Izys (gratuit)
Isabelle, Izys, adorait écrire mais suite à un échec, elle a décidé d'arrêter sa passion. Mais elle rencontre Evan, nouvel élève dans sa classe, et il lui avoue qu'il est à la recherche d'Izys...
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Je m'appelle Isabelle et je suis en Seconde d'un établissement dont je suis élève depuis la
sixième. Je suis brune au yeux turquoises et j'ai un style vestimentaire plus que normal. Je n'ai
jamais été intéressée par la mode, les potins concernant les stars ou les choses dans le même genre.
Non, s'il y a bien une chose que j'aime, c'est écrire. Sentir l'inspiration venir, retranscrire mes
pensées sur le papier, entendre le cliquetis des tapes qui s'enfoncent... J'ai toujours eu l'impression
de savoir écrire. Déjà petite j'inventais des contes inspirés de mes préférés. Je m'imaginais déjà
écrivain reconnue, faisant partager mes histoires à des milliers de personnes dans le monde ! Mais
j'ai arrêté.
L'année dernière, en troisième, un concours d'écriture a été organisé. Les participants
devaient écrire une histoire ne devant dépasser vingt pages. Mes amies, qui n'ignoraient pas ma
passion, m'ont poussée à participer. J'ai donc posé un petit écrit de treize pages sous mon
pseudonyme habituel : Izys. Isy est un de mes diminutifs et j'ai rajouté un s en référence à la
divinité égyptienne, civilisation qui m'avait beaucoup intéressée. Et je trouve le z plus esthétique.
J'ai donc présenté mon histoire anonymement. Elle racontais l'évolution mentale d'une jeune
fille ayant perdue sa mère puis son père d'une façon étrange. Un garçon essaye de l'aider et une
relation se développe entre eux mais la fille se suicide étant consumée par une folie qui la persuade
qu'elle est la meurtrière de ses parents, ce qui est faux.
Pourtant, même avec toute l'émotion que j'ai tenté de faire passer, mon histoire a été
disqualifiée directement. La honte que j'ai alors ressentie est indéfinissable et je me suis jurée de ne
jamais toucher de nouveau à l'inspiration...
Je me lève au chant des oiseaux de l'été. Je me prépare prestement et je passe plus de temps
que nécessaire devant le miroir de la salle de bain jouxtant ma chambre. Notre professeur nous a
annoncé hier que nous allions accueillir un nouvel élève alors je veux avoir la meilleur image
possible sans non plus en faire trop. Après avoir hésité ma coiffure et opté pour couette tombante
sur le côté, je me met en route vers l'arrêt de car.
La sonnerie retentit et notre professeur principal (et d'histoire) nous fait entrer en cours.
Nous nous asseyons à nos places tandis que le professeur part chercher le nouvel arrivant. Nous
discutons avec mes amies devant moi. Nous sommes un groupe impaire, et ce fut moi qui dut rester
seule à un bureau, mais ce n'est pas si grave, je peux parler avec tout le monde autour de moi.
Soudain, le silence se fait. Il entre. Je dois avouer que, même si les hommes n'ont jamais été
ma priorité, je le trouve assez beau. Il est de taille grande, son visage est fin mais possède une
certaine virilité, ses cheveux sont foncés, presque noirs, et ses yeux, qui sont d'un brun si profond
qu'ils tendent vers le rouge. En se présentant, nous apprenons qu'il s'appelle Evan et qu'il est là en
raison de la mutation de son père. Nous lui souhaitons la bienvenue et, miracle !, le professeur
désigne la place à côté de moi pour qu'il aille s'asseoir. Un sourire se dessine malgré moi, pas parce
que je suis spécialement contente d'être voisine avec le nouveau, mais parce que je vois le regard
rageur d'Herminie, la chipie de la classe. Je me fais un plaisir de débuter la conversation :
–
Salut, moi c'est Isabelle.
Il me répond chaleureusement et nous passons l'heure à nous connaître. Je découvre qu'il est
fils unique, plutôt bon en cours, que son plat favori est la soupe miso et que, il habite dans une
maison à cent mètres de la mienne. Il découvre que j'ai une sœur en étude supérieur, que je suis très
bonne en cours, que mon plat favori est la pizza quatre fromages (bien que je n'en abuse pas) et que
j'habite une maison à cent mètres de la sienne.
Pour la première fois depuis le début de l'année, j'ai l'impression que la sonnerie arrive trop
vite. Je sais que le prochain cours sera absolument silencieux car c'est le cours de français. Le
professeur ne veut aucun chuchotement, même pas le vol d'une mouche. Il ne se passe donc rien
durant le cours.
