Il était une fois, ...

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Paroles de Bouffon

Publié le : vendredi 18 janvier 2013
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Salut voyageur temporel.
Sois le bienvenu dans cette portion de ton passé qui se trouve être mon présent.
J’ai juste une petite histoire à te raconter. Un souvenir. Une anecdote. Une de mes plus belles
images.
J’étais enfant. Si, si, ça m’est arrivé. J’étais juste assez grand pour pouvoir m’enfuir quelques instants
de la maison, à condition que je passe par le point de contrôle mère-grand.
Elle habitait le village du dessus, La Fontaine, ça s’appelait, au bas de la montagne, tandis que nous,
nous étions relégués à son pied, en bordure de la plaine.
Sa maison était juste à côté de la place du Tilleul. Son nom venait évidemment du magnifique arbre
qui trônait en son centre. Evidemment, l’esplanade était en pente, ce qui permettait d’avoir à son
sommet, un double escalier formant comme une estrade, vestige d’une ancienne épicerie jouxtant le
café.
Les mercredis après-midi, il y avait …, zut, j’ai oublié son nom. Pourtant il mériterait tant que je m’en
souvienne. Il me reviendra plus tard.
On l’entendait arriver de loin, parce qu’il débarquait précédé des roulements de son tambour. Il
sortait de sa cahute dans la forêt, pour venir inonder le brave peuple, composé des vieux et des
enfants du village, de ses si précieuses observations, il montait sur le podium, jouait un peu avec ses
baguettes et se mettait à monologuer, sans jamais se laisser interrompre.
Il répandait ses vérités, cruellement crues. Racontait ce qu’il percevait de ses semblables. Sermonnait
sur l’importance de s’accepter tel que l’on est, sur le sens véritable de la compassion, et autres sujets
à la pointe de ses préoccupations. ….
C’était la pause discours, où tout le monde en prenait pour son grade, mais, où tout le monde s’en
foutait, parce que tout le monde savait bien que dès que l’orateur aurait tourné les talons, tout le
monde serait d’accord pour dire que c’est un fou, pas dangereux, mais fou d’avoir trop étudié ou
réfléchi. Tout le monde débattrait un petit moment sur cette dernière question, puis repartirait à ses
occupations habituelles. ….
Parfois, j’arrivais à échapper à la surveillance de la vieille et je raccompagnais cet ami. J’aimais sa
compagnie, car il brûlait d’une certaine flamme intérieure. Un jour, il me raconta son secret. Comme
tous les autres. Lorsque j’étais petit, personne ne pouvait s’empêcher de me conter ce qu’il n’osait
avouer à autrui. J’incarnais l’innocence et inspirais la confiance.
Vois-tu, me dit-il. Ce qui me comble, c’est de pouvoir me passer de la compagnie des hommes.
Même lorsque j’entre dans leur monde, je ne sors jamais du mien qui est nettement plus beau. Il est
fait à ma mesure, il est fait à mon goût, il est fait à ma hauteur. C’est moi qui l’ai fait.
C’est aussi simple que ça. Ce ne sont ni mes études, ni ma passion pour la réflexion qui m’ont rendu
fou, c’est mon désir de trouver le bonheur. Ma chair, mes fidèles et ma spiritualité valent toutes les
églises les plus accueillantes, ajouta-t-il, une larme à l’œil, avant de terminer par : à présent casses-
toi avant que je ne te jette des pierres. Je ne l’ai plus jamais revu. Si mes souvenirs sont exacts, il serait mort d’une manière un peu bizarre.
Si je tenais à te raconter ce petit trait de mon passé, c’est surtout pour m’expliquer pourquoi la
photographie littéraire de mes débuts dans l’ère nouvelle d’après la célèbre fin de 2012 et de la
grand crise mondial qui l’a amenée, avait pris cette forme.
