Épatant Pilou

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Pierre-Louis, dit « Pilou », a dix ans et termine son CM2. Hyper anxieux, il est néanmoins heureux et ne comprend pas que certains de ses camarades ne le soient pas. Parmi eux, il y en a quatre que madame Calabre, sa maîtresse, nomme les riens du tout. Il décide de leur redonner confiance d’une manière originale : un stage BD d’une semaine en juillet chez lui. Il faut dire que son père est auteur de BD, que sa mère est une magicienne des sentiments et que son chien lui parle. Si l’on ajoute à cela que parmi les quatre élus, il y a Mélissa, tout semble réuni pour prouver qu’il n’y a pas d’âge pour s’entraider et même plus... Bref, une sacrée préparation pour le collège en particulier et pour leur avenir en général.


Publié le : mardi 3 mars 2015
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EAN13 : 9782365922043
Nombre de pages : 39
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Bruno Bonvalet

 

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Roman jeunesse

 

 

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Du même auteur

 

Chez Grrr…Art Éditions :

 

• Devant moi – album illustré – 2009

• La Note – album illustré – 2010

 

Chez d’autres éditeurs :

Vite à lire et facile à jouer

Éditions RETZ – théâtre jeunesse – 2011

 

• Laurence mélodie

Éditions De La Lune – roman jeunesse – 2010

 

• Le revoyant

Pietra Liuzzo Éditions – roman jeunesse et dossier pédagogique – 2008

 

• Abécédaire bienveillant de la pédagogie à l’école, vers le bien-être de l’apprenant

Éditions De La Lune – essai – 2008

 

• Ronamel, juste pour leur dire au revoir…

Pietra Liuzzo Éditions, roman jeunesse et dossier pédagogique – 2007

 

• Les sept vies de William…

Publibook – roman jeunesse et dossier pédagogique – 2006

 

 

Éditions GRRR…ART

3, Résidence Saint-Paul, 78660 Allainville aux Bois

Tél. / Fax : 01 30 41 89 50

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ISBN : 978-2-36592-204-3

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© Éditions GRRR…ART

 

 

Loi n° 49.956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse.

 

 

Coordonnées complètes de l’auteur :

Bruno Bonvalet

Professeur des écoles et auteur jeunesse

Membre de la charte des auteurs et illustrateurs jeunesse

9 rue des Prieurs

80270 Quesnoy-Sur-Airaines

03 22 29 27 38 / 06 81 97 44 52

bruno.bonvalet1@wanadoo.fr

http://pagesperso-orange.fr/bruno.bonvalet

 

 

À tous mes élèves sans exception

 

 

« Sans amour, on n’est rien du tout. »

 

Édith Piaf, dans « La goualante du pauvre Jean »,

une des chansons préférées de Papé.

 

 

 

« Vous n’êtes que des riens du tout ! »

Yvette Calabre,

maîtresse d’école de Pilou.

 

 

1

 

On m’appelle Pilou. C’est passe-partout. Cela vient de mon prénom : Pierre-Louis. Alors, dès que maman lance « Pilou ! », j’arrive.

Maman, mon trésor d’amour que j’aime et que j’adore. C’est elle qui me le dit souvent. Moi, je lui retourne doucement le compliment le soir avant de m’endormir, ou à l’école quand je m’ennuie. Elle m’aime, c’est sûr. Toutes les mamans du monde devraient aimer leurs enfants comme ça.

J’ai un copain en classe qui me raconte le contraire.

« Ma mère, c’est comme si elle n’existait pas. À part ses clopes et ses feuilletons à la noix, rien ne compte » m’a dit Arthur dans les vestiaires de la piscine, l’autre jour. Je ne savais pas quoi dire. Il l’a bien vu. Il a haussé les épaules avant de jeter son tee-shirt sur le banc. Nous étions au moins quinze dans la pièce et pourtant, je ne voyais que lui et sa tristesse. J’ai rentré mon bonheur au fond de ma gorge et j’ai enfilé ce truc horrible qu’on appelle un bonnet de bain. Pendant toute la séance, je n’ai pensé qu’à lui. J’ai même pleuré un peu quand je faisais du « sous l’eau » pour que cela ne se voit pas.