La récréation permet à Evan de faire plus ample connaissance avec les autres garçons de la
classe et il semble sympathiser très vite avec eux. Nous retournons à nos places après les vingt
minutes accordées et attendons le professeur d'anglais. Dès le début du cours, celui-ci nous annonce
un exposé à faire sur une personnalité anglophone par groupe de deux. Après nous avoir supplié de
ne pas choisir Steve Jobs, il demande la formation des groupes.
Jusqu'à présent la classe était en nombre impaire et je me ralliais à mes amies pour former
un groupe de trois mais ce n'est plus le cas. Les groupes se forment comme d'habitude et je me vois
obliger de faire un binôme avec mon nouveau voisin. Je suis un moment énervée de ne pas me
retrouver avec mes amies jusqu'à ce que je surprenne les yeux d'Herminie. Je me dis que je dois
saisir cette opportunité pour discréditer cette fille aux yeux d'Evan avant qu'il ne soit trop tard.
Certains se demandent pourquoi nous nous détestons ainsi avec Herminie. Pour faire court,
la nuit est au jour ce que je suis à Herminie. Nous nous connaissons depuis toutes petites et déjà
nous nous volions les sucettes.
Dès la fin du cours, je m'arrange avec Evan pour que nous puissions nous voir.
–
T'es sûre, me dit-il, ça fait pas bizarre qu'on s'invite alors qu'on se connaît que depuis ce
matin ?
–
C'est pour travailler en quoi ça peut gêner ? Et on habite pas loin l'un de l'autre alors autant
en profiter.
Il accepte et nous convenons de nous retrouver chez lui le week-end quand je lui apprends
que mes parents organisent un dîner avec des collègues de bureaux.
La semaine passent et je garde un bon contact avec Evan. Plusieurs fois, j'ai vu Herminie
engager la conversation avec lui et ils semblaient bien s'amuser. Je priais le week-end d'arriver que
je puisse laisser parler la langue de serpent qui n'est donnée qu'aux filles.
Le samedi à 13h je sonne a la porte de mon binôme. La maison est impressionnante. Cette
vieille bâtisse est restée longtemps sans propriétaire et ma sœur s'amusaient autrefois à raconter que
la maison était hantée. Depuis, j'étais restée loin de l'imposante demeure.
La porte s'ouvre sur une femme d'âge moyen avec les même yeux qu'Evan. Je devine sa
mère sous cette certaine beauté. Je me présente et elle m'invite à entrer de sa voix mélodieuse.
L'entrain qu'elle donne me fait automatiquement aimer cette dame. Elle m'informe qu'il prend sa
douche, elle s'en excuse même, et me propose d'attendre dans sa chambre. Je proteste un instant
mais l'enthousiasme de la mère me gagne et je me laisse pousser vers la chambre de son fils.
A première vue, c'est une chambre d'adolescent normal, avec le bureau encombré d'affaires
de classe, le lit en pagaille et des bibelots un peu partout. Un seul détail me stoppe : une immense
étagère remplie de livres en tous genres. Dieu sait combien de fois j'ai voulu posséder un tel
meuble. La mère me laisse m'informant qu'elle va préparer du thé et je ne peux me retenir d'explorer
l'étagère. Il y a de tout, de Tolstoï à Perrault en passant par Werber, sans oublier les romans
d'adolescents. Je suis aux anges, comme si cette collection m'appartenait.
Soudain, je remarque un petit livre plastifié, comme pour le garder intact le plus longtemps
possible. Ne voyant aucun nom sur la reliure je le sors par pure curiosité. Je m'arrête net à la vue de
la couverture : «
Perdue,
de Izys ». Le petit écrit de 13 pages semble me brûler les mains. Pourquoi
Evan possède-t-il cet échec ?
La porte derrière moi s'ouvre et je découvre Evan, les cheveux encore humide. Il me regarde
curieusement avec mon livre dans les mains et je me sens rougir sans pour autant prononcer le
moindre mot. Enfin je balbutie :
–
C'est, euh, une jolie collection...
Il s'approche et me prend l'écrit doucement. Il le range précieusement dans le meuble et me
dit :
–
Fais attention à celui-là.
Je le considère un instant. Je lui demande simplement :
–
Pourquoi ?
–
Il... m'est spécial.
Je sens en moi une allégresse que je n'avais pas ressentie depuis des lustres. Une de mes
histoire était spéciale pour quelqu'un ? Je suis sur le point de lui poser toutes les questions possibles
commençant par « comment » et « pourquoi » quand il m'interrompt. Il propose sans concession de
se mettre au travail et, à mon grand regret, nous commençons les recherches sur notre bien-aimé
Darwin.