Ma mère avait beau tenter de me faire peur avec le sceptre de la folie qu’elle brandissait à chaque
fois que j’avais envie d’apprendre quelque chose d’autre que ce que l’école imposait, elle n’y
parvenait plus, depuis que je disposais d’un magnifique exemple, que j’aurais pu appeler Jésus, dans
ma mémoire.
Ce bouffon de mon passé, explique pourquoi je tenais à être celui que je suis aujourd’hui. On ne le
voit peut-être pas, mais nous sommes exactement pareils, à un ou deux détails près.
Je ne grimpe sur aucune estrade. Je déteste les piédestaux, à chaque fois que l’on m’en a élevé un,
on m’en a aussi fait chuter.
Je ne joue pas du tambour, j’aime le silence.
Je préfère le son de mon clavier à la fatigue douloureuse du mode oral.
J’ai le plus beau bureau du monde, je ne suis pas obligé de sortir par mauvais temps, … mais, moi, je
ne suis jamais sûr qu’il y ait encore quelqu’un pour m’entendre quelque part.
J’attends que le monde s’arrête, pour lui déballer mon cœur.
Est-ce de la lâcheté ou de l’avarice ?
Qui es-tu ?
Tu auras peut-être remarqué que je suis fou ? Mais, t’es-tu demandé s’il en a toujours été ainsi ? Et
bien non. Pas du tout.
Il fut un temps, où je me souvenais de qui j’étais, ou du moins, croyais m’en souvenir assez pour me
satisfaire de ma vie, dès que l’envie m’en prenait. Il fut un temps, où je savais, tout, simplement.
Il fut un temps, où j’avais envie de me battre, de me dépasser, d’aimer, d’être aimé, de me réaliser,
de me glorifier, … et autres vanités. Il fut un temps où je ne croyais ni en la vie, ni en la mort, elles
étaient moi.
Il fut un temps, où je pratiquais la vérité et la liberté, alors même que j’étais incapable d’évaluer ces
concepts. Il fut un temps, où ma mémoire fonctionnait sans les derniers programmes bien défaillants
de l’héritage de ma génération.
Il fut un temps, où j’étais le plus heureux des hommes.
Cette ère a commencé très précisément le 28 juillet 1980 pour se terminer à grand fracas silencieux,
le 25 décembre 1981.
Il était une fois, il y a longtemps, mes huit ans, que je pleure amèrement depuis. Je les ai perdus au
grand jeu du mensonge, le monopoly mondial, la religion humaine.
Pour plaire à ma mère, pour plaire à mon père et à sa maman, qui m’ont fait croire que je saurais
ainsi plaire à tout le monde, j’ai renié ce que j’avais de plus sacré, le pont intérieur qui me liait
directement à la source de tout le truc à effets sensoriels qui m’entourait. Celui ou Ce que certains
semblaient chercher derrière l’étiquette Dieu.
Ma vraie relation. Celle que j’étais venu expérimenter dans cette dernière vie terrestre.
Depuis, j’erre sur terre, inconsolable, pétri de nostalgie, incapable de jamais vraiment me repérer,
incertain de ne pas être à côté du sujet éphémère qu’adorent mes semblables, inconscient des peurs
qui les tourmentent, les paralysent ou les rendent agressifs, …. Le Bouffon de service, le vrai, le seul
et l’unique, Saint-Damat.
Tu sais, ce pauvre qui dégueule dès qu’on essaye de lui imposer une convenance sociale qui est
contraire au bon sens universel ?
Tu sais, ce pique-assiette de parasite qui était devenu champion toute catégorie de la réalisation des
rêves des autres et qui à présent tire un gigantesque bras d’honneur à l’humanité en se fondant dans
les siens propres ?
Tu sais, cet anti-héros qui n’a l’air de strictement rien de connu et qui pourtant peut faire très peur à
des vilains pas beaux, cap de se cacher derrière des gros bras armés dont le salaire achète la
conscience ? Des grosses nuques, bien riches en monnaie, comme les appelaient mes serviles
moutons d’ancêtres directs.
Moi, … quoi !
