Le miraculé des bords du fleuve Mano : Souga

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Le miraculé des bords du fleuve Mano : Souga est le récit romancé des tribulations d'un rescapé de la guerre du Libéria. Le personnage principal, marqué par la douleur du reniement, a passé près de deux décennies à errer sans cesse entre la Guinée, la Sierra Léone, le Libéria. Il apporte son témoignage sur des faits marquants: la révolution guinéenne, les troubles qui ont secoué le Libéria depuis l'assassinat de William Tolbert jusqu'à l'éviction de Samuel Doe.
Publié le : mardi 2 décembre 2014
Lecture(s) : 5
EAN13 : 9782336364261
Nombre de pages : 104
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Mamady KoulibalyLe miraculé des bords
du feuve Mano :
Souga
Le miraculé des bords
Le miraculé des bords du feuve Mano : Souga est le récit
romancé des tribulations d’un rescapé de la guerre du Libéria. du feuve Mano : Le personnage principal, marqué par la douleur du reniement,
a passé près de deux décennies à errer sans cesse entre la Guinée, Sougala Sierra Leone, le Libéria, etc.
Il apporte son témoignage sur des faits marquants, tels qu’il
les a vécus : la révolution guinéenne, les troubles qui ont
secoué le Libéria depuis l’assassinat de William Tolbert, jusqu’à
l’éviction de Samuel Doe. Il a traversé toutes ces péripéties en
étant animé d’un seul idéal : vivre dignement.
Mamady Koulibaly est analyste programmeur. Pur produit de l’école
guinéenne, il a publié plusieurs romans, dont La Cavale du marabout,
Confessions d’un libertin et Mystère Sankolo.
Photographie de couverture © DFID :
Bahn, à la frontière du Libéria.
Ecrire l’Afrique
ISBN : 978-2-343-05185-7
Ecrire l’Afrique12 e
Le miraculé des bords du feuve Mano : Souga Mamady Koulibaly






Le miraculé des bords
du fleuve Mano : Souga

Écrire l’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen

Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette
collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.

Dernières parutions

Jean-Célestin EDJANGUÉ, La République des sans-souci, 2014.
Casimir Alain NDHONG MBA, Au dire de mes aïeux. Une facette
du passé des Fang du Gabon, 2014.
Darouiche CHAM et Jean EYOUM, Mon continent À Fric, Un essai
à deux voix sur l'attractivité du continent Africain et de sa
jeunesse, 2014.
Marie-Françoise MOULADY-IBOVI, Étonnant ! Kokamwa !, 2014.
Réjean CÔTÉ, Un sorcier africain à Saint-Pie-de-Guire, 2014.
Mamadou DIOP, Rahma, l’école d’une vie, 2014.
Simon DIASOLUA, Entre ciel et terre, Les confidences d’un pilote
de ligne congolais, 2014.
Kasoum HAMANI, Niamey cour commune, 2014.
Roger KAFFO FOKOU, Les cendres du temps, 2014.
Pierre FREHA, Chez les Sénégaulois, 2014.
Patrick BRETON, Cotonou, chien et loup, 2014.
Cikuru BATUMIKE, L’homme qui courait devant sa culpabilité, et
autres nouvelles, 2014.
Mahmoud Bensaïd BAH, Les défis de la démocratie en Guinée,
2014.
Georges ROUARD, Nuit noire à Dôko, 2014.
O. TITY FAYE, La chute de la Révolution. Les derniers complots.
La tourmente, livre III, 2014. Prêt pour la Révolution ? De l’emprise du parti
unique à la marque du fouet rouge : la révolte. La tourmente, livre
II, 2014.
O. TITY FAYE, Selon la Révolution ! La randonnée de l’étudiant
guinéen sous la Révolution. La tourmente, livre I, 2014.
Karamoko KOUROUMA, Poste 5 ou l’incroyable aventure de
Togba, 2014.
Mamady Koulibaly



Le miraculé des bords
du fleuve Mano : Souga
































Du même auteur, aux éditions L’Harmattan


La Cavale du marabout, 2006
Confessions d’un libertin, 2008
Mystère Sankolo, 2010



















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05185-7
EAN : 9782343051857

AVERTISSEMENT

Le présent ouvrage est un récit romancé des tribulations
d’un réchappé de la guerre du Libéria. A sa demande, bien
des villes et personnages ont changé de noms. Aussi, pour
aborder des thèmes qui faisaient fâcheusement défaut à ses
témoignages, j’ai eu recours à des personnages imaginaires
comme Jennifer et Samantha ; puis, j’ai inséré çà et là des
péripéties romanesques dans le seul souci d’écrire, non pas
un livre d’histoire, mais un roman. Partant, toute
ressemblance avec des personnes existantes ou ayant déjà
existé, - à part celles nommément citées par le personnage
principal avec des précisions datées, - ne relèverait que
d’une pure coïncidence dont je m’excuse par avance.