Sa mère dont j'apprends que le nom est Eléonie, nous apporte du thé et des petits gâteaux et
vient s’enquérir de nos résultats à plusieurs reprises. Enfin, quand le soir pointe son nez et que je
dois partir, je fais face à Evan et lui demande :
–
Pourquoi ce livre est spécial pour toi ?
Il semble voir de quoi je parle tout de suite. Il prend un air sérieux que je ne lui ai jamais
vu :
–
J'avais un frère avant. Il est mort l'année dernière d'un accident de voiture alors que je lui
avait demandé de venir me chercher. J'avais l'impression d'être le responsable de sa mort. Au
même moment, un concours national d'écrivain amateur a été organisé entre collèges. Nous
pouvions lire les écrits que nous voulions et j'ai pris au hasard celui-ci. J'ai eu l'impression
de me retrouver dans le personnage principal, ses émotions étaient tellement fortes ! Quand
elle se suicide, j'ai été en colère contre elle. Elle n'était fautive en rien et elle n'a pas pensé à
ces proches et à ce garçon. Ça m'a permis de me reprendre, je me suis rendu compte que je
ne devais pas suivre le même chemin qu'elle. Alors j'ai essayer de chercher qui était l'auteur
de ce livre mais je n'ai trouvé que son pseudonyme, Izys, et son établissement. Quand j'ai
appris que mon père mutait dans cette région j'ai tout fais pour intégrer ce même
établissement. Alors, ce que je veux par dessus tout c'est...
–
Retrouver Izys, complété-je abasourdie par son récit.
Il acquiesce et après un dernier salut, je retourne chez moi avec cette nouvelle d'avoir
« sauvé » un homme. Le soir, je m'endors pour la première fois depuis longtemps en m'inventant
une histoire.
Je passe la journée du dimanche à appeler mes amis pour leur annoncer la nouvelle et à
écrire à vif les milliers de scénarios qui m'ont traversé la tête durant ces derniers mois. Je décide
aussi d'annoncer mon identité à Evan.
En entrant dans la classe lundi, pleine de nouvelle résolutions, je m'assois à côté d'Evan et
me tourne vers lui résolue. Cependant, je m'immobilise en voyant son sourire. Il m'annonce
joyeusement que maintenant que je sais exactement pourquoi il était là il veut que je l'aide à
retrouver Izys.
–
Je veux la voir et le remercier de tous mon cœur. Je lui serai redevable à jamais.
Je ne sais pourquoi, j'adhère à sa demande. Je n'arrive pas à lui avouer. A mon acceptation,
il est encore plus heureux mais quelque chose me gêne, il n'est pas heureux parce que je l'aide mais
parce qu'il sait qu'il va enfin rencontrer Izys.
Le cours commence et à l'inter-cours, je supplie mes amies de ne rien dire à propos d'Izys.
Elles me questionnent mais même moi je ne connais pas mes raisons. Nous apprenons que le
professeur suivant est absent. Evan en profite pour me faire aller dans le parc et me fait part de son
enquête :
–
Au début j'ai cherché du côté des gothiques. Le récit est assez sombre donc j'ai pensé que ça
pouvait venir de l'un d'entre eux.
Cette remarque me pique. Je n'ai jamais pensé que mes histoires étaient si sombres. D'accord
ce n'était pas toujours très jovial mais quand même...
–
Mais aucun d'entre eux ne semblait au courant alors je suis aller au club de lecture mais
aucun n'écrivait aussi bien qu'Izys.
–
Tu exagères, Izys n'écrit pas si bien que ça
Je pense réellement que je ne vole pas bien haut en tournure de phrase ou autre mais le
regard d'Evan me pousse à me taire. Durant le temps qui nous reste, nous émettons des suppositions
et je me surprend à aimer jouer au détective même si je sais déjà qui est le coupable.
Les jours passent et une grande partie de mon temps est occupé à faire des recherches avec
Evan. Je me plais à voir ses sourcils se froncer quand il se concentre, les commissures de ses lèvres
se relever quand il croit avoir trouvé la réponse et ses yeux briller d'espoir. Un jour, je décide de
récompenser ses efforts. Je lui propose d'amener
Perdue
le lendemain à l'école pour demander aux
autres élèves s'il ne la connaisse pas.
Il l'amène et nous nous regardons avec mes amies. Nous avions conçu un plan. A la
récréation, les filles l'emmènent hors de la salle me laissant seule. Je dois faire vite. J'extirpe le
livret et griffonne d'une écriture que je veux la plus éloignée de la mienne quelques mots et le range.
