Corrigé BAC ES 2014 Sciences Economiques et Sociales (SES) - Spécialité

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Enseignement de spécialité : Sciences sociales et politiques
Sujet A : En quoi les groupes d’intérêt influent ils sur le fonctionnement de la
démocratie ?
Remarque : pas d’impératif de forme, c’est la clarté de l’argumentaire qui prime.
Aussi je propose un ensemble d’arguments que le candidat doit présenter de façon
organisée et cohérente, soit de façon classique, en deux ou trois parties, soit sous
forme de paragraphes logiquement articulés.
Les groupes d’intérêt représentent un type d’acteur susceptible d’agir politiquement,
au même titre qu’une association ou un parti politique pour peu qu’il soit écouté par
le gouvernement.
1) Les groupes d’intérêts peuvent être un facteur de dynamisme démocratique. En
effet, les associations, les syndicats représentent un secteur d’activité dont ils
connaissent les problèmes quotidiens, pratiques et échappant aux grandes
administrations. Ainsi, ils peuvent proposer une vision de leur secteur et proposer
des réformes qui conjuguent l’efficacité et les objectifs des pouvoirs publics.
(comme la CNJA pour De Gaulle)
2) Cependant, la manière dont collaborent les groupes d’intérêts et le gouvernement
peut avoir des effets variables sur la démocratie : en effet, les pouvoirs publics
peuvent avoir une vision précise d’un secteur d’activité en décalage avec les
acteurs de ce secteur. Par conséquent, le soutien d’un groupe d’intérêt est à la
fois une manière pour l’Etat de légitimer sa politique (en se prévalant de l’intérêt
général) tout en modifiant les rapports de force au sein du secteur : d’autres
collectifs qui auraient pu faire office de groupes d’intérêts sont marginalisés
(comme le montre le système de cogestion corporatiste). De ce fait, on peut
douter que l’appui que l’Etat apporte aux groupes d’intérêt soit toujours un gage
de démocratie.
3) Enfin, les groupes d’intérêts peuvent s’opposer au fonctionnement démocratique.
Effectivement, certains groupes d’intérêts sont d’abord constitués pour préserver
les intérêts d’un secteur économique. De ce fait, leur souci sera de faire pression
sur l’Etat pour promouvoir une législation les favorisant ou au contraire de mettre
en cause une décision publique susceptible de heurter leurs intérêts. De cette
manière, les groupes d’intérêts peuvent aller à l’encontre de l’intérêt des citoyens
ou contrecarrer l’application de mesures directement issues du programme d’un
parti élu par le peuple.
Publié le : mercredi 18 novembre 2015
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BACCALAURÉAT
Série :ES
Épreuve :SES (spécialité)
Session 2014
Durée de l’épreuve: 1h
Coefficient : 2
PROPOSITION DE CORRIGÉ
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Enseignement de spécialité : Sciences sociales et politiques Sujet A : En quoi lesgroupes d’intérêt influent ils sur le fonctionnement de la démocratie ? Remarque : pas d’impératif de forme, c’est la clarté de l’argumentaire qui prime. Aussi je propose un ensemble d’arguments que le candidat doit présenter de façon organisée et cohérente, soit de façon classique, en deux ou trois parties, soit sous forme de paragraphes logiquement articulés. Les groupes d’intérêt représentent un type d’acteur susceptible d’agir politiquement, au même titre qu’une association ou un parti politique pour peu qu’il soit écouté par le gouvernement. 1)Les groupes d’intérêts peuvent être un facteur de dynamisme démocratique. En effet, les associations, les syndicats représentent un secteur d’activité dont ils connaissent les problèmes quotidiens, pratiques et échappant aux grandes administrations. Ainsi, ils peuvent proposer une vision de leur secteur et proposer des réformes qui conjuguent l’efficacité et les objectifs des pouvoirs publics. (comme la CNJA pour De Gaulle) 2)Cependant, la manière dont collaborent les groupes d’intérêts et le gouvernement peut avoir des effets variables sur la démocratie : en effet, les pouvoirs publics peuvent avoir une vision précise d’un secteur d’activité en décalage avec les acteurs de ce secteur. Par conséquent, le soutiend’un groupe d’intérêt est à la fois une manière pour l’Etat de légitimer sa politique (en se prévalant de l’intérêt général) tout en modifiant les rapports de force au sein du secteur : d’autres collectifs qui auraient pu faire office de groupes d’intérêts sont marginalisés (comme le montre le système de cogestion corporatiste). De ce fait, on peut douter que l’appui que l’Etat apporte aux groupes d’intérêt soit toujours un gage de démocratie. 3)Enfin, les groupes d’intérêts peuvent s’opposer au fonctionnement démocratique. Effectivement, certains groupes d’intérêts sont d’abord constitués pour préserver les intérêts d’un secteur économique. De ce fait, leur souci sera de faire pression sur l’Etat pour promouvoir une législation les favorisant ou au contraire de mettre en cause une décision publique susceptible de heurter leurs intérêts. De cette manière, les groupes d’intérêts peuvent aller à l’encontre de l’intérêt des citoyens ou contrecarrer l’application de mesures directement issues du programme d’un parti élu par le peuple.