5
PREMIERE CAUSERIE
La naissance de Souga
Le 25 juillet 2010, à 18 heures
Lorsque Baoussouka et Récima se dirent oui cette
annéelà, tout leur prédisait un avenir radieux, tant ils semblaient
faits l’un pour l’autre. L’homme venait de Rokaré où son
courage et sa ténacité forçaient le respect et l’admiration de
tous ses camarades d’âge ; tandis que la femme appartenait à
l’une des familles les plus respectées de Nigossonka.
Un an après le mariage, Récima accoucha d’un garçon qui
put à peine pousser le premier cri avant de retourner à Dieu.
L’année suivante, elle conçut ; mais cette fois-ci, le
nouveauné fut sauvé grâce à l’assistance d’une guérisseuse
expérimentée. Elle avait tellement peur de perdre l’enfant
qu’elle le portait au dos en accomplissant certains travaux
risqués. Or, un soir qu’elle pilait du riz, il lui arriva ce qu’elle
redoutait le plus : elle trébucha ; et pendant qu’elle perdait
l’équilibre, le bébé se détacha et tomba sur la nuque. Il rendit
l’âme peu après, la plongeant dans un désarroi indescriptible.
Depuis ce malheureux coup du sort, elle remarqua un
changement chez Baoussouka : il parlait peu, se contentait de
donner des ordres et d’assurer les dépenses nécessaires. Elle
s’en plaignit, mais il plaça des arguments pour la rassurer.
Une nuit, elle fit un rêve prémonitoire ; puis quand elle se
fut réveillée, elle expliqua :
- Tôt ou tard, tu me trouveras une coépouse. C’est la
signification du rêve.
Elle avait comme un pressentiment qu’il romprait bientôt
d’avec elle ; mais elle se garda d’en dire davantage. Après
7
des mois de doute, elle vit arriver chez l’homme une femme
originaire d’un pays lointain.
- Tu pouvais m’en parler, critiqua-t-elle. Je n’allais jamais
m’opposer. Je suis musulmane. Je sais que tu as le droit d’en
prendre jusqu’à quatre.
Elle parlait d’une voix plaintive. Elle ne s’était jamais
imaginée supportant la polygamie. Elle dut s’y faire, peu à
peu, grâce aux conseils de ses tantes et d’autres femmes
soucieuses de préserver son ménage.
Quelques années plus tard, alors que les mauvaises
langues commençaient à répandre qu’elle ne ferait plus
d’enfant, elle découvrit avec joie les signes d’une troisième
grossesse. Elle garda jalousement le secret, n’en dit rien à
personne, pas même à son époux qui s’apprêtait à effectuer
un voyage à travers le littoral guinéen. Elle tenait à lui
réserver une surprise agréable.
Le voyage de Baoussouka dura plus d’un mois. Et lorsqu’à
son retour, Récima alla l’informer qu’elle était enceinte, il
cria qu’il ne se sentait pas du tout concerné par la grossesse.
Aux sages venus le prier au nom d’Allah, il répondit que sa
femme avait triché avec un commerçant libanais et qu’il ne
pouvait la souffrir sous son toit.
- Tu es le seul homme que j’aie connu, déclarait Récima
en fondant en larmes. Pour l’amour du Ciel, ne me traite pas
d’infidèle.
Elle regagna Nigossonka où son père - que l’on appelait
1 2tantôt Koumi , tantôt Kédouman - l’entretint longuement
avant de dépêcher des émissaires à Rokaré avec pour seule
mission d’amener Baoussouka à accepter qu’ils se parlent
sans passion.

1Koumi : du soussou, signifie miel.
2Kédouman : du malinké, signifie homme aimable.
8
L’homme répondit-il à l’appel ? Oui. Mais il se montra
inflexible. Ce jour-là, il pleuvait à torrents. Après un
entretien houleux à Nigossonka, Baoussouka rentra tout
mouillé à Rokaré et confia une mission délicate à quatre
gaillards :
- Mes beaux-parents se rangent du côté de Récima et
m’accusent de vouloir jeter l’opprobre sur leur famille. Je
voudrais que vous partiez réclamer la dot que je leur ai
versée.
L’un des gaillards tenta vainement de le raisonner :
- Cela ne se fait pas dans nos coutumes.
- Partez, insista Baoussouka. Partez, et ne revenez pas sans
la dot.
Les émissaires quittèrent sous la pluie et allèrent
rencontrer Koumi qui, à leur grande surprise, rendit la dot
sans opposer la moindre résistance. Mais aussitôt après leur
départ, il convoqua son épouse Badoungou et sa fille Récima
dans sa case.
3- De mémoire de Diakhanké , dit-il en fixant Badoungou,
jamais nous n’avons vu nos filles donner naissance à des
enfants illégitimes. Demande à Récima qui est l’auteur de
cette grossesse. Est-ce son époux ou quelqu’un d’autre ?
Récima répondit qu’elle n’avait connu que son époux.
- Qui est donc ce Libanais dont parle Baoussouka ?
poursuivit Koumi.
- Je ne sais pas, lâcha Récima. Il y a très peu de Libanais
dans notre village. Que Baoussouka précise de qui il s’agit, et
qu’il y ait confrontation, on saura s’il m’accuse à tort ou s’il
dit la vérité.
A cause des soucis, Récima s’isolait, boudait les
cérémonies du village, etc. Une nuit, son ventre lui fit mal,
mais Badoungou se démena si bien qu’elle obtint des
produits pour la soulager. Quelques jours plus tard, la douleur

3Diakhanké : groupe ethnique mandingue établi en Guinée, au Mali, au
Sénégal, en Gambie et en Guinée Bissau.
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