Salut, l’ami qui ose ainsi t’aventurer dans les mémoires d’un fou, qui ne se souvient pas trop ce qu’il a
fait de lui-même. Ça risque de décoiffer, moi, je te dis. Veux-tu tenter le pari de me suivre jusqu’au bout pour savoir, avec moi, si je suis parvenu à me
réparer ou aurais basculé dans la terrible catégorie des incurables ? Paraît que c’est pire que l’enfer
quand tu tombes là-dedans depuis la caste des intouchables. Enfin, on n’est pas sûr, parce que
personne n’en est revenu pour nous le dire. On a juste entendu geindre, de loin.
Mais, ne te gausses pas trop, tout de même. Les risques ne sont que pour ma pomme. Toi, tout ce
que tu peux attraper, c’est quelques idées aussi sottes qu’ailleurs, mais à tous les coups, t’auras aussi
droit, pour le moins, à une perle. Dans cette entreprise, comme dans toutes les autres, nous allons
immanquablement retrouver les dix lois universelles sur notre chemin. C’est incontournable.
Je pars du principe que nous avons tous besoin de nous les rappeler, alors, si tu les connais déjà
toutes, tu peux nous laisser la conscience tranquille. Ce n’est plus toi qui saurais redorer mon blason
en acceptant de moi, exactement l’idée dont tu avais besoin à ce moment de ton histoire. Faisant de
Moi, un être immortel car ayant fait don d’une parcelle de la grande Vérité, que nous sommes tous
en train d’inventer ensemble.
D’ailleurs, quelles qu’en seraient tes raisons, tu peux te barrer l’âme en paix. Je préfère nettement ne
point être écouté, plutôt que d’être frappé parce que l’on n’a pas aimé ce que j’avais à dire. Ici, il n’y
a que de la vérité. La mienne, peut-être, mais vérité, tout de même. Or, tout le monde sait que la
vérité, si elle est toujours bonne à utiliser, n’est pas toujours très belle à découvrir.
Si tu continues, avec moi, un cadre va être nécessaire à nos ébats spirituels. Il te faut savoir que moi,
l’écrivain-bouffon, mon petit vice, c’est d’adorer me regarder penser, et que je le fais publiquement
afin de partager le plaisir, les lumières, et tous ces machins que j’en retire, et qui comblent mon âme.
Cependant, je dois te prévenir que dans certains pays, certains procureurs et autres juges déguisés, à
la solde d’un certain président/banquier ou du premier trouduc nanti venu, estiment que c’est
répréhensible que de le faire sur la voie publique virtuelle. C’est passible de la pire sanction que l’on
puisse infliger à un homme, digne de son rôle de papa-bouffon. Le forcer à devoir supporter les
geignements de ses enfants et de leur mère après que la police bien officielle, les eût frappés,
violentés, volés, ….
Ça m’est arrivé. Pourtant, au départ, ils voulaient juste m’expliquer gentiment que je faisais un peu
trop tache dans le paysage, avec ma manie de refuser l’Omerta et que je ferais mieux d’aller me
chercher une terre d’asile où le mensonge ne régnait pas en maître.
Si les détails de cette histoire t’intéressent, tu peux te rincer l’œil sur mon site administratif :
www.allvisibility.net, dossier Censure.
Au final, grâce à tout plein de méthodes et moyens pas très recommandables, ils sont parvenus à me
virer de leur fief. C’est comme ça que la Lion’s Family a débarqué à Sainte-Croix, la terre promise par
l’église catholique, il y a longtemps, aux hommes de bonne volonté dans le genre de ma très chère
Sainte Femme.
Pour commencer, j’ai décidé de transformer l’endroit en un lieu qui pourrait ressembler à un possible
embryon du paradis, mon fameux projet Eden. Un truc de vrai fou-bouffon. Il y a quelque part, par ici, une sirène magnifique, déguisée en vraie princesse, qui m’a suggéré, que
c’était là que commencerait à se dessiner pour moi, et tous ceux qui voudraient y croire avec moi, le
Grand Dessein de l’Autre. L’Inconscient collectif, que tous, espérons omniscient et nettement moins
fou que moi.
