[RAPPORT] Affirmer la place de la France dans le monde

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Affirmer la place Contribution • Lde la France dans présentée à l’UMP par e pôle « Affaires étrangères et Défense » efensele monde de la Boîte à idées @BAI_D www.la-bai.fr • Droit au Cœur, par Hervé Mariton,1. mouvement présidé NOTRE CONSTAT En 2017, il sera de la responsabilité de l’opposition de faire entrer député de la Drôme ete pleinement la France dans le XXI siècle, en rejetant le repli que prônent Maire de Crest. l’extrême-droite et l’extrême-gauche, et le renoncement à une voix @droitaucoeur_ autonome qu’accompagne passivement l’actuel gouvernement. www.droit-au-coeur.fr 2. 8 PROPOSITIONS Dans cette ère de puissances relatives, évoluant dans un monde apolaire plus que multipolaire, la France dispose de nombreux atouts à faire valoir pour mettre en œuvre une politique d’indépendance et d’ouverture. Ni repoussoir, ni diversion, la politique étrangère de la France ne doit pas être un substitut aux réformes intérieures, mais en constituer le prolongement sur la scène internationale. Elle ne doit pas être qu’une finalité en soi consistant à « rayonner »urbi et orbi,sans but précis. Cela suppose que soient portés devant les Français une vision, des choix et les actions qui en découlent. La vision doit être celle d’une politiqueindépendante,qui n’hésite pas à s’affirmer vis-à-vis de l’extérieur, tout en restantouverteà son environnement. C’est le sens des 8 propositions que formulent la Boîte à idées et Droit au cœur. www.la-bai.
Publié le : jeudi 29 janvier 2015
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Affirmer la place Contribution • Lde la France dans présentée à l’UMP par e pôle « Affaires étrangères et Défense » efensele monde de la Boîte à idées @BAI_D www.la-bai.fr • Droit au Cœur, par Hervé Mariton,1. mouvement présidé NOTRE CONSTAT En 2017, il sera de la responsabilité de l’opposition de faire entrer député de la Drôme ete pleinement la France dans le XXI siècle, en rejetant le repli que prônent Maire de Crest. l’extrême-droite et l’extrême-gauche, et le renoncement à une voix @droitaucoeur_ autonome qu’accompagne passivement l’actuel gouvernement. www.droit-au-coeur.fr 2. 8 PROPOSITIONS Dans cette ère de puissances relatives, évoluant dans un monde apolaire plus que multipolaire, la France dispose de nombreux atouts à faire valoir pour mettre en œuvre une politique d’indépendance et d’ouverture. Ni repoussoir, ni diversion, la politique étrangère de la France ne doit pas être un substitut aux réformes intérieures, mais en constituer le prolongement sur la scène internationale. Elle ne doit pas être qu’une finalité en soi consistant à « rayonner »urbi et orbi,sans but précis. Cela suppose que soient portés devant les Français une vision, des choix et les actions qui en découlent. La vision doit être celle d’une politiqueindépendante,qui n’hésite pas à s’affirmer vis-à-vis de l’extérieur, tout en restantouverteà son environnement. C’est le sens des 8 propositions que formulent la Boîte à idées et Droit au cœur.
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Mots clés : relations internationales, politique étrangère, diplomatie, mondialisation.
JAN. 2015
Représentants : Maël de Calan Enguerrand Delannoy Matthieu Schlesinger
Contacts : mael.decalan@la-bai.fr enguerrand.delannoy@la-bai.fr matthieu.schlesinger@la-bai.fr
@BoiteIdees
LA BOÎTE À IDÉES Le think tank de l’UMP
La BAI est un groupe de réflexion et d’action rassemblant la jeune garde de l'UMP. Soutenue par des parlementaires de premier plan et des militants issus de toutes les fédérations, elle poursuit deux objectifs :
Elaborer le programme de redressement national dont la France a besoin. En 2017, l’état de la France nécessitera l’application d’un programme de rupture, précis, réaliste et cohérent. Une centaine d’experts issus de la haute fonction publique et du secteur privé travaillent à son élaboration.
