Labyrinthe (gratuit)

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4 concurrent, 1 seul gagnant. La règle du labyrinthe est claire: retrouver la sortie sans se perdre soi-même...
Publié le : lundi 28 octobre 2013
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Je n'ai jamais été sage. A chaque opportunité, je faisais tout mon possible pour énerver mon entourage. Mes professeurs, mes parents et même toute ma famille se demandaient ce qu'il allait advenir de moi. Au début, je trouvai ça marrant mais, ils me mettaient une pression de plus en plus grosse. Ils m'ordonnaient de penser à mon futur, ils rabâchaient qu'ils n'étaient pas éternels et que je devrais me débrouiller toute seule un jour. Plus ils m'oppressaient, plus je voulais me libérer, montrer de quoi j'étais capable. Alors ce jour-là, sans doute après la plus grosse dispute que j'ai jamais eu, j'ai accepté de participer au jeu. Quatre participants, un but : finir le labyrinthe sans se perdre soi-même. Je sais que je n'aurais pas dû mais j'étais exacerbée par le refus de mes proches à m'accepter telle que j'étais. Le responsable de cette mascarade m'avait interpellée au détour d'une ruelle sous la lumière terne d'un réverbère. Alors dans ma fuite désespérée, j'ai accepté. Pourquoi, grands Dieux, pourquoi ? Pourquoi n'ai-je donc pas réfléchi, pensé aux conséquences ?Parce que tu as toujours agi comme cela,me répond une petite voix. Oui, je ne suis pas la fille que mes parents auraient aimé avoir, je ne suis pas l'étudiante qui rendra fière ses professeurs, je ne suis pas la cousine que vous prônerez comme exemple de réussite. Je suis solitaire, révoltée, insoumise. Je n'ai jamais été sage.
Des murs gris et froids m'entourent. Je suis dans le labyrinthe. J'essuie une dernière goutte de sang provenant de mon index. L'homme au chapeau beige m'avait tendu une tablette dont le rayonnement vert avaient formé une bulle autour de nous. Un pic trônait sur la tablette. Me piquer était le scellement du contrat qui m'imposait de participer au jeu jusqu'à la fin. J'avais avancer la main et une goutte était tombée sur la tablette formant des plis comme lorsqu'on lance une pierre dans une rivière. La tête s'était mise à me tourner et mes jambes ont lâché mais, sans aucune explication, je me tiens désormais dans un endroit clos tout de béton. De sa voix énigmatique, l'inconnu avait insisté sur l'importance de trouver l'arrivée. Il n'avait pas détaillé celle-ci mais m'avait dit que je saurai la reconnaître. Sans hésiter, je me lance dans le labyrinthe. Je n'ai pas de technique particulière, je me laisse porter au bon vouloir de mes jambes. Je sais qu'il y a d'autres personnes, parfois j'entends des bruits de pas ou de respiration derrière les murs. Moi, je fais tout pour être le plus discrète, c'est un jeu : le but est de gagner seul. Je ne compte pas m'allier aux autres joueurs, ils ne me seraient d'aucune utilité. Ma fatigue me stoppe. Je me rends compte du temps depuis lequel je marche. Cependant, la biologie ne semble ne pas avoir d'effet sur moi car durant mon parcours, ni la faim ni la soif ne m'ont gênée. Seul mes yeux se fermant tous seuls m'empêchent de continuer. Je décide de trouver un cul-de-sac pour m'y asseoir. Le sol de béton est dur mais mon corps semble se décomposer dès que je le relâche. Je ne peux dire précisément depuis combien de temps je suis ici mais rien ne m'inquiète. La seule chose pour laquelle je porte vraiment de l’intérêt, c'est l'immensité du terrain. Je ne pense même pas à ma famille, ils doivent croire à une énième fugue. Sans plus attendre, je sens mon cerveau se déconnecter de la réalité pour entrer dans celui des rêves. Ou pas. Quand je me réveille, ma fatigue n'est plus là mais je n'ai pas l'impression d'avoir dormi non plus. Mon corps resté en position assise durant plusieurs heures (sûrement) est fourbu. Je me lève et fais quelques mouvement pour essayer de dérouiller mes articulations. Sans plus de concessions, je retourne me perdre dans le dédale de couloirs. Je marche, et pour la première fois, le temps me paraît long. Mes foulées s'enchaînent mais je ne débouche sur rien. Les murs dans leur plus simple appareil semblent se rapprocher de plus en plus, m'enfermantcomme une souris piégée. J'entends toujours des bruits de l'autre côté de certains