Je sors de la classe comme si de rien n'était. Néanmoins, je tombe nez à nez avec Herminie. Elle me
toise et crache :
–
Tu ferais mieux de t'éloigner d'Evan. Il est ma cible et je ferai tout pour l'avoir.
Une animosité me prend soudain et je lui réponds sur le même :
–
Encore faut-il qu'il te remarque.
Je pars sur cette critique. Je retrouve sans mal mes amies et leur annonce la réussite de la
mission.
Durant la pause de midi, alors que je mange avec les filles, Evan se jette sur moi et
m'entraîne plus loin. Il me met sous le nez un mot :
A Evan,
sans doute mon fan le plus dévoué.
Avec toute mon amitié
Izys
Il me regarde comme un enfant qui vient de prendre une photo avec le père Noël. Je feins
l'étonnement :
–
C'est la vraie ? Elle a peut-être entendue que tu la cherchais, c'est bon signe.
Il continue de parler de la dédicace durant le reste de la journée et une gaieté persiste en moi.
Un mois est passé depuis le début de l'enquête et je ne remarque d'aujourd'hui les centaines
de feuilles accumulées sur mon bureau. Le train auquel j'ai repris mon écriture est incroyablement
rapide. Après tout, je dois rattraper presque 6 mois d'inactivité. Pourtant, je vois le dynamisme
d'Evan tomber. Je décide de faire un nouveau coup.
Un samedi, en allant chercher mon pain, je passe devant le maison d'Evan. Je glisse
furtivement une enveloppe dans la boîte aux lettres qui contient une toute nouvelle adresse mail,
l'adresse d'Izys.
L'après-midi, je vais vérifier cette nouvelle boîte mail : déjà 3 messages. Un me demande si
c'est vraiment moi, un autre me remercie pour la dédicace et le dernier me somme de dévoiler ma
véritable identité. Je me souris devant l'efficacité de cette démarche et me prépare au lundi. Je
répond seulement au deux premiers messages.
Le lundi Evan est excité comme une puce et me raconte ses conversations avec Izys. Il n'a
jamais été aussi heureux, et moi non plus. Nous passons encore un mois a discuter via l'internet
tandis que je continue d'écrire et que ma chambre est si encombré qu'on ne peut presque plus
marcher. J'ai retrouvé mon âme d'écrivain.
Un jour, je me réveille en sursaut. J'ai fait le rêve le plus étrange du monde. Dans ce rêve,
Evan me tient dans ces bras et... je l'embrasse. Dès mon arrivée au lycée je parle de ce rêve à mes
amies et elles explosent de rire :
–
Ce n'est que maintenant que tu t'en rends compte ? Ma pauvre, ça fait longtemps qu'on sait
que tu l'aimes !
Le mot résonne dans ma tête. Aimer, moi ? Je n'ai jamais connu ce sentiment et je ne m'en
suis jamais intéressée. Mais sa mélodie retentit en moi et je reconnais qu'elles ont raison, je suis
tombée amoureuse. Sans plus tarder, elle m'ordonne d'aller me confesser. Juste la pensée d'avouer
mes sentiments me fait rougir comme une tomate mais les arguments de mes amies viennent à bout
de ma retenue. Je décide de tout lui dire à la récréation.
Les deux premières heures n'ont jamais été aussi oppressantes mais Evan ne semble pas sans
rendre compte. Il a l'air particulièrement heureux. Enfin, la sonnerie retentit. Sur un petit ton, je lui
demande de m'accompagner dehors.
Je me mets face à face et, les poings et les paupières serrés, je lance :
–
Est-ce que tu voudrais sortir avec moi ?
N'entendant rien, je rouvre les yeux. Il me regarde avec un air désolé. Il murmure :
-Je suis désolé, mais je suis déjà en couple.
Hein ? Depuis quand ?
–
Hier, Izys m'a avoué qui elle était. Elle a trouvé plus juste qu'on soit ensemble.
Je suis abasourdie. Izys ? C'est impossible, qui...
Je n'ai pas à me poser la question car Herminie s'accroche au bras d'Evan. Elle me regarde
avec dédain mais je suis trop choquée pour pouvoir faire quoi que ce soit. Ils s'éloignent et je crois
entendre une dernière excuse mais je ne suis plus connectée à la réalité.
De retour en cours, une gêne est visiblement présente entre nous mais je réalise de plus en
plus que Herminie a pris mon identité, et qu'Evan l'a crue ! C'est désormais de la colère qui résonne
en moi et je ne prononce plus un mot de la journée.
Seule à la maison, en sécurité dans ma chambre, je craque. Les larmes coulent en même
temps que les cris fusent. J'envoie voler mes nouvelles histoires, les répandant au sol et, ma crise
terminé, je m'allonge au milieu des mots. Ma poitrine se soulève lentement au rythme de ma
respiration et je prend mon ultime décision.
