Textes à claques

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Le genre d’ouvrage qui est une vraie réjouissance pour le lecteur-lectrice. Un plaisir rare aujourd’hui ! Des « deux CRS amoureux » au « On arrête pas le progrès », tous les textes mettent une claques aux mauvaises odeurs et glissent une pincée d’humanisme et d’humour propre à ravir les plus réfractaires au bonheur ! Ce sont une quarantaine de textes drolatiques qui provoquent réflexions, rires et sourires ! Un chef d’œuvre de bonne humeur et d’humour. Maurice MONS restera pour toujours « le père Groseille », rôle qu’il incarnait dans le film d’Étienne Chatillez « La vie est un long fleuve tranquille » (1988). Mais ce comédien hors pair est aussi et surtout un homme de plume et d’humour ! Une bombe à comique ! Il va à la manière des sauMONS à contre-courant pour enchanter à la source. Il signe-là un chef-d’œuvre de drôlerie et d’absurde qui est un acte jubilatoire dans notre monde « uniformité ». Le grand-père Groseille (aujourd’hui !) a encore du jus pour les assoiffes de bons mots et son regard « acéréaliste » ouvre des voies littéraires peu explorées. Laissez-vous embarquez par ces mots de tête qui claquent au vent comme un « étant d’ART » !


Publié le : mercredi 4 mars 2015
Lecture(s) : 76
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782365922050
Nombre de pages : 43
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Maurice Mons

 

 

Textes à claques

 

 

 

 

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Éditions Grrr…ART

3, Résidence Saint-Paul, 78660 Allainville aux Bois

Tél. / Fax : 01 30 41 89 50

Sites Internet : http://grrrart.free.fr

http://leoetlu.free.fr

 

 

ISBN : 978-2-36592-205-0

Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction
strictement réservés pour tous pays.

© Éditions Grrr…ART

 

 

L’INCONNU DE LA PLEINE LUNE

 

Par une nuit de pleine lune, où tout semblait dormir le long des golfes clairs, à l’ombre des palétuviers roses, un homme… seul… sur une plage déserte… mystérieusement… pissait.

Il avait les yeux baisés, la mine triste, une prémolaire plombée, sa moto au garage et l’air de celui qui a oublié les paroles.

Il pissait sur cette plage de sable fin où la mer sans arrêt roulait ses galets, les cheveux défaits, sur un air de musette. Tout était calme, silencieux, immobile et juteux.

L’air avait des senteurs de pois, tandis que l’œil était dans la tombe et regardait la ligne bleue des Vosges au-dessus de laquelle les cigognes étaient de retour.

Soudain, l’homme de pisser s’arrêta. Il boutonna sa braguette, fit quelques pas en avant, puis à nouveau s’arrêta. Il pâlit, s’accroupit et rota. Minuit tinta criminellement douze fois au clocher du village du Dr Schweitzer. Tout à coup, dans l’ombre sombre de la nuit noire, une lueur de 125 watts viola les ténèbres velues et vint planter son phallique faisceau aux pieds de l’homme, cet inconnu.

À présent, l’air avait des senteurs de pois lourdes et l’œil n’était plus dans la tombe pour regarder la ligne bleue des Vosges, devenue jaune, au-dessus de laquelle les clochers des alentours n’indiquaient même plus l’heure exquise qui grise les cigognes blanches sur les toits qui penchent.

En revanche, l’homme avait repris sa marche en avant, laissant derrière lui le phallique faisceau fumant.

Mais qui donc était-il ? Pourquoi avait-il pissé à cet endroit précis ? Connaissait-il Don Diègue ? Etait-il blanc, chauve, centriste, pédophile ou végétarien ?

Soudain, dans le silence pesant, tout se tut. Qui l’eut cru ? Les pas de l’homme restèrent suspendus. Il haletait lentement sous son tee-shirt en thermo-tactyl turbo-ignifugé. Le fameux tee-shirt qui dit « Moi le froid, connais pas ! ». Et auquel le froid répond : « Moi non plus Ducon ».

Dans le ciel de suie, couleur de nuit, un oiseau s’enfuit, lançant un terrifiant… « cui-cui ». Trois étoiles s’allumèrent au fronton du grand hôtel cosmique. Le temps suspendit son vol au porte-manteau de l’oubli. Les senteurs de pois se firent plus chiches.

Quelque part, une souris verte, qui trottait dans l’herbe, se tailla la part du lion en grignotant le pain dur d’une poule sur un mur, près d’un escargot tout chaud, qui revenait de l’enterrement d’une feuille morte, à l’heure où blanchit la lessive !…

La ligne bleue des Vosges, devenue jaune, vira à gauche et sa cuti.

C’est alors qu’un chien aboya au loin, tandis que sur la plage passait une caravane 3/4 places. Elle passait, passa, puis disparut.

Au même instant, le chien qui aboyait, aboya, puis se tut.

D’un seul coup, notre inconnu, cet homme, sut ! Oui il sut tout de suite ce qu’il devait savoir.

Alors, sans hésiter, il sortit une mystérieuse boîte ronde de sa poche, l’ouvrit et, tout à coup, prit une pastille Flagada. Flagada la pastille de ceux qui savent !

