Livre du professeur BELIN Géographie Seconde (2nde)

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e 2 e hi SOCIÉTÉS ET DÉVELOPPEMENT DURABLE Sous la direction de Rémy Knafou programme 2010 Éric Breton Agrégé d’histoiregéographie, lycée Masséna, Nice (06) collection Rémy Knafou Giorgia Ceriani Sebregondi Agrégée de géographie g p Rémy Knafou Agrégé de géographie, université Paris 1 – PanthéonSorbonne Florian Nicolas Certifié d’histoiregéographie, lycée JeanPierre Vernant, PinsJustaret (31) Nancy de Richemond Agrégée de géographie, université Montpellier 3 – Paul Valéry (34) Delphine Vieux Olive Agrégée de géographie, lycée polyvalent Guillaume Budé, LimeilBrévannes (94) Géographie Introduction générale Le développement durable étant le «fil conducteur du programme», il a paru indispensable de lui consa crer une introduction tenant en deux doubles pages : > la première double pageune définition, propose une chronologie permettant de comprendre la gesta tion de cette théorie, les datesclés de sa mise en place, ainsi qu’une première réflexion critique sur les enjeux de son application, avec un texte d’Yvette Veyret et Paul Arnould qui exprime bien la sensibilité des géographes face à cette question.
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e hi SOCIÉTÉS ET DÉVELOPPEMENT DURABLE
Sous la direction de Rémy Knafou
 programme 2010 Éric Breton Agrégé d’histoiregéographie, lycée Masséna, Nice (06)  collection Rémy Knafou Giorgia Ceriani Sebregondi Agrégée de géographie g p Rémy Knafou Agrégé de géographie, université Paris 1 – PanthéonSorbonne Florian Nicolas Certifié d’histoiregéographie, lycée JeanPierre Vernant, PinsJustaret (31)
Nancy de Richemond Agrégée de géographie, université Montpellier 3 – Paul Valéry (34)
Delphine Vieux Olive Agrégée de géographie, lycée polyvalent Guillaume Budé, LimeilBrévannes (94) Géographie
Introduction générale
Le développement durable étant le «fil conducteur du programme», il a paru indispensable de lui consa crer une introduction tenant en deux doubles pages :
> la première double pageune définition, propose une chronologie permettant de comprendre la gesta tion de cette théorie, les datesclés de sa mise en place, ainsi qu’une première réflexion critique sur les enjeux de son application, avec un texte d’Yvette Veyret et Paul Arnould qui exprime bien la sensibilité des géographes face à cette question. À ce sujet, on précisera : a) qu’il est rare, voire exceptionnel, que la communauté scientifique des géographes exprime un consensus face à une grande question ; b) que ce consensus repose sur une longue fréquenta tion des relations entre les hommes et la Terre, bien an térieure à la thèse du développement durable ; avec un souci de mettre les hommes au cœur des problématiques et une réserve face aux approches catastrophistes ; c) que ce manuel s’inscrit pleinement et délibérément dans l’attitude générale des géographes face au déve loppement durable en refusant la facilité et, souvent, la démagogie marchande, des approches médiatiques auxquelles élèves et professeurs sont constamment ex posés.
> la deuxième double pageun premier propose exemple destiné à montrer d’emblée la problématique nécessairement composite du développement durable, en application directe des attendus du programme: « Plaçant l’homme et l’humanité au cœur des probléma tiques, l’étude du développement durable met en relation le développement humain avec les potentialités de la pla nète. En croisant les dimensions sociales, économiques et environnementales, on s’interroge sur la façon dont les sociétés humaines améliorent leurs conditions de vie et subviennent à leurs besoins sans compromettre la satis faction des besoins des générations futures. Le dévelop pement durable apparaît ainsi comme une autre façon de lire le monde, de le penser et de le gérer.» Telle est, en effet, l’ambition de cet exemple consacré à la déforestation de l’Amazonie à propos de laquelle les idées reçues, voire les idées fausses ne manquent pas.
On en retiendra :
1. que la déforestation de l’Amazonie est très importante,
2 au rythme d’environ 140 km par jour (chaque seconde,
2 5000 m de forêt primaire disparaissent, entrainant la perte de 72 espèces par jour); à un tel rythme, la forêt pourrait disparaître d’ici au milieu du siècle; 2. que cette déforestation est pour l’essentiel menée il légalement (on estime que 80% des grumes coupées en Amazonie brésilienne le sont sans autorisation); 3. que cette déforestation progresse moins rapidement depuis que l’État fédéral brésilien a pris le problème à bras le corps (présidence de Lula) ; 4. que l’enjeu est à la fois mondial et national (Bré sil), à l’échelle d’un continent (la forêt amazonienne 2 s’étend sur 4,2 millions de km , dont 3,7 au brésil, soit un espace aussi vaste que l’Europe occidentale); 5. que l’enjeu est à la fois environnemental, économi que, politique et social et, en premier lieu, le sort des populations autochtones, les Amérindiens, les plus menacées.
Bibliographie pour aller plus loin…
1. Sur le développement durable  BRUNEL S., 2004,Le développement durable, PUF.  VEYRET Y. (dir.), 2005,Le développement durable, ap proches plurielles, Hachette.  VEYRET Y. et GRANIER G., 2006,Le développement durable, approches plurielles, La Documentation photo graphique.  VEYRET Y. (dir.), 2007,Le développement durable, Sedes.  VEYRET Y. et al., 2008,Comprendre le développement durable,CRDP d’Aquitaine.  VEYRET Y. et ARNOULD P. (dir.), 2008,Atlas des déve loppements durables,Autrement.
