Fiche - "Histoire économique de la France" de J-C Asselain
Fiche - "Histoire économique de la France" de J-C Asselain
aggravation du déséquilibre agricole. b) Les conséquences économiques de la défaite de 1870: Les pertes humaines et matérielles sont
d'évidence plus limitées que lors des guerres du XXème siècle. Le versement de 5 milliards de francs-or
s'est effectué avec une facilité presque déconcertante (témoignage de la solidité financière de la France).
Reste l'amputation territoriale: avec la cession de l'Alsace-Lorraine, la France perd 2 de se provinces les
plus industrialisées. L'industrie métallurgique retrouve tout juste vers la fin des années 1880 son niveau
de 1869.
c) Dépression agricole et déclin démographique: s'il ne fallait désigner qu'une seule "cause" du déclin
relatif de l'économie française durant cette période, c'est la dépression agricole qu'il faudrait retenir. Le
produit agricole français enregistre une stagnation quasi totale sur au moins 2 décennies (1870-1890),
alors que, pour l'industrie, la dépression signifie un simple ralentissement de la croissance. Effet de
freinage exercé sur l'industrialisation par la dépression agricole. Crise viticole: crise de sous-production
imputable aux ravages du phylloxéra. Crise céréalière: d'origine purement "économique", avec la baisse
prolongée des prix; importations nettes de blé; réaction tardive du gouvernement, et encore, sa politique
ne réussit finalement qu'à freiner la baisse des prix, en maintenant un grand nombre de petites
exploitations au voisinage du deuil de survie, sans leur donner les moyens de se moderniser. C'est là
sans doute le coeur du problème: directement menacée par la concurrence extérieure, l'agriculture
française témoigne d'une faible capacité d'adaptation. Les migrations vers les villes ne tendent
nullement à s'accélérer; la dépression semble même avoir eu pour effet de rigidifier encore les structures
agraires. "Renforcement dans les campagnes d'une classe de petits propriétaires, attachés à des
exploitations récemment et difficilement acquises" (M.Lévy-Boyer). facteur manifeste de freinage du
progrès agricole. Quant aux grandes exploitations, elles tardent à se moderniser. La situation difficile de
l'agriculture contribue à expliquer l'accentuation du déclin démographique, au moment même où le
rythme de croissance de la population atteint souvent son maximum dans les autres pays. La pyramide
des âges se modifie défavorablement. Les effets du vieillissement s'ajoutent ainsi à la rétention de la
main-d'oeuvre dans les campagnes.
2) Freinage et réorientation de la croissance industrielle:
L'évolution de la production industrielle est complexe et marquée surtout par de fortes
irrégularités: schématiquement, on peut repérer une phase d'essor rapide (1875-1882), encadrée par la
défaite de 1871 et par la dépression des années 1880.
a) la décélération industrielle: ampleur et limites. La dépression agricole exerce une double influence:
elle tend à la fois à freiner les migrations de main-d'oeuvre vers l'industrie, et à réduire la demande de
produits industriels. Ce dernier facteur semble avoir joué un rôle bien plus décisif que le premier. 2
facteurs, notamment ont joué un rôle "compensateur: d'une part, la France devient à cette époque un
pays d'immigration; d'autre part, il s'est produit un accroissement du taux d'activité, en raison surtout
d'une augmentation de la population active féminine hors agriculture. Progression soutenue des salaires.
L'amélioration des salaires en période de baisse des prix implique, pour les entreprise, un
renchérissement du coût réel de la main-d'oeuvre. Rôle de stimulant du progrès technique. En revanche,
l'industrialisation a certainement pâti de la stagnation complète du pouvoir d'achat des agriculteurs
durant près d'une génération, et du freinage de la demande de produits industriels qui en est résulté. La
France, pour les grands produits agricoles, devient importatrice nette entre 1860 et 1890: la simple
stabilisation du taux d'importation dans la période postérieure suffira à rétablir des conditions nettement
plus favorables à l'expansion industrielle. Un autre facteur "dépressif" agit du côté de la demande: le
plafonnement de la demande extérieure de produits industriels. facteurs aggravants d'ordre interne (du
côté de l'offre), dont l'industrie de la locomotive est un bon exemple (...). Un élément compensateur:
l'accroissement des dépenses publiques. Elles s'accroissent rapidement au cours des années 1870, pour
atteindre un maximum au début des années 1880, avec ensuite une stabilisation d'une trentaine d'années.
Accroissement de la part des dépenses économiques et sociales dans le total des dépenses de l'Etat. cf.
programme de grands travaux lancé en 1879 par le gouvernement Freycinet. Ce soutien temporaire, qui
ne suffit pas à provoquer de véritable relance, prend fin en 1882. Programme anachronique d'aide à la
construction de voiliers lancé en 1892. Toute cette politique a eu pour résultat de rendre la dépression
mois brutale, et sans doute contribué à éviter un effondrement durable de la métallurgie; mais en fait ne
fait que retarder jusqu'aux années 1880-1890 le creux le plus profond. Chute des profits et augmentation
du nombre de faillites. b) L'adaptation de l'industrie française: La restructuration géographique et sectorielle de l'industrie
française dans son ensemble tend à compenser le recul de certaines activités. Métallurgie: nouveaux
centres industriels et déplacement cers les façades maritimes. Textile: migration géographique de
l'industrie cotonnière; la vieille industrie lainière a été moins éprouvée et entre dans une phase de
modernisation accélérée (le centre de Roubaix-Tourcoing renforce sans cesse sa prééminence. De façon
générale, la croissance industrielle est fortement marquée par le fait nouveau de première importance de
la croissance soutenue des salaires réels. Dynamisme des dépenses d'équipement industriel. L'héritage
du Second Empire (développement du système bancaire, modernisation du statut juridique des S.A)
contribue sans doute à créer un cadre favorable. Les banques, du mois jusque dans les années 1880,
interviennent activement dans le mouvement des affaires. "Substitution du capital à la main-d'oeuvre".
Rôle de stabilisateur de la progression des salaires réels. Rien en particulier ne suggère un
affaiblissement du dynamisme intrinsèque de l'industrie française.
II/ Impulsions nouvelles et dynamisme de la croissance à l'orée du XXème siècle:
Nouveaux éléments annonçant l'entrée "de plain-pied" dans le XXème siècle: le rôle de
l'automobile, la mécanisation agricole, l'accroissement rapide des dépenses d'éducation, la
prépondérance de la monnaie scripturale dans la progression de la masse monétaire... Très forte
continuité entre la croissance de la "Belle Epoque" et celle des années 1920; au contraire, l'opposition
est très frappante avec la phase de ralentissement précédente. Le nouvel élan de la fin du XIXème siècle
a pour originalité d'intervenir en pleine paix, et c'est le seul exemple jusqu'à maintenant d'une reprise (à
l'issue d'un ralentissement de longue durée) qui ne soit pas la suite d'une guerre. Accélération du
mouvement des affaires, profits records de la "Belle Epoque", apparition d'industries nouvelles,
"seconde révolution industrielle. Mais image dominante d'une France qui résiste au changement, une
France plus soucieuse d'équilibre que de croissance, passionnément attachée à la protection des "droits
acquis" et à la défense des "classes moyennes". Permanence de la petite propriété paysanne. Nombreux
exemples de politiques conservatrices (...). Indiscutable réaccélération de la croissance.
1) Vue d'ensemble:
a) L'insaisissable
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Publié le :
21/07/2011
Langue :
Français
Nombre de pages :
19
Thème :
Education >
Cours
