Corrigé BAC PRO 2014 Français

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EVALUATION DES COMPETENCES DE LECTURE
Question 1 : Présentez le corpus en trois à six lignes en expliquant son unité malgré
ses différences. (3 points).
Le corpus présente trois documents : un extrait de roman de Dominique Bona,
auteur du XXème siècle ; un extrait de Germinal de Zola daté de la fin du XIXème
siècle, et une photo de Martin Luther King pendant son discours du 28 août 1963.
On remarque, outre la différence de date ou de support, qu’il s’agit de trois
allusions à un discours argumentatif. Mais dans le premier texte, il est au style
direct, dans le deuxième au style indirect libre : ces deux documents ont pourtant
en commun de présenter un texte de fiction. Le troisième document n’est pas un
texte, et il fait allusion à une réalité : le discours de Martin Luther King resté
emblématique après son assassinat en 1968.
Publié le : mercredi 18 novembre 2015
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BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL
Série :PROFESSIONNELLE
Épreuve :FRANCAIS
Session 2014
PROPOSITION DE CORRIGÉ
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EVALUATION DES COMPETENCES DE LECTURE Question 1 : Présentez le corpus en trois à six lignes en expliquant son unité malgré ses différences. (3 points).
Le corpus présente trois documents : un extrait de roman de Dominique Bona, auteur du XXème siècle ; un extrait de Germinal de Zola daté de la fin du XIXème siècle, et une photo de Martin Luther King pendant son discours du 28 août 1963. On remarque, outre la différence de date ou de support, qu’il s’agit de trois allusions à un discours argumentatif. Mais dans le premier texte, il est au style direct, dans le deuxième au style indirect libre : ces deux documents ont pourtant en commun de présenter un texte de fiction. Le troisième document n’est pas un texte, et il fait allusion à une réalité : le discours de Martin Luther King resté emblématique après son assassinat en 1968.
Question 2: Texte 2. Qu’est-ce qui dans la façon de parler d’Etienne Lantier fait quela foule des grévistes passe du « tonnerre » et des « cris » au « silence profond » ? (4 points)
La foule des grévistes est d’abord un «tonnerre », car la révolte gronde et que les premiers mots de Lantier les exhortent à la lutte: il s’adresse à eux («Camarades ! ») et sa prise de parole redouble de points d’exclamatcris » ion. Les « lui répondent alors. Cependant, il ménage ensuite ses effets : il prend une mesure de silence et ne bouge pas (« immobile »), la nuit ajoute au dramatique (dans le sens de théâtral) de la situation (« ténèbres », « noir », « ombres »), puis il prend une posture d’orateur (« il leva un bras dans un geste lent « ), et surtout il change de ton et dépassionne sa voix («il avait pris le ton froid…»). On remarque ensuite que son discours est très organisé, Zola insistant sur sa structure par des connecteurs logiques. Enfin, il termine son discours par une question qui demande réflexion. On imagine cependant que la foule va reprendre de l’énergie après «son souffle désespéré » , puisque le héros poursuit ensuite d’une «voix changée ».
Question 3 : Textes 1 ou 2 et document 3. Expliquez quel texte pourrait illustrer le mieux la photographie. (3 points)
Le texte qui correspond le mieux à la photo est plutôt le texte 1 : en effet, il y est question de la défense du peuple noir fasse àl’oppresseur colonial, ce pourquoi combattait aussi Martin Luther King. « Il dit haïr le Code Noir », écrit D. Bona : or, c’est bien à l’encontre de ces inégalités que s’élève Martin Luther King. En outre,
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on remarque un talent d’orateur: « enchaînant, soulignant, élevant…» ; il ménage les effets de son discours. De plus, on note aussi sa « fougue », soulignée par « ses mains [qui] esquissaient dans l’air des gestes qui semblaient danser avec les mots», ainsi que la photo nous montre Martin Luther King. Enfin, «l’espérance brûlait dans son discours » rapproche encore le texte de la passion que mettait Martin Luther King à s’exprimer, ce que nous montre son attitude sur l’image; espérance dont les « ailes de prédateur» l’emporteront puisqu’il sera assassiné pour le danger de ses idées et de sa conviction cinq ans plus tard.
EVALUATION DES COMPETENCES D’ECRITURE
Selon vous, une parole pour convaincre dans la défense d’une cause politique est-elle plus efficace quand elle est portée avec fougue ou quand elle est dite posément ? Vous répondrez à cette question, dans un développement argumenté d’une quarantaine de lignes, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures de l’année et sur vos connaissances personnelles. Introduction :
Idée queparler, c’est agir sur l’autre. Un discours est toujours entre parole et spectacle, tout politique soit-il. Son but est d’emporter l’adhésion de l’auditoire.
Efficacité fougue
1) Sincérité du locuteur