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Sujet B : Le comportement électoral s’explique t-il uniquement par le «vote sur enjeu» ? Le comportement électoral,i.e, l’acte de vote peut s’expliquer par de nombreux facteurs : le choix, l’adhésion à un parti et l’environnement social. 1)Le comportement électoral s’explique d’abord par «le vote sur enjeu» . Dans ce cadre, le choix résulte d’un calcul : le candidat privilégié est celui dont les prises de positions sont plus liées à la position propre de l’électeur. Unetelle perspective exclut un attachement important à un seul parti politique. Quelque soit le parti, la conduite de l’électeur est régie par la poursuite de son intérêt. (modèle de l’acteur rationnel) 2)Néanmoins, le comportement électoral peut aussi dépendre d’une vision du monde et d’un attachement partisan, transmis par la socialisation politique familiale. Dans ce cas, le comportement électoral est d’abord la manifestation d’une fidélité à une tradition familiale. Il paraît alors impensable de voter pour un parti adverse même si notre intérêt individuel pourrait objectiver nous y inciter. Ce type de dépendance affective est néanmoins en déclin : le détachement affectif d’un individu à l’égard d’un parti empêche de transmettre cet attachement aux générations suivantes. Néanmoins, le vote sur enjeu, bien qu’il s’étende, est d’abord la pratique d’individus pourvus de capitaux économiques et culturels importants. 3)Enfin, au delà de l’identification partisane, le comportement électoral peut s’expliquer par l’environnement social : les individus vivant dans un espace où l’intérêt pour la politique est inexistant et où le rituel du vote est oublié aura davantage tendance à ne pas voter. A l’inverse, le fait qu’un ou plusieurs individus votent (et revendiquent le vote comme acte citoyen) incite leurs proches et leurs familles à voter. La norme de participation et son entretien explique en amont un type de comportement électoral : le vote ou l’abstention.
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Enseignement de spécialité : Economie approfondie
Sujet A : Quels sont les principaux problèmes auxquels se heurte le financement de la protection sociale ?
1)En étudiant le trend (tendance générale) de la courbe du document 1, on note une dépense de protection sociale en pourcentage du PIB en constante augmentation, passant de 15% du PIB en 1959 à 32%, 50 ans plus tard (2009). Cela amène un premier problème, celui du financement de plus en plus exigeant et important.
2)La démographie est un problème majeur, la population augmente ce qui entraine des externalités négatives en matière de financement de la protection sociale. Il y a de plus en plus de personnes âgées avec les progrès de la médecine et de l’espérance de vie. Cela amène également une externalité négative et donc un problème en ce qui concerne les retraites (financées par répartition). On ajoute la notion de ratio de dépendance définit comme le rapport entre le nombre de personnes âgées et celui de personnes dont l’âge est compris entre 20 et 59 ans. Une population de plus en plus nombreuse et ou âgée nous amène à effectuer des soins de plus en plus nombreux ce qui pose problème pour l’équilibre des budgets (dépense de plus en plus importante en % du PIB, voir document 1) (document 2), créant un « effet ciseau » où les dépenses deviennent supérieures aux recettes. Le problème du vieillissement doit amener des mesures comme l’allongement de l’activité, autrement dit, repousser l’âge légal de la retraite, augmenter le taux de cotisation. Pour résoudre le problème posé par le ratio, on peut recourir à l’immigration, venant stabiliser celui ci.
3)On peut évoquer un problème d’aléa moral sur les dépenses de santé, la population étant protégé contre les risques va adopter des comportements plus risqués ou se rendre plus que nécessaire chez le médecin ou aux urgences (par exemple).
4)Le système de protection sociale est basé sur la cotisation des salariés, le niveau d’emploi va donc en grande partie déterminer l’enveloppe allouée au système de protection sociale. La variable macroéconomiques comme la croissance influe directement sur l’emploi. On peut évoquer le problème du chômage et une nouvelle fois de la retraite par répartition qui pèse sur les actifs.
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Sujet B : Les barrières à l’entrée résultent-elles toujours de stratégies d’entreprises ?
1)Le documentamène un argument montrant que le niveau d’investissement est un premier obstacle d’entrée dans une activité. On peut donner l’exemple des entreprises fabricant des écrans plats (document 1) ou encore les entreprises automobiles, qui doivent procéder à des investissements massifs, où très peu d’acteurs peuvent rentrer sur le marché (cout d’entrée extrêmement élevé). On rappelle la définition de barrière à l’entrée : obstacle rendant difficile ou impossible l’entrée sur un marché pour un nouvel intervenant.
2)Les barrières à l’entrée sont des freins à la concurrence pure et parfaite (atomicité, homogénéité, libre entrée et sortie, rationalité et informations parfaites). En effet, dans le cas d’un «ticket d’entrée» trop important (document 1), cela provoque une structure de marché particulière comme l’oligopole (petit nombre d’entreprises se partagent l’offre) ou le monopole (une seule entreprise). Cependant, comme on l’a évoqué en 1), ces barrières ne sont pas forcément le fruit des entreprises mais d’investissements nécessaires pour rentrer sur le marché trop importants (cas des monopoles publics).
3)Le document 2 montre une stratégie opérée par les entreprises, à savoir les brevets qui viennent les protéger juridiquement. Dans la communication numérique, le nombre moyen de demandes de brevets par demandeur est de 11,9. Cela montre l’importance prise par les brevets au sein de certaines entreprises, qui sont notamment exposées à une concurrence féroce. Un brevet est une barrière à l’entrée, interdisant aux concurrents d’apparaitre, ou d’utiliser une technologie breveté. Dans ce cas, le marché n’est pas contestable car il y a des barrières trop nombreuses permettant l’apparition d’une entreprise qui viendrait remettre en question l’hégémonie d’un monopole ou d’un oligopole.
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