L'ordre du monde

De
Publié par

Depuis un regard investi par cette mémoire de l'origine qui pose l'ordre des choses dans sa complexité magique, on saisit l'homme, la bête, les éléments selon une confrontation sans compromis tendre et violente à la fois. L'ensemble du recueil nourrit une reflexion philosophique approfondie sur le sens de l'ordre et du désordre dans la composition de nos pensées en ce même monde.
Publié le : samedi 10 janvier 2015
Lecture(s) : 12
Tags :
EAN13 : 9782336367965
Nombre de pages : 152
Prix de location à la page : 0,0090€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

114
Rui CÓIASL’ordre du monde
Depuis un regard investi par cette mémoire de l’origine qui
pose l’ordre des choses dans sa complexité magique, on saisit
l’homme, la bête, les éléments selon une confrontation sans
compromis, tendre et violente à la fois. Il y a des êtres qui se font
signe, des hommes et des femmes qui croisent leur âme, toute
vérité en alerte, toute quête en devenir. Des rêves viennent en L’ordre du mondesoutien à la rencontre d’une histoire qui dit de notre humanité
« sa sagesse naissant sur l’abîme originel ». Le poète passe,
passeur de vues autant que de visions. Il bénit les visages du
temps et de l’espace aimés hier comme demain sous les rires et Traduit du portugais par
les sanglots. L’ordre du monde est ici interrogé sans cesse par le
Marie-Claire Vromanstémoin-poète, questionné lui-même par son propre témoignage
et le vagabondage de ses mots qui traversent les frontières comme
un enfant les étoiles, debout sur sa faim insatiable. La langue du
poète pénètre le soufe et la famme de cette voie des cantiques
poursuivie jusque dans la plus intime solitude de l’être. Le poète
écrit dans l’herbe folle de nos écoutes, de nos attentions, nos
aspirations à être attendus de toujours par la silhouette de notre
propre vigilance à ce monde prodigieux. L´ensemble du recueil
nourrit une réfexion philosophique approfondie sur le sens de
l´ordre et du désordre dans la composition de nos pensées en ce
même monde.
Philippe Tancelin
Rui Cóias, né à Lisbonne, il a étudié le droit à
l’Université de Coimbra et étudie la philosophie à
l’Université Nova de Lisbonne. Son travail reçoit une
attention internationale et il a gagné un nom comme
l’un des auteurs portugais contemporains. Dans son oeuvre, la
distinction entre le temps et l’espace, entre le personnel et impersonnel,
sont imprécises ; il s’agit au fond d’un vaste territoire à travers lequel 114
les voyages de l’auteur font des relations avec l’espace et la mémoire.
Ses textes sont également traduits en anglais, slovaque, macédonien
et néerlandais.
Edition bilingue portugais/français
ISBN : 978-2-343-04966-3
15,50 e
Poètes des cinq continents
Espace expérimental
Rui CÓIAS
L’ordre du monde




L’ORDRE DU MONDE




























Poètes des Cinq Continents
En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995 à
2005. La collection est actuellement dirigée par
Philippe Tancelin


Série Espace expérimental

La collection Poètes des Cinq Continents non seulement révèle les voix
prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui
feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection
dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la qualité du
traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de
titres par an.

dernières parutions

113 – Rosina NEGINSKY, Dans le Jardin du Luxembourg, 2014
112 – Sylvie MAMY, Paris Carnet d’été, 2014
111 – Kit KELEN, Arbres et étoiles, 2014.
110 – Albert V. NIKOLLA, Love explosion, 2014.
109 – Arthur BRIAND, Une date, Un repère, 2014.
108 – Cédric ARIA , Entre le mortel et le périssable, 2013.
107 – Niju Kyaku NETSUKE, Poèmes à l'assiette. Haïkus français, 2013.
106 – Daniel LABONNE, Marronages, 2013.
105 – Yves Patrick AUGUSTIN, Au bout du petit matin..., 2013.
104 – Jean-François MENARD, Des voix dans les arbres, 2012.
103 – Raymond MAGNANT, Vivre, peut-être…, 2012.
102 – Claire GARNIER-TARDIEU, Poéphéméride, 2012.
101 – Abdelghani FENNANE, Je ne mourrai pas avant le
printemps, 2012.
100 – Pierre ZIRKULI, L’instant lumineux, 2012.
99 – Mattia SCARPULLA, journal des traces, 2011.
98 – Claude-Raphaël SAMAMA, En regard des jours, 2011.
97 – Claire GARNIER-TARDIEU, Femmes soleil, 2011.
96 – Ahmed BEN MAHMOUD, Êtres et Choses, 2011.
95 – Véronique ELFAKIR, Dire cela, 2011.
94 – Arnaud DELCORTE, Ecume noire, 2011.
Rui CÓIAS





L`Ordre du Monde




Traduit du portugais par
Marie-Claire Vromans




















Du même auteur


La Nature de la Vie
La Fonction du Géographe
























© L’HARMATTAN, 2015
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04966-3
EAN : 9782343049663 !
!
!
L`Ordre du Monde !
!
!
(photo : Austerlitz, Columbia County, État de New York, États-Unis, ©
Rui Cóias) !!!
!!
1.
Não importa quem venha entender a sua história ;
ainda que nos pensem distintos — e que de acordo nos
encontremos,
e num ambíguo pensamento nos adivinhemos uns aos
outros,
tal alguém que connosco acerta numa extensão de
milho,
e por segundos fixemos com reserva, ao cruzar a ponte,
o
terreiro aonde deitávamos a face esguia, ainda meiga