murs et une fois même, des chuchotements. Mais je n'ai rien dis, préférant passer mon chemin. Je me suis rendormie encore deux fois et l'absence de tout objet commence à peser sur ma conscience. Plusieurs fois, j'ai surpris ma main à trembler. Je commence à me croire perdue dans cet environnement si indiscernable. Soudain, alors que je marche vers l'inconnu, un cri retentit. Poussée par une étrange curiosité, je me met à courir en direction du cri qui me semblait parvenir de la droite. Dans cet endroit, j'ai depuis longtemps perdu mes repères et les points cardinaux n'ont plus aucune signification. Au bout d'un couloir, j'aperçois une silhouette. Elle court et se rapproche rapidement de moi. Je n'ai pas le temps de détailler ses traits que déjà elle me saisie le poignet et m'entraîne dans sa course folle. La brutalité de cette rencontre bride mes questions et surtout, une espèce d'aura malsaine derrière nous me pousse à courir. Nous courons depuis plusieurs minutes déjà et l'aura semble s'éloigner. Nous nous arrêtons à bout de souffle et je découvre le visage de la silhouette. C'est un garçon, de peut-être mon âge. Ses yeux bruns s'accordent parfaitement à ses cheveux et une fine cicatrice parcoure sa joue gauche. Un petit anneaux d'or pend à son oreille et ses vêtements semblent vieux de plusieurs années. Il me détaille aussi , observant mes cheveux noirs et mes yeux bleus, et je sens son regard s'attarder sur mes courbes. En chuchotant, il demande : Qui es-tu ? Je ne réponds pas. Je continue d'observer son apparence, ses bracelets de fortune, son petit piercing à l'arcade droite et ses pupilles dilatées par l'effort. Écoute, me dit-il, j'aimerais savoir si j'ai bien fait de te sauver et de ne pas te laisser en pâture. Quelle idée, tu te jetais dans la gueule du loup ! Ce garçon vient de piquer ma curiosité. D'une voix enrouée par le silence, je murmure : La gueule du loup ? Elle parle, c'est déjà ça, s'exclame-t-il. Qu'est-ce que tu fuyais, demandé-je d'une voix plus affirmée, et qui a crié ? Une fille que j'avais rencontrée vers le début de la partie. Nous avions décidé de finir le niveau ensemble mais on marchait depuis des jours, enfin je suppose, et on ne trouvait rien. Je ne sais vraiment pas où nous sommes.  Ilréfléchit un instant sur cette dernière affirmation puis se retourne vers moi. J'attends toujours les réponses à mes questions mais il ne répond pas. Où est-elle ? le poussé-je à continuer. Il paraît hésiter comme pour choisir ses mots. Restée là-bas, murmure-t-il, on s'est fait attaqué. Hein, m’exclame-je ? Par qui, d'autres candidats ? Aucun humain ne serait assez dingue pour faire ça. Mais alors … qu'est-ce que c'est ? Je pensais qu'il y aurait seulement les quatre participants et rien d'autres. Je ne sais pas. Suzy se reposait dans un cul-de-sac pendant que je regardais les environs. Je l'ai entendue crier et je me suis précipité jusqu'au cul-de-sac. Là, j'ai vu quatre silhouettes humaines mais … elles étaient en train de déchiqueter Suzy comme des animaux affamés