Maman devine tout avant que cela se passe, avant que je lui en parle, avant même que j’y pense. C’est une magicienne des sentiments. Cela fait longtemps qu’elle a compris que je suis un hyper anxieux. Oui, c’est moins à la mode qu’hyperactif lorsqu’on a dix ans, mais je n’ai pas choisi. Elle sait aussi que c’est à cause de cela si j’ai besoin de me montrer, d’en faire trop. C’est pour éviter que l’on m’oublie. Et puis, comment a-t-elle deviné que chaque nuit, j’ai peur de me réveiller ? Je repense tellement aux choses qui ne m’ont pas plu, qui m’ont vexé… Il suffit que Paul me lance un regard pas sympa en récréation et vlan ! c’est reparti pour une nuit morte. Ce sont les nuits où la journée précédente m’empêche de dormir. Quand elle le sent, elle vient s’asseoir sur mon lit.

– C’est rien, mon trésor d’amour, tout cela n’a pas d’importance. Je t’aime si fort que tu as une carapace contre les méchants.

– Comme les tortues ?

– Si tu veux, comme les tortues libres qui dorment autant qu’elles veulent.

Une mère formidable, je vous le dis, avec le temps de s’occuper de tout à la maison, des poubelles aux câlins en passant par les post-it sur le frigo pour ne pas oublier ce qu’il y a à faire. Elle a un super métier : mère au foyer. C’est peut-être le mieux pour ma sœur et moi mais il me semble qu’elle attend autre chose.

 

 

2

 

Mon père, c’est une autre affaire. On le dit « tête en l’air ». C’est pas qu’il soit distrait mais… il est rarement avec nous pour de bon.

J’adore son travail. Il est auteur de bandes dessinées. Mon petit doigt me signale – sauf si je viens de le fourrer dans mon nez – que le bazar qui règne dans son atelier le représente bien. Je me demande s’il ne sait pas ranger, ou s’il ne veut pas, ou s’il ne peut pas. Oui, voilà, il ne peut pas. Il me l’a expliqué la semaine dernière.

– Tu vois, Pilou, ranger, c’est super difficile. Je n’ai pas appris moi. Quand on est artiste…

– Tu blagues là ?

– Mais non, j’te jure ! Je m’intéresse à la représentation des choses. Peu importe le fait de ranger ou pas !

– Maman ne serait pas dac avec toi.

– Ah, maman... Elle est dans un autre monde que moi à propos de la maison, tu le sais bien. Cela ne m’empêche pas de l’aimer.

Oui, ok, j’ai pigé le message : papa déteste ranger, un point c’est tout. D’ailleurs, une fois, maman a fait une tentative. C’était la catastrophe assurée. Elle a voulu bien faire. Quand Louise et moi sommes rentrés de l’école, je m’en souviens encore, elle peaufinait l’essai audacieux. Peine perdue. Le soir-même, de retour de Paris…

– Non mais je rêve ! Qui a osé ? Qui a osé ranger mon atelier !? J’aime mon désordre et je veux le retrouver !

Maman s’est cachée dans la cuisine afin de laisser passer l’orage. Au bout d’une demi-heure, nous l’avons rejointe. Affalé dans son fauteuil mauve – un objet unique sur la planète – il s’était endormi comme un bébé. Il avait recréé son univers. Nous nous sommes retenus pour ne pas exploser de rire. Sur la pointe des pieds, on s’est réfugiés sur la terrasse pour enfin rigoler.

Ce n’était pas vraiment une catastrophe.

 

Mon père dessine toutes sortes de personnages. Des petits à gros nez, des gros à petit nez, des grands à long nez, des petits au nez court, des jaunes sans nez, des blancs sans cheveux. Je pourrais continuer ainsi longtemps. Pourtant, il y en a un que je préfère, c’est Parlénor, un guerrier de la paix qui cherche toujours à arranger les gens. Papa a déjà écrit trois tomes. Si cela se passe au Moyen Âge, il y a plus de suspense, de recherches, que de combats sanglants. Je me doute que la vérité vraie des conquêtes de cette époque-là était cruelle et sans merci. Pourtant, Parlénor est au-dessus de tout cela. Il connaît la bonté cachée des hommes. Il la force à ressortir de leur cœur de pierre. Si seulement certains rois dingues et méchants avaient pu lire les aventures de « Parlénor, le chercheur de paix ». Enfin, là, je délire. De toute manière, les BD de mon père ont du succès. Il pense savoir pourquoi.

– Parlénor, Pilou, c’est un Maigret du Moyen Âge.

– Maigret, comme le flic de la télé ?

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