2. Sur l’Amazonie  DROULERS M., 2004,L’Amazonie. Vers un développe ment durable,A. Colin.  LE TOURNEAU F.M., 2010,du Brésil.Les Yanomami Géographie d’un territoire amérindien,Belin.  http://www.deforestationamazonie.org/
Le code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » [article L. 122-5] ; il autorise également les courtes citations effectuées dans un but d’exemple ou d’illustration. En revanche « toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » [article L. 122-4]. La loi 95-4 du 3 janvier 1994 a confié au C.F.C. (Centre français de l’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris), l’exclusivité de la gestion du droit de reprographie. Toute photocopie d’œuvres protégées, exécutée sans son accord préalable, constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © Éditions Belin, 2010
Code : 983072
CHAPITRE 1
Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles
e Géographie 2 Le programme 2010 BO du 29 avril 2010
Thème introductif Les enjeux du dévelop pement78 h
Question obligatoire
Du développement au développement durable
Mise en œuvre L’étude de cette question prend appui sur les problématiques indiquées et intègre des exemples.
Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles. De nouveaux besoins pour plus de 9 milliards d’hommes en 2050 Mettre en œuvre des modes durables de développement
Manuel Belin
CHAPITRE 1  Un développement inégalei etséquilibré à toutes les échellesi  COURS 1.Un Monde d’inégalités Exemple.La Corée du Sud 2.Inégalités à tous les niveaux Exemple.Le Mexique 3.La dynamique des inégalités Exemple.Les migrations internationales  DOSSIER Les objectifs du Millénaire pour le développement  CAPACITÉS Prendre des notes Analyser un phénomène à plusieurs échelles  ENTRAÎNEMENT Mobiliser ses connaissances Analyser un phénomène à plusieurs échelles
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Chapitre 1Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles3
Le thème introductif porte sur les enjeux du développe-ment, envisagés à travers trois questions successives : • la première établit un diagnostic des inégalités aux-quelles aboutit le développement actuel ; • la seconde rappelle une donnée fondamentale, celle de la démographie dans le contexte d’un accroisse-INTRODUCTION ment sans précédent dans l’histoire de l’humanité ; • la troisième enfin porte sur les nouvelles voies de développement que la théorie du développement durable est censée ouvrir.
La logique de ce thème introductif – obligatoire – est de mettre en perspective le passage du « développe-ment » au « développement durable ». Comme les auteurs du programme sont bien conscients du carac-tère artificiel de cette construction intellectuelle, ils l’ont tempérée par l’emploi du pluriel (les modes de développement durable).
Si la théorie du développement durable est bien à l’œuvre depuis maintenant une vingtaine d’années, elle demeure encore pour l’essentiel une perspective ouverte, un ferment d’évolutions et de transformations en cours, plus qu’un mode établi de développement. Une chose est sûre : le choix du développement dura-ble comme « fil directeur du programme » témoigne
II. Exploitation pédagogique 1.Réponse à la problématique générale  posée en début de chapitre
4 •
 La problématique du chapitre :inégali Quelles tés? Que nous apprennentelles sur notre Monde ?
 Justification de cette problématique La notion de «développement inégal» n’est pas neuve (l’ouvrage de l’économiste francoégyptien Sa mir Amin, Le développement inégal date de 1973), le programme la rajeunit en lui ajoutant le déséquilibre ainsi que la notion d’échelle, laquelle est effective ment nécessaire pour nuancer les visions générales qui, en raison de la complexification croissante du Monde, sont plus difficilement opérationnelles. Ainsi, alors qu’il y a encore trois décennies, il était assez aisé de proposer des planisphères découpant le Monde en grandes catégories (pays occidentaux industria lisés, pays socialistes et pays sousdéveloppés ou en développement), ces divisions du Monde sont de moins en moins convaincantes et opérationnelles. Car s’il existe bien, aux deux pôles du niveau de déve loppement des situations derichesseet demisèresans
de l’efficacité d’une idéologie qui domine le Monde et contribue à le transformer.
Il n’est pas habituel qu’un programme de géographie ait une charge idéologique aussi forte (au moins depuis la fin de la période coloniale). Il n’est pas commun non plus que la géographie soit investie explicite-ment d’une mission d’éducation (« une contribution essentielle à l’éducation au développement durable» dit le programme), car jusque-là cette dimension existait bien, mais relevait davantage de l’implicite. Ce nouveau programme met aussi nouvellement l’accent sur la prospective : « la géographie […] intè-gre la nécessaire mise en perspective historique […] inscrit les réflexions dans une indispensable vision prospective ». Nous sommes là dans une partition à la fois classique et innovante : classique, parce que dans la grande tradition des instructions de l’Inspec-tion générale (du type : « on mettra l’accent sur les villes sans négliger pour autant les campagnes… ») et innovante dans la mesure où, effectivement, le développement durable ouvrant des perspectives multiples, permet de mettre en œuvre une vision prospective indispensable à la réflexion et à la com-préhension de ce qui se joue dans notre Monde.
aucune ambiguïté, les situations intermédiaires qui se multiplient ne se prêtent plus à des représentations planisphériques. Ainsi, par exemple, parler de la Chine ou du Brésil comme un pays du «Sud» est de moins en moins opérationnel, sauf à redéfinir le «Sud». C’est la raison pour laquelle pour éviter de contribuer à pro pager des représentations datées, nous avons choisi de ne pas proposer une carte du Monde limitant le Nord et le Sud, préférant citer des cartes existantes, afin de mieux faire comprendre aux élèves que ce ne sont pas là que des interprétations de représentations (cf. Atlas, page 8).
En revanche, il est très important de montrer que la grande pauvreté existe toujours et que son éradication demeure plus que jamais une priorité mondiale (d’où le dossier consacré aux «objectifs du Millénaire pour le développement»), même si, depuis plusieurs années, la question environnementale en général et celle du ré chauffement climatique en particulier a eu tendance à prendre le pas sur la question sociale et économique.
2.Réponses aux questions  et exploitation pédagogique
OUVERTURE DU CHAPITRE Exceptionnellement, cette ouverture est tripartite. Des graphiques permettent d’offrir une première appro che du Monde à l’heure du développement durable. Ils sont complétés par quelques affirmations fondamen tales et d’autant plus intéressantes qu’elles peuvent remettre en cause quelques idées reçues :  Jamais le Monde n’a été aussi peuplé (deux fois plus d’habitants qu’en 1965 !)  Jamais le Monde n’a compté autant d’habitants riches, bien portants et bien éduqués  Jamais le Monde n’a compté d’habitants pauvres, malades et ne mangeant pas à leur faim  Jamais le Monde n’a eu une conscience aussi forte d’une unité de destin, ce dont témoigne la quête d’un « développement durable ». > Les deux photographiesillustrent des situations terriblement éloignées : d’un côté, la richesse et la quié tude d’un espace piétonnier dans le centre deChicago, au pied de quelquesuns des gratteciel emblématiques de la ville de différentes générations, depuis au fond au centre, leCarbide & Carbon Building, construite en 1929, d’architectureArt déco (bureaux à l’origine, reconversion en hôtel en 2004 : le Chicago Hard Rock Hotel compte 37 étages et mesure 153 m de hauteur) ; au premier plan à gauche, leSmurfitstone building, haut de 177 mètres et comptant 41 étages d’espaces locatifs, est populaire ment dénommé le bâtiment Diamant (achevé en 1984). À droite,le village du Niger illustre la pauvreté dans ses implications très concrètes : l’importance du travail manuel, éreintant, qui fait vieillir précocément ; c’est évidemment la femme qui travaille (et qui, en outre, porte le poids de l’enfant). L’habitat est en pisé; il n’y a pas d’électricité, pas d’eau courante, pas d’évacuation des eaux usées. Le seul élément de modernité ne se voit pas sur la photo : il s’agit d’un dispensaire et d’une école primaire construits récemment grâce à des aides étran gères qui offrent aussi les fournitures scolaires, l’État nigérien prenant à sa charge les salaires des deux en seignants. Un tourisme apparaît sur le fleuve Niger, notamment pour l’observation des hippopotames, ce qui permet à une touriste française d’écrire sur son blog : « Nous repartirons ravis par notre petit périple. Enchan tés d’avoir pu partager un instant la vie de ces villageois et surtout encore plus convaincus que nous oublions trop souvent en Europe que nous sommes des nantis.»
COURS 1 Un Monde d’inégalités L’accent est mis ici, conformément à la problématique, sur la question de la mesure des inégalités, avant d’en
envisager l’expression géographique. L’indispensable planisphère de l’IDH est dans l’Atlas,à la page 8. Le programme prévoyant que ce thème introductif « in tègre des exemples », il a été décidé d’en proposer sys tématiquement, dans toutes les pages de cours de cette première partie. Ici, c’est l’exemple de la Corée du Sud qui a été retenu, afin de montrer que les situations et classements ne sont pas figés et qu’en à peine plus d’une génération un pays est ca pable de passer d’un état de sousdéveloppement à un état de développement, le tout dans un contexte d’évolution démographique rapide (doublement en un demisiècle), même si, désormais, le rythme est très ralenti. Entre 1961 et 2008, la densité de population est passée de 261 habi 2 tants par km à 492! Tandis que la population augmentait de 94% en 48 ans, le PIB en parité de pouvoir d’achat a progressé de 486% au cours des 28 dernières années! Cette remarquable croissance a débuté dans les an nées 1950 par une phase de substitution aux importa tions, suivie par une phase de développement extraverti fondé sur l’essor des exportations (19611973) ; la mise en place d’industries lourdes a suivi (19731980). Ce développement s’est appuyé sur des liens étroits entre le pouvoir politique et les milieux d’affaires, de fortes subventions d’État et un gros effort de travail de la part de la population. La normalisation des relations avec le Japon en 1965 a aussi constitué un facteur favorable, les entreprises y ayant notablement investi, avec du trans fert de technologie. Désormais, le pays se situe aux pre miers rangs mondiaux pour l’électronique grand public, la construction automobile et la sidérurgie ; premier rang mondial pour la construction navale. La Corée du Sud est devenue le premier fabricant mondial d’écrans plats pour téléviseurs (plasma : plus de la moitié de la produc tion mondiale) et cristaux liquides (près d’un écran LCD
sur deux sort des chaînes sudcoréennes).