avec leurs mains. Je n'ai pas chercher à comprendre j'ai couru le plus vite possible. Je pense que les créatures ne m'ont pas vu. Je considère la réponse durant un petit moment. Il y a des monstres dans labyrinthe ! Désormais, à chaque fois que je voudrai me reposer, il faudra faire attention à que ces monstres ne me remarquent pas ! Je me détourne du garçon et dis : Merci, je ferai attention. Je m'éloigne de lui et ne me retourne pas bien que je l'entende me héler. Il ne me faut pas longtemps pour ne plus percevoir sa voix. A part cette rencontre, me « journée » est habituelle. Je marche à la recherche de la sortie. La fatigue m'atteint de nouveau et je m'assois au bord d'un couloir pour être sûre d'avoir une échappatoire en cas d'attaque. Je me force aussi à ne pas dormir, juste à fermer les yeux. Sous mes paupières closes, de la nourriture se dessine. Bien que la faim n'ait aucune influence sur moi, l'inutilité de mes papilles devient de plus en plus pesante. Alors je bave d'envie en m'imaginant toutes sortes de desserts et de plats alléchants. Je sens qu'on me secoue par l'épaule et j'ouvre les yeux. Je rends compte avec inquiétude que je me suis endormie mais rien ne semble s'être passé. Je tourne mes yeux endormis vers la personne qui me secoue ainsi et j'aperçois d'abord des vêtement noirs. Je pense alors au garçon que j'ai rencontré la veille. Sans lui adresser mot, je me lève et détends mes membres, pour lui faire comprendre que sa présence ne me fait rien du tout. Je me tourne vers lui pour lui expliquer que je n'ai besoin de personne mais mes paroles sont stoppées par l'effroi. Devant moi, se tient un homme sans visage. Sa face présente les mêmes courbes que les miennes mais pas d'yeux, de nez, de bouche ou d'oreilles. Je retiens ma respiration quelques secondes pour voir sa réaction mais le sans-visage ne semble pas agressif. Doucement, je fais un pas en arrière, puis deux. N'observant aucune réaction, j'en viens à me demander si ce n'est pas une illusion de mon esprit. Je décide de m'éloigner encore puis, me remets à ma marche ne constatant rien du sans-visage. Pourtant, après quelques minutes de marche, je me retourne. Le sans-visage est derrière moi. Je déglutis, doutant d'autant plus de ma santé mentale. Mais la créature ne me veut aucun mal. Je décide de m'en accommoder et d'avancer sans lui donner plus d'attention. Nous marchons le sans-visage et moi silencieusement quand soudain, au bout du couloir où nous sommes, arrive en courant une nouvelle silhouette. Ce n'est pas la même course hagarde que le garçon que j'ai rencontré mais une course concrète, avec un point d'arrivée. Je sens une boule d'angoisse se formé en moi sans savoir pourquoi mais je la comprends quand je perçois le visage du coureur. Un sans-visage ! Celui derrière-moi ne bouge toujours pas mais sous sa peau tendue, j'ai l'impression de voir un sourire se dessiner. Guidée par mon instinct, je recule mais le premier sans-visage me retient par le poignet. Son toucher est glaçant et déclenche en moi une peur phobique. Son contact semble me donner toutes les angoisses du monde. Je perçois des enfants mourir de faim, des fusillades meurtrières pour un bout de territoire, des épidémies d'une maladie peu soignée. Sans ménagement je donne un coup pied au sans-visage pour me libérer et me lance à corps perdu dans un couloir latéral. Les pas de mes deux poursuivants me suivent et j'entends bientôt les pas d'une autre personne. Je ne prends pas le temps de m'arrêter pour vérifier que le nouvel arrivant est encore un sans-visage. Je cours et la sueur colle mes vêtements à ma peau et mes jambes
deviennent de plus en plus lourdes mais les pas des sans-visages sont encore percevables. Brusquement, mon corps se heurte à un autre. Je tombe mais lève aussitôt un regard affolé vers le corps. Je soupire de soulagement quand je reconnais les yeux bruns du garçon. Il ne me laisse pas le temps de souffler qu'il me relève et me plaque contre un autre couloir latéral. Il met sa main sur ma bouche pour m'empêcher de faire le moindre bruit. La tension est palpable et bientôt nous entendons trois personnes arriver là où nous nous tenions quelques secondes plus tôt. Les sans-visages ne passent pas leur chemin comme je l’espérais mais s'arrêtent. Un sorte de ronronnement agressif retentit, leur langage. Pendant plusieurs secondes, nous entendons ce drôle de dialogue et après une attente qui me paraît infini, les