Titus et Bouboule au Groenland

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Chapitre 1 Il faisait un froid de canard au Groenland, Titus et Bouboule peuvent en témoigner. Je vous raconte brièvement comment ils se sont embarqués au pays des icebergs. L’expédition au Groenland ne fut pas si simple… Titus, toujours prompt à s’émerveiller de tout et de rien, fut attiré par une publicité peu ordinaire. Je cite l’annonce : « Si vous êtes un caniche nain et que vous rêvez d’une aventure extraordinaire comme un voyage en ballon par exemple, écrivez-nous à cette adresse : Monsieur Verne Jules, 2 rue du capitaine Némo 75001 Paris. Un tirage au sort aura lieu pour un seul gagnant. » 2 Comme toujours, la chance sourit aux audacieux et Titus gagna le voyage en ballon. Il embarqua dans la foulée son ami Bouboule ainsi qu’un nouveau complice, Cachou le lapin nain malin. Monsieur Verne accepta de bonne grâce les deux compagnons de Titus. Normalement, le ballon équipé de sa nacelle et des trois invités devait survoler Paris pendant une heure, puis redescendre tranquillement, place du Trocadéro. Mais les choses ne se passèrent pas ainsi. Monsieur Verne alerta les pompiers quand il s’aperçut qu’un vent d’une force terrible venait de se lever soudainement. Un tourbillon malicieux se mit à emporter le ballon et sa nacelle si haut dans le ciel que Monsieur Jules Verne, très contrarié, ne distinguait plus qu’un point minuscule dans l’horizon.
Publié le : mardi 9 décembre 2014
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Chapitre 1

Il faisait un froid de canard au Groenland, Titus et Bouboule peuvent en témoigner.
Je vous raconte brièvement comment ils se sont embarqués au pays des icebergs. L’expédition
au Groenland ne fut pas si simple…

Titus, toujours prompt à s’émerveiller de tout et de rien, fut attiré par une publicité peu
ordinaire. Je cite l’annonce :

« Si vous êtes un caniche nain et que vous rêvez d’une aventure extraordinaire comme un
voyage en ballon par exemple, écrivez-nous à cette adresse : Monsieur Verne Jules, 2 rue du
capitaine Némo 75001 Paris. Un tirage au sort aura lieu pour un seul gagnant. »

2Comme toujours, la chance sourit aux audacieux et Titus gagna le voyage en ballon.
Il embarqua dans la foulée son ami Bouboule ainsi qu’un nouveau complice, Cachou le lapin
nain malin.
Monsieur Verne accepta de bonne grâce les deux compagnons de Titus.
Normalement, le ballon équipé de sa nacelle et des trois invités devait survoler Paris pendant
une heure, puis redescendre tranquillement, place du Trocadéro. Mais les choses ne se passèrent
pas ainsi. Monsieur Verne alerta les pompiers quand il s’aperçut qu’un vent d’une force terrible
venait de se lever soudainement. Un tourbillon malicieux se mit à emporter le ballon et sa
nacelle si haut dans le ciel que Monsieur Jules Verne, très contrarié, ne distinguait plus qu’un
point minuscule dans l’horizon.
Sur le coup, Titus, Bouboule et Cachou ne se préoccupèrent pas du vent qui s’était levé.
Au contraire, ivres de joie et heureux de pouvoir enfin percer le mystère opaque des nuages, ils
se réjouissaient à l’avance de pouvoir enfin atteindre les étoiles.
Papounet et Mamounette furent prévenus par les pompiers de la disparition dans le ciel de Paris
de leur caniche. Ils avertirent à leur tour Monsieur et Madame Toc qui annoncèrent à Monsieur
et Madame Wissard que le trio animalier s’était évaporé dans les nuages de la capitale.
Titus, dans un raisonnement naïf, s’étonna de trouver l’espace si blanc qu’il confondit le ciel et
la terre.

3Bouboule lui, était confortablement installé dans la nacelle, comme dans le traîneau du père
Noël, fouillant le ciel de ses yeux à demi-éteints par la cécité, dans l’espoir de trouver et
rassembler les rennes afin de parcourir l’univers.
— Chouette ! C’est magique ! s’exclama Cachou le lapin nain malin, qui ne songeait pas le
moins du monde à Madame Wissard, sa tendre maîtresse.

Ses compagnons et lui ne se sentaient pas du tout menacés par cette aventure.
Toujours à bord de la nacelle, après avoir traversé un épais tapis de nuages, le joyeux trio
s’étonna de constater que le ballon descendait dangereusement vers la terre à une vitesse
incontrôlable.
Les trois amis s’étreignirent très fort en échangeant des regards navrés et désespérés.
Le ballon dirigeable amorça une descente vertigineuse. Titus, Bouboule et Cachou firent le gros
dos pour amortir l’atterrissage qui risquait d’être mouvementé. Un bruit de craquement intrigua
les passagers de la montgolfière. Puis ce fut le silence complet…
Quelques temps plus tard …






4Chapitre 2

Les naufragés légèrement groggy se retrouvèrent comme par miracle sains et saufs sur le dos
d’une énorme masse aussi noire que géante.
— Une baleine à bosse ! Nous sommes sur le dos d’une baleine à bosse ! hurla Bouboule.
— Mon Dieu, il y a des icebergs partout autour de nous ! constata Titus, consterné.

Cachou le lapin nain malin qui avait étudié le comportement des mammifères marins, expliqua à
ses compagnons que la baleine à bosse, capricieuse, naviguait droit vers le cercle polaire.
Une ombre glacée de givre les salua au passage : c’était un vieux phoque pas étonné du tout de
voir trois animaux ridiculement installés à califourchon sur le dos de ce mastodonte de baleine à
bosse.
Après un long parcours dans l’océan glacé, Mouchette la baleine, apercevant au loin une horde
de redoutables chasseurs, fut soudainement possédée par une colère sourde.
Elle prit un virage à quatre-vingt-dix degrés pour se débarrasser de ses encombrants passagers
clandestins.
Titus, Bouboule et Cachou furent éjectés sur la banquise par un coup de queue savamment
calculé par Mouchette, sans avoir eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait.

Mouchette la baleine à bosse pensa que les animaux conspirateurs étaient arrivés en éclaireurs
avec la ferme intention d’ameuter les terribles et féroces chasseurs de baleines qui avaient
décimé toute sa famille.
Des conventions internationales de protection des baleines à bosse avaient été signées, mais les
chasseurs, sans pitié, s’en fichaient royalement.
Ils tuaient même les baleineaux et Mouchette en savait quelque chose. Son seul et unique petit
avait été massacré sous ses yeux, sans qu’elle puisse le défendre. Alors elle était devenue
méfiante, la mouchette.
— On a quand même eu le privilège de naviguer au milieu des icebergs et des baleines ! ironisa
Cachou, fermement assis sur la banquise.
— Une expérience inoubliable, c’est certain ! répliqua Titus.
— A propos, comment et quand va-t-on réussir à quitter ce congélateur à ciel ouvert ?
questionna Bouboule, frissonnant d’angoisse.
Le spectacle qui s’offrait à eux leur suscita une vive émotion.
A peine Bouboule avait-il formulé sa question qu’une colonie de morses à pois s’approcha des
trois naufragés effarouchés, en se dandinant mollement comme il se doit quand on est un morse
à pois...
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La tribu des morses à pois encercla naturellement les caniches et le lapin enivrés de peur.
— Ils vont nous croquer ces grassouillets ! bafouilla Bouboule.
— Mais non, ils veulent parlementer, dit Cachou, insensible au découragement.
Il ajouta :
— Ne bougez pas ! On ne va pas céder à la panique, tout de même ! Je vais dialoguer avec eux,
je sais parler leur langage !
— Offre-leur du dentifrice avant de palabrer, ça refoule du goulot ces gros pépères-là ! dit
Bouboule.
Le conciliabule entre les morses à pois, toujours aussi nonchalants, et Cachou eut un surprenant
résultat…