COURS 2 Inégalités à toutes les échelles Trois niveaux – classiques – ont été ici distingués: mondial, régional et local. Pour illustrer les inégalités à l’échelle infranationale, l’exemple du Mexique a été retenu (page 19, complété par les cartes de la page 10 de l’Atlas). Comme beaucoup de pays en développement en général et de pays en développement d’Amérique latine en particulier, le Mexique montre de très fortes inégalités régionales, les deux extrêmes de l’IDH étant fournies par, d’un côté, une des communes du District fédéral (Benito Juarez, quartier résidentiel avec des ar tères consacrées aux commerces de luxe) et, à l’autre bout, par la commune de Cochoapa el Grande (16000 habitants) au cœur de l’État du Guerrero. Cet État est de peuplement indien, 80 % de la population ne maîtrisant pas l’espagnol ; cette situation est à mettre en rapport avec un taux d’analphabétisme de 20 % qui, à Cochoapa el Grande, atteint les 96 %! Ceci explique que ce soit le
Chapitre 1Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles5
faible taux de scolarisation qui tire encore davantage vers le bas l’IDH de cette commune du Sud du Mexique. Les cartes de l’Atlas permettent de confronter l’alpha bétisation et l’IDH. Une autre carte de l’Atlas met en lumière la frontière entre les ÉtatsUnis et le Mexique qui offre le plus fort différentiel international à l’échelle mondiale, alors même que, par ailleurs, c’est dans le Nord du Mexique que se situent les taux d’alphabétisation les
plus élevés, très proches de ceux des ÉtatsUnis.
COURS 3 La dynamique des inégalités Pour illustrer cette question, l’exemple a été pris dans le champ des migrations internationales. En effet, la plu part des migrations se font principalement dans l’espoir de trouver de meilleures conditions de vie. À cet égard le doc 1 est très éclairant : – les flux s’équilibrent à peu près entre ceux qui s’ef fectuent à l’intérieur de la même région du Monde (85,7 millions de migrants contre 89 pour ceux qui pas sent d’un continent à l’autre) ; – parmi ces derniers, les flux majoritaires s’organisent à partir des pays à faible IDH en direction des pays à IDH élevé: l’Amérique du Nord reçoit 30,5 millions de migrants, suivie par l’Europe (26,1), à partir de l’Asie, de l’Amérique latine et de l’Afrique. Plus d’un migrant sur deux part d’un pays pauvre pour se rendre dans un pays riche.
DOSSIER Les Objectifs du Millénaire pour le Développement Véritable association mondiale, les Objectifs du Millé naire pour le développement (OMD) ont surgi des com promis et mesures établies lors des grands sommets des années 90. Cependant, ces objectifs ne seront proba blement pas atteints, au moins dans le délai fixé (2015). En 2009, le Secrétaire général des Nations unies, Ban KiMoon, écrivait cela :y a neuf ans, les dirigeants du« Il monde ont défini des objectifs visionnaires qui devaient libérer une grande partie de l’humanité des chaînes de la pauvreté extrême, de la faim, de l’analphabétisme et de la maladie. Ils ont établi des cibles pour arriver à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes, à un environ nement durable et à un partenariat mondial pour le déve loppement. En bref, ils ont dressé un plan pour un monde meilleur – et se sont engagés à n’épargner aucun effort pour que cette vision s’accomplisse. Nous avons fait des progrès importants à cet égard et remporté de nombreux succès sur lesquels s’appuyer. Mais nous avançons trop lentement pour atteindre nos objectifs. Et aujourd’hui, nous sommes confrontés à une crise économique dont les répercussions ne se sont pas encore fait complètement sentir. Au minimum, elle nous fera dérailler dans un certain nombre de domaines clés, en
6 •
particulier dans les pays en développement. Au pire, elle pourrait nous empêcher de tenir nos promesses et plonger des millions de personnes dans la pauvreté, avec les ris ques de troubles sociaux et politiques que cela implique. C’est un scénario que nous devons éviter à tout prix. Nous ne pouvons laisser un climat économique défavora ble saper les engagements pris en 2000.» http://www.un.org/fr/millenniumgoals/pdf/MDG %20Re port %202009%20FR.pdf D’où la demande adressée au début de 2010 aux diri geants du monde de se réunir en sommet à New York du 20 au 22 septembre afin de permettre une accélération des progrès en vue de la réalisation des OMD.
CAPACITÉS Analyser un phénomène à plusieurs échelles 1.On dispose de trois cartes, présentant les niveaux d’IDH en 2005 dans le monde, au Brésil et à São Paulo. Le planisphère est extrait de l’Atlas des développements durables. La carte de l’IDH au Brésil est tirée de l’Atlas do Desenvolvimento Humano do Brasil. 2.La carte 1 mesure les niveaux de développement à l’échelle mondiale ; la carte 2 à l’échelle nationale (Bré sil) et la carte 3 à l’échelle locale (São Paulo). 3.L’IDH est calculé chaque année par le PNUD à partir de l’espérance de vie à la naissance, du taux d’alphabé tisation des adultes et du revenu par habitant en ppa. C’est donc un indicateur économique et social, exprimé par un chiffre variant de zéro à un, permettant de clas ser et de comparer les niveaux de développement, c’est àdire les conditions de vie de chaque État. 4.Le niveau de développement du Brésil se situe à un ni
veau intermédiaire, dans les groupes des États situés en
tre les plus développés (dont l’IDH est supérieur à 0,838)
et les moins développés (dont l’IDH est inférieur à 0,553).