sans-visages s'en vont. Par précaution, nous décidons de nous éloigner en silence puis, après que le garçon m'ait lancé un regard qui m'autorise à parler, je débite : Les monstres, ce sont des sans-visages ! Tous seuls ils sont inoffensifs mais ils se regroupe quand l'un d'entre eux à trouvé l'un de nous. Je sais pas comment ils font, ils doivent envoyer des signaux mentaux où des trucs dans le genre. Là, ils n'étaient que trois, la quatrième n'est pas venu à tant. Dieu merci, je t'ai trouvé, je ne sais pas ce qu'il me serait arrivé sinon … Il me laisse parler de tout mon soûl et quand je termine, il me propose : Nous n'avons plus le choix, nous devons nous allier. Les « nuits » sont devenues trop dangereuses. Quand nos voudront dormir, nous devront faire des tours de garde pour pouvoir fuir dès qu'un des sans-visages apparaîtra. J'accepte sans hésiter. Je préférerais agir en solitaire mais ma survie dépend de cette alliance. Mon accord semble le soulager. J'apprends qu'il s'appelle Jason et qu'il a deux ans de plus que moi. Comme moi, il ressent un besoin de liberté plus intense que la moyenne. Lui aussi c'est fait aborder par l'homme au chapeau beige. La participante Suzy a eu le même parcours avant de … Je me présente à mon tour et nous nous serrons la main. Les « jours » passent avec leurs lots d'angoisse, de soulagement et d'espérance. Nous savons qu'il y a un autre participant vivant et notre but est de le trouver. L'idée vient surtout de Jason. Il veut que nous rentrions tous chez nous, sains et saufs. Je trouve cette volonté de tous nous sauver absurde mais elle le maintient debout alors je ne dis rien. Nous continuons de marcher à la recherche de l'autre et de la sortie. Je ne parle pas beaucoup avec Jason, nous devons faire le moins de bruit possible pour éviter de nous faire repérer. A chaque croisement, nous nous attendons à voir venir un sans-visage. Le soir, l'un se lève quand l'autre va se coucher, nous n'avons aucun contact. Alors notre relation ne s'est pas très développée. Pourtant, une nuit, sans doute plusieurs semaines après notre alliance, je réveille par une sensation rugueuse sur ma joue. La main de Jason me caresse. Je murmure son prénom pour m'assurer de la réalité mais il m'embrasse avec fougue. Sa deuxième main descend vers ma hanche puis remonte sous mon t-shirt et ne tarde pas à trouver mon soutien-gorge. J'entends le cliquetis métallique de sa ceinture qui se détache. Je le laisse faire. Ce n'est pas ma première fois et le manque total d'activités sensorielles nous pousse tous les deux à le faire. L'acte est rapide, précipité pourtant, j'ai l'impression de renaître. J'ai pu me prouver que je n'ai pas oublier mes sens, que je sais de nouveau ressentir des choses. Pendant un instant, j'ai oublié
où nous étions et je me concentrais uniquement sur les sensations que je ressentais. Je suis allongée contre un mur, à demi-dévêtue, avec Jason à mon côté dans le même état. Dans un halètement, il chuchote des excuses. Je le regarde puis lui souris. Je suis aussi fautive que lui. Nous nous rhabillons prestement, ne voulant pas nous faire surprendre. L'instant était passé, nous devions pensé à notre survie. Sans un mot, nous marchons. Quelquefois, de loin, nous apercevons un sans-visage. Nous nous dépêchons de partir en sens inverse sans faire de bruit. Rien ne s'est passé depuis cette nuit, nous avons repris notre ancienne relation. Nous savons tous deux qu'une relation amoureuse ne nous mènerait nul part. Nous continuons notre périple. Un jour, comme par miracle, nous croisons le dernier participant. Il nous voit aussi et vient à notre rencontre. En l'observant, il ne semble pas affecté le moins du monde par sa situation. Par une chance inestimable, il n'a pas dû approché les sans-visages. Nous nous présentons mutuellement. Il s'appelle Damien et a mon âge. Il est le même genre de personne que nous. Soudainement il dit : On a de la chance