La crise du Tayloro Fordisme et la mise en place du Toyotisme

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C La crise du Tayloro-Fordisme et la mise en place du Toyotisme
a)
La crise du Tayloro-Fordisme
-
A la fin des années 60, Le Tayloro-Fordisme perd de son efficacité, il a tendance à
démotiver les travailleurs. La crise se manifeste par l’augmentation du nombre de
conflits sociaux, par des taux d’absentéisme importants et par une augmentation du
turnover. Gaspillages, malfaçons et accidents du travail sont également de plus en plus
fréquents et cela par une conjugaison de causes : accélération des cadences,
parcellisation excessive du travail, surmenage et lassitude des salariés. On observe en
plus une augmentation du décalage entre l’augmentation du niveau de formation et
d’instruction et le travail demandé. En effet, le niveau général de formation de la
population a augmenté et les nouveaux ouvriers ne correspondent plus aux ouvriers
des années 50.
-
Au niveau économique, on est dans une situation de saturation de certains marchés, de
diversification de la demande et d’augmentation de la concurrence internationale.
L’OST ne laisse ni autonomie ni responsabilités aux ouvriers et elle a confirmé
l’émergence d’ouvriers déqualifiés qui ne produisent qu’une petite partie d’une
production souvent sans explications : « le travail en miette », monotone, répétitif et
fatiguant est confirmé. De nouvelles théories se développent et entre autre est mis en
évidence par Mayo le fait que de bonnes relations humaines dans une entreprise
peuvent être un moteur de motivation et de productivité, qu’il y a peut-être une autre
façon de produire. Cette thèse est mise en valeur par les japonais et principalement par
Matsushita qui est à la tête de Matsushita Electrics et qui développe l’idée qui ce qui
est important pour une entreprise c’est de mobiliser l’intelligence de tous. Cette idée
va mener à la mise en place de cercles de qualité qui poussent au dialogue entre
acteurs de l’entreprise.
-
En 1973, l’invention du microprocesseur est à l’origine de changements très
importants. Cela permet une évolution du processus de travail dans tous les domaines.
C’est la rencontre entre la machine-outil et l’ordinateur qui révolutionne le système de
production. La naissance du robot a un impact sur le mode de production et participe à
la remise en cause du Tayloro-Fordisme. L’atelier traditionnel est censé fabriquer des
pièces identiques avec le principe que toute modification de la production doit
s’accompagner du remplacement du matériel et donc de nouveaux investissements. Le
robot lui peut produire des objets différents à l’aide d’un simple changement de
programme : l’atelier flexible est né. L’atelier flexible est un ensemble d’automates
produisant les pièces les plus variées sous la commande d’un ordinateur. La précision
de cet ordinateur évite les rebus qui existaient auparavant. On va parler d’une
production avec 0 défauts. Une nouvelle organisation économique naît.
-
C’est l’annonce d’une réorganisation de l’entreprise : des restructurations nombreuses
annoncent le développement du chômage même si les entreprises ne font pas faillite.
On en effet, par la robotisation, de moins en moins besoin
d’OS. Par contre on a
besoin de spécialistes qualifiés. La chaîne de montage se poursuit avec des robots
venant compléter l’activité humaine. Cela permet de réduire les coûts de fabrication à
un moment où on recherche l’abaissement des prix de revient. C’est cette conjugaison
de circonstances qui poussent à l’introduction du Toyotisme.
b)
Le Toyotisme
-
Le Toyotisme est pratiqué d’abord au Japon où les liens entre entreprise et Etat sont
très forts. La réduction des coûts de fabrication devient l’objectif principal et pour cela
plusieurs formes de flexibilité vont être mise en place au-delà de l’atelier flexible.
Introduire la flexibilité c’est se donner comme perspective de pouvoir mieux et vendre
et d’affronter la concurrence, de pouvoir se placer sur le marché mondial. C’est donc
désormais avoir une vision planétaire du développement économique et c’est pouvoir
vendre dans le monde entier. C’est donc bien une participation à la mondialisation qui
est confirmée.
