Sous les lueurs de l'arc-en-ciel

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Dans une Afrique où les libertés individuelles, pendant trop longtemps confisquées, sont peu à peu octroyées aux hommes à travres des formes souvent controversées de démocratie, ce livre s'offre au lecteur comme un recueil original, dont les poèmes font ressortir les sensations et les frissons générés par l'observation faite de la vie.
Publié le : vendredi 10 octobre 2014
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EAN13 : 9782336359267
Nombre de pages : 136
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Hilarion MpebeSOUS LES LUEURS DE L’ARC-EN-CIEL
Poèmes
Dans une Afrique où les libertés individuelles, pendant trop
longtemps confi squées, sont peu à peu octroyées aux hommes
à travers des formes souvent controversées de démocratie, ce livre SOUS LES LUEURS
s’off re au lecteur comme un recueil original, dont les poèmes
font ressortir les sensations et les frissons générés par l’observation DE L’ARC-EN-CIELfaite de la vie.
Mais c’est surtout à travers l’évocation d’une société éprise
de modernité, mais toujours menacée par le vice, la misère, Poèmes
la corruption, l’injustice, et l’intolérance, le regard humoristique
mais non moins optimiste d’un poète, conscient des enjeux
du développement, qui passe nécessairement par un réajustement
des valeurs culturelles d’ici et d’ailleurs, au profi t d’un monde
qui se globalise.
Hilarion Mpebe est né dans la région du Centre
du Cameroun. Il fait ses études primaires à l’école
publique d’Assala I, son village natal, et ses études
secondaires au collège d’enseignement secondaire
de Bokito, puis au lycée classique de Bafi a,
où il obtient le baccalauréat série A4, avant
de se rendre à la capitale, Yaoundé, où il poursuit ses études
supérieures à l’université. Ancien élève de l’École normale supérieure
de Yaoundé, il est titulaire d’un DEA, et enseigne la langue
et la littérature françaises dans les lycées du Cameroun.
Illustration de couverture :
Djeukeu Jules Samuel, Yaoundé,
septembre 2014.
ISBN : 978-2-343-03524-6
LITTÉRATURES ET SAVOIRS
14 €
SOUS LES LUEURS DE L’ARC-EN-CIEL
Hilarion Mpebe






Sous les lueurs
de l’arc-en-ciel

Littératures et Savoirs
Collection dirigée par Emmanuel Matateyou

Dans cette collection sont publiés des ouvrages de la littérature
fiction mais également des essais produisant un discours sur des
savoirs endogènes qui sont des interrogations sur les conditions
permettant d’apporter aux sociétés du Sud et du Nord une
amélioration significative dans leur mode de vie. Dans le domaine
de la création des œuvres de l’esprit, les générations se bousculent
et s’affrontent au Nord comme au Sud avec une violence telle que
les ruptures s’accomplissent et se transposent dans les langages
littéraires (aussi bien oral qu’écrit). Toute réflexion sur toutes ces
ruptures, mais également sur les voies empruntées par les
populations africaines et autres sera très éclairante des nouveaux
défis à relever.
La collection Littératures et Savoirs est un espace de promotion
des nouvelles écritures africaines qui ont une esthétique propre ; ce
qui permet aux critiques de dire désormais que la littérature
africaine est une science objective de la subjectivité. Romans,
pièces de théâtre, poésie, monographies, récits autobiographiques,
mémoires... sur l’Afrique sont prioritairement appréciés.

Déjà parus

Thierry d’ARSÈNE, Mille et un vers, 2014.
Maboa BEBE, Ewande. Amour, peurs, espoir, 2014.
TOMA de l’EAU, Soir au village ou Globalisphère, 2013.
Léonard FOKOU, L’Aurore de l’Aurore, 2013.
Germain DONFACK, La paix à tout prix, 2013.
Sosthène Marie ATENKÉ-ÉTOA, Les poèmes de la passion, 2013.
AYANGMA-BONOHO, Noire cité, 2013.
SALTAIRE, Judas de jadis – Judas d’aujourd’hui, 2013.
Herbert MOFFO KAZE, La dent du coq, 2013.
Léonard FOKOU, L’Odyssée d’un enfant dans un monde en
dérive, 2013.
Sophie Françoise BAPAMBE YAP LIBOCK, Le dévoilement du
silence, 2013.
Hilarion Mpebe



