Journal "Paris Goutte d’Or", n° 1, juin 1984

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PERMANENCES AU 9, RUE DES GARDES de 17 heures à 20 heures MARDI ET VENDREDI ; « PARIS-GOUTTE D’OR JEUDI :APFS-CGL Tél. ; 223.32.26 (à ces heures) PARIS GOUTTE D'OR 5 F. Trimestriel Nol juin 84 LE PROJET DE LA VILLE DE PARIS : 125 immeubles détruits 1/3 des commerces en moins 5000 habitants à la rue Appel à la mobilisation générale contre ce projet. Ils croyaient que les habitants du secteur resteraient MUETS et PASSIFS. Messieurs de la Ville et de la Préfecture, nous vous avons compris. « PARIS-GOUTTE-D’OR » s’est armée, pendant que vous travailliez en silence pour démolir notre quartier. Aujourd’hui, ce journal rend public tout ce que vous avez voulu cacher afin que la population se mobilise et fasse échec à votre projet ! Notre but est la défense des habitants du quartier de la Goutte d’Or. Notre action porte sur deux axes ; — lutte contre le parasitage du quartier par les trafiquants de toutes sortes qui gênent les habitants et dégradent l’innage du quartier. Pour nous, la tolérance des pouvoirs publics à l’égard de cette « pègre » sert objectivennent le plan de dé­ molition actuel du quartier. — lutte contre le projet nnonstrueux de la Ville de Paris de raser la Goutte d'Or pour déloger les habitants actuels modestes, immigrés ou Français.
Publié le : lundi 26 janvier 2015
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PERMANENCES AU 9, RUE DES GARDES
de 17 heures à 20 heures
MARDI ET VENDREDI ; « PARIS-GOUTTE D’OR
JEUDI :APFS-CGL
Tél. ; 223.32.26 (à ces heures)
PARIS
GOUTTE D'OR
5 F. Trimestriel Nol juin 84
LE PROJET DE LA
VILLE DE PARIS :
125 immeubles détruits
1/3 des commerces
en moins
5000 habitants à la rue
Appel à la mobilisation générale contre ce projet. Ils croyaient que
les habitants du secteur resteraient MUETS et PASSIFS. Messieurs
de la Ville et de la Préfecture, nous vous avons compris.
« PARIS-GOUTTE-D’OR » s’est armée, pendant que vous travailliez
en silence pour démolir notre quartier. Aujourd’hui, ce journal rend
public tout ce que vous avez voulu cacher afin que la population se
mobilise et fasse échec à votre projet !
Notre but est la défense des habitants du quartier de la Goutte d’Or. Notre
action porte sur deux axes ;
— lutte contre le parasitage du quartier par les trafiquants de toutes sortes
qui gênent les habitants et dégradent l’innage du quartier. Pour nous, la tolérance
des pouvoirs publics à l’égard de cette « pègre » sert objectivennent le plan de dé­
molition actuel du quartier.
— lutte contre le projet nnonstrueux de la Ville de Paris de raser la Goutte
d'Or pour déloger les habitants actuels modestes, immigrés ou Français.
seule condition sur laquelle le Ministère nous a dit qu’il serait intraitable, c’est que
Depuis 5 mois, nous avons constitué un dossier volumineux : nous savons la Ville fournisse un plan de relogement de tous les habitants. Or ce plan n’existe aujourd’hui TOUT : pas (pourtant nous avons bien cherché I). Quand on sait le nombre de catégories
— ce projet n’a de social que le nom : depuis quand une opération, menée d’occupants en titre qui n’ont pas droit légalement au relogement, comment le Mi­
par rOPHLM de Paris, qui vise à changer la population d’un quartier populaire nistère peut-il se contenter de formules vagues sans exiger avant tout démarrage
peut-elle prétendre être faite dans l’intérét des habitants, dans un but social ? un plan précis de relogement de tous (qui ? où ? quand ? comment ?).
— ru tllité publique du pian d’aménagement présenté à l’enquête publique — le député (L. Jospin) : le 28 Mai, dans une lettre adressée à l'Association
qui détruit 125 immeubles et 1/3 des commerces est sans cause. On présente (qui cherche à le rencontrer depuis 3 semaines) il s’interroge sur « l’information et
un plan de démolition de maisons dont on ne sait pas encore si elles sont « Insa­ la concertation, le caractère social du projet, l’ampleur et la nature des démoli­
lubres > ou non. Nous savons que pour 90 % d’entre elles, elles sont réparables. tions, le plan de relogement... ». Mais il ne prend toujours pas position sur le projet
de la Ville (= Le plan de démolition que nous lui avons pourtant remis le 20 Mai) — Ce projet est une opération politique au détriment de l’intérdt public. Le
attendant « d’en avoir officiellement connaissance avant de (s’) exprimer ». Tou­Maire de Paris, J. Chirac, compte définitivement régler leur sort aux Immigrés
tes ces interrogations du député trouvent des réponses précises dans le projet de (les Français modestes font partie du lot) pour asseoir son pouvoir en flattant la
la Ville. Concertation = Zéro, caractère social du projet = Vider la population ac­tendance raciste actuelle d’une partie de ses électeurs.