Son IDH est compris entre 0,724 et 0,829. Il fait partie des
États en développement dont l’IDH est relativement pro che de celui des pays du Nord: c’est un pays émergent. 5.Le Brésil est marqué par des inégalités internes de développement. La moitié Sud du pays enregistre les IDH les plus élevés (entre 0,74 et 0,92). Au Nord du Bré sil, les IDH sont plus faibles (de 0,46 à 0,74). São Paulo présente les mêmes inégalités, mais ses ni veaux d’IDH sont supérieurs à ceux du Brésil. L’IDH est élevé au centreville (entre 0,84 et 0,93) et il décline pro gressivement vers la périphérie (inférieur à 0,77 dans les banlieues Sud et Est). 6.Les cartes 2 et 3 montrent que le Brésil est marqué par d’importantes inégalités de développement, ce que le planisphère ne suggère pas : au Brésil, il existe des po ches de richesse (où on vit aussi bien que dans les pays développés) et des poches de pauvreté (où les condi tions de vie sont aussi difficiles que dans les PMA).
ENTRAÎNEMENT • Mobiliser ses connaissances Question 1. L’IDH est créé en 1990 par le PNUD. Il s’exprime par un chiffre allant de zéro à un et est calculé à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation des adultes et du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat. Il permet d’évaluer la qualité des conditions de vie ; c’est un indicateur à dimension sociale. Le PIB/habitant a été inventé il y a un demisiècle pour estimer le pouvoir d’achat moyen dans un État en divi sant le niveau de production par le nombre d’habitants. Mais il est critiqué car trop économique et ne tenant pas compte de la dimension sociale
Question 2.
Objectifs sociaux
 Réduire l’extrême pauvreté et la faim  Assurer l’éducation primaire pour tous  Promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes
Objectifs sanitaires  Réduire la mortalité infantile  Améliorer la santé maternelle  Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies
Objectifs plus généraux  Assurer un environnement humain durable  Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Question 3.Correction sous la forme d’un plan I. Un monde marqué par des inégalités de richesse et de développement 1. Une richesse et un développement élevés dans les États industrialisés du Nord 2. Une richesse et un développement plus faible et iné gal dans les autres États
II. Cependant, des inégalités de richesse et de déve loppement qui évoluent 1. Des États dont la richesse et le développement ont progressé 2. Des États dont la richesse et le développement ont diminué
• Exercice d’application : Analyser un phénomène à plusieurs échelles 1.Les documents proposés sont trois cartes du PIB par habitant en ppa : les deux premières sont à l’échelle européenne (avec un découpage national et régional) et ont été tracées à partir de données collectées par
Eurostat. La troisième montre les inégalités de richesse
en Italie (avec un découpage régional). 2.: le PIBLes cartes 1 et 2 utilisent une donnée relative par habitant en ppa des États ou des régions de l’UE, mesuré à partir d’un indice de base 100 (qui correspond à la moyenne de l’UE). La carte 3 représente aussi le PIB par habitant en ppa des régions italiennes, mais en données brutes (exprimées en euros annuels). 3.Le PIB par habitant en ppa de l’Italie est en position moyenne en UE: son indice se situe dans la classe com prise entre 80 et 115 (c’estàdire dans celle qui com porte l’indice 100, la moyenne de l’UE). 4.Les cartes 2 et 3 montrent que la répartition de la riches se par habitant n’est pas homogène en Italie, ce que ne suggère pas la carte 1. En effet, elle présente une moyenne nationale alors que les cartes 2 et 3 proposent un décou page régional, montrant les disparités régionales. 5.Les régions les plus riches se situent au centre de l’UE (SudOuest de l’Allemagne, Autriche, PaysBas, SudEst du RoyaumeUni, Nord de l’Italie) : elles correspondent à la mégalopole européenne. Les régions les moins ri ches sont plutôt en périphérie de l’UE (pays méditerra néens, pays d’Europe centrale et orientale) à l’exception de la Suède et de l’Irlande. En Italie, les régions les plus riches se trouvent au Nord (jusqu’à Rome) alors que les régions les plus pauvres sont dans la moitié Sud et dans les îles méditerranéen nes. La répartition de la richesse en Italie correspond à la répartition de la richesse dans l’UE car la moitié Nord de l’Italie relève de la mégalopole européenne alors que le Mezzogiorno appartient aux périphéries de l’UE.
3.Bibliographie pour aller plus loin…
 CARROUE L., 2004,La mondialisation en débat, Docu mentation Photographique, n° 8037, Paris, La Documen tation française.
 CARROUE L. (coord.), juilletaoût 2006, Dossier: «La globalisation»,Historiens et géographes, n° 395, pp. 82 220.
 CARROUE L., 2007, A. Colin.
 DOLLFUS O., 2001, Science Po, Paris.
Géographie de la mondialisation,
La mondialisation, Presses de
 RETAILLE D. (dir.), 2007,
La mondialisation, Nathan.
 DURAND MF., et al., 2006,Atlas de la mondialisation : comprendre l’espace mondial contemporain, Presses de Sciences Po.
Chapitre 1Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles7
CHAPITRE 2
De nouveaux besoins pour plus de 9 milliards d’hommes en 2050
I. Du programme au manuel
e Géographie 2 Le programme 2010 BO du 29 avril 2010
Thème introductifLes enjeux du développement
Question obligatoire
Du développement au développement durable
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Mise en œuvre L’étude de cette question prend appui sur les problématiques indiquées et intègre des exemples.
