Analyse du Misanthrope, Molière : Scène des portraits (II, 4)

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Analyse complète (plan détaillé)de la scène des portraits Acte II, scène4, du Misanthrope, de Molière.
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CyrilMartinez06
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II. Analyse de la scène des portraits (Acte II, scène 4)
Le Misanthrope est l’une des trois grandes comédies sérieuses de Molière avec leTartuffeetDom Juan.Dans cette pièce, il peint avec critique les mœurs de son époque. Le premieracte se déroule rapidement en trois scènes et met l’accent sur le caractère colériqued’Alceste.L’Acte II voit la première confrontation amoureuse avec Célimène. Et la scène 4, qui nousintéresse, va montrer le talent de persiflage de la jeune femme, à travers une série deportraits au vitriole.On peut affirmer que la scène 4 de l’Acte II est « la scène des portraits » pour plusieursraisons.D’une part, cette scène nous dresse définitivement le portrait de Célimène, qui,jusque là, était peu remarquable ou simplement évoquée. Elle est même mise en avant parles dialogues entre les personnages, c’est elle qui est regardée et qui parle.D’une autrepart, la scène nous dévoile tous les courtisans de Célimène, les Marquis Clitandre etAcaste, qui raillent chacun leur tour d’autres nobles de la Cour. Dévoilant alors lecomportement et la mentalité des personnages et peut-être des véritables courtisans del’époque. Aussi, en dépeignant le portrait des personnages, l’auteur réussit à dénoncerouvertement l’hypocrisie sociale de l’époque. Par exemple, les Marquis n’hésitent pas à semoquer de certains nobles dont ils se prétendent amis uniquement pour mieux se faireremarquer. Il en va de même pour Célimène.Pour finir, cette scène est la scène desportraits car le spectateur/lecteur découvre une vraie personnalité des personnages et serend compte alors qu’Alceste et Célimène sont incompatibles.Critique des mœurs de laCour.Problématique : En quoi cette « scène des portraits » est-elle révélatrice des mœursde la Cour ?I. Critique des courtisans
EnnuyeuxLes courtisans sont présentés comme des gens ennuyeux (exemple V.580 : « c’est unparleur étrange »), V.581 « Art de ne vous rien dire » => Art : Antiphrase. Aussi, nousavons le mot « bruit » pour qualifier les paroles de la personne en question.Hyperbole : « Il assomme le monde » (V.590).V.595 : « Ô l’ennuyeux conteur ! » => « Ô » surenchérit sur la critique. Le rythme de laphrase sert à intensifier la critique.V.604 : « Le pauvre esprit », « le sec entretien ». Métonymie (Substitution/procuration)V.607 : « Stérilité » - « stupide ».Champ lexical de la plainte : « Mourir », « épuiser ».
OisifsLes courtisans sont présentés comme des gens oisifs (exemple v.581 : « Dans les proposqu’il tient, on ne voit jamais goutte »), « et sans aucune affaire, est toujours affairé»(V.588) => antiphrase. Aussi, en parlant de Bélise aux vers 604 « Le sec entretien ».Cléon : « Gâte tous les repas qu’il donne » (V.630).Médisants
Les courtisans sont présentés comme des gens médisants (ex.V.574 : « On le revoit plusplein d’extravagance »). Pour Géralde : « Le nom de monsieur est chez lui hors d’usage ».Répétition du mot esprit : « Esprit », « dans son esprit », « du haut de son bel esprit »,« Être habile » => champ lexical de la vanité. « Rien ne touche son goût », V.643 « Ne…rien » (négation) et « Trouver à redire » V.641/645 : « Reprendre ».Quand Célimène et les courtisans parlent de leurs amis, c’est pour les critiquer enmal.II. Les éloges des honnêtes gensMolière contrebalance les critiques féroces des courtisans au moyen des dialogues de Philinteet d’Eliante prouvant la bienveillance des personnages vis-à-vis des autres.
PhilinteV.633 : « Je le trouve honnête homme et d’un air assez sage ».V.667-668 : Débat entre Alceste (toujours incohérent) et Philinte.V.683-686 : « Mais il est véritable aussi que votre esprit se gendarme toujours contre tout cequ’on dit, par un chagrin que lui-même avoue, il ne saurait souffrir qu’on blâme, ni qu’onloue ».Philinte se retient dans ses propos et reste calme durant toute la scène.
ElianteLe personnage d’Eliante est mesuré et bienveillant. Elle fait partie des trois personnagesféminins de la scène : Bélise est ennuyeuse, Célimène est belle mais médisante. Tiraded’Eliante, débattant sur la « cristallisation de l’amour » (Stendhal) : Quand on aime, onembellit l’être aimé ».
AlcesteAlceste nous est présenté comme un marginal, un colérique et faible. Répétition du verbeexpliquer, il ne reprend la parole qu’à partir du verbe 651 : après les 8 portraits. Celadémontre la misanthropie du personnage : il ne parle pas/peu en présence du monde. Il pousseCélimène à la médisance. V.659 : « Ris complaisants ». Il ne s’en prend qu’aux Marquis.V.660 : « Humeur satirique », v.661 : « Ces traits médisants », v.692 : « Vous avez desplaisirs que je ne puis souffrir ».Alceste est faible, il ne sait pas s’attaquer à Célimène directement et il est faible par sonamour pour elle.CONCLUSION :La scène, une des plus célèbres du répertoire, repose sur le comique de mots et desituation. Elle nous montre que les mots peuvent « tuer » un individu et que c’est là lepasse-temps favori de la Cour. Le comique de situation vient de la marginalisationd’Alceste, qui est ridicule dans ses entêtements et ses contradictions. Mais la scène révèleégalement du registre pathétique car elle nous fait bien comprendre l’incompatibilitédes personnages qui ne laisse rien présager de bon. Le lecteur se demande quand Alcestearrivera à parler à Célimène et lui avouera ses sentiments.
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