Titus fit remarquer à Bouboule qu’au loin, un énorme brise glace tentait de tracer sa route en se
dirigeant vers eux, tout en slalomant entre des icebergs de toutes formes et de toutes tailles.
Les gros mammifères marins venaient envoyer au commandant de bord de ce navire un message
codé en morse, sous l’injonction de Cachou.
Sans tarder, le brise glace adressa de loin en réponse un signal pétaradant qui fendit légèrement
la banquise, comme pour ouvrir le passage.
Bouboule se demandait bien comment lui et ses compagnons pouvaient rejoindre le brise glace.
Tatatata ! Ta ! Tatatata ! Le cri de ralliement des morses à pois se fit entendre.
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Ce fut l’embarquement immédiat de Titus, Bouboule et Cachou pour une imprévisible croisière
sur la banquise. Le trio allait être confronté à une épreuve d’efforts physiques dans les eaux
glacées du cercle polaire.
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Bouboule se retrouva cramponné sur le dos de Roudoudou, le morse à Pois le plus costaud.
Titus enfourcha fermement Rinpinpin, le morse à pois le plus malin. Quant à Cachou, il
s’amarra solidement autour du cou de Riquiqui le morse à pois le plus petit.
Le commando de morses à pois et leur cargaison atteignit très rapidement le brise glace.
Les marins lancèrent des bouées de sauvetage à Titus, Bouboule et Cachou, transis de froid.
Les trois naufragés remercièrent chaudement les trois morses à pois qui repartirent vers le camp
de base de leurs congénères.






8Chapitre 3

Titus avait beau tendre l’oreille, il ne comprenait rien au langage des hommes d’équipage du
bateau brise glace. Cachou le lapin nain malin se distingua encore une fois, car il comprenait le
Finnois. Bouboule, ébloui par ces grands paysages blancs, n’oublia pas de saluer au passage les
rois du désert de glace, les manchots, qui foisonnaient dans cette région du cercle polaire.
Le commandant du bateau prévint les trois passagers que le brise glace allait faire une escale en
fin de journée et qu’un service de rapatriement allait les prendre en charge.

La tentation était trop forte pour Cachou le lapin nain malin. Lorsque le brise glace pénétra pour
s’amarrer dans le port de Gla-Gla-Arctique, Cachou éprouva la nécessité profonde de vouloir
rentrer à la maison, grâce à un moyen de locomotion plus confortable.
Il remercia chaleureusement les hommes de l’équipage ainsi que le commandant de bord, puis il
étreignit les deux garnements, Titus et Bouboule, en promettant de donner de ses nouvelles.
Le lapin nain fut rapatrié en avion sans avoir le temps de crapahuter dans les nuages.
Bien qu’il redoutât une réprimande, Cachou aurait une étonnante histoire à raconter à ses
maîtres.
Titus et Bouboule, excités par l’aventure, avaient décidé de continuer leur périple en direction
du Grand Nord. Ils quittèrent le port de Gla-Gla-Arctique avec la ferme intention de partir à la
recherche d’un traîneau de chiens costauds, non sans avoir salué et remercié les marins ainsi que
leur bon capitaine.
Les Inuits parlent le kalaallisut, mais les deux caniches baroudeurs savaient très bien interpréter
les signes. Une bébetterie de plus…

Le traineau fût rapidement trouvé et équipé de vivres par un gentil marchand Inuit. Titus et
Bouboule se sentaient fin prêts pour affronter le Groenland, tiré par six fougueux et non moins
excellents collègues canins de race groenlandaise.
Ils furent happés par la magie des grands espaces enneigés et glissèrent joyeusement vers la
conquête du grand désert polaire, où tout n’était que silence pour le moment.
Ils parcoururent en ce jour de grand soleil un paradis naturel où grouillaient d’étranges animaux
tels que les célèbres manchots.
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Un village Inuit se dressait à l’horizon. Titus et Bouboule y firent route, attirés comme des
aimants par une mélodie étrange.
Ils aperçurent au loin une tribu d’esquimaux qui venait d’entamer une danse du tambour sur la
grande banquise.
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Les commentaires (1)
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novick.andrea

Les droits d'auteur sont intégralement reversés à une association d'enfants malades.

mardi 9 décembre 2014 - 17:06