La fougue est le symbole de l’emportement du locuteur,de sa sincérité aussi : il ne craint pas de montrer ses sentiments, ses émotions. On peut attendre de lui des qualités humaines, qu’il soit proche des gens que son discours défend. Et qu’il ait l’énergie de défendre sa cause. Il cherche à provoquer l’enthousiasme, et l’adhésion. Ainsi en est-il de Martin Luther King lors de son fameux discours « I have a dream » en 1963.
2) Persuasion
Un discours prononcé avec fougue insiste sur la fonction de persuasion : il cherche à prendre l’auditeur par ses sentiments, par adéquation de réaction. Il fait appel à l’émotion. Une sorte de catharsis inévitable s’opère: l’auditeur est ému à la mesure de l’émotion qui semble s’emparer de l’orateur. On peut citer le discours d’André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon en 1964 : sa
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ème parole vibrante d’émotion sollicite les souvenirs horribles de la 2 Guerre Mondiale chez ses auditeurs.
Efficacité parole posée
1) Maîtrise du locuteur
Une parole posée met en avant la capacité de réflexion de l’orateur, mais aussi son sang-froid, sa maîtrisedu sujet comme de lui-même. On peut donc attendre de lui les capacités d’un chef. C’est le ton qu’emploient les présidentiables à la République en période pré-électorale, lorsqu’ils sont d’un parti qui est proche du centre, et d’autant plus lorsqu’ils s’expriment à la télévision, où la parole se doit d’être plus mesurée qu’à une tribune.
2) Convaincre
Un discours posé cherche à convaincre : il fait appel avant tout à la raison de l’auditeur. Il considère les gens qui l’écoutent comme responsables et dignes de réflexion, et présente les faits comme des évidences. C’est ainsi que s’achève le film Le Dictateur de et avec Charlie Chaplin : le discours final montre le dictateur Hynkel repenti, qui n’a nul besoin d’insister sur les effets de langage auxquels il a pu souscrire auparavant (dans un discours pastiche tout aussi remarquable) puisqu’il fait appel à la raison et à l’évidence.
Le juste milieu de la rhétorique
1) Défauts fougue et Défauts parole posée
Les défauts de la parole portée avec fougue comme de la parole posée sont les mêmes: l’ennui d’abord, de l’auditeur, face à un ton monocorde, qu’il soit dans l’extrême de la passion comme dans la tranquillité de la parole calme. C’est d’ailleurs ainsi qu’est toujours pastiché un discours, par l’excès de l’un ou de l’autre, comme l’illustre par exemple la scène du pot de retraite dans le filmMammuthde B. Delépine et G. de Kervern.
Mais surtout, ce ton uniforme ne mettant pas en valeur les effets, et l’importance de certaines parties du discours par rapport à d’autres, le risque en est tout simplement l’absence d’adhésion du public par incompréhension car toutes les informations sont traitées au même niveau. On peut citer ainsi le personnage deLa Peste de
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Camus, le docteur Rieux qui se méfie de l’éloquence, ennemie selon lui de l’efficacité: "Chaque fois, le ton d’épopée ou de discours de prix impatientait le docteur".
2) Une efficacité mesurée
En fait, tout est dans la mesure de ces deux types de paroles : leur alternance juste révèle leur maîtrise, ainsi que le montre Etienne Lantier lors de son discours aux mineurs dansGerminald’Emile Zola: «Mais Etienne, déjà, continuait d’une voix changée». Il sait adapter le ton de sa voix, et ainsi prouve qu’il domine son sujet (et par là l’auditoire).
Tout en effet, en rhétorique, est question de techniques : varier le ton en est une, tout comme l’efficacité du rythme ternaire (ainsi le discours du Général de Gaulle du 25 août 1944 : «Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé»»petites phrases ), des « (comme le fameux «Vous n’avez pas le monopole du cœur» de Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand le 10 mai 1974), l’appel à l’auditoire («Camarades! », s’exclame Etienne Lantier dansGerminalde Zola), ou encore les gestes (tel celui de la main saisissante de Martin Luther King lors de son discours) et même le décor (aussi bien l’estrade préparée que le surplomb improvisé d’Etienne Lantierou que le fond immense et noir du rideau flottant du cénotaphe de Jean Moulin pour André Malraux).
Conclusion :
Entre parole posée et expression de la fougue, la maîtrise du discours et de ses techniques est le symptôme de la maîtrise du sujet: ainsi l’orateur peut-il obtenir, en variant le ton, l’attention du public et surtout sa confiance, et son adhésion à la cause politique qu’il défend. La confiance du public peut même aller jusqu’à la confiance en soi, et légitimer puis affirmer une position par unjeu d’équilibreset d’échanges : ainsi dans le filmLe discours d’un roide Tom Hooper le roi Georges VI atteint-il à la maîtrise de son rôle par la maîtrise de sa parole.
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Les commentaires (1)
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rahi

sa va beaucoup m'aider merci

vendredi 13 mai 2016 - 07:54