Un développement inégal et déséquilibré à toutes les échelles. De nouveaux besoins pour plus de 9 milliards d’hommes en 2050 Mettre en œuvre des modes durables de développement
Manuel Belin
CHAPITRE 2 De nouveaux besoins pouriplusde9milliards d’hommes en 2050i COURS 1.La Terre change d’échelle : l’enjeu démographique Exemple.La Chine 2.Des besoins en forte augmentation Exemple.Les ressources de la pêche 3.Trop d’habitants, pas assez de ressources ? Exemple.Le Niger CAPACITÉSFaire des fiches de révision Analyser un graphique  ENTRAÎNEMENT Mobiliser ses connaissances Exercice d’application : analyser un graphique
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Ce chapitre aborde un enjeu central du développe-Texte intro ment: le rôle de la charge démographique existante et à venir. Cette dimension du nombre est particu-lièrement importante dans une perspective de déve-loppement durable et ce d’autant plus que de façon assez étonnante le poids du nombre est fréquemment oublié ou gommé dans toute une littérature gravitant INTRODUCTION autour des ONG environnementales : beaucoup de tenants du développement durable ont un rapport difficile à la démographie et, lorsqu’elles ne font pas l’impasse sur cette dimension, adoptent volontiers une position malthusienne.
Un autre intérêt de ce chapitre est de s’avancer dans le domaine de la prospective, la prévision démo-graphique étant, on le sait, la moins aventurée des projections.
En effet, elles reposent sur des données du présent à partir desquels les spécialistes construisent leurs pro-jections, tout en les réajustant régulièrement. Ainsi, dans les années 1990, l’ONU annonçait entre 11 et 15 milliards d’habitants à l’horizon 2100. En 2005, sur la base de la confirmation du ralentissement de la natalité, les prévisions tablent sur un pic à 9 milliards en 2050, suivi d’une stabilisation. En 2009, ces prévi-sions ont été confirmées.
II. Exploitation pédagogique 1. Réponse à la problématique  générale posée en début de chapitre
 La problématique du chapitre :Commentconcilier l’augmentation croissante des besoins et les limites des ressources sur la Terre ? Justification de cette problématique :La question de la relation ressources/nombre de consomma e teurs a été théorisée par Malthus à la fin du XVIII siècle. Aujourd’hui, dans le contexte d’un accrois sement démographique exceptionnel, la question ne peut être éludée. D’autant que cela semble être une idée simple qui, pour beaucoup, va de soi : plus il y a de convives, plus la part du gâteau est faible et, finalement, aboutit à une situation de pénurie. La réalité est beaucoup plus complexe et il faudra faire comprendre aux élèves comment on doit poser les termes de cette relation : a) pas de lien direct et sim pliste (l’Inde à 1,2 milliard d’habitants nourrit mieux sa population qu’avec 400 millions) ; b) l’approche par le développement durable pose autrement la question des ressources et conjugue la nécessaire prise en compte des limites de la planète avec les différents modèles de développement économique.
Cet accroissement démographique, même s’il se ralentit, va peser de plus en plus sur les ressources de la planète et les modes de production. Mais cette pression sera d’autant plus inégale que la charge démographique des continents va connaître une évo-lution divergente : l’Europe va être la plus confrontée au vieillissement de sa population et, aussi, au reflux démographique : d’ici à 2050, l’Allemagne devrait perdre 4 % de ses effectifs, l’Italie 22 %, la Bulgarie 34 %. Le pays le plus touché par cette décroissance sera la Russie qui devrait perdre près de 40 millions d’ha-e e bitants, passant ainsi du 6 rang au 18 rang mondial ! Pour aborder cette question, le manuel propose de procéder en trois temps : er – le 1 est consacré à la croissance démographique ; e – le 2 aux besoins et aux ressources mobilisées ce qui est l’occasion d’introduire les différentes catégories de ressources, selon qu’elles se renouvellent ou non, introduisant la question des modes de gestion des ressources de la Terre qui font l’objet du thème 2. e – enfin, le 3 met en relation le nombre des hommes et la quantité des ressources, question problématique e depuis le XVIII siècle (avec le développement du malthusianisme) qui prend une acuité nouvelle avec la charge démographique actuelle et projetée de la Terre.
2.Réponses aux questions  et exploitation pédagogique
OUVERTURE DU CHAPITRE Si on sait maintenant que dans 40 ans la Terre comptera au moins 9 milliards d’habitants, il ne faut pas négliger le différentiel d’évolution démographique entre les dif férents continents ou ensembles géopolitiques.
> Les États-Unis(doc. 1) constituent un cas complexe, car en même temps confronté au vieillissement et à l’ac croissement démographique du fait de l’importance de l’immigration en provenance de pays pauvres : la popu lation qui dépasse désormais les 300 millions pourrait atteindre en 2050 entre 420 et 440 millions d’habitants.