Moi, qui parfois, ai la très vague impression que nous sommes tous le même. Moi, qui rue autant que
je peux contre la fusion inévitable des idéologies, tant je chéris ma différence.
Moi, qui suis probablement à l’origine de toutes les guerres, tous les conflits, tous les assauts, tous
les abus, … toutes les merdes imaginables.
Moi, qui suis très certainement toi.

Les nuits comme celle-ci, sont magiques.
C’est tellement beau, que je suis persuadé qu’il y a quelque part un con qui a dû réussir à convertir
quelques moutons à croire que c’est interdit, une telle communion spirituelle. Tu n’as absolument
pas le droit de te sentir en phase avec le reste de l’humanité, sans quoi, si jamais ça vient à se savoir,
d’autres y prendront goût et les institutions risquent fort de voir leur pouvoir diminuer
drastiquement.
C’est tellement beau, que l’espace d’un moment, que tu pourras quantifier à ta guise, je n’ai plus su
où pianoter. Un peu comme si enfin, j’avais trouvé l’interrupteur cap de mettre sur off, l’aujourd’hui
gazouillant torrent de pensées qui me traverse.
Astérix et d’autres héros, appelleraient certainement ça, le cadeau des Dieux ou du Dieu.
Nous Bouffons, nommons ça, nectar de magicien.
C’est si bon la vie, quand t’es heureux.
Faut dire que pour moi, c’est nettement plus facile, depuis que j’ai compris que la règle qui interdit
aux non-joyeux de l’être, est totalement sotte et contraire au bon sens, dont la loi universelle
que tu veux, compris entre un et dixnuméro , stipule que toute échelle de valeur n’est qu’une tentative de
cloisonnage afin de diminuer l’étendue de la réalité qui est : la création.
Ce méga brouillard qui nous permet de croire que la densité saurait exister.
Il y a tellement de mondes dans lesquelles tu peux traverser les murs, … sauf sur terre. C’est bientôt
l’un des derniers bars mal famés de l’univers, où on peut encore oser se croire limité, sans se faire
aussitôt rappeler à l’ordre supérieur.
Il n’y a plus que là-bas, qu’on peut jouer les Caliméros, le rôle favori de tous les Bouffons de renom.
Genre Saint-Damat.
Mais, si. Tu te souviens de lui. C’est le fou qui en 2012, a tenté d’expliquer aux magistrats, que c’est
sot de juger parce que c’est très mal vu, sur les planètes évoluées qui pourraient avoir envie de venir
nous aider à réparer les dégâts qu’on a fait sur la nôtre, ou pour le moins nous rappeler de loin, qu’en principe, on est conçus pour s’adapter à tout et n’importe quoi réunis dans un même élan
diabolique.
L’humain devrait avoir devant lui, au moins l’espérance de vie des dinosaures, avant de vouloir se
remplacer par un nouveau modèle, révolutionnaire. Evidemment, il a aussi le droit de faire sauter sa
tablette de jeu et de tout reprendre à zéro, pile poil au big-bang conventionnel de départ.
Des myriades de cellules qui s’éclatent, se séparent et se réunissent, selon leurs choix respectifs.
Ceci, quelle que soit l’échelle que l’on utilise pour les observer.
La réalité n’est qu’un jeu de dupe, qu’il ne tient qu’aux âmes de bonne volonté de transformer en
Idéal.
La virtualité, est l’un des plus délicieux moyens de s’y égarer. L’intimité, est la plus enrichissante voie
pour s’y retrouver.
Tu voudrais savoir pourquoi j’ai choisi ma Femme ? Dans ses yeux, c’est moi, qu’elle m’a laissé voir. A
mes yeux à moi, ça en fait une Sainte.
