Le kaléidoscope d'Orphée

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Dans le Paris de l'entre-deux guerres, Richard, un adolescent de quinze ans sensible, créatif et passionné de cinéma, retrouve par miracle Mourad, son grand-père algérien. A l'insu de sa mère Hélène, née Leïla en Oranie en 1881 d'une mère française et d'un père arabe, Richard a réussi, avec l'aide de Mathieu, son professeur de dessin, à enquêter sur le destin de son grand-père dont la génération sacrifiée a subi les effets de la colonisation et de la Première Guerre mondiale.
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 9782336356266
Nombre de pages : 184
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Le Kaléidoscope d’Orphée
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus Hirigoyen (Galatée Dominique),Entre deux longs silences, 2014. Lévy (Jean),Ce qu’il reste de l’oubli, 2014. Basquiast (Paul),Les Cerisiers de la Commune, 2014. Coste (Jean-Guillaume),Pourquoi on jette les oranges à la mer comme ça ?, 2014. Leonetti (Xavier) et Lejeune (Gontran),Réformer la France et l’économie territoriale, 2014. Lemeyre (Cécile),Les mots de ma psy, 2014. Gordon (Gino),Ça fait deux jours, 2014. Beaumont (François Jean),La Consigne, 2014. Faribault (Thierry),Le Bal des muets, 2014. Blanchet (Marie-Pierre),Intrépide Marie Chaussette, 2014. Texier (Nadine),Je suis myopathe… mais je me soigne !, 2014. Duriot (Pierre),La Croisade des chiens de guerre, 2014. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Patricia SANCHEZLe Kaléidoscope d’Orphée * Roman
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03936-7 EAN : 9782343039367
« Nos vies sont des tunnels qui parfois se connectent, laissant entrer le jour à des moments inattendus, puis elles nous replongent dans le noir. Suivant un curieux ruban de Möbius, nous retournons à ceux qui nous ont précédés, avant, finalement, de nous reconnaître nous-mêmes. » Transatlantic,Colum Mc Cann, 2013. “Je me rendormais, et parfois je n’avais plus que de courts réveils d’un instant, le temps d’entendre les craquements organiques des boiseries, d’ouvrir les yeux pour fixer le kaléidoscope de l’obscurité, de goûter grâce à une lueur momentanée de conscience le sommeil où étaient plongés les meubles, la chambre, le tout dont je n’étais qu’une petite partie et à l’insensibilité duquel je retournais vite m’unir. » Du côté de chez Swann,Marcel Proust, 1913.
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Prologue
Je savais que je retrouverais Mourad. Dans les bras chauds et colorés de ma mère, je suis bercé par les mêmes chants de nourrice arabe qu’il lui susurrait lorsqu’elle était enfant. Les mots de lumière, de poussière et de cris joyeux, toute la musique de la terre algérienne. En 1918, j’ai à peine trois ans. C’est mon plus vieux souvenir. La voix de ma mère reprenant doucement les mélopées que son père lui chantait. Bien plus tard, elle me raconta la tragédie du bonheur effleuré. L’horizon lumineux qu’ils avaient entrevu, ensemble, pendant trois années, dans un petit village de la vallée du Sig près d’Oran. Leïlla, Emma et Mourad, ma mère et ses parents. Mourad, mon grand-père africain. Le sentiment de plénitude que j’éprouvais alors que ma mère me racontait le vertige de ses images d’enfance. Le velouté de sa voix, le soutien de ses bras ronds, la douceur de sa peau à travers le tissu léger de la chemise de nuit, son regard tourné vers moi et me quittant par intervalles, happé par les visages du passé. Mourad Abel, mon grand-père, l’homme de sa vie, de la mienne donc aussi, que nous ne rencontrâmes jamais, que nous rencontrerions peut-être un jour : Inch Allah ! Mon fils !
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