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Baccalauréat Pondichéry Session 2016 Ép reuve :BA CPhilo so phieL Duré ed el’ é p re uve: 4 heure s C o e fficie nt: 7 PRO PO SITIO NDE C O RRIG É 1 SUJET 1 L’art nait de la fascination de l’insaisissable… comme a pu le dire ANDRE MALRAUX. Une œuvre d’art sert l’humanité et se nourrit de l’opinion, même si celle-ci demeure subjective voire incomplète. Admiré, contesté, exposé… l’art semble se tourner vers autrui, comme embarqué par les flots des mouvements du genre humain… mais quel est le vrai but de l’œuvre d’art? Peut- on la saisir sans culture ? Dans une première partie, nous évoquerons le rapport de force qui allie réel et art puis dans une seconde partie l’alliance entre contemplation et œuvre d’art. Kant pense que l’art doit être avant tout libre, et faire abstraction des automatismes de l’utilité…. C’est exprimer alors les caprices d’un temps prisonnier des effets de mode que l’éphémère vient renforcer… Autrui est alors récompensé de ses attentes «artistiques »et parait satisfait… je me sens donc proche d’une œuvre si celle-ci répond à mes principes, mes goûts, et mes choix : le réel prend le dessus et l’imagination de l’artiste compose avec le temps et ses effets naturels… que la mode vient conquérir pour l’éternité, cette dernière étant un recommencement perpétuel… qui attend l’artiste capable de saisirson instant !
Publié le : lundi 18 avril 2016
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Baccalauréat Pondichéry
Session 2016
Ép re uve :BA C Philo so phie L
Duré e d e l’ é p re uve : 4 he ure s
C o e ffic ie nt : 7
PRO PO SITIO N DE C O RRIG É
1
SUJET 1
L’art nait de la fascination de l’insaisissable… comme a pu le dire ANDRE MALRAUX. Une œuvre d’art sert l’humanité et se nourrit de l’opinion, même si celle-ci demeure subjective voire incomplète. Admiré, contesté, exposé… l’art semble se tourner vers autrui, comme embarqué par les flots des mouvements du genre humain… mais quel est le vrai but de l’œuvre d’art ? Peut- on la saisir sans culture ? Dans une première partie, nous évoquerons le rapport de force qui allie réel et art puis dans une seconde partie l’alliance entre contemplation et œuvre d’art.
Kant pense que l’art doit être avant tout libre, et faire abstraction des automatismes de l’utilité…. C’est exprimer alors les caprices d’un temps prisonnier des effets de mode que l’éphémère vient renforcer… Autrui est alors récompensé de ses attentes « artistiques » et parait satisfait… je me sens donc proche d’une œuvre si celle-ci répond à mes principes, mes goûts, et mes choix : le réel prend le dessus et l’imagination de l’artiste compose avec le temps et ses effets naturels… que la mode vient conquérir pour l’éternité, cette dernière étant un recommencement perpétuel… qui attend l’artiste capable de saisir son instant !
Finalement, ce rapport de force s’inscrit dans une démarche spirituelle et Hegel a exprimé cette idée. L’œuvre d’art reste libre car elle traverse les lois du monde sans angoisse ni remord… comme l’homme se rassure à travers sa foi. C’est ici la définition même d’une nature rendue possible à travers l’œuvre qui devient logiquement sacralisée, telle une déesse tenant dans ses bras le génie dévoilé ! L’imagination prend tout son sens dans cette logique irrésistible et unique… qu’un style artistique peut rendre novateur, altruiste et bienveillant. Hume dans ses « essais esthétiques » et en assumant son empirisme, précise que l’éducation, la loi et les traditions nous conditionnent toute notre existence et métamorphosent nos goûts, faisant de nos sensations des impressions toutes relatives : l’œuvre d’art est la première victime de ce constat… Il faut développer son sens avant de lui en fournir un ! C’est l’ultime combat de l’artiste et du contemplateur qui marchent… ensemble !
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SUJET 2
<< La liberté est une idée neuve. >> SAINT JUST .Être libre semble signifier que l'on fait ce que l'on veut, en ce sens être libre serait ne rencontrer aucun obstacle, n'être limité par aucune autorité extérieure. Cependant, celui qui revendique son indépendance à l'égard de toute loi, de toute instance dominante, celui-ci ne se condamne-t-il pas à vivre seul en dehors de tout réseau social ?