tuelle, ampleur des démolitions = 125 immeubles (dont 60 correctes d’après les MM Chirac, Juppé et Pierre-Bloch sont les auteurs de ce plan monstrueux. critères - mêmes de la Ville) détruits + 1/3 des commerces en moins, plan de re­Jusqu’ici, nous n’avons pas été assez forts pour les faire reculer. Mais les habi­
logement = N'existe pas... Nous lui demandons une POSITION CLAIRE sur ce tants ne se laisseront pas faire I
projet, car les ambiguités actuelles, c'est l'acceptation du projet de Chirac. On
Côté Chirac, Ville de Paris, l’enjeu est clair : ^1 est irnin” '- ok nous a dit que le député prendra position... Quand ? Comment ?
été mené d’une façon AUTORITAIRE, TOTALITAIRE, au mépris des interets, de la
Au moment de mettre ce journal sous presses (30 Mai), le député ne s’est volonté des premiers concernés : les habitants et les comm. rç .nts.
toujours pas exprimé. On peut donc dire que nous sommes confrontés jusqu'ici à
Et l’Etat? Jusqu'ici, finançant à 80 % l’opcrdiiuri, rdldi oonne des une alliance entre la Ville et l'Etat contre notre quartier, contre nos vies d'habi­
preuves de la même volonté politique : tants. Nous sommes acculés à dénoncer politiquement cette alliance. Trop d'indi­
— la Préfecture de Paris : le Préfet a lancé l’enquête d’Utilité Publique le 4 ces, sinon de preuves existent jusqu’à ce jour. C’est au Député et à l’Etat de faire
Juin (en plein Ramadhan 1) en dépit de l’absurdité du scandale qui consiste à lan­ LA PREUVE DU CONTRAIRE. Ils en ont le pouvoir !
cer une enquête dont la cause qui la justifierait (l’insalubrité), n’est pas établie. Il a
engagé là la Responsabilité de l’Etat. Il cautionne les objectifs de la Ville de Paris PARIS-GOUTTE D’OR
qui veut, en accélérant le processus de démolition, prendre de court les habitants.
De plus, les enquêteurs de la Préfecture passent actuellement faire leur contre-
enquête en disant aux habitants que leur maison ne sera pas démolie, alors
qu’elle l’est de fait dans le Plan de reconstruction. Ils participent ainsi à la désin­
formation et à la démobilisation des habitants !
— le Ministère de l’Urbanisme : alors qu’il a dans ses attributions de proté­ EXPOSITION-PHOTOS
ger le patrimoine, il n’a donné jusqu’à ce jour aucune suite aux demandes de l'Ar- MONTAGE DIAPOS — DEBATS — INFORMATION
chitecte des Bâtiments de France de protection du quartier. Il a au contraire exer­
DU MARDI 12JUIN AU VENDREDI 15 JUIN cé des pressions sur lui quand nous avons fait état publiquement de ses deman­
de 17 heures à 20 heures — SALLE St BRUNO des. Il n’a pas dénoncé le contrat passé avec la Ville alors qu’il y était stipulé que
l’opération de la Goutte d’Or devait se faire dans le cadre de l’« ilôt sensible », (à côté de l’Eglise St Bernard)
c’est-à-dire après concertation et participation des habitants et des associations
du quartier. Or, de concertation il n’y en a pas eu avec la Ville. Donc, le contrat
Etat-Ville devrait être dénoncé sans plus attendre et tout financement refusé. La
ET LE 23 JUIN... MOBILISATION GENERALE !A QUELLE SAUCE VONT-ILS NOUS DEMOLIR ?
Ils ont trouvé 2 manières de faire :
ils sont très malins !
Ils croyaient qu’on n’allait pas comprendre I
Détrompez-vous, messieurs,
nous avons compris !
2ème manière : la D.U.P. (Déclaration d’Utilité Publique)1ère manière : la R.H.I. (Résorption de l’Habiim iiiaaïuwi VI/
Janvier 83 : Vote unanime du Conseil de Paris pour la RHi comme manière de
Septembre 83 : Vote unanime du Conseil de Paris pour s'occuper encore s'occuper de la Goutte d’Or. Les élus pensent que c’est insalubre chez r.cjs :
mieux de nous ; la Ville est autorisée à engager la procédure de DUP.alors il faut classer les maisons pour savoir au juste ce qui est insalubre !