Ce double mouvement n’empêche pas, au contraire, la population âgée de s’accroître rapidement et de s’orga niser dans des lieux appropriés qu’autorise souvent son fort pouvoir d’achat. C’est en effet aux ÉtatsUnis que sont nés les premiers lotissements ou quartiers desti nés spécifiquement à une population de « seniors », qui peuvent être des «gated communities» (on retrouvera
Chapitre 2De nouveaux besoins pour plus de 9 milliards d’hommes en 20509
ce thème dans le chapitre 10, avec le cas de la Floride pages 216217). Palm Springs, qui bénéficie d’un climat attractif sans hiver marqué à moins de deux heures de Los Angeles, est l’un des lieux de vie de ces populations, suffisamment nombreuses et organisées pour constituer l’AARP (American Association of Retirer Persons), ONG dédiée à la défense du sort des retraités, qui revendique l’adhésion de 40 millions de membres et constitue un groupe de pression avec lequel il faut compter. > À l’opposé, le Vietnamne compte que 5,8 % de plus de 65 ans (12 % aux ÉtatsUnis), les moins de 15 étant 4,6 fois plus nombreux, pour un PIB par habitant de 647 $ (38 206 aux ÉtatsUnis).
COURS 1 La Terre change d’échelle : l’enjeu démographique En regard de cet enjeu démographique à l’échelle mon diale est proposél’exemple de la Chine, pays actuel lement le plus peuplé et qui devrait, d’ici 2030, être dé passé par l’Inde. La Chine reflète bien l’évolution de la population du Monde en général et, désormais, de la moyenne des pays en développement, mais en plus accusée, du fait de la vi gueur de l’application de la politique de l’enfant unique dans un pays totalitaire. En effet, du fait de cette politique, le taux de fécondité a chuté (divisé par trois entre 1965 et 2000, soit en moins de deux générations). Néanmoins, du fait de la jeunesse de la population, la population s’est fortement accrue (doublement en 50 ans). Parallèlement, la population s’est sensiblement urbanisée, même elle est encore ma joritairement rurale. L’affiche est intéressante à étudier : à l’évidence, il s’agit d’une famille heureuse, vêtue à l’occidental, dans un environnement urbain mais non dépourvu de verdure. Il est à noter que l’enfant unique est une fille, dans un pays la naissance d’une fille est considérée par les fa milles comme un désastre: selon les traditions ances trales, c’est par le garçon que se transmettra le nom et le patrimoine de la famille et, en milieu rural, c’est lui qui restera, même après son mariage, auprès de ses parents et s’occupera d’eux à leur vieillesse. D’où la pratique répandue de l’infanticide des filles et, aujourd’hui, des interruptions volontaires de grossesses : on compte ainsi 117 naissances masculines en moyenne pour 100 nais sances féminines (moyenne mondiale : 105).
COURS 2 Des besoins en forte augmentation La leçon est centrée sur la question des ressources. Il est essentiel que les élèves comprennent la distinction entre ressources inépuisables (sur laquelle l’activité des hommes n’a pas de prise, exemple: l’énergie solaire), ressources renouvelables (dont le caractère renouve lable dépend de la manière dont les Hommes gèrent
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cette ressource; exemples : la fertilité des sols ou bien les ressources halieutiques) et ressources non renouve lables, dont le stock s’épuise au fur et à mesure qu’on y procède à des prélèvements (exemples : le pétrole ou le charbon) ; dans ce dernier cas de type de ressource, la gestion humaine ne peut porter que sur le rythme et les conditions du prélèvement. L’exemple porte sur les ressources halieutiques : il a été choisi parce qu’il correspond au type de ressource sur lequel les Hommes ont une responsabilité à la fois totale et établie, ce qui n’empêche pas l’extrême difficulté à aboutir à des accords internationaux négociés destinés à ralentir le rythme des prélèvements (cf., l’exemple du thon rouge). Le premier texte permet de faire compren dre le caractère à la fois renouvelable et épuisable de cette ressource, si la gestion est irresponsable et ne se préoccupe pas de l’avenir (le sort des générations futu res étant l’un des ressorts du développement durable). Le deuxième replace cette ressource dans le contexte de la mondialisation et des rapports de force entre puissan ces économiques ; à celles qui sont nommées, il convient d’ajouter la Chine qui y pêche aussi et vient de déci der d’investir 100 millions de dollars dans une usine de transformation de poisson en Mauritanie. Au total, nous sommes bien là au cœur d’un enjeu de développement durable.
COURS 3 Trop d’habitants, pas assez de ressources ? La crainte de la surpopulation est ancienne et récurren te. Elle s’exprime aujourd’hui avec force dans le contexte d’une planète à très forte charge démographique avec, qui plus est, une part importante de cette population dont le haut niveau de vie entraîne à de forts prélèvements sur le stock des différentes ressources de la Terre. L’une des conséquences de ces analyses et prises de conscience est la contestation du principe même de dé veloppement, y compris, dans certains cas, du dévelop pement durable : au bout de ces logiques, il y a la politi que de la décroissance. L’exemple du Niger, qui offre l’IDH le plus faible du Monde mais aussi un des taux de fécondité les plus élevés (encore 6,7 enfants par femme, en moyenne!), permet de confronter de manière basique une démographie galo pante et une faible disponibilité des ressources, alimen taires en premier lieu. Les précipitations insuffisantes et le caractère rudimentaire de l’agriculture ne suffisent pas à rendre compte de cette situation: l’absence de contrôle des naissances, qui n’est toujours pas une priorité pour l’administration, est évidemment problématique. Les contreexemples de pays densément peuplés qui font face aux besoins alimentaires de leur population ne manquent pas, Chine et Inde en tête; en revanche, on sera plus embarrassé à donner des exemples de pays dans ce cas toujours confrontés à un taux de fécondité aussi fort.