Faire en sorte que ce programme soit au cœur de l’UMP. La BAI veut peser sur la ligne politique de l’UMP. Elle associe à ses travaux les principaux responsables du parti, et rassemble des trentenaires qui s’impliquent au sein du mouvement sur le terrain et contribueront demain à la reconquête.
Née en septembre 2012 à l’initiative d’un groupe qui avait travaillé aux côtés de Nicolas Sarkozy à l’élaboration de sa plateforme présidentielle, la BAI a été l’une des 6 motions candidates au Congrès de 2012 où elle a rassemblé près de 10% des voix. Elle anime depuis le débat politique et publie régulièrement des propositions pour réformer la France et rénover le système politique.
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AFFIRMER LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE# LE RAPPORT JANVIER 2015
DROIT AU CŒUR
Droit Au Cœur est un mouvement fondé par Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, reposant à la fois sur des personnalités politiques et des experts. Il propose un déchiffrage de l’actualité et des solutions durables, et veut jouer un rôle utile dans la réflexion et les débats de notre société.
L’engagement pour la liberté, l’attachement à l’identité de la France et la volonté de réformer profondément la France sont au cœur de l’action de Droit au Cœur, qui souhaite peser sur le débat à l’UMP, avec réalisme et optimisme.
www.droit-au-coeur.fr
@droitaucoeur_
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Sommaire
AFFIRMER LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE# LE RAPPORT JANVIER 2015
Affirmer la place de la France dans le monde : Nos 8 propositions 5 ..........................................................................................................................................................................................................................
Mise en perspective 6 ..................................................................................................................................................................................................................
A. Cartographie du rayonnement de la France : l’heure des choix 7 ...................... 1. La nécessité d’un recentrage diplomatique sur notre zone d’influence7 ........................................................ Proposition 1....................................................................................................................................................................................................9 2. Des partenariats économiques construits « sur mesure » pour répondre à l’essor du monde émergent..................................................................................................................9 Proposition 2..................................................................................................................................................................................................11
B. De la société civile aux réseaux d’information : e les outils diplomatiques du XXI siècle au service de la France 12 ....................
C.
1. Revaloriser ces atouts uniques que constituent la Francophonie et les « réseaux humains » de la France12 ...................................................................................................................................................... Proposition 3.......... ................................ 12 ................................................................................................................................................................ ................ ...... 13 Proposition 4................................................................................................................................................................................................ 2. Rassembler et renforcer les moyens de la diplomatie « non-conventionnelle » au sein du Ministère des Affaires Etrangères..................................................................................................................13 Proposition 5................................................................................................................................................................................................15 15 Proposition 6................................................................................................................................................................................................ 3. La coopération technique, autre versant indispensable de l’aide au développement......16 Proposition 7................................................................................................................................................................................................17
De l’Union Européenne au monde 17 ........................................................................................................................................ 17 Proposition 8................................................................................................................................................................................................
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AFFIRMER LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE# LE RAPPORT JANVIER 2015
Affirmer la place de la France dans le monde : nos 8 propositions
Proposition 1 :Affirmer la priorité accordée à la Méditerranée, à l’Afrique et au Moyen-Orientdans les champs politique, culturel et du développement de notre action extérieure.
Proposition 2 :Structurer nos relations bilatérales avec les pays émergentsdu premier cercle (Brésil, Russie, Inde, Chine) et du second (Colombie, Indonésie, Vietnam, Ethiopie, Turquie, …),autour d’une « diplomatie de projets »fondée sur des partenariats industriels et stratégiques répondant aux besoins de leur essor économique.
Proposition 3 :Relancer la dynamique de la Francophoniepar une impulsion financière de la France,et orienter son développement en particulier vers des missions économiques,en l’ouvrant à de nouveaux partenