est avant tout rapport à la poésie, sa capacité à Guillaume Gouix, la grande place laissée proposer des formes pertinentes. l’anti-héros à l’improvisation pour A ses détracteurs, il rétorque que construire une histoire seule « une réflexion bourgeoise, scandée et rythmée.
Publié le : jeudi 22 mai 2014
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t R A i t s - p o R t R A i t
ChRisTOphE HONORé, uN désiR àbsOlu dE ciNémà
CElà fàisàiT 15 àNs : 15 àNs qu’il N’àVàiT pàs fOulé lE sOl du pàlàis dEs CONgRès. LE sTàgiàiRE qu’il éTàiT â l’épOquE s’EsT mué EN uN hOmmE dE RENOm. réàlisàTEuR, scéNàRisTE, écRiVàiN, mETTEuR EN scèNE, ChRisTOphE HONORé, pRO-ORphE EsT àujOuRd’hui pRésidENT du juRy du fEsTiVàl PREmiERs PlàNs. réTROspEcTiVE ET iNTROspEcTiON.
« Lecinéma doit être une vocation. »
e demandez pas à Christophe N Honoré de se livrer à l’exer-cice du témoignage larmoyant. L’homme est pragmatique. Sonretour, il l’aborde avec sérénité, sans excès d’émotions. Malgré tout, son at-tachement au festival est certain, unenostalgie liée à sa jeunesse. C’est avec« excitation et curiosité »qu’il a visionné cette semaine la douzaine de longs métrages en compétition. Des premiers films dont il attend beaucoup. Il avoue sans complexe ne
pas être bienveillant. Derrière cha-cune des productions il y a une vraie attente. Une attente déterminée etdes critères d’appréciations pré-cis.« C’est tout sauf naturel de fabriquer un film » Christophe Honoré connaît son sujet.« Lecinéma doit être une vocation. Pour s’imposer en tant que cinéaste il faut être têtu, avoir une vraie folie ».L’homme est à la recherche du talent. Curieux naturellement, son rôle l’enthousiasme.Il apprécie
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l’ambiance particulière du festi-val, une ambiance conviviale, qui doit en partie son charme« à l’absence de rivalités entre les jeunes réalisateurs ». Premiers Plans, c’est avant tout la découverte. L’homme vient à parler de Godard.« C’est très important qu’une rétrospective soit faite ». Godard, c’est l’inspira-tion. Christophe Honoré loue son rapport à la poésie, sa capacité à proposer des formes pertinentes. A ses détracteurs, il rétorque que seule« une réflexion bourgeoise, anti-intellectuelle, trouve que Godard est incompréhensible ». Ilrétablit également la nature de ses œuvres« il n’y a pas plus simple qu’un film de Godard, c’est un cinéma empreint de naïveté, d’innocence, un cinéma presque primitif ». Le travail narra-tif, l’inventivité unique de Godard sont, selon lui, à l’origine de ces« films qui donnent envie de faire du cinéma ».réalisateur qu’il Un n’a pas hésité à citer comme une influence lors de la présentation du film«Les Chansons d’Amour» mardi soir dernier au Centre des congrès.Accompagné d’AlexBeaupain, compositeur de la bandeoriginale du film, Christophe Honoré s’est livré à un jeu qu’il affectionne. S’in-troduire comme timide, puis tout enretenue, dévoiler une sensibilité, une intelligence, une aura.
Gwenael Pilorget et Chloé Pangrazzi
ImpREssiON suR pàpiER 100 % REcyclé
L um i è r es u rGuillàumE GOuix, l’àNTi-héROs
P re m i e rp a s . . .à Premiers Plans
riNiO DRàgàsàki, «j’ài uNE hisTOiRE pERsONNEllE àVEc FREddy KRuEgER»
Tra i t s - p o r t r a i t ChRisTOphE HONORé, uN désiR àbsOlu dE ciNémà
DIrECTEur dE PublICaTIOn :Xavier Massé •chEf dE PrOjET : Magali Prodhomme-Allègre •DIrECTEur arTISTIquE :Alexis Desjeux RÉdaCTrICE En ChEf :Chloé Pangrazzi crÉdITS PhOTOS :fotolia, Répliques, Festival Premiers Plans, Paula MatamoroimPrESSIOn :Hexa Repro •RÉdaCTIOn ET MISE En PagE : Carmen Acevedo, Ludovic Aurégan, Benoit Baylé, Alice Bidet, Clémence Bossard, François Boulard, Benjamin Chauviré, Simon Cogné, Mathilde Decelle, Maxime Delumeau, Matthieu Drouin, Augustin Flepp, Auriane Hamon, Vincent Le Parc, Isabelle Lepage, Johann Longépée, Sarah Maillard, Guillaume Murian, Caroline Noirbusson, Gwenaël Pilorget, Clotilde Rollin, Pauline Sortino (ÉTudIanTS dE l’isceA)
(( renContre aveC...
N°7 - 27 janvier 2012
 , JàcquEs GàmbliN, cONNu pRiNcipàlEmENT pOuR sEs RôlEs àussi biEN àu ciNémà qu’àu ThéATRE, REViENT suR lE dEVàNT dE là scèNE àVEc uN spEcTàclE musicàl. « GàmbliN JàzzE WildE SExTETE », c’EsT d’àbORd là RENcONTRE ENTRE six musiciENs, mêlàNT jàzz, pOésiE ET impROVisàTiON.