Sous les lueurs
de l’arc-en-ciel



Poèmes
















































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03524-6
EAN : 9782343035246









À
ma mère
Élisabeth Guissèlè
Palabre universelle
ô belle époque des libertés grimaçante
De tant d’alternatives où mon cœur palpite
Comme celui d’un Pygmée perdu à Paris
Sous tes soleils éclatés je m’embrouille et prie
Dieu qu’il me garde d’un égarement fatal
Quand à l’envers je vois se languir des pétales
Derrière les papillons qui prennent le large
Ou l’aster fleurir en ce temps comme la sauge
Et pourtant je ne viens pas de nulle part
D’un crabe je suis l’eau de la source engendrée
Notre ancêtre Yobo fut ce grand crustacé
La mort comme une mante embrassa ses frères
Et lui hérita des veuves belles et sages
Pour pérenniser la lignée loin des brassages
Et il les aima d’un tel amour qui faisait
Vibrer au-dehors les feuilles de cocotiers
Puis engendra des lions : Ambassa, Essigué,
Edéng et son frère Ainsi les mânes s’aimaient
En chassant de la cour des leurs les sissonghos
Mais dans la sienne déjà jasaient les roseaux
Un jour qu’il sirotait du Nnumpé dans la case
De son ami il sut les cris d’un nouveau-né
Yaya Mpala ! s’écria-t-il puis de danser
J’ai une femme ! Iya ! Iya ! dans l’humble case
On fendit la kola on but du vin de palme
On entérina les fiançailles et l’épouse
Sur ce pacte veilla comme sur une flamme
Puis un jour la vierge vit la lune la rose
Ce jour-là fut si épanouie il la cueillit
Et avant dix nuits fit N’kondo celui qui
Devint l’aîné de ses frères nés avant lui
N’kondo c’est moi Du verbe on m’a investi
Et je parlerai non plus qu’à vous seuls mes frères
Non plus qu’à nos ancêtres qui ne sont pas morts
Mais aussi et surtout à nos contemporains
Dont les pieds foulent les nôtres dans ce grand bain
Je parlerai des maux et des mots des mœurs qui
Nous lient et nous opposent tels des ennemis
Je parlerai encore de la calebasse
De ces temps de nos peuples et leurs réticences…
Avec mon chasse-mouche et cet objet où
Je me réajuste en palabrant avec vous
Et vous vous dites que je me suis fourvoyé
Quand les autres se demandent si c’est sensé

Mais je rêve de voir l’Afrique éclore ainsi
La tête posée sur ses beaux gris-gris de même
Que sur l’ordinateur Ah facebook point comme !
Vous tremblez Or l’horizon devant nous sourit
C’est pour demain notre randonnée dans l’espace
Anta Diop sera l’engin de cette odyssée
Où l’humanité rayonnera de fierté
Cette fois-là loin du nucléaire à carcasses

Mes frères en moi j’ai voulu vaincre la bête
De trop de fierté je me suis gonflé vous dites
Pour ma perte dans un monde où dicte la pute
Où je suis la risée de mon austère Christ
Le temps ne m’a rien appris et mon petit cœur
Comme un tam-tam davantage bat qu’il y a cent
Ans quand je revois ces belles têtes ce jour
Nous sourire comme les beaux pièges d’antan
Devrions-nous croire en ces signes bien masqués
L’humanité depuis cent ans n’a pas changé
Certes mais je n’ose la sous-estimer car
8 L’homme est l’être qui réécrira notre histoire
Et l’occasion veut qu’on en parle avec manière
Réussirai-je ayant désappris à vous plaire
Je m’en doute en taquinant mes frères la Muse
Et m’humilie devant tous les yeux des Méduses
Au cas où mes grands cris d’oie viendraient à blesser
Ici leur bienveillante sensibilité

