Examens et dopage (MILDECA)

Publié par

Le baccalauréat, une épreuve : attention aux conduites dopantes • • • Au cours des dernières décennies, les conduites dopantes se sont développées dans le monde du sport, du travail mais également des études. Dans nos sociétés occidentales, le dépassement de soi est devenu une norme qui s’inscrit dans le culte de la performance et de l’efficacité Pour parvenir à ce dépassement de soi, on consomme des substances de toutes sortes : vitamines, compléments alimentaires, oligo-éléments, anabolisants, antiasthéniques… Il peut aussi s’agir de produits psychoactifs illicites ou licites (amphétamines, cocaïnes) ou licites (médicaments psychotropes, bêta-bloquants sur ordonnance). Scolarité / Etudes et conduites dopantes : données chiffrées • Le sujet est globalement peu documenté. La dernière enquête en population générale date de 2002 et mettait en exergue le fait que 22,3% des garçons et 38,3% des filles de 18 ans avaient déjà eu recours au moins une fois dans leur vie à des produits pour améliorer leurs résultats scolaires ou intellectuels. Quels facteurs peuvent motiver une conduite dopante ? Des facteurs liés à la personne elle-même : - - - - - Le sexe : les garçons consomment davantage de produits visant à accroître les performances physiques quand les filles recherchent l’augmentation de leurs performances intellectuelles.
Publié le : lundi 13 juin 2016
Lecture(s) : 1 486
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
Le baccalauréat, une épreuve: attention aux conduites dopantes
Au cours des dernières décennies, les conduites dopantes se sont développées dans le monde du sport, du travail mais également des études.
Dans nos sociétés occidentales, le dépassement de soi est devenu une norme qui s’inscrit dans le culte de la performance et de l’efficacité
Pour parvenir à ce dépassement de soi, on consomme des substances de toutes sortes: vitamines, compléments alimentaires, oligo-éléments, anabolisants, antiasthéniques… Il peut aussi s’agir de produits psychoactifs illicites ou licites (amphétamines, cocaïnes) ou licites (médicaments psychotropes, bêta-bloquants sur ordonnance).
Scolarité / Etudes et conduites dopantes: données chiffrées
Le sujet est globalement peu documenté. La dernière enquête en population générale date de 2002 et mettait en exergue le fait que 22,3% des garçons et 38,3% des filles de 18 ans avaient déjà eu recours au moins une fois dans leur vie à des produits pour améliorer leurs résultats scolaires ou intellectuels.
Quels facteurs peuvent motiver une conduite dopante?
Des facteurs liés à la personne elle-même:
-
-
-
-
-
Le sexe: les garçons consomment davantage de produits visant à accroître les performances physiques quand les filles recherchent l’augmentation de leurs performances intellectuelles.
L’âge: le nombre d’usagers augmente avec l’âge
Le stress, l’anxiété, une estime de soi peu élevée
Le sentiment de n’être pas soutenu par ses parents
L’incapacité à demander de l’aide à autrui, les difficultés de sociabilité
Des facteurs liés à l’environnement:
-
-
-
L’isolement social
L’incitation aux pratiques dopantes par l’entourage amical ou familial
L’obligation de résultats
Des facteurs liés aux substances:
-
Facilité à se les procurer
-
-
Coût peu élevé
Croyance en leur efficacité.
Quels sont les risques?Les risques sont d’une part ceux des produits:
Famille
Psychostimulants caféine, nicotine...
Anti-asthéniques Cocktails de vitamines, ginseng...
Amphétamines, cocaïne.
Bêta-bloquants
Anxiolytiques (Lexomil, Témesta. ..)
Effets Recherchés
Accroître la vigilance, lutter contre le sommeil, améliorer sa mémoire.
Lutter contre la fatigue, faciliter la mémoire.
lutter contre le sommeil et la fatigue, créer un état de "bien être" face au stress.
Dominer le trac lors d'un oral.
Atténuer l'angoisse liée à l'examen (tranquillisant s).
Effets Réels
Stimulent le système nerveux central et augmentent la vigilance.
Effet réel très faible. Ces produits sont plutôt considérés par les médecins comme des placebos.
Masquent la fatigue, sans la diminuer pour autant.
Ils ralentissent le rythme cardiaque et tempèrent les tremblements.
Sous strict contrôle médical les anxiolytiques aident effectivementà surmonter les crises d'angoisse sévères.
Dangers potentielle
Dépendance, insomnies, crises d'angoisse (à forte dose), palpitations cardiaques.
En général aucun (sauf à consommer des doses astronomiques ou des produits de contrebande).
Dépendance, anorexie, troubles nerveux sévères (dépression, bouffées délirantes, crises d'angoisse), épuisement.
Risque d'accident cardiaque, nausées, convulsions.
Somnolence, troubles de la mémoire, troubles nerveux, dépendance
Traitements des troubles pathologiques de la mémoire (vasodilatateurs...)
Doper sa mémoire.
A priori, ces médicaments destinés à soigner de réelles pathologies sont totalement inefficaces sur un cerveau "sain".
Les effets sont inconnus dès lors qu'on utilise ces traitements hors du cadre prévu. Aux risques et périls de l'usager, donc.
Ce sont aussi ceux inhérents aux conduites addictives d’une manière générale: perte de confiance en soi, isolement, dépendance. Plus que le produit, c’est la démarche qui fait la différence.
Le risque depolyconsommationsest également important: une consommation pouvant entrainer des effets secondaires dérangeants (ex. caféine et difficulté d’endormissement), elle peut conduire à une autre consommation pour pallier les effets secondaires de la première (ex. médicaments ou cannabis pour pallier les difficultés d’endormissement).
Quels sont les produits les plus consommés?
Selon une enquête réalisée en 2013 auprès des étudiants de la faculté de pharmacie de Tours
-
-
-
Les médicaments en libre accès en pharmacie sont les plus consommés (ex. Guronsan): 64% des étudiants en consomment pour préparer les examens
Leurs consommations de tabac et de café augmentent sur cette même période.
15% déclarent consommer des boissons énergisantes durant les révisions et/ ou les examens
Quelles sont les méthodes alternatives possibles?
Il n’y a pas de méthode miracle:
-
-
L’alimentation équilibrée
L’exercice régulier d’une activité sportive
-
-
-
Le sommeil
La relaxation
Consulter un médecin au besoin, ne pas pratiquer l’automédication
Que peuvent faire les parents?
-
-
-
-
Ne pas mettre la pression sur leur enfant.
S’assurer de leur bien-être
Etre attentifs à leur consommation de caféine, de médicaments.
Leur recommander de consulter un médecin au besoin
Que font les pouvoirs publics?
D’une manière générale:
-
-
Refonte de la politique de prévention fondée sur le renforcement des compétences psychosociales des jeunes.
Travail sur le repérage précoce des conduites addictives des jeunes
Education nationale: circulaire de rentrée 2014
Les équipes éducatives veillent à intégrer la prévention des conduites addictives dans les projets d'école et d'établissement, en prenant appui sur les comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC). Une information aux parents est faite sur les actions prévues au cours de l'année scolaire, si possible au moment de la rentrée.
Améliorer la connaissance du phénomène:parution en 2016 des prochaines données relatives aux conduites dopantes des lycéens dans le cadre de l’enquête ESPAD
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.