« Sur scène, tous les soirs, c’est comme une première fois. »
Lorsqu’on lui demande si le rôle de musicien lui tient à cœur, il rétorque qu’il ne se considère pas comme tel. Lui, il« joue avec les mots »en tout se laissant porter par le tempo, la tête dans les étoiles. Cette aventure a débuté en mai 2011, lors de l’ouverture de la tren-tième édition du festival Jazz sous les Pommiers de Coutances. C’est sa rencontre avec Lau-
rent De Wilde, directeur musical, qui lui a donnél’envie de se plonger dans un nouveau monde :« on est trimballé de façon vo-lontaire dans plusieurs uni-vers que l’on ne connaît pas forcément, le temps d’un projet ».Il ne se considère d’ailleurs pas comme un féru de jazz, mais garde tout de même quelques références :« J’avais, étant jeune, des vinyles de John Coltrane et j’aimais
 Corea».  dansce ant tout e laissée on pour  histoire mée. Une ite, des ntes pour à évoluer  cloitrés le cinéma. i-ci n’estlorsqu’on i. Guidé e plonger io qui le este exi-ux choix « Est-ce d’aller au cinéma voir cette histoire ? Est-ce que je me projette dans le personnage ? Est-ce que je me sens trans-formé après la lecture ? », des questions qui inter-rogent autant le rôle que le choix de l’acteur. Ces différents projetstémoignent d’une person-nalité à la recherche de la singularité dans ses films comme sur scène.
Retrouvez tous les numéros de Repliques sur le web dans la rubrique « L’actualité du Festival vue par les étudiants » http://www.premiersplans.org/festival/publics-etudiants-actualites.php
Isabelle Lepage et François Boulard
(( A lA croisée...
FILMS d’ÉCOLE : jaMaIS à COURT d’IdÉES
cHLORIS, 16 aNS, tRÉgUET
mIREILLE, 62 aNS, BORdEaUx
VaLENTIN, 19 aNS, lILLE
« Le film que j’ai préféré est « Bez Sniegu », le court métrage polonais de Magnus Von Horn. Il m’a vraiment choquée. Les images étaient magnifiques, les dialogues excellents, teintés d’une touche d’humour.Emotionnellement, c’était fort. »
ur les quatre, j’en ai beaucoup aimé x: « Jamgyr », le film anglais et « Bez gu ». Le dernier, extrêmement fort, e de sujets délicats : les rapports entre lescents, le rejet de l’homosexualité, rapports parents/enfants, et la viemunautaire au lycée. C’est très juste, très fort. »
auce » est un très bon film : c’est uête policière quasiment sans ac-i n’utilise que des gros plans et desC’était très réaliste et angoissant:pas l’impression d’être dans uneLe travail de la lumière est superbe. vé « Bez Sniegu » très cliché. La sexualité des adolescents, on en a déjà parlé. La fin était un peu tirée par lescheveux. »
Benjamin Chauviré etAuriane Hamon (( lA Photo Du Jour
Xu Feng et Zhang Xiao se livrent quelques confidences
(( lumière sur...
GUILLaUME GOUIx, L’aNTI-HÉROS
PRÉSENT L’aN dERNIER aU fESTIvaL PREMIERS PLaNS COMME aCTEUR pOUR « JIMMy rIvIÈRE », GUILLaUME GOUIx REvIENT CETTE aNNÉE à ANgERS pOUR pRÉSENTER SON pREMIER COURT MÉTRagE,« ALExIS ivaNOvITCH, vOUS êTES MON HÉROS ». rETOUR SUR UN dÉbUT dE CaRRIÈRE pROMETTEUR.
Il fait ses débuts à l’adoles-cence, sans réelle préten-tion,« j’ai commencé à tour-ner pour la télé, mais je faisais ça comme on va au judo ». Une carrière qui bascule avec « Dérives », un téléfilm pour Arte. Guillaume Gouix y joue le premier rôle et réalise qu’il veut en faire sa vocation. Il enchaîne en inté-grant une école d’acteurs à Cannes. Sur les tournages, le jeune marseillais ne fait pas que jouer, il observe tout ce qui s’y passe. La réa-lisation, il l’apprend donc sur le tas :« j’ai toujours es-sayé de regarder sur les tour-nages ce que faisait chaque poste, comment on construi-sait un film, ce que faisait le chef op’, comment on mixait, … »Jouer dans le dernier Woody Allen, « Minuit à Paris » a été pour lui une expérience très formatrice. «Son nom(W. Allen ndlr)m’évoquait les premières VHS de ma mère. J’ai vu un homme d’un certain âge qui, sur un plateau, donnel’impression d’avoir 2
Guillaume Gouix passe de l’autre côté de la caméra
Ce film fût présenté à Cannes en 2011, tout comme le premier court métrage de Guillaume Gouix, « Alexis Ivanovitch, vous êtes monhéros ». Il met en scène Fan-ny Touron et Swann Arlaud, deux proches qu’il souhaite filmer ensemble. Le scéna-rio s’inspire d’une scène qui s’est déroulée sous ses yeux,« j’ai vu dans un bar, un homme se prendre gratuitement une baffe devant tout le monde.
Alex, le personnage prin-cipal, incarne cet homme blessé dans sa virilité, sous le regard de sa copine. Victime du « syndrome du héros », il ne peut plus la regarder en face à cause de son manque de réaction.« On parle beaucoup de ce que la société impose à la féminité, mais pas tant aux garçons ». Le court métrage original et réaliste a été plébiscité par Premiers Plans. Une op-portunité pour le jeune réali-sateur de présenter son travail dans un festival qu’il apprécie. « Les gens sont là pour les films, le cinéma et pas pour les cocktails et les magazines ». Guillaume Gouix a aussi été sollicité avec Jeanne Cherhal pour lire « Le Silence des Machines », un scénario de Paul Calori et de Kostia Testut. Un bon moyen de« prendre du plaisir, maissurtout de faire honneur aux deux auteurs ».
Ludovic Aurégan, Isabelle Le a e PaulineSortino
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