L'albinos

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Kamir Miloko n'avait besoin que d'un cadre propice à l'éclosion de son génie, celui d'un homme au destin présidentiel. Et pourtant, son pays de naissance l'avait condamné à mort : son seul péché avait été d'avoir hérité des gènes de l'albinisme. Et si le sort avait voulu que vous naissiez du côté de ces laissés-pour-compte, qu'auriez-vous fait ?
Publié le : dimanche 5 octobre 2014
Lecture(s) : 33
EAN13 : 9782336359144
Nombre de pages : 100
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Christian TiakoL’albinos
La bataille du développement ne devrait-elle pas
être celle du bonheur et du plein épanouissement L’albinos
de l’homme dans son environnement ? À quoi
serviraient tous ces acquis matériels si des poli-
tiques discriminatoires, de stigma tisation et de
marginalisation des minorités, continuaient à dessein
d’être entretenues par ceux qui gouvernent ?
Kamir Miloko n’avait besoin que d’un cadre
propice à l’éclosion de son génie, celui d’un homme
au destin présidentiel. Et pourtant, son pays de
naissance l’avait condamné à la mort : son seul péché
avait été d’avoir hérité des gènes de l’albinisme.
Et si le sort avait voulu que vous naissiez du côté de
ces laissés-pour-compte, qu’auriez-vous fait ?
Christian Tiako est né à Douala, au
Cameroun. Titulaire d’une maîtrise, il est
auteur de plusieurs autres ouvrages.
Préface d’Alice Delphine Tang
Couverture d’après une photo de Jef Hattaway :
African Renaissance Monument - From Above (CC)
12 € Lettres camerounaises
ISBN : 978-2-343-03985-5
H-CAMEROUN_PF_S_LETTRES-CAMEROUNAISES_TIAKO_L-ALBINOS.indd 1 29/09/14 18:24
Christian Tiako
L’albinos






L’albinos

Lettres camerounaises
Collection dirigée par Gérard-Marie Messina


La collection Lettres camerounaises présente l’avantage du
positionnement international d’une parole autochtone
camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen
d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du
Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en
plus regardante.
Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des
richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire
propre, la collection Lettres camerounaises s’intéresse
particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en
matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses
multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que
la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente
la conception de la vision stratégique.


Déjà parus

Tekam TAGNE, Intrigues de couloir dans le marché du bâtiment,
2014.
Béatrice AMMERA MENDO, La vie se moque d’être aigre-douce,
2014.
Gabiel TAGNE, Cellule, 2014.
OPIC SAINT CAMILLE, Un cœur n’aime qu’une seule fois, 2014.
Rabiatou NJOYA, Les cloches du prédateur. Œuvres variées,
2014.
Emmanuel NDJERE, Une vie austère ou une galère ? Entre
tradition et modernité en Afrique, 2014.
Gabriel DEEH SEGALLO (coord.), L’Enfant Bamiléké et autres
nouvelles. Anthologie des écrivains Bamougoum, 2014.
ÉPINGLÉ, La poubelle ou Les mystères de la vie, 2014.
Moussa MBOUÉ, La démocratie de la Calmantie, 2014.
Paul BITOUK, Les mots de mon silence, 2014. La lune d’or, 2014.
Christian Tiako



L’albinos





Préface d’Alice Delphine Tang



























Du même auteur

DIDÁCTICA PRÁCTICA. CUADERNOS PEDAGÓGICOS, Paris,
L’Harmattan, novembre 2012
DICCIONARIO COMUNICATIVO DEL ESPAÑOL. SOY
COMPETENTE, Paris, L’Harmattan, juin 2013
AFOH AHKOM, Yaoundé, Ifrikiya, avril 2014


















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03985-5
EAN : 9782343039855



À tous les défenseurs
des droits de l’homme et des libertés.

Préface
Voici un roman qui s’attaque à un problème réel dans
certains de nos pays, la condition de l’albinos dans sa
société. Autour de ce sujet majeur de son livre, Christian
TIAKO va promener son lecteur dans un monde où
l’ignorance, l’égoïsme et la violence sous toutes ses
formes entravent sérieusement le développement et la
sérénité des populations en Afrique. Ce roman interpelle
les hommes à plusieurs niveaux dont celui de la petitesse
de cet homme, comme le disait Pascal, et qui est manifeste
face à la grandeur divine. Krimo, richissime homme
politique, député dans son pays, apprend à ses dépens
qu’aux yeux du créateur, tous les hommes sont égaux et
que tous les enfants ont droit à l’amour des parents, quelle
que soit leur nature. Ce député est reçu un jour en
audience par le nouveau président de la République de son
pays, un albinos ayant fait de très bonnes études à
l’étranger, et dont il ignore qu’il n’est personne d’autre
que le fils que sa femme et lui avaient abandonné, trois
décennies plus tôt, devant un portail fermé, quelques jours
après la naissance de ce dernier. Ce jour, lorsqu’il serra la
main du nouveau président de la République, « son sang
ne fit qu’un tour, il éprouva une sensation plutôt bizarre, il
avait rejoint son siège, troublé, hébété. Son cœur se mit à
battre la chamade, il avala plusieurs gorgées de whisky
sans pour autant pouvoir trouver la sérénité ». Kamir
Miloko, ce fils albinos, est devenu le président de la
République de son pays, malgré le fait qu’il a été
abandonné par ses géniteurs, malgré le traumatisme que
vivent tous ceux de sa nature dans un pays où les autorités
exécutent systématiquement les albinos, et malgré l’adversité même de la nature sur sa peau et sa vue.
L’histoire de ce roman peut à juste titre être perçue comme
relevant du genre fantastique. Mais on comprend aussi que
l’auteur, Christian TIAKO a voulu, par cette histoire
captivante, sonner l’alarme sur les discriminations et plus
précisément sur la condition de l’albinos dans nos
sociétés. La pigmentation de la peau et la défaillance
visuelle n’ont aucun impact sur les valeurs intellectuelles
et morales de ces êtres. Il s’agit d’une satire de l’injustice
perpétrée à l’endroit des albinos. Le texte de Christian
TIAKO, écrit dans un style limpide, propose une réflexion
profonde sur un certain nombre de comportements dans
nos sociétés. C’est un roman qui privilégie à la fois les
tons ironique et sarcastique pour montrer les contours et le
paradoxe de la vie, et même la vanité du confort social de
certains hommes qui évacuent autour d’eux tout ce qui
peut d’une manière ou d’une autre nuire à ce confort.

Professeure TANG Alice Delphine
Directrice de la collection « FEMMES ET
SAVOIRS » aux Éditions L’Harmattan

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Ils étaient tous condamnés à passer devant le tribunal
de la sapience, ces jeunes sur qui reposait l’avenir du pays.
Après la sentence qui venait choir sur leurs têtes
insatisfaites, comme s’ils n’étaient pas coupables, ou alors
comptables de la mention que chacun d’entre eux avait
obtenue, il y avait toujours une possibilité pour ces
zélateurs passionnés du succès de faire appel, par le
repentir et la remédiation, s’ils voulaient progresser,
aspirer à un mieux-être, briguer un verdict plus judicieux.
Et pourtant, la tâche n’était pas toujours facile ;
combattaient-ils à armes égales ? Peut-être, peut-être pas.
Une chose était certaine, ils n’échapperaient jamais à ces
notes sentencieuses qui déchaînaient parfois passions et
compassions, espoirs et désespoirs. Ce jour-là, ce fut ce
rituel cérémonial : Zhinu, quatre sur vingt ; Mog, cinq et
demi sur vingt ; Pala, six sur vingt ; … Kiodjo, dix-huit
sur vingt. Sofos, le professeur de philosophie, terminait
ainsi la remise des copies à ses élèves, après un contrôle
de leurs apprentissages, en fin de séquence. C’était la
quatrième fois qu’il effectuait ce manège depuis le début
de cette année, et pourtant il n’y avait toujours aucun
changement aussi bien au peloton de tête, qu’à la queue en
ce qui concernait les performances des apprenants.
C’étaient les mêmes qui avaient les meilleures notes, et les
mêmes en avaient les pires. Les copies étaient toujours
classées par ordre croissant, et lorsque monsieur Sofos
s’apprêtait à commencer la lecture, tous ses disciples le
précédaient dans la prononciation du nom de « Zhinu ».
Ce n’était pas bien gentil de se moquer ainsi de leur
camarade, mais les élèves avaient leurs caprices à eux.
Contrairement à ses condisciples qui avaient obtenu de
mauvaises notes, mais qui recevaient sans sourciller les
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