Glacial

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Avec la vague glaciale qui se propage depuis quelque jour, je me rends compte que j’aime être au chaud, tout en sentant le froid. Le froid, il n’y a rien de mieux pour se sentir vivant.

Publié le : mercredi 1 février 2012
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Avec la vague glaciale qui se propage depuis quelque jour, je me rends compte que j’aime être
au chaud, tout en sentant le froid. Le froid, il n’y a rien de mieux pour se sentir vivant. Qui
n’a pas connu l’excitation de courir, d’évoluer dans la nuit noire, dans le froid mordant, et de
sentir incroyablement bien ? Qui n’a pas eu des envies de rire, des envies de danser, de
chanter alors que c’est tout juste si on ne sent plus nos orteils. Comme s’il y avait des petits
bouts d’ecstasy dans l’air.
En réalité, ce qui nous plait le plus lors de ces soirées glacées, c’est que l’on sait qu’elles sont
imprévues, éphémères, et terriblement précieuses. On se sentirait pousser des ailes. Cela ne
dure que quelques heures, mais ce genre d’instant est un médicament pour le moral.
On se sent bien. Juste bien. Peut-être qu’une bronchite gâchera la journée du lendemain, mais
quelle importance, puisqu’on a le souvenir de la soirée de la veille. Le froid exacerbe les
sensations, prendre conscience que l’on est en train de vivre donne l’impression d’être à
l’étroit dans son propre corps, comme s’il fallait faire sauter les frontières physiques, comme
s’il fallait en sortir pour exister complètement
Un collant, sous un autre collant en laine. Une robe à motif rappelant les carrés Hermès. Des
chaussettes hautes, habillées de bottes, auxquelles se balancent quelques franges. Le pull de
Dad. Une grosse écharpe faussement abimée, bien épaisse, et enfouie dans un manteau
fermé , doublé, et agrémenté d’une capuche ornée de poils en fausse fourrure.
En journée, le froid peut-être moins sympathique. Il nous pique de ses degrés négatifs, et
essaie de s’insinuer à travers les mailles de nos vêtements. C’est étrange que ce soit la nuit
qu’il devienne presque magique, alors que le jour, c’est comme s’il drainait nos ressources.
De toute façon, je l’ai toujours dit. C’est la nuit que l’on est le plus inspiré, que nos ambitions
sont les plus grandes et que l’on se sent le mieux. C’est la nuit que l’on se laisse aller à des
confidences. Comme si c’était la nuit que nous étions vraiment nous-mêmes, à l’instar de
lycanthropes qui changent d’apparence les soirs de pleine lune. Peut-être qu’en réalité, c’est la
nuit que les hommes sont eux-mêmes, pour de vrai.
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