Dieu, la Terre, un café et l'addition! (extraits)

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Dieu (n.c: Super-héros protéiforme aux épaules 4XL.) "Son" église ? Dans l’air sec silencieux des chambres de prières Où comme dans Ses yeux brillent de calmes flammes Chacune des bougies nous pleure un autre drame Sicut in caello et in terra, mon cher… Fiat voluntas tua, mais permets-moi aussi En connaissant ta foi, d’en critiquer l’habit Les dorures et le gras au ventre des vicaires Et leurs joues clapotantes, et leur front nobiliaire, Et leur col noir serré sur des repas trop riches Et leur bible posée sur leur panse endormie Et leur belle piété qui se meurt dans l’oubli Et leur croix d’argent fin, au col comme un fétiche Et permets-moi enfin, Ô mon père, Ô mon Dieu De rire à leurs sermons, puisque de toi à moi Ton église en leurs mains n’est utile ici-bas Pour nous servir d’abri que s’il vente ou s’il pleut. Légende d'un instant Une nuit, dans cette forêt Fantôme d'un Dieu qui passait Saluant la lune de son aile S'envolait une chouette. Revint sur le disque en beauté Se découper presque éternel Comme une prière secrète Le toit aigu du vieux clocher. La Terre (n.p: Seule planète visible les yeux baissés.) Ce que j’ai appris (A Zhora) Père ! Dis-moi, quand tu es parti Qu’as-tu gardé de ce village Quel souvenir, quel paysage Et qu’en as-tu perdu depuis ?
Publié le : dimanche 10 mai 2015
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Dieu
(n.c: Super-héros protéiforme aux épaules 4XL.)
"Son" église ?
Dans l’air sec silencieux des chambres de prières Où comme dans Ses yeux brillent de calmes flammes Chacune des bougies nous pleure un autre drame Sicut in caello et in terra, mon cher…
Fiat voluntas tua, mais permets-moi aussi En connaissant ta foi, d’en critiquer l’habit Les dorures et le gras au ventre des vicaires Et leurs joues clapotantes, et leur front nobiliaire,
Et leur col noir serré sur des repas trop riches Et leur bible posée sur leur panse endormie Et leur belle piété qui se meurt dans l’oubli Et leur croix d’argent fin, au col comme un fétiche
Et permets-moi enfin, Ô mon père, Ô mon Dieu De rire à leurs sermons, puisque de toi à moi Ton église en leurs mains n’est utile ici-bas Pour nous servir d’abri que s’il vente ou s’il pleut.
Légende d'un instant
Une nuit, dans cette forêt Fantôme d'un Dieu qui passait Saluant la lune de son aile S'envolait une chouette. Revint sur le disque en beauté Se découper presque éternel Comme une prière secrète Le toit aigu du vieux clocher.
La Terre
(n.p: Seule planète visible les yeux baissés.)
Ce que j’ai appris (A Zhora) Père ! Dis-moi, quand tu es parti Qu’as-tu gardé de ce village Quel souvenir, quel paysage Et qu’en as-tu perdu depuis ? Tu aurais voulu que ce voyage Nous ramène un jour au pays Rien ne devait changer ici Et pas question de métissage Mais voilà : j’ai appris que l’on peut à la fois Lire Victor Hugo et se dire : Inch’Allah. Enfant de France et d’Algérie Je te tends malgré les barrages Marianne aux dix mille visages Ma peau cuivrée de Kabylie Père ! Je sais tout le courage Qu’il te fallut pour vivre ici Mais il te faut sentir aussi L’air que la liberté dégage Car voilà : j’ai appris que l’on peut à la fois Lire Victor Hugo et se dire : Inch’Allah. Si je reste, je fais naufrage Si je pars ; j’ai mal, mais je vis Il faut être fort, je le suis Tu peux le garder, ton mariage Père ! j’aimais tes cheveux gris J’aimais ton courage, et merci Dis aux grands anciens du village Que ta fille, elle aussi, voyage Dis-leur : Elle prétend que l’on peut à la fois Lire Victor Hugo… Au revoir, Inch’Allah.
L’idiot
Comme un gamin, il fait des bulles Et des bonhommes de savon Il collectionne des bidules Des fleurs, des papiers de bonbons Si vous saviez comme on rigole A pas comprendre les sermons A dérouler des farandoles Sculptées dans du papier crépon Immobile sous le poirier Hypnotisé par une abeille Sa maigre récolte oubliée Il cherche le secret du miel Il partira, comme toujours Le panier moins qu’à demi-plein Maire et curé, sur le chemin Seront chacun d’un calembour Le titre d’idiot du village Fait ricaner dans les costumes Où une coutume sans âge Veut qu’on rêve à titre posthume Et un soir, pour son vieux copain Il aura un dernier sourire Et tout ce qu’on pourra en dire Ne fera qu’un bruit bien lointain Parce que sur les bancs de l’école Ils étaient assis à côté A rigoler des farandoles Et des bonhommes de papier.
...Un café et l’addition! (loc: Se demande après avoir terminé d'engloutir ce qui nous était offert jusqu'ici.)
Au Café
Ah... tiens, c'est bizarre, ça fait déjà longtemps Qu'tu marchais dans les ombres et te voilà pourtant Si on m'avait prévenue que t'étais là ce soir Je t'avoue: je sais pas si j'srais rentrée dans c'bar.