Et pourtant je ne suis que l’oie qui crie aux portes
De l’Afrique je hurle d’angoisse et d’effroi
À la vue des êtres bien mis comme des rois
Pour les obsèques de nos valeurs renaissantes
Sous le ciel bleuâtre de notre indépendance
À peine quinquagénaire et je vois la fosse
Où mon peuple vertigineusement se perd
Comme la plume rouge du fétiche ivoire
Qu’emporte sous nos yeux médusés l’aquilon

J’ai voulu vous en parler sans trop de pression
J’ai voulu vous en parler simplement avec
Les mots de mon cœur Mais autrement je n’ai pu
Y prétendre sans profaner les traits magiques
De la belle langue qui dans les cieux élus
Berce les dieux quand chante Orphée Gens de partout
À qui je sacrifie cette œuvre de vrai fou
Si gracieusement imparfaite voici des
Maux et les mots pour une si belle palabre
N’y voyez point de retors hiéroglyphes mais
Le grand battement des ailes de jonc de notre
Espoir prenant son envol par-dessus les plaies
Et regards toujours croisés de nos planètes
Par-dessus tous nos baisers macabres de mante
Religieuse C’est un signe de la forêt
Ces peuples rassemblés s’interrogeront tel
Un grand roi qui voit dans sa cour une nouvelle
9 Femme C’est une trace si minuscule au
Sein d’autres traces belles et laides de leurs
Différences si embarrassantes mais ô
Combien nécessaires J’entends dans la clameur
Des peuples qui se rencontrent sous les lueurs
De l’arc-en-ciel les cris de nos mères qui pleurent
Sous le grand orage qui emporte la case
En banco et qui érode Ngok Lituba

Et j’entends qui vont à la dérive des voix
Comme en vieilles tortues on se remobilise
Et je vois mon peuple envoûté et si piégé
Qui joue le jeu de ceux qui jouent à recoller
Les morceaux épars d’un monde configuré
Où dominent des galaxies délimitées

Que m’importe alors de parler comme un dieu en
Nous leurrant avec les tournures trop obscures
Qu’affectionnent tant les marabouts si c’est pour
Nous et eux ici que je parle à cet instant

Eh oui! je parle pour nous qui perdons le nord
En contemplant l’emballage des valeurs noires
Je parle pour mon peuple de trop de confiance
Qui trop embrasse au risque de se perdre quand
Il n’y aura plus d’espace dans sa conscience
Pour ses grands ancêtres ses totems et ses chants
Je parle pour ces nouvelles générations
Eblouies qui vont sur les traces de Jackson
Et plus que jamais je parle aux peuples du monde
Qu’on a mal renseignés sur nos valeurs immondes
Or rouges pili-pili sur nos malheurs tant
Dramatisés Je leur dis frères palabrons
Pas pour triompher mais pour vivre mieux qu’avant
Qu’ainsi cette palabre émancipée des bons
10 Mystères qu’adorent les enviables démiurges
Avec mes contemporains se déroule sans
Rancune et sans tartufferie et sans nuages
Sous les lueurs aveuglantes du grand serpent



11 La mère Coucoumou
Mon père m’a dit dans la plantation
Avant de partir cherche du bois
Fais-en deux fagots
Un fagot pour ta mère ère Coucoumou
Et j’ai cherché du bois
Et j’en ai fait deux fagots
Un gros fagot pour ma mère
Un gros fagot pour la mère Coucoumou

Et mon père m’a dit
Va d’abord déposer le bois
De ta mère Coucoumou
Et quand tu l’auras déposé
Va dans sa cuisine et
Prends sa grosse calebasse
Cours vite au marigot et
Ramène-lui de l’eau bien fraîche
Puis reviens ici porter à ta mère
Son fagot de bois

Et je suis allé déposer le bois
De la mère Coucoumou
Et je suis entré dans sa cuisine
Et j’ai pris sa grosse calebasse
Et j’ai couru au marigot puiser
De l’eau fraîche pour la mère Coucoumou

Et la mère Coucoumou émue a chanté
Moi Coucoumou la risée de ce village
Je n’ai pas enfanté
Et pourtant j’ai du bois dans ma cuisine
12

Les commentaires (1)
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makaba1

Quelle merveille!Est ce possible d'avoir un exemplaire?

lundi 2 février 2015 - 15:13