Parce que la DUP permet d'exproprier tout le monde dans le péri^nètre dé­*** D’abord, les Ingénieurs de la Ville ont rempli des fiches avec des critères to­
fini, de démolir ce qui leur chante, sans que les immeubles soient nécessairement talement inadaptés à un vieux quartier de Paris, pour donner des notes à nos mai­
insalubres. Mais bien sûr, l’Utilité Publique, c'est l'amélioration du cadre de vie sons. Ceux-là ont travaillé en secret, on ne les a pas vus !
des habitants, afin qu'ils ne vivent plus dans l'insalubrité ; qu'ils sont bons pour
— 1ère fiche, 1ère note : selon qu’il y a des rongeurs ou non chez vous, nous !
qu’un camion de pompiers peut manœuvrer dans votre cour ou non, ou qué votre
maison est mal ou bien protégée contre les grosses chaleurs, et d’autres joyeuse- Alors, comme la Ville avait déjà le 1er plan (RHI — en principe provisoire),
tés de ce genre, vous êtes salubre si vous avez moins de 5, à réexaminer si vous elle a pu commencer à faire faire à un architecte de gauche, M. Thurnauer, un
avez entre 5 et 15 et déjà notoirement Insalubre à partir de 15 ! 34 immeubles magnifique plan de reconstruction, tout bétonné en barres non pas verticales (pas
sont ainsi condamnés après un travail considérable qui consiste à cocher 22 ca­ de tours verticales) mais horizontales ! avec garages, arcades et surtout des ar­
ses sur une feuille prévue à l’avance ! Ah I Mais I On a trouvé que cette fiche bres. et aussi un tiers des commerçants en moins et un chiffre non calculé d'habi­
était conçue « en vue du maximum de destructions » ! tants en moins !
— 2ème fiche, 2ème fournée d’immeubles à démolir : les Irrémédiable­
ment insalubres. Eh oui ! au 2, rue de Chartres, ils n’ont pas encore compris
qu’ils sont insalubres puisque leur maison est refaite à neuf... mais ils ont oublié
que leurs appartements donnent sur des petites cours ! L’éclairement est un cri­
Ce 2ème plan, connu en Mai, est le PLAN DUP (celui que vous pouvez voir tère déterminant, voyons ! Rue Durantin, rue des 3 Frères (sur la butte Montmar­
à la Mairie ou à l'Antenne ouverte au 33. rue Charbonnière).tre), qu’est-çe que c’est insalubre !
Deuxième stupeur :— après on reprend les salubres et les remédiables (qui sont passés à tra­
125 Immeubles détruits (dont 60 immeubles rémédiablesvers la 2ème fiche) et on les soumet à une « estimation rapide du coût de réha­
bilitation ». Si ça coûte plus de 3 660 F le m2 pour mettre aux normes, c’est trop 117 immeubles gardés. D'après le 1er PLAN RHI.
cher et on démolit pour mettre du neuf qui vaut de 5 000 F à 7 000 F le m2 !
Mais à quoi ça sert, la contre-enquête de la Préfecture, puisque mon im­
On obtient alors le 1er PLAN (RHI). Première stupeur ; meuble est déjà remplacé sur le pian DUP par un morceau de barre de
béton ?107 immeubles à démolir pour cause d’insalubrité !
M. le Préfet, qui a deux cerveaux, un pour la RHI et l'autre pour la DUP, a pris 135 immeubles gardés 1
l’arrêté d'ouverture de l'enquète d'utilité publique fin avril 84 pour le 4 juin 84. Il ne
Nous avons affiché ce plan qui était un projet et des gens qui nous veulent du sait peut-être pas que sa contre-enquête (pour savoir si le plan RHI initial de la Vil­
bien ont raconté que c’était un faux et ont intimidé les commerçants qui l’ont af­ le est acceptable) n'est pas finie ! Pauvre Préfet ! Quelle confusion mentale ! 1
fiché ! est si chargé de travail I II signe d'un côté pour un plan DUP qui démolit 18 im­
*** Mais, comme on ne décrète pas l’insalubrité aussi légèrement, il faut que le meubles dé plus que les 107 immeubles du plan RHI de la Ville, et d’un autre côté,
Préfet fasse une Contre-Enquête pour voir si ce *1 er plan est justifié I il contrôle si les 107 immeubles du plan RHI sont bien insalubres et donc bien à
démolir ILa direction de l'Urbanisme de la Préfecture prend cette contre-enquête très
au sérieux. MM Bonnet et Colas visitent les maisons, envoient des lettres recom­
Le 4 juillet, si le rapport des Commissaires enquêteurs (qu’il a désignés et mandées aux propriétaires pour qu’ils soient là 1 Enfin, on va savoir ce qui est à
qui reçoivent en plein Ramadhan et 3 jours en Juillet les habitants du quartier), est démolir et ce qui ne l’est pas ; c’est plus sérieux que le travail de la Ville ! Ils ro­
favorable, la démolition du quartier aura force de loi, que votre maison soit dent dans le quartier et font leurs rapports. Leur travail actuellement ne dépasse
insalubre ou non. Alors. M. le Préfet n'est plus confus : il est simplement l’allié de pas la moitié des immeubles à « analyser ». Mais ils expliquent bien aux gens
M. Chirac, voyons !qu’ils vont décider de l'avenir de leur maison... ,, -
Mensonge...
Les premiers arrêtés d'insalubrité seront signéa par k Pi'4.'<sî im juin 84 (si les
délais sont respectés) : ils ne concerneront même pas le tiers des immeubles du
quartier I (ilôts 3,5, 6, et 50).
L’Utilité publique c’est :
— Chasser les tiabitants actuels
— Bétonner et blanchir le quartier Sud pour pouvoir enfin restaurer dans le Insalubrité = Prétexte à la démolition I
style Louis-Philippe le quartier Nord (Château-Rouge)... Venez, venez les gentils
promoteurs !
Fin 1984 : arrêtés d’insalubrité = M. le Préfet vous fait savoir que votre im­
meuble est décidément insalubre. Vous avez 10 jours pour dire : « Non Mon­
sieur / » ( = Recours). Mais en réalité, vous ne pourrez plus rien dire puisque en
juillet, le même Préfet aura déjà signé les arrêtés d’expropriation qui supposent
Eté 84: La Ville de Paris et l'OPHLM peuvent maintenant vous exproprier que vous serez démoli, et ce, même si la contre-enquête montre par la suite que
puisque c'est d,'utilité publique ! Si vous êtes propriétaire-occupant, la Ville peut l’enquète de la Mairie était fausse et que votre immeuble était salubre ! Votre mai­
à la rigueur vous reloger comme locataires, si vous acceptez de lui vendre votre
son vous sera « rachetée » au prix du terrain nu moins le prix de démolition et si maison au prix du m2 occupé ! Sinon, avec le prix du m2 des Domaines, vous
vous êtes occupant en règle, vous serez relogé... où ? Mystère I vous verrez n'avez qu’à vous reloger ailleurs. Quant aux locataires, seuls ceux qui paient un
bien ! loyer 1948 seront relogés ! Où ? Toujours le mystère ! !
Nous espérons que vous avez compris que quand ils ont promis qu’ils s’oc­
cuperaient de nous dans le quartier, ils ont voulu dire qu’il ne s’agissait pas d’ai­
der les habitants à réparer leur maison pour mieux y vivre, mais que M. Chirac
puisse avec l’argent de l'Etat (qui finance à 80 %) nous vider du quartier, et pour
ça détruire nos maisons (qui constituent malgré l’apparence un site remarquable
de Paris) pour faire place nette aux futurs promoteurs dans le Nord du quartier et
à de nouveaux habitants à notre place I La voilà bel et bien la « transformation
radicale de la Goutte d’Or » annoncée par J-P. Bloch dans le dernier numéro de
son journal ! Ils ont cru qu’on ne le comprendrait pas, ils ont fait des efforts formi­
dables pour qu’on ne le sache pas, pour nous endormir et accélérer les opéra­
tions I
C’était une erreur, Messieurs !
On ne partira pas du quartier I
On veut garder nos maisons et les réparer avec l’aide de l’Argent de l’Etat qui
est aussi notre argent !UN PATRIMOINE ARCHITECTURAL ET URBAIN
LIVRE AUX BULLDO^PPS !
Sur ce plan, nous avons réuni deux cartes ; Comme on le voit, les rues présentant un espace urbain
— le plan projeté de destruction de la Ville de Paris où cohérent d’intérêt élevé (Gardes, Goutte d’Or, Chartres,
tous les Immeubles voués à la démolition sont en noir. Charbonnière, Polonceau) sont celles dont il ne restera presque
plus rien après l’application du plan de la Mairie, — le plan de F. Loyer (historien d’Art), dans son livre
Seule la rue Caplat (d’intérêt exceptionnel) reste intégralement. (Paris - 19éme siècle », publié par l’Atelier Parisien d’Urbanisme
Dans toutes ces rues, les immeubles datent à quelques (APUR) qui signale les espaces urbains cohérents d’intérêt
exceptions près de la 1 ère moitié du XIXème siècle. élevé ou exceptionnel (intérêt élevé : rues hachurées, intérêt
On comprend pourquoi l’APUR a été déssaisie du projet deexceptionnel : rue quadrillée, à savoir la rue Caplat).
rénovation de la Goutte d’Or...
immeubles détruits
— espace urbain cohérent d’inté­
rêt élevé
— espace urbain cohérent d'inté­
rêt exceptionnel (rue Caplat)
D o u l â v n r d d o 1?^ C hap<5
TEMOIGNAGE D’UN ARCHITECTE
Après s’être promené dans le quartier, Maurice Culot, architecte, responsable du
département « Archives-Hlstolre » à l’IFA, et Membre de la Commission Nationale des
Abords des Monuments Historiques a envoyé cette lettre au Président de
« PARIS-GOUTTE D’OR » ;
Cher Monsieur,
Il conviendrait par exemple d’attirer l'attention sur la nécessi­
omme vous en avez manifesté le souhait, je vous com- té de ne pas le banaliser par des opérations architecturales en
TTiunlque quelques-unes de mes réflexions sur le problè­ rupture avec le parcellaire, le style, les modénatures, les maté­
me de la rénovation du quartier de la Goutte d'Or. Elles riaux, les proportions, les typologies. Les immeubles d'angle don­
sont le fruit d’une pensée sans ornement, sans détour ; C nent au quartier une physionomie caractéristique à laquelle il faut
j'ai en effet découvert votre quartier seulement il y a quelques se­ être particulièrement attentif en cas de démolitions indispensa­
maines lors des différentes visites faites sous l'aimable conduite bles (c'est le cas de l'angle Goutte d’Or/Chartres), il faudrait veil­
de membres de votre association et en compagnie de spécialistes ler à reconstruire au plus près de l'identique, de manière à préser­
de l'architecture et de l'urbanisme du XIXème siècle à Paris. ver des perspectives familières qui font l'identité de la Goutte
d'Or. Le principe de la reconstruction en tenant compte du parcel­Ce que contient l'étude réalisée par l'historien François
laire devrait aussi être retenu, il aurait à mon avis l'avantage de Loyer, agissant comme conseiller historique de l'Atelier Parisien
scinder l'opération en phases plus petites (cela éviterait la cons­d’Urbanisme de la Mairie de Paris, s'est trouvé confirmé dans la
truction de barres en contradiction avec la verticalité des façades réalité d'un quartier vivant présentant du point de vue de l'archi­
sur parcelle étroite) et d'autre part, il favoriserait des solutions qui tecture un caractère homogène affirmé et, du point de vue de l'ur­
ne s'écartent pas radicalement de la typologie d’origine(*). Un bain, des tracés cohérents qui ont roriginalité de régler les diffé­
troisième principe pourrait poser que les solutions de réhabilita­rences de niveaux ainsi que des perspectives intéressantes sur
tion et de reconstruction doivent respecter la nature du site et vi­des monuments (Sacré-Cœur et ouvrages du métro aérien), mais
ser à son embellissement, en définissant entre autres des archi­aussi sur des angles particulièrement présents en raison de la dis­
tectures qui s’inspirent largement de celles des édifices les plus position des îlots. Bref, un quartier qui semble bien représentatif
représentatifs du début XIXème construits dans le quartier. Car je de l’architecture de lotissement du début du XIXème siècle et dont
suis persuadé que son avenir est inscrit en filigrane dans son pro­la typologie des Fermiers Généraux (au pied d'un Paris murmu­
pre passé et non dans des solutions qui brisent la continuité his­rant, qui, semble-t-il, murmure toujours en 1984 !).
torique.
Sans mettre aucunement en cause le travail et les compéten­
Je voudrais enfin vous remercier pour le temps que votre as­ces techniques des inspecteurs qui ont participé à la sélection des
sociation m'a consacré généreusement dans les visites, les répon­immeubles qui seraient voués à la démolition, la visite de lieux dé­
ses aux questions, la documentation.montre que les questionnaires utilisés pour déterminer le degré de
salubrité des édifices ne recoupent pas l'ensemble des paramè­ Par expérience, j'ai appris que les comités d'habitants struc­
tres inhérents à ce quartier. Il faut admettre que, sans évoquer la turés et développant une attitude positive devant les problèmes de
problématique sociale qui n'est pas de mon ressort, les qualités réhabilitation, ce qui est à mes yeux le cas de la vôtre, constituent
architecturales des édifices, celles des espaces publics et des le plus souvent une chance complémentaire de réussite pour les
cours intérieures, sont loin d'avoir été prises en charge dans les pouvoirs publics qui disposent d'un relais de plus. Relais que je
enquêtes. Celles-ci ne font pas état, me semble-t-il d'une analyse crois indispensable pour toute opé'ation de réhabilitation r-^’-'tem-
du parcellaire, de la continuité stylistique ou du rôle déterminant poraine où il s'agit d'atxjrder des matières socialement ei archi­
dans le paysage urbain des immeubles d’angle (je citerais à titre tecturalement complexes.
d'exemples et pour autant que cela soit confirmé dans les plans de Je vous prie d’agréer, chei Monsieur, i expression de me^ réalisations : l'intention de démolition du beau mur surmonté
sentiments distingués.d une balustrade qui surplombe la rue Polonceau, de l’entrée de la
villa côté Goutte d’Or, du bel ensemble de façades à l'angle des Mauric* CULOT
rues Chartx)nnières et de Jessaint...). Membre de la Commission Nationale
Il me semble que le travail réalisé sous l’aspect de l’assainis­ des Abords des Monuments Historiques
sement devrait être modulé aujourd’hui sur base d’une étude
trimoniale plus fine, plus détaillée. {') La présence d'un sous-sol difficile, composé principale­
ment de carrières, Incite également à la prudence et plaide en En ce qui concerne la définition du plan de réhabilitation, il
faveur d'intenrentlons petites et bien localisées qui n ’ébran- me semble qu’il serait judicieux de poser en préalable quelques
lent pas l'ensemble du sous-sol et tiennent plutôt compte des options de base qui découlent de la nature et de l'histoire urbaine
fondations existantes.du quartier.VOICI LE PLAN D E : RECONSTRUCTION
SOUMIS A L’EMQUETE PUBLIQUE
/• '
PROJET (encore un !)
de la Vilie de Paris,
visant à ^démolir CE PROJET DE PLAN : les immeubles
hachurés sur ie pian
1 - détruit 125 immsubbs (sur 242) dont 60 immeubiss « remédiables » (Passage Léon,
d’apris l«s critères ds la Vilie de Paris. Nous pensons que c’est ie cas de pres­ rues Cavé,
que tous ies autres. CONTRAINTES des Gardes) pour IMMEUBLES CONDAMNES A MORT PAR CE PROJET :
2 ^ ignore l’état réel des Immeubles détruits. faire un soi-disant 32, 34, 36, 38, 40,42, 44, S, 17,19,21, habitat c o n se rv é
« espace vert » qui 23,25,27,29, + 4,6 et 8 (cour)3 ■— déplace environ 5000 personnes sans plan de reiogement (où ? quand ? ^ ^ ^ h a b ita t à détru ire
ira très bien avec la dans quelles conditions?) — Rue de la Goutte d’Or : 12,14,16,18,18 bis, 20, 22, 24, 26, 26, 30 et 32 (de- I I es p a c e s libérés figuration générale •* 52,1, 7,11, 13,15, 17, 19, 23, 25, 27, 31,4 — supprime définitivement un tiers environ des commerces actuels (estima­ d ’ap/-és p lan p orC E llaite P arcs e l J a rd in s du quartier, ils3 82 33,35,37,39,45,51 bis, 53,55,57,59.tion de i’Architecte du pian).
1 :S 0 0 veulent démolir — Rue de la Charbonnièe : 2,8,16,18,24,28,30,3,5, 7,9,11,17,23,25,29,33, 5 -<• détruit la réalité multiculturelie traditionnelle de ce quartier : on va « déport le
démoi.35,37ter > des habitants et des commerçants et détruire définitivement leur cadre
— Rue des Gardes : 2 ,4 ,6 ,1 ,3 ,5 ,7 ,9 ,11, 13.devie.
— Rue des islettes : 7,9,11,13,15,12,14,16,18.
6 — ignore entièrement la nature du sous-sol (carrières) et donc le coût réel de — Rue Polonceau : 19,23,25,33,35,37,53,55,57.
la destruction et de la reconstruction avec parkings souterrains (940 places de — RueFieury :1,2,3.parking prévus)
— Rue des Poissonniers : 6,8.
7 — ne respecte en aucune façon les recommandations ds u m Bâti­ — Rue de Jessaint : 21,23.
ments de France : « Il convient que dans le cas de dômoUUon de plusieurs bâ­ — Boulevard de la Chapelle : 56,58,64,72,74,78,80,82,84,90,94,96,98,106.
timents contigus, la trame parcellaire et l’alignement ancien soient conser­
vés dans le projet de reconstruction ». (Lettre de M. BabadJIan i la Préfecture).
En effet on reconstruit rue de Chartres, des Gardes, de la Charbonnière, de la
Ooutte d’Or et Polonceau, des « barres horizontales ». Ce choix de reconstruire
tomber de nombreux immeubles remédiables. L’alignement
est modifié rues Polonceau, de la Goutte d’Or, des Islettes (sans compter les ar^
cados I).