é do mesmo itinerário que falamos —
ao mesmo silvo estremecemos.
Mas não que seja falsa essa história, que não é, como o
não é o pinheiro manso, porque pinheiro existe, mas
do que em estria se foi formando num suave acento,
feminino,
e ano a ano a todos trouxe o que nos trilha do passado.
Há um nome para mais tarde, mesmo que nos pensem
tão distintos
— e afim é o curso que nos vem estreitando, palmo a
palmo,
a tudo levando o fumarento olor que infunde a vida
e por dias a solta despercebidamente numa curva a
que voltamos, tal a um atalho de areias maceradas.
Sim, há um nome tardiamente, primeiro submisso,
dócil,
depois tenso no desaire do coração ao que lhe foi
destinado.
Pois como ao espelho erguendo-se quinhentos pés
acima, em Alexandria,
8
!1.
Peu importe qui comprendra son histoire ;
bien qu'on nous croie différents — et que nous
tombions d'accord,
et dans une pensée ambiguë nous nous devinions les
uns les autres,
comme quelqu'un qui nous aperçoit dans un champ de
maïs,
et que nous fixions discrètement, en traversant le pont,
l'endroit où nous dirigions notre fin visage, encore
tendre —
c'est du même itinéraire que nous parlons —
c'est au même sifflement que nous tressaillons.
Cette histoire n'est pas fausse, vraiment pas, et
non plus le pin méditerranéen, qui existe, mais s'est
formé
dans une rainure avec une suave intonation, féminine,
et d'année en année a transmis à tous des effluves du
passé.
Il y a un nom pour plus tard, bien qu'on nous croie si
différents
— et semblable est le trajet qui pour nous rétrécit à
chaque pas,
communiquant à tout l'odeur enfumée de la vie
et la détache un jour, subrepticement, dans une courbe
à laquelle nous revenons, comme à un sentier de sables
humides.
Oui, il y a un nom tardivement, d'abord soumis, docile,
ensuite figé dans la disgrâce du coeur auquel il fut
destiné.
En effet, comme pour le miroir dominant Alexandrie
de cinq cents pieds,
9
!e que três vezes ruiria até só gerar um passadiço sobre
o mar,
nada nos é dado alicerçar ao que da vida passa, e se
extingue,
senão o que do passado, na fresta de pó, vem a todos
fraquejando.
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
10
!et qui s'écroulerait trois fois pour ne plus former
qu'une passerelle sur la mer,
il ne nous est rien permis de construire sur la vie qui
passe et s'éteint,
sinon ce qui du passé, par la fente poussiéreuse,
parvient à tous en s’affaiblissant.
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
11
!2.
São da nespereira as maiores folhas deste Outono ;
e vai a chuva nelas assentando ripas de lama
que prendem as larvas que dos muros foram caindo.
Podemos caminhar assim, pois seguimos o trilho na
urzeira
e a espadela do remador a chapear na légua em volta.
Onde cruzarmos de uma a outra margem o vale,
deixando além os alcantis abrasados dos mortórios
e o granito atiçando a cinza à borda da cachoeira,
a torrente cairá do malva ao azul esverdeado a
espuma.
E na modorra que o dia traz por sob a fiada de
árvores,
que de longe tomam a silhueta evasiva das queimadas,
dizes-me ser por isto que tudo o que vem — vem da
memória,
e como nela, tal afluente ignorando seus regatos,
a nossa direcção alternará com as sombras nos
lameiros.
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
12
!2.
Les plus grandes feuilles de cet Automne sont celles du
néflier ;
et la pluie y installe des lanières de boue
qui retiennent les larves tombant du mur.
Nous pouvons marcher ainsi, car nous suivons le
sentier dans la bruyère
et le brisoir du rameur frappant l'eau à la ronde.
C'est là que nous traversons la vallée d'une rive à
l'autre,
délaissant les pentes embrasées des jachères
tandis que le granité attise la cendre au bord de la
chute
dont l'écume passe du mauve au bleu-vert.
Et dans l'indolence que le jour favorise sous la rangée
d'arbres,
qui de loin prennent la silhouette évasive des brûlis,
tu me dis que tout ce qui est perçu — vient de la
mémoire,
et que c'est en elle, comme un affluent ignore ses
ruisseaux,
que notre direction alternera avec les ombres sur les
bourbiers.
!
!
!
!
!
!
!
!
!
!
13
!3.
Tinha o rosto listrado, ali ao redor dos olhos, azulado e
liso,
de quem avança toda a vida no lado despenhado da
encosta
ou qual outro que volta de amar, sem peso, com a voz
fácil.
Trazia um ar fissurado, gelo azul, a zona nos olhos
granulosa,
a esfolar o saibro que os incêndios fazem em clarões ao
largo,
e tantos anos assim seria quando o descobria nos
braços de
quem ao portão chegasse, noite dentro, ganhando
fundo,
para aí docilmente ostentar a feição híbrida e lodosa
dos que entre nós assumem a iminência dos escombros.
Então vinha outro ano rasando o descampado, outro
Dezembro,
e logo maior voz em cima da nossa parecia nova e
vaporada.
Depois cada um nomeava, cada um isso pedindo, por
seu nome,
para à hora em que haveriam de romper os vizinhos
campanários
a todos na vista toldasse, amplo e frio, o descampado, e
a um por um, num juramento, dissesse o que está
certo: “não
duvideis da dor lilás nos olhos — (!) é só a vida a
enganar-nos” — dizia.
E tudo se cumpria, ali defronte, ao voltarmos pelas
bermas —
!
14
!

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.