Dans la nuit de diamant

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Ce n'est pas le moindre paradoxe pour un agnostique de présenter Dans la nuit de Diamant de Fady Noun qui, délibérément et essentiellement, place le christianisme au centre de sa quête. Mais c'est la que réside l'intérêt de prendre le poète au mot et de ne pas s'en tenir à l'apparente distance. (extrait de la préface de Michel Cassir)
Publié le : mercredi 4 février 2015
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EAN13 : 9782336368542
Nombre de pages : 104
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Fady NounDans la nuit de diamant
Nous n’emporterons avec nous que nos ombres,
Nos yeux aveugles d’avoir scruté l’avenir de trop près…
Le cœur révulsé comme par un renvoi de l’âme.
Comme au détour d’un ciel d’azur, on découvre l’automne.
Nous marcherons dans un bois sur les feuilles mortes de notre vie.
Puis un soir nous couvrira de sa lumière.
Dans la nuit de diamant
Ce n’est pas le moindre paradoxe pour un agnostique de présenter Dans
la nuit de diamant de Fady Noun qui, délibérément et essentiellement,
place le christianisme au centre de sa quête. Mais c’est là que réside
l’intérêt de prendre le poète au mot et de ne pas s’en tenir à l’apparente
distance. C’est là que l’angle de vision permet de capter ce glissement
de sens et d’images créant la tension de la poésie qui n’est autre que
l’élongation de la fbre humaine dans la nuit sans fn. L’humain au-delà
de sa condition stricte…
Michel Cassir
Fady Noun est né à Beyrouth (Liban) en 1946. Il fait des
études de sociologie à l’Université de Paris I. Il est journaliste
depuis 1980 au service politique locale de L’Orient-Le Jour, le Préface de Michel Cassir
grand quotidien francophone du Liban, et auteur de cinq recueils
de poésie : On dessine toujours des mots habillés (1968) ;
L’Enfant à la Cadillac (1973) ; L’Insurrection des mots
(2006) ; Voyageur de la dernière heure (Dar An-Nahar, 2008) ; Au
rendez-vous de l’aube (Dergham éditeur, 2010).
N°91
ISBN : 978-2-343-05412-4
12 €
Dans la nuit de diamant Fady Noun
Poésie


DANS LA NUIT DE DIAMANT






Levée d’ancre
Collection dirigée par Michel Cassir

Levée d’ancre est une collection privilégiant l’écriture
poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel
Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la
division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de
la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le
« noyau de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y
a de plus actuel, dans sa construction d’un sens de la
poésie.
Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les
anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les
échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres
entre la poésie, les différents arts et la vie.

Dernières parutions

90 – Philippe André RAYNAUD, Assises, éclairs, marches
lentes, 2014.
89 – Hervé BAUER, Des astres errants. Récits, 2014.
88 – Michel CASSIR, La fête prenant de vitesse l’obscur,
2014.
87 – Marc DELTA, Nus suivi de Triple saison, 2014.
86 – Paul RODDIE, Le ravisseur du monde. Taking the
World by Storm, 2014.
85 – Alain ROBINET, « D’EN DANTE-CI ! ». « qui », à
l’image d’icelui, l’Auteur, rééc(r)it en vis-à-vis... ... pour
nos temps d’ici-là, 2014.
84 – Christian CAVAILLE, Abrupts, 2014.
83 – Hoda ADIB, L’instinct distal, 2014.
82 – Catherine LECHNER REYDELLET, Guerre oubliée,
2013.
81 – Luis ARAUJO PEREIRA, Poésie pour dire moins, 2013.
80 – Michel CASSIR et Danielle AUGUSTIN (dir.), Pour
Gérard Augustin. Textes et témoignages, 2013.
Fady Noun



DANS LA NUIT DE DIAMANT

Préface de Michel Cassir









































LEVÉE D’ANCRE


L’Harmattan


































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05412-4
EAN : 9782343054124
Fady Noun révélé à lui-même

Une préface ne s’écrit pas comme un devoir de
vacances ou comme un article érudit pour des
experts masqués. Ce n’est que lorsque les grains de
sable soulevés par un vent violent viennent crisser
sur la feuille que les substances s’échangent
subrepticement entre les textes offerts comme des
cailloux multiformes et l’œil qui en décèle la figure
unique.

Ce n’est pas le moindre paradoxe pour un
agnostique de présenter « Dans la nuit de diamant »
de Fady Noun qui, délibérément et essentiellement,
place le christianisme au centre de sa quête. Mais
c’est là que réside l’intérêt de prendre le poète au
mot et de ne pas s’en tenir à l’apparente distance.
C’est là que l’angle de vision permet de capter ce
glissement de sens et d’images créant la tension de
la poésie qui n’est autre que l’élongation de la fibre
humaine dans la nuit sans fin. L’humain au-delà de
sa condition stricte. Le parcours de Fady Noun de
« L’enfant à la Cadillac » à la révélation de Dieu
pourrait sembler un repli, une peur, mais il n’en est
rien. Dans sa postface « Le Paris-Beyrouth », écrit
en 1973, Fady Noun a tenu à nous montrer ce
tremblement prémonitoire qui fera basculer sa vie,
d’une plongée imprudente dans un Paris sans issue à
un retour à l’essentiel. Et tout cela ne sera rien
Quand je danserai Homme-Torche Devant mon
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Créateur. Rien de banal dans le cheminement de
Fady Noun, car la flamme qu’il entretient envers et
contre tout, violence et merveille de la vie, est
intacte. Elle fait feu de tout bois pour sculpter sa
cohérence, pour insuffler l’intensité. Il n’est nul
confort intellectuel dans sa croyance, elle interroge
un mystère sans cesse renouvelé. Elle est plus de
l’ordre de l’éclair de la poésie que du sacerdoce. Et à
ce point des choses peu importe d’où provient le
souffle, il faut savoir en célébrer la portée, celle qui
crée la dignité, la folie et son abstinence. L’image de
Dieu n’est pas un recours nostalgique ou rituel, elle
infiltre les zones du quotidien tel qu’il se présente à
nous dans son insondable révolution. Dieu est dans
la physique même de son réel qui se prolonge à
l’horizon.

Les continents échangent leurs rêves…
Ce n’est qu’en se révélant que Dieu nous prive de
nos mystères
Il nous les restitue ensuite, aussi obscurs qu’ils
l’étaient,
Quand nos amis s’effaçaient comme des avions
dans la nuit
Et qu’il nous séparait de nous-mêmes…

Un autre aspect particulier de Fady Noun est de
voir à quel point sa culture de jeunesse irrigue son
imaginaire et sa vision actuels. Nous avons tous les
deux été abreuvés par les aventures de Bob Morane
et Bill Ballantine, mais il aura réussi à les replacer
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dans un contexte intime touchant quasi à la
mystique. Sa croyance est aussi dans la relecture de
sa propre vie, le frôlement de sa mère et ce
tremblement des sources cherchant des racines
noueuses.

Il jeta un coup d’œil sur le gouffre du néant,
Puis reprit sa marche.
Une heure plus tard, il avait atteint la
Montagne et n’était plus que plaie.
C’est là qu’il lui sembla qu’une forme
Humaine l’épiait.
C’était son double. L’homme prenait le thé…

Plus loin, le poème In extremis marque en
quelque sorte l’errance et le socle spirituel de Fady
Noun pour lequel le divin est sûrement plus présent
dans le défi que dans les portes qui se referment sur
une conviction. Le divin est précisément dans ces
grains de sable qui donnent leur relief à nos cahiers
d’écolier, à nos tentatives de transcender nos
destinées par la Parole.

L’homme était perdu : il ne savait plus que
faire…
Au risque de ma vie, je me signai sur-le-champ,
Et plongeant dans les abysses de la lumière,
J’en ramenai l’homme vivant.

Et plus loin encore, il apparaît que la rédemption
de Fady Noun est un passage à la lumière, mais par
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