Dans ses yeux, j’ai trouvé beaucoup de réponses, à des questions qui n’avaient probablement
d’intérêt que pour Moi. Mais, je ne sais toujours pas pourquoi j’ai autant besoin de me répandre,
raconter, disperser, inséminer, … au monde virtuel, grâce au service d’un clavier.
C’est trop salaud ce que l’administration m’a fait, pour avoir seulement osé présenter à mes amis,
sur une plateforme mise à la disposition de tous les publics avertis par mes multiples mises en garde,
les preuves de son immense mauvaise foi.
Qu’est-ce que je l’aime de m’offrir une si chouette occasion de geindre silencieusement au son de
cette tristesse dont j’adore me repaître.
C’est tellement triste. Une si prometteuse race, qui est encore aussi con à son âge. Franchement.
Pas tant que moi, qui suis fou, au point d’avoir délaissé une parfaite vie de solitaire, pour me couler
dans une Famille, qui l’espace de l’an 2012 m’est apparue comme un cruel, très cruel talon d’Achille.
Dès demain, je fais mieux.
Je m’efforce de croire que nous ne sommes plus la Lion’s Family, contre le reste de la planète, mais
que tout le monde il se souvient bien qu’on est sensés tous être frères et sœurs.
C’est pour ça, que je fais la révolution, pour la paix des ménages.
Ce serait tellement plus facile, si j’habitais au pays de Oui-Oui, de Winnie, de Mickey, et autres
images de potentiels.
Ce serait tellement plus facile, si l’Autre, là, l’officielle, n’était pas tout le temps en train d’exiger de
moi, que je m’abaisse devant l’un de ses sbires à reconnaître que je ne suis qu’un bon petit mouton
que n’importe quel magistrat peut tondre quand bon lui semble.
Même qu’il est assez prétentieux pour croire pouvoir m’humilier au point de m’imposer de lui refiler
moi-même le peu de laine, qui lui plait, que j’arrive encore à voir passer dans mon portefeuille. Si toute cette mascarade est le reflet de mon âme, un poil plus haut que ma petite identité, le moins
qu’on puisse en déduire, c’est que Dieu ou moi, avons un sacré merdier à l’intérieur.
Moi ou toi ?
Vu sous un certain angle, ou à l’aide de certaines substances, c’est tout simplement magnifiquement
merveilleux.
Vu à travers les médias, les conventions, les institutions et autres réductions, c’est tout simplement
effroyablement à gerber.
La grande vérité de cette soirée de veille de réveillon final de la dernière fin du monde en date, c’est
que dès que tu te souviens de qui tu es, rien, plus Rien, n’a de sens. (Surtout si j’oublie de te préciser
que je t’écris le 31 décembre 2012.)
Parfois, la belle carotte que tu défendais, n’avait plus pour elle, que son écorce et sa magnifique
beauté de Légume comblé d’avoir su satisfaire l’appétit d’amazones insectes affamés. Elle est fière,
la carotte, d’avoir accompli son destin d’aliment. De toute manière, elle n’avait rien d’autre à faire,
Elle.
Elle, elle se souvient que ce sont les espèces solidaires qui résistent le mieux au jeu de l’évolution,
Elle.
Pas comme nous, les hommes. Qu’est-ce qu’on peut être nazes, nous, les hommes.
A moins que ce ne soit moi, qui serais encore plus fou que ce que l’on m’a informé ? Au point de ne
plus savoir nous regarder ?
Tu crois que c’est grave, doc ?
On peut faire quelque chose, tu crois ?
Si on me demande mon avis, il y a tout de même un truc que j’aimerais corriger. J’ai le travail qui me
plait et plein de projets formidables dans la tête. Ne me manque que les moyens de les mener à
terme et de faire plaisir à quelques pauvres au passage. Une rémunération pour le partage de mes
nuits d’ivresse scripturale, me semble être la moindre des choses. J’en ai un peu marre, que ma
Sainte Femme qui s’est promis de toujours nous dénicher un lieu de vie confortable et nous nourrir,
craigne l’arrivée de l’affreuse fin de mois, tous les mois, depuis les environs de bien trop vite.
Ce n’est pas naturel qu’on ne puisse garantir à tous, même à ceux qui n’ont trouvé de chaise
musicale au jeu du travail lucratif, même si c’est parce qu’ils avaient un trop précieux popotin ou de
trop haut idéaux, un minimum de pouvoir d’achat, alors que c’est la loi en vigueur promise, en cas de
problème, à tous ceux qui remplissent bien les caisses publiques, dont le trop plein déborde
irrémédiablement dans les poches d’une bien trop petite minorité de nantis, pour qu’on leur
permette de continuer à faire comme si le monde leur appartenait.
Demain, en 2013, l’intérêt prioritaire du bien commun fera office de première règle d’hygiène de vie.
Dans les nouvelles sociétés éclairées, les plus faibles, sont les plus précieux, parce qu’ils sont rares.
L’esprit de Noël, ne nous quittera plus jamais. Nous n’aurons plus à masquer nos émotions.
Aujourd’hui, nous sommes une race de victimes, demain, il ne restera que des survivants, de la plus
magistrale prise de conscience de l’interdépendance de toutes les pièces, à tous les niveaux, de tous
les jeux.
Les esclaves d’aujourd’hui, se sentiront libres de choisir leurs chaînes. (Y compris de télé.)
Le nouveau monde est tellement plus beau que celui que je t’ai dépeins tout au long de l’année.
Tellement.
Tellement qu’il ne nous reste plus qu’à essayer de l’imaginer. Pour y être, il suffit de commencer à le
construire.
Tout au long de 2012, tandis que je faisais le bouffon qui s’occupe des relations postales
administratives familiales, je m’étais fixé comme objectif de mettre un peu d’Eden dans chacun de
mes actes et surtout prises de décisions.
Au début, c’était difficile et j’oubliais souvent. Je parvenais surtout à m’en souvenir lors des activités
qui enchantent mon âme, lire ou écrire. C’était d’autant plus aisé, que je percevais bien que
désormais la connaissance était à la portée de tous, et qu’il ne restait plus qu’à partager nos trucs
pour en user à bon escient.
A un moment donné, j’ai remarqué que les pires textes que je pouvais lire : récits d’abus policiers ou
autres saletés, même les condamnations outrancières à mon encontre, pouvaient m’apparaître
comme autant de pierres possibles à l’édification de mon projet merveilleux, selon comment je les
abordais. Selon les leçons que je décidais d’en tirer.
Tout de suite après, bien trop vite à mon goût, j’ai pris dans la figure l’immense pouvoir de mon art,
l’écriture introspective publique. Je dois reconnaître que La juge Sylvie m’avait prévenu : seul un fou
peut tenter de discuter avec les contributions ou n’importe quel service administratif. Et moi, comme
un … fou, je m’entêtais à essayer de raisonner avec tous les fonctionnaires qui me tombaient sous la
main.
Je croyais sincèrement les aider en leur mettant le museau dans leurs merdes.
Je crois toujours qu’ils avaient certainement besoin de mon désinfectant, sans quoi l’univers m’aurait
empêché de le leur faire parvenir.
Je sais aussi de sources sûres que d’avoir rendu public ce travail a pour le moins réchauffé le cœur
d’un certain nombre qui ont été victimes d’abus administratifs. Mais aussi certainement permis à
d’autres de trouver leur propre moyen d’exprimer leur colère d’être contraint de faire partie d’une
société aussi incohérente et bête, mais, pacifiquement, contrairement à l’ordre établi.
Même si un seul, avait juste compris combien il est nocif de refouler à l’intérieur nos vives émotions,
mes heures de labeurs seraient déjà justifiées. J’aurais participé à générer un peu plus de paix sur
terre. Pouvoir numéro un, en me cherchant, je découvre que j’ai envie, tout au fond de moi, de glorifier
cette humanité que je juge tellement sotte.