CAPACITÉS Analyser un graphique
1.Le document est un graphique complexe qui superpose trois types de données dans l’intervalle 19502000: l’évo lution de la population de l’Inde en millions d’habitants; l’évolution des surfaces cultivées en millions d’hectares et l’évolution des quantités de céréales produites en mil lions de tonnes. Il est extrait d’un ouvrage de Sylvie Bru nel (professeur à l’Université Paris IVSorbonne et spé cialiste de l’alimentation et du développement) intitulé Nourrir le monde, vaincre la faim et publié en 2009. 2.Pour lire l’évolution de la population de l’Inde, il faut se reporter à l’ordonnée de droite, alors que pour lire l’évolution des surfaces cultivées et des quantités pro duites, il faut se reporter à l’ordonnée de gauche. 3.2000, l’Inde a produit quasiment 210 millions de En tonnes de céréales. Elle a produit près de 80 millions de tonnes de riz et près de 80 millions de tonnes de blé. Concernant le riz, il s’agit de lire la valeur sur l’ordon née de gauche. Pour le blé, il faut repérer la valeur ini tiale (ici, 80 millions de tonnes) et la valeur finale (ici, 160 millions de tonnes). Pour trouver la quantité de blé produite par l’Inde en 2000, il faut soustraire la valeur initiale à la valeur finale : 160  80 = 80 millions de ton nes de blé 4.:Entre 1950 et 2000, la population indienne augmente elle est passe de 350 millions d’habitants à 1,1 milliard d’habitants. Son augmentation est donc forte (soit une croissance de 214 %) et relativement régulière. Dans la même période, les surfaces cultivées ont aussi augmenté, passant de 95 millions d’hectares à 120 mil lions d’hectares, soit une hausse de 26 %. Les productions agricoles ontelles aussi fortement augmenté entre 1950 et 2000: leur niveau est passé de 50 millions de tonnes à près de 210 millions de tonnes, soit une augmentation de 320 %. 5.L’augmentation des surfaces cultivées est moins forte que celle des productions de céréales: les superficies cultivées ont crû de 26 % alors que, sur la même période, les quantités de céréales produites ont “bondi” de 320 %. Ceci signifie que les Indiens ont produit nettement plus sur des surfaces qui ont assez peu augmenté. Les rende
ments de céréales se sont accrus du fait de la Révolution verte (voir chapitre 4). 6.Globalement, la situation alimentaire des Indiens s’est améliorée. Avant les années 1980, le rythme de croissance de la population était supérieur à celui des productions agricoles. L’Inde avait du mal à satisfaire ses besoins alimentaires, d’où la persistance de la faim et la nécessité d’importer des denrées agricoles. À partir des années 1980, le rythme de croissance et le niveau des productions agricoles a dépassé celui de la popula tion. Par conséquent, l’Inde est devenue autosuffisante à l’échelle nationale (malgré des inégalités sociales et spatiales encore très fortes).
ENTRAÎNEMENT • Mobiliser ses connaissances
Question 1.
Facteurs à l’origine d’une croissance soutenue de la population
 La mortalité commence par diminuer avant la fécondité  La faible utilisation des moyens de contraception  Une baisse de la mortalité sous l’effet des progrès médicaux et alimentaires
Facteurs à l’origine d’un ralentissement ou d’une baisse de la croissance de la population
 Le vieillissement de la population et de la baisse du taux de fécondité  Un faible apport migratoire  Une faible mortalité et une fécondité basse  Des politiques volontaristes de contrôle des naissances
Question 2.Le vent est une ressource inépuisable car les mouve ments atmosphériques en produisent sans cesse. Les champignons sont ressource renouvelable car, mal gré la cueillette, ils repoussent en quelques semaines et ce chaque année. Le pétrole est une ressource nonrenouvelable car il a mis plusieurs millions d’années à se former alors que l’homme le consomme en un laps de temps très court. L’eau est une ressource renouvelable car le cycle de l’eau permet un renouvellement permanent des stocks d’eau sur la planète : l’eau présente sous forme liquide à la surface de la Terre s’évapore sous l’effet de la chaleur et se retrouve dans l’atmosphère (dans les nuages) puis se condense et retombe au sol sous forme de précipita tions et se retrouve à nouveau dans les cours d’eau, les lacs, les mers/océans et les nappes. Cela dit, il faut que les eaux ne soient pas polluées. Les céréales sont une ressource renouvelable car l’hom me peut en planter chaque année pour satisfaire ses be soins alimentaires (à condition de ne pas avoir épuisé les sols).
Question 3.Correction sous la forme d’un plan I. Une forte croissance démographique qui pèse sur les ressources e 1. Malthus auXVIIIsiècle: limiter les naissances pour pouvoir nourrir toute la population e 2. Les écologistes duXXsiècle: changer les modes de consommation pour préserver les ressources et préser ver l’environnement
II. Des raisonnements malthusiens qu’il faut pour tant nuancer 1. Certaines ressources sont renouvelables, d’autre pas 2. Une capacité d’adaptation face à la raréfaction de cer taines ressources (hausse des rendements, limitations des naissances, protection de certaines ressources)
Chapitre 2De nouveaux besoins pour plus de 9 milliards d’hommes en 205011
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