de se rencontrer pas loin de la sortie. Nous nous regardons brusquement. La sortie ? Nous l'atteignons après des mois d'errance. Le soulagement est tel que je sens mes larmes monter. Jason est plus retenu que moi et il demande à Damien comment il sait cela. Sa réponse démonte mes espoirs : J'ai trouvé un truc. Vous allez pas me croire mais c'est un garçon, sans-visage ! Il m'a montré le chemin depuis le début et il me suivait. Sauf à certains moment il partait je sais pas pourquoi. Vous savez le jour où on a entendu un cri ? Il était parti et j'ai cru que quelque chose lui était arrivé et j'ai eu peur mais il m'a rejoint quelques jours après. Il doit bien connaître l'endroit parce qu'il me retrouve à chaque fois. Nous sommes horrifiés. Cet idiot allait ramener la bande. Nous étions près de la sortie mais aussi des sans-visages. A peine pensé-je cela, que les quatre monstres déboulent dans le couloir. Damien, comprenant que nous fixions quelque chose derrière lui se retourne et s'exclame en voyant arriver son ami avec des compagnons. Sa joie est de courte durée. Un des sans-visages se jette sur lui et lui transperce le ventre de sa main. Damien ne s'en rends pas compte tout de suite et ce n'est que quand il baisse les yeux vers son ventre qu'un hurlement déchire l'air. Nous n'attendons pas plus longtemps avec Jason, nous courons. Le sans-visages semblent plus intéressés par la proie facile mais nous n'avons pas beaucoup de temps. Nous essayons de nous rappeler le chemin vaguement évoqué par Damien pour trouver la sortie. Le ronronnement retentit derrière-nous, ils nous prennent en chasse. Par prodige, nous arrivons à un couloir. Au bout de celui-ci, une tablette verte avec un pic au dessus. La sortie est au bout du couloir !! Mais il semble si long et les sans-visages si près. Jason me murmure de courir et je lui obéis. Il me faut quelques instant pour m'apercevoir qu'il ne me suit pas. Il est resté au début du couloir, attendant les créatures. Je crie son nom mais il ne se retourne pas. Je fais un pas vers lui mais il m'ordonne de continuer. Tu m'avais dit qu'on s'en sortirait ensemble ! le supplié-je. Il ne dit toujours rien et les pas sont juste à côté. Soudain, une jambe tord celle de Jason et les sans-visages se jettent sur lui. Cours !!! Je ne peux plus que faire ça. Je me détourne, les larmes brouillant ma vision, et m'élance dans une course désarticulée. Je ne suis qu'à quelques mètres du pic mais mes jambes s'emmêlent et
je chute. Je tends la main et essaye de ramper pour atteindrela pic floué par les larmes. Je ne suis qu'à quelques centimètre ! Un pied cloue mon bras au sol. Terrorisée, je lève le regard. Les sans-visages m'entourent. Tous me regardent sans leurs yeux et l'espace où leur bouche devrait se trouver se déforme comme pour former un rictus hideux. Je les observent un instant de mes yeux écarquillés et de mon souffle court. Un d'eux approche sa face au plus près de la mienne et lève son bras. Je hurle un dernier sanglot.
« Aujourd’hui, à 5 heures du matin, le corps de la jeune fille disparue depuis 4 mois a été retrouvé sous un lampadaire qui borde la rue de Minos. Elle a été tuée la gorge tranchée par on ne sait quelle arme. Les parents de la victime l'ont décrite comme rebelle, refusant de se plier aux contraintes. La police pense qu'il y a un lien avec les trois autres corps trouvés d'adolescents disparus à peu près en même temps que la victime. Eux-aussi ont été tués par une arme inconnue. Nous donnons nos plus sincères condoléances à la famille de la jeune fille. Elle s'appelait Véra et venait d'avoir 17 ans. »
Les commentaires (1)
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marc-ferrand

Carrément bien. Le souffle retenu jusqu'au dénouement.

jeudi 18 avril 2013 - 18:03
Chambost

Merci beaucoup, je suis contente que mes histoires plaisent.

samedi 20 avril 2013 - 16:45

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