C'est pas vrai, t'as gardé ta gueule et tes tatouages Alors, t'es encore là? Qu'essaies-tu d'oublier? Peut-être un souvenir, une route noyée Dans tes yeux verts baissés où des rêves surnagent
Alors j'me suis assise devant un café J'ai sorti un stylo et puis j'ai gribouillé
J'me suis parlée du temps, qui change rien à rien Des chances que l'on prend ou qu'on laisse en chemin Des bouteilles qu'on vide et des mots qui résonnent Du rêveur exalté dont tu restes un fantôme
C'est le même discours, tu trinques à ta santé Sans rien voir alentour, mais toujours convaincu Seul au fond de ton trou, d'incarner l'absolu Ais-je eu raison un jour ou étais-je aveuglée?
Alors j'me suis assise devant un café Sans un mot, replongeant dans des eaux démontées
Je ne me souvenais pas que tes mains tremblaient Mais de ta voix, ça oui! Combien de temps encore? Avant qu'elle tremble aussi, comme tremble ton corps Comme tremble un Titan avant de s'affaisser
Et puis bien sûr, enfin, après cent mille verres Après cent mille mots chacun plus grand que toi Et cent mille chevaux menés cahin-caha Comme cent mille fois, sombrant dans ta misère...
Je suis resté assise devant mon café Renouvelant mon voeu de pas t'acompagner.
L’âme rouge (La complainte de Skywalker)
J’ai attendu d’autres soleils Qu’un ciel de temple immaculé Jusqu’aux heures où je méditais Où résonnaient d’autres appels
Ce que je voyais de détresse Hors de nos murs m’a égaré J’ai cru que c’était en guerrier Que j’honorerais nos promesses
Mais qu’on se garde d’oublier La mémoire de ma douleur Qu’on choisisse parmi les fleurs La plus sombre pour me veiller
J’ai brisé les bâtons d’encens Chargés de rêves emprisonnés Tout seul dans ma fureur cachée J’ai brûlé tous mes drapeaux blancs
Ma lame bleue a tournoyé Comme ma conscience perdue Au bord du volcan répandu Que j’avais cru pouvoir dompter
Mais qu’on se garde d’oublier La mémoire de ma douleur Qu’on choisisse parmi les fleurs La plus sombre pour me veiller
J’ai souvent revu vos visages Au fond de restes de sagesse Où je retrouvais le rivage Auquel je m’accroche sans cesse
Pourtant naufrage après naufrage De ce qu'il me reste d’espoir Je me construis en seigneur noir Conquérant exclu du partage
Qu’on se contente de verser
Sur mon cadavre, un peu de feu En seigneur noir parmi les Dieux L’arme à la main, j’avancerai.
Utopirates
(n.c: Compression d'idées neuves.)
Les goélands
J'étais un enfant sombre aux rêves impatients Prenant plus volontiers la vie des goélands Comme seule ambition, ni noble ni marchand Et mes rares sourires allaient aux oiseaux blancs
A l'heure où dans la vie vient un choix: j'étais prêt A ne jamais choisir, si on m'avait laissé Rêver de plumes et de rivages... Mais d'alentour, partout, des ombres me pressaient De révéler enfin quel serait mon métier En réponse mon paquetage En moins de temps qu'il n'en faut pour se retourner Fut bouclé corps et biens, et fut même lancé Dessus le premier bastingage.
Plus aucune question n'a pu me rattraper A ma vie de marin, les copains s'arrêtaient Et quand aux escales ils dormaient accompagnés Je laissais aux oiseaux le soin de me veiller. Puis un jour, une fille, que je n'avais pas louée Prit à mon bras l'habitude de se poser Et de s'endormir doucement. Et je pris à mon tour l'habitude d'aimer Et cette escale prit un goût particulier
Mais comme il sied à des amants, Elle s'enquit un jour de l'enfant que j'étais Et je repris mon paquetage. Plus aucune question n'a pu me rattraper Plus aucun port n'a eu ce goût particulier Je m'accroche à mon bastingage Le jour où je verrai ma vie se défiler Étendu sur le pont à l'ombre des gréements Je chercherai des yeux le vol des goélands.
Les démâtés (chanson gaie)
Notre troupeau de démâtés Lâché aux vents d’un nouveau siècle Ne manquera ni de tempêtes Ni d’océans à traverser
D’autres, le vent les fait courber Nous, accoudés au bastingage Ou au zinc d’un bar de passage Nos voiles en seront gonflées
Nous avons ri en spectateurs De leurs ballets amidonnés Laissant nos rêves nous mener Loin des précieux et des frimeurs
Notre troupeau de démâtés Lâché aux vents d’un nouveau siècle Ne manquera ni de tempêtes Ni d’océans à traverser
Nous aurons les frayeurs du bord Comme souvenirs de voyage Embarquant de nouveaux visages En compagnons à chaque port
Marins au gré de nos humeurs Sans jamais avoir navigué Mais en équipage soudé Par le soleil de jours meilleurs
Notre troupeau de démâtés Lâché aux vents d’un nouveau siècle Ne manquera ni de tempêtes Ni d’océans à traverser
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