Je me relève et remet en ordre mes papiers, recréant les aventures de mes personnages. Je
cherche aussi mes anciennes rédactions remontant jusqu'à mon apprentissage de l'alphabet. Je range
toutes mes feuilles correctement dans des cartons (quatre) et écrit une lettre que je colle à l'un d'eux.
Le lendemain, je me lève une heure plus tôt et j'amène les cartons devant la porte d'Evan. En
sortant, il ouvrira les carton, découvrira les récits et lira :
Evan,
Je décide aujourd'hui de mettre fin à mon existence
Izys n'existe plus.
Alors, je te lègue tous les livres qu'elle a pu écrire,
j'espère que tu en prendras soin.
Adieu.
Mais je n'en ai cure, Izys n'était qu'un mensonge, rien de plus.
J'arrive en cours et j'assiste à une scène assez étrange. Evan questionne Herminie qui semble
totalement perdue :
–
Tu vas arrêter d'écrire ? Pourquoi, ça n'a aucun sens !
–
Qu'est-ce que tu racontes, répond-elle, je ne m'arrêterai jamais.
–
Alors pourquoi tu m'as donné tous tes écrits,
–
Euh... C'est sûrement un imposteur.
–
Non, j'ai reconnu ton style ! Je ne comprends pas... A moins que tu ne sois pas Izys.
Nul autre trahison n'aurait pu le blesser autant. Herminie nie mais on voit bien qu'elle a du
mal. Alors, Evan demande :
–
A quelle date se suicide l'héroïne de
Perdue
?
Sans surprise, elle ne peut répondre. Au lieu de cela, elle fuit lâchement. Evan sort de la
classe avec rage et, alors que j'aurais dû m'asseoir et attendre le professeur, je le suis. Je le trouve
appuyé contre un arbre à s'insulter lui-même. Il ne remarque pas tout de suite ma présence et ce
n'est que quand je suis juste à côté de lui qu'il se reprend.
–
Je suis désolé, dit-il, je me suis trompé de personne.
–
Aujourd'hui.
–
Quoi ?
–
L'héroïne se suicide à la même date qu'aujourd'hui. C'est assez drôle quand on y pense,
proclamé-je en observant les collines au loin, Izys meurt en même temps que son héroïne. Je
n'avais même pas réalisé.
–
Qu'est-ce que tu dis ? Comment sais-tu ça ?
Je plonge dans son regard et je m'entends dire :
–
Je suis Izys.
–
Tu rigoles. Pourquoi me l'aurais-tu caché ? J'étais avec toi tout ce temps. Pourquoi tu m'as
menti !?
–
Parce que je voulais que tu m'aimes, chuchoté-je les larmes roulant sur mes joues, que tu
m'aimes moi Isabelle et pas Izys. Les moments où nous la cherchions sont les plus heureux
de ma vie, comment aurais-je pu y mettre fin ?
Je dois faire une pause tant ma voix tremble. Mes yeux embués de larmes m'empêche de
voir son expression mais je suis sûre qu'il est furieux. Avec les dernières forces qu'il me reste je
murmure :
–
Pardonne-moi.
Je sens ses bras sveltes m'entourer. Mon cœur semble exploser. Je l'entends me dire qu'il est
un idiot de ne pas s'en être rendu compte plus tôt. Je le rassure en lui disant que c'est normal, que
j'ai tout fait pour lui cacher.
–
Je ne parle pas de ça mais de mes sentiments pour toi, lance-t-il en se logeant dans le creux
de mon cou.
Je crois avoir mal entendu. Ne disant rien, il s'écarte un peu de moi et ses lèvres caressent les
miennes. Je ferme les yeux oubliant le reste du monde. Mon rêve se réalisait.
Un mois se passe et je reprends l'écriture à un rythme effréné. Nous sommes heureux
ensemble et nous voulons aller le plus loin possible. Dans certains moments d'excitation, Evan parle
de mariage mais je le somme d'attendre, toujours avec le sourire. C'est à ce moment que je lui avoue
mon rêve prémonitoire. Je crois avoir des problèmes aux tympans quand il m'avoue, les oreilles
rouges, que lui aussi avait fait un rêve du genre. J'éclate de rire et il m'ordonne d'arrêter. Au lieu de
ça je l'embrasse et lui souffle à l'oreille :
–
Écrivons notre propre histoire à deux.
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Publié le :
10/02/2013
Langue :
Français
Nombre de pages :
6
Thème :
Jeunesse >
Albums et romans