8 — ignore la valeur historique du patrimoine architectural et urbain existant.LA PAROLE AUX A.P.F.S. ET A LA C.G.L
VIVRE
Pour pouvoir être plus forts face à la Ville de Paris, il nous est apparu
qu’il était important de travailler en liaison étroite avec deux Asso­
ciations Nationales qui ont l’expérience d’autres opérations identi-
ques. C'est pourquoi, nous leur donnons la parole dans ce numéro et A LA G O U TTE D ’OR
que nous travaillerons ensemble, avec tous les habitants de la
Goutte d’Or.
evant le danger que constitue le projet actuel de la Ville -non à la déportationL'opération projetée sur le quartier de la Goutte d'Or, a son
de Paris de rénovation du quartier de la Goutte d'Or, les -non à la déstructurationorigine dans la demande spécifiquement administrative préten­
I Associations Populaires Familiales Syndicales (APFS, -non aux abus de pouvour.dant au rééquilibrage et à la restructuration de l’ensemble du ter­
1, rue de Maubeuge, 75009 Paris, Tél. : 280.27.05) et la ritoire de Paris. Ce projet ne prend pas en compte les réalités so­ Les habitants et les associations du quartier n'auront pas C Confédération Générale du Logement (CGL, 45, rue de ciales et structurelles du quartier considérées en contradiction seulement leur « mot à dire » comme il arrive souvent chaque fols
la Chaussée d’Antin, 75009 Paris, tél. ; 280.43.89) ont avec le projet urbanistique. qu'un quartier, un îlot, un immeuble va être rénové.
décidé, en liaison avec les habitants, d'unir leurs forces. Que deux
L’enquête publique, paravent d’une décision déjà envisagée Le misérabilisme et l’insécurité font partie d’un discours qui associations nationales se regroupent sur ce terrain montre l'im­
nous mobilise et nous rassemble pour que des conclusions hâtives fait toujours recette. Employé opportunément, il Justifie des ac­portance de l’enjeu. En effet, le projet de la Ville de Par's envisage
tions à la limite de la légalité. ne soient pas déposées par la commission chargée de cette la destruction d'une bonne partie du quartier en laissant de côté le ppération.devenir des habitants. Les exemples d’autres quartiers « déstabilisés » par la poli­ Rappelons un exemple signiglcatif illustrant la pratique détes­tique de rénovation de la Ville de Paris mettent en évidence les Ayant la même analyse de la situation et voulant se battre table en matière d’opération de rénovation : « l’îlot Chalon » En tendances de cette dernière à rendre la cohabitation précaire tout pour que les habitants prennent en main l'avenir du quartier, les mars 1982, la presse annonçait : « les habitants du 12° auront leur en prétendant répondre à la demande d'amélioration du cadre de APFS et la CGL mettent en commun leurs connaissances, leurs mot à dire... les habitants seront associés à l'enquête d'utiliîé pu­vie.expériences... blique, etc. ». Qu’est devenu l’îlot Chalon ? Il est important de le
Les expériences montrent qu'il existe une convergence d'in­ rappeler : drames, injustice, expulsions illégales, tout ça en mai Pour éviter que le bulldozer de la Ville de Paris ne rase tout :
térêt et des possibilités de luttes communes face à l'aménageur 1984.immeubles, relations sociales, vie culturelle ; les habitants, infor­
quand les diverses couches d’habitants sont victimes de l'injusti Qui a pris en compte les observations des habitants, les pro­més de leurs droits et des possibilités qui existent pour les faire
ce qui les oblige à abandonner leur habitation, leur réseau social, jets des habitants et des associations de quartier ?prévaloir, seront à mêmes de participer activement au projet
leur quartier quand ce n’est pas leur ville !d'aménagement de leur quartier. Combien d’espoirs, combien de volontés se sont évanouis
La Ville de Paris emploie de multiples procédures qui rendent après la décision de la ville de démanteler l’îlot Chalon, mettant à C'est à quoi s'emploieront les APFS et la CGL, en étroite con­
complexes les rapports sociaux pour aboutir au démantèlement contribution une situation dont il n’est pas exclu qu'elle porte une certation avec les habitants et les associations du quartier, notam­
d'un centre où les habitants ne demandent qu'à vivre paisi­ certaine responsabilité !ment avec « Pariv-Ooutt» d’Or » qui publie ce journal,
blement.
Tout doit Atre mis en «uvre pour qu’il en soit autrement à is Il est temps de dire NON I ! I Goutte d’Or.uns permanence aura lieu tous les jeu-
DIS DE 17 à 20 h au 9, rue des Gardes
à partir du 7 Juin (tél. : 223.32.26).