De plus, l'autorité peut désigner aussi une forme de puissance liée à un savoir, et en ce sens respecter une autorité c'est reconnaître les lois de la nature, c'est donc plutôt une manière de gagner sa liberté en se libérant de son ignorance. Finalement, être libre est-ce s'affranchir de toute autorité ou au contraire respecter ce qui fait autorité ? N'est-il pas utopique de vouloir se soustraire à toute loi sociale, morale ou naturelle ? Alors comment être libre ? Ne peut-on pas concilier la liberté et « la nécessité autoritariste ? » Il faudra alors s'interroger sur la possibilité d'être son propre maître en exerçant son autorité sur soi-même et assumer ainsi ses responsabilités.
1. La liberté comme indépendance à l'égard de toute autorité
A. L'affranchissement de toute autorité comme absence de contrainte
« Être libre c'est faire tout ce qui me plaît » : cette idée reçue renvoie à une notion de liberté comme possibilité de tout faire sans limite ni contrainte. Or, n'être déterminé par rien, c'est n'avoir même pas un motif de préférer telle ou telle chose. Mais cette liberté d'indifférence ne permet pas l'action. En effet, dans une fable de Buridan, un âne qui se trouvait à égale distance de deux mêmes picotins d'avoine finit par mourir de faim. L'absence de contrainte ne peut être qu'une condition négative d'une véritable liberté.
La liberté comme sentiment immédiat de faire « tout ce qui me plaît », c'est-à-dire l'idée d'une volonté absolument indéterminée, s'éprouve dans l'expérience du choix. La possibilité d'agir sans aucune raison plutôt qu'une autre est à son paroxysme dans l'idée d'acte gratuit. Ainsi, dansLesCaves du Vaticande Gide, Lafcadio cherche à se prouver l'absolu de sa liberté par un acte qui ne répond à aucune motivation : il va jeter du train où il se trouve un vieillard sans défense.
Ainsi revendiquer sa liberté comme affranchissement par rapport à toute autorité, c'est vouloir poser sa liberté comme infinie et absolue. Mais est-ce seulement possible ?
B. Une liberté comme absence de contrainte est-elle possible ?
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Mais suffit-il pour être libre de le vouloir ? Le désir de se prouver sa liberté n'est-il pas déjà un premier motif à l'acte de Lafcadio ? Le désir du meurtre n'est-il pas une raison inavouée ? Finalement, la liberté n'est-elle pas illusoire ? Le déterminisme est la doctrine métaphysique qui affirme que l'ensemble du réel est régi par des relations de cause à effet. Chaque phénomène serait déterminé par une cause, qu'elle soit physique, psychologique, sociale ou autre. Vouloir s'affranchir de toute autorité en résistant aux différents déterminismes par son libre arbitre est-il envisageable ?
Le libre arbitre, comme possibilité de commencer une nouvelle série de -phénomènes, se présente comme un principe irrationnel, un brin d'indétermination dans le monde. L'homme, en se croyant la seule exception qui n'obéit pas aux lois universelles de la nature, se prend pour « un empire dans un empire » selon Spinoza. Le libre arbitre ne serait qu'une illusion des « hommes qui se croient libres par cette seule cause qu'ils sont conscients de leurs actions et ignorants des causes par où ils sont déterminés » (Spinoza,Éthique, III).
Ainsi, s'affranchir de toute autorité, se poser au-delà de toute loi semble impossible car, qu'on en ait conscience ou non, on est toujours inscrit dans une forme de déterminisme. Faut-il en conclure que la liberté est impossible ?
Texte de Kant :
Pour Kant, morale et conscience sont universelles… l’homme ne peut être guidé par une volonté barbare et cruelle : le genre humain agit selon des principes et des vertus possédant un devoir pragmatique mais éloigné de toute spéculation perverse : l’animalité de l’homme n’est elle pas plus dangereuse que l’animal lui-même ? Kant montre qu’un acte vertueux provient de la bonne volonté… Seule l’intention compte mais par respect pour la loi morale. La raison est donc fondamentale ! Etre homme raisonnable, c’est se livrer à l’impératif catégorique, source de désintéressement… et d’équilibre ! « Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature ». La moralité doit s’éloigner du bonheur… et ne penser qu’à l’émergence sensible du bonheur d’autrui, notion philosophique intemporelle voire intergénérationnelle. Kant annonce alors le lien profond entre les hommes qui dans une logique de paix universelle et perpétuelle, peuvent viser le développement de la culture, la société et la morale… l’homme et la nature au service d’une seule et unique cause !
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