Chemin faisant dans les mêmes dossiers, la pauvreté des réponses que je recevais, m’a laissé croire
un temps que je m’adressais à une nouvelle race de robots, mais finalement, je compris qu’en fait, je
n’avais à faire qu’à de braves moutons blancs tentant tous la mission impossible de voir clair dans le
fatras de lois et règlements que d’autres ont inventé pour eux, afin qu’ils ne perçoivent pas les vastes
espaces des plaisirs spirituels, qui se trouvent juste derrière.
Tous de braves gens, simplement programmés pour détruire tout ce qui ne saurait entrer dans les
jolis formulaires du méga système. C’est tout à fait naturel qu’ils aient eu peur de moi. J’étais venu
leur annoncer que leurs vies auraient nettement plus d’éclat avec des idéaux un poil plus élevés que
l’éducation du bas-peuple fabriqué de toutes pièces par la machine d’où ils tirent leur salaire.
Pouvoir numéro deux, à moi tout seul, je peux faire bouger big-brother. Seulement, je ne sais pas
trop comment ça fonctionne dans le détail et j’ai déjà pris un violent retour dans mon talon d’Achille.
En parallèle, il y a les réseaux sociaux. Ahhhh ! Quelle formidable invention. Un courant continu
d’informations, où il est possible de tester les idées qui nous plaisent avant de les adopter.
C’est tellement prenant comme jeu, que parfois, je suis tellement emporté par mon imagination qui
me place en liaison directe avec le centre névralgique de la création, que j’oublie l’autre côté de
l’ordinateur où se cachent des frères et sœurs humains.
Pour les assoiffés de connaissances, internet est une mine de charbon, mais pour les chercheurs de
vérités, c’est une rivière tapissée d’or.
Enfin, on y croise de tout. Des voyeurs, des conseilleurs, des fonctionnaires et des anarchistes, des
politiciens et des révolutionnaires, des oiseaux de mauvaises augures, des anges, …. Ce truc-là, mine
de rien est en train d’unir les gens, bien plus qu’aucune église ou sport ne l’avaient fait auparavant.
Facebook, permet d’observer les foules, jusque dans leurs moindres défenses. Du coup, en s’y
dévoilant le plus sincèrement possible, on attire à soi, par le simple affichage de ses idées, des
internautes ayant une vision du potentiel de la terre assez similaire à la sienne.
Troisième pouvoir. ….
Bref, tu l’auras compris. Cette tentative de canaliser mes pensées dans le sens création du paradis, a
radicalement transformé ma perception de la vie.
Quand tu t’es baladé dans des mondes aussi sombres que ceux que j’ai visités, t’as le droit d’affirmer
qu’une telle révélation, c’est déjà déposer un pied à Eden.
Partant de là, je ne te mentais pas, lorsque je t’affirmais que chercher à réaliser son rêve, c’est déjà y
être. Essaye, tu verras.
Je ne puis te garantir que ça marche sur toi, mais, ce qui est sûr, c’est que ça fonctionne à merveille
sur les fous. Je n’avais jamais été aussi heureux, libre, aimant, aimé, … et surtout comblé
spirituellement de toute ma vie qu’au cours de la tumultueuse année de grâce 2012.

Les commentaires (1)
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takamine1982

Salut à toi, Bouffon-Barron d'Où Tu Voudras ! Merci pour cette lecture, merci pour ton style qui va, qui vient, mais qui est certainement né dans ton coeur, au fur et à mesure des bouts de présents. J'ai ri, compati, hoché la tête en silence, battu des mains (pas fort, personne ne l'entend, de toute façon (sauf, toi, moi, et ceux qui liront ces lignes).
Quelques réflexions qui font bien miroiter son propre Moi, son propre Autre, comme tu dit si bien.

En résumé : Merci ! Merci d'être toi, merci de nous faire parvenir d'autres façon de penser, d'autres façon d'envisager sa conscience et tout le bazard qui tourne autour.

Salut, Lion !

lundi 28 janvier 2013 - 11:08

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