-
La première flexibilité est la flexibilité du marché du travail. Elle est introduite à partir
du milieu des années 70. C’est la flexibilité également au niveau de l’organisation du
travail qui doit permettre d’optimiser l’utilisation des robots pour lesquels ont a fait de
grands investissements. Intervient alors la flexibilité externe quantitative qui
s’accompagne de la déréglementation. L’entreprise laisse fluctuer ses effectifs en
fonction de ses besoins à cours terme en licenciant et en embauchant, cela en utilisant
des contrat de travail de courte durée ce qui organise la précarisation du travail. La
flexibilité interne quantitative quant à elle module le temps de travail fourni par les
salariés présents dans l’entreprise. Elle peut utiliser les variations d’horaire, les
variations saisonnières ou encore les heures supplémentaires. On va dès lors envisager
un travail annuel quant au nombre d’heures de travail effectuées.
-
Il existe aussi une flexibilité par l’externalisation. Les entreprises cherchent à déplacer
sur d’autres entreprises certaines de leurs activités et font ainsi des transferts. Des
entreprises peuvent donc par exemple avoir un service de compte extérieur.
L’entreprise prend un nouveau visage. Désormais, les personnes cadres qui travaillent
dans le secteur industriel et qui sont externalisées vont être comptabilisées comme
travaillant dans le tertiaire : on assiste par conséquent à la tertiairisation de
l’économie. Cela implique une grande mutation de la population active.
-
La flexibilité touche différents aspects du travail : emploi, organisation. Le travailleur
doit être plus mobile et plus qualifié ce qui implique que l’on passe par des nouvelles
phases de formation avec par exemple l’apparition des stages d’insertion et d’initiation
ou encore les stages de remise à jour qui touchent surtout les travailleurs du secteur de
la haute technologie. Cette mutation de l’entreprise rend donc nécessaire la formation
pour le travailleur et introduit pour l’entreprise un coût de formation. Ces
transformations radicales s’accompagnent d’une nouvelle vision du travailleur et
d’une valorisation des relations humaines. L’homme qualifié est pour l’entreprise une
ressource humaine. Cette organisation tout à fait nouvelle de l’entreprise ne se met
cependant pas en place du jour au lendemain. Les entreprises les plus adaptables y
gagnent. Les PME notamment sont entreprenantes et dynamiques. On observe
également une évolution du management : il s’agit d’imposer mais aussi de motiver en
essayant d’arriver à une convergence entre les intérêts du travailleur et les intérêts de
l’entreprise avec notamment la mise en place de relations beaucoup plus individuelles
et une valorisation de la promotion au mérite. Cela pousse à un déclin du syndicalisme
ouvrier traditionnel qui n’est pas capable de s’adapter pour défendre les salariés.
L’entreprise nouvelle c’est désormais 0 défauts, 0 papier (informatisation), 0 délai (on
ne doit pas attendre les pièces), 0 stock pour éliminer les frais de stockage et 0
gaspillage. On est sorti de la technostructure mais il y a précarisation du monde du
travail.
-
Le Japon est un bon exemple de pays ayant vécu la flexibilité. Il adopte, pour apporter
une solution à ses difficultés, une stratégie économique de développement planétaire
avec l’aide de l’Etat. Le MITI pousse à la formation. Le Japon décide d’exporter les
industries les plus polluantes vers les pays voisins, industries traditionnelles qui ne se
trouvent pas remettre en cause le système Tayloro-Fordiste. Il décide de restructurer
ses secteurs de pointe et de partir à la conquête du marché mondial soit en exportant
des produits de haute technologie, soit en implantant des filiales : les « usines
tournevis » dans les pays à haute consommation. Ces pays sont souvent en crise et
sont donc intéressés par l’arrivée d’investissements japonais. Se confirme alors une
délocalisation industrielle et se confirme en s’accélérant une nouvelle géographie des
importations industrielles, des échanges de marchandises et de capitaux. Cette
politique marche jusqu’au début des années 90 puis le Japon connaît une stagnation
liée à des faillites bancaires et à la fragilité de ce système bancaire qui fait des
investissements parfois aléatoires et qui conduisent parfois à la faillite.
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