APFS — CGL
CREER DES ASSOCIATIONS PAR IMMEUBLE Notre conception de la réhabilitation
près i'enquête d'utilité publique, la rénovatlondu quartier de la Goutte d'Or va commencer.
u mois de juin aura lieu l’enquête d’utilité publique. Cette procédure amènera la commis­Seuls, face à l’administration et aux promoteurs, les habitants auraient bien du mal à s’en
sion d’enquête à déposer un rapport qui déterminera l’avenir du quartier. Pour faire pren­sortir. Par contre, en étant solidaires les uns des autres, en créant des associations
imdre conscience à cette commission de tous les aspects du projet qui sont de nature à dé­a. t,'':----- immeuble, il sera possible d’établir, en liaison avec des juristes et la cellule truire l’unité sociale et culturelle du quartier, l'unité du bâti, il est impératif que les habi­technique APFS-CGL, un rapport de force favorable.
tants apportent les éléments contradictoires permettant de préserver le site de la Goutte d’Or,aLes expériences vécues dans d’autres quartiers de Paris, nous ont appris que les habitants ont La loi « Qullliot » permet aux associations d’habitants d’être reconnues comme des interlocuteurs
à part entière ; il faut en profiter. subi et subissent les opérations de rénovation et de réhabilitation. Leurs revendications restent le plus
souvent lettres mortes ; la mise en forme des besoins des habitants n’étant pas structurée leurs re­
La pratique de la Ville de Paris est d’essayer de diviser les habitants en insistant sur les différen­ vendications sont souvent perçues comme négatives.
ces de statut (locataires, copropriétaires...), la tactique de la Ville de Paris est de discuter (si l’on peut
Il ne faut pas que cela se passe ainsi à la Goutte d’Or.dire I) avec les habitants seuls à seuls afin de mieux les intimider, de faire pression plus facilement
C’est cela qu’il faut empêcher. Ce quartier présente une cohérence spécifique, les habitants qui y sont installés, ont tissé un ré­
seau d’habitudes et de relations qui représente un facteur essentiel de leur insertion sociale dans la
ville.Après discussions et accord entre les habitants, la cellule technique APFS-CGL et les techniciens
de la société d’aménagement, deux cas peuvent se présenter : La rénovation du quartier du type « table rase » est ressentie comme une violation et cela est
inadmissible., 1) SI l’immeuble est restauré, les habitants, en créant une association, seront à mêmes de dis­
cuter ensemble des améliorations possibles dans leur immeuble. En liaison avec la cellule technique
La volonté commune des APFS et de la CGL est de mettre en place une cellule technique d’inter­ils critiqueront et feront modifier s’il y a lieu, les projets de l’aménageur en tenant compte des besoins'
vention, capable de traduire de manière constructive les revendications des habitants. Il semble en ef­des ressources et des travaux déjà réalisés dans l’a'ppartement. Ils signeront avec les organismes
fet souvent difficile à un usager d'appréhender la vision technique et rationalisée de la rénovation et de aménageurs des accords collectifs d’immeubles.
la restauration proposées. L’assistance d’une cellule technique, regroupant des techniciens à leur
2) Si la démolition de l’immeuble est Imposée : Là encore, des associations d’habitants par im­ écoute semble pouvoir répondre à ces problèmes.
meuble seront le meilleur moyen de négocier les relogements. Actuellement, la ville ne se soucie pas
Les habitants réunis en associations par immeuble, participent avec la cellule technique à la dé­de présenter de plan de relogement ; et quand elle le fera, car la loi l’oblige pour certains cas la Ville
de Pans limitera le relogement au minimum. termination et à la spécificité des interventions à entreprendre pour chaque immeuble et pour l’ensem­
ble du qartier.
Quelque soit le statut de chaque occupant, le relogement de chaque habitant doit être assuré
Gela ne sera possible que si les habitants se regroupent. Cette cellule doit être capable d’opposer des propositions et des argumentations, de clarifier les
méthodes d acquisition et de rétrocession du foncier, de manière à faire respecter les besoins et les Dans tous les cas, informés à la permanence APFS-CGL, les habitants pourront organiser des ré­ exigences des habitants, tout en effectuant en retour, un travail d'explications sur certaines néces­unions et décider ensemble de l’avenir de leur immeuble, de l’avenir de leur quartier. sités que les opérations peuvent parfois engendrer.
Une fois les objectifs définis, l’association créée en vue de la signature d’un accord collectif ga­ Elle doit en outre intervenir avec les habitants sur tous les problèmes qui ne sont pas pris en char­rantissant les intérêts communs, les négociations pourront s’engager.
ge par les organismes aménageurs ou ceux pour lesquels ils ne s'en donnent pas les moyens.
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