 

 

LE DISCOURS MILITAIRE

(Face aux nouvelles recrues)

 

 

Messieurs, je me présente : je suis l’adjudant-chef instructeur, chargé de votre instruction, c’est-à-dire de vous instruire. Et pour commencer voici quelques points importants à vous mettre dans le crâne.

– Primo. L’armée est une institution… démocratique voulue par le peuple. Une institution démocratique à l’intérieur de laquelle vous n’aurez qu’un droit : celui de vous taire et de fermer vos gueules. L’armée est là pour protéger les libertés, pas pour les permettre.

– Deuxio. Un chef a toujours raison, même si vous n’avez pas tort. Et réciproquement.

– Troisio. Sans doute y-a-t-il parmi vous des gauchistes. Ils ont plutôt intérêt à se taire et à se planquer. Parce que l’armée ne fait pas de politique !

– Quatro. Peut-être y en a-t-il d’autres qui auraient aimé être objé-sécateurs de conscience. Alors là, mieux vaut ne pas en parler ! Tous des poules mouillées qui camouflent leur manque de courage derrière leur soi-disant respect de la vie, ou leurs convictions religieuses. Effectivement, Dieu a dit : « Tu ne tueras point ». Mais il n’a jamais dit : « Tu ne tireras point ». Et la nuance est de taille parce que quand on tire sur un ennemi ce n’est pas forcément pour le tuer. La preuve : dans un conflit il y a toujours beaucoup plus de blessés que de morts. La faute aux maladroits aussi, bien sûr.

– Cinquo. L’armée n’a rien à foutre des gonzesses et des femmelettes. Ce n’est pas une raison pour en conclure que les militaires sont des… mysogin’s.

– Siso. Les militaires ne font pas la guerre, ils protègent la paix, nuance ! La guerre c’est le prix de la paix ! Donc sans armée, pas de paix ! Et d’ailleurs, comme le dit si bien un vieux proverbe ancien : « Si tu veux la paix, prépare la guerre. Si tu veux la guerre, fous-nous la paix ! ».

– Septo. L’armée favorise l’emploi. La preuve : grâce à elle, par exemple, les usines d’armement ne connaissent jamais l’horreur du chômage. Il y en a qui disent, encore des arriérés mentalos, que les fabricants d’armes vendent de la mort. Et alors ! Il faut bien que tout le monde vive, non !

– Huito. N’oubliez pas, Messieurs, qu’en temps de guerre une goutte de carburant a beaucoup plus de valeur qu’une goutte de sang. Même si, comme dit notre colonel avec son sens de l’humour absolument prodigieux, même s’il s’agit d’une goutte de sang… brémeuse ! Le carburant c’est le sang des engins. Et les engins, grâce au carburant, vous transporteront n’importe où, même si vous n’avez plus de sang.

– Neuvo. Certains civils bornés… pléonasme, prétendent qu’avec l’arme atomique les risques de contamination seront énormes pour les survivants. Et tout de suite après ils disent qu’il n’y aura pas de survivants. Alors, il faudrait savoir ? S’il n’y a pas de survivants, il n’y a aucun risque de contamination pour personne.

– Dizo. Peut-être avez-vous entendu dire aussi que l’armée est inutile parce que justement le prochain conflit sera nucléaire et qu’à la première attaque les 9/10e de la France seront rayés de la carte ! Et alors ! Il faudra bien protéger les 3/4 restants.

Voilà, Messieurs, ce que j’avais à vous dire pour ce premier contact. Demain, à la même heure, au même endroit, nous reprendrons la suite de ce dialogue.

 

 

TOUT EST EN ORDRE

 

– Dormez en paix, braves gens. Dormez en paix. Tout est calme ! Tout va bien ! Tout est en ordre !

– Les alouettes sont dans leurs pâtés,

– Les crabes dans leurs paniers,

– Les missionnaires dans leurs positions,

– Les chefs dans leurs terrines,

– Les biens sociaux dans leurs abus,

– Les bleus dans leurs casques,

– Les ministres dans leurs portefeuilles,

– Le pape dans sa bulle,

– La barbarie dans son orgue,

– Les sceptiques dans leurs fosses,

– Les nones dans leurs pets,

– Les droits de l’homme dans leur déclaration,

– Les anglaises dans leurs capotes,

– Et le vital dans son minimum…

Tout est parfaitement en ordre !

 

 

LE BON CITOYEN

 

Je suis un bon et honnête citoyen moi, Monsieur. Oui, parfaitement ! Un bon et honnête citoyen. La preuve :

Je n’attends pas à demain pour faire aujourd’hui ce que j’avais prévu de faire avant-hier.

Je ne fais jamais l’amour après 10 heures du soir pour ne pas réveiller le cochon qui risque de sommeiller chez le voisin.

Je suis contre les écologistes qui en manifestant autour des centrales nucléaires écrasent les petites fleurs des prairies environnantes. C’est dégoûtant !

Je n’ai jamais dit non quand il fallait dire oui, ni oui quand il fallait dire non, même si, pour un oui ou un non, on nous oblige à dire oui ou non, alors qu’on aimerait bien ne dire ni oui, ni non.

J’estime que n’importe qui a le droit d’avoir mes opinions, même si elles sont contraires à celles que je n’aurai jamais.

Je ne vais voir des films pornos que pour bien me persuader qu’ils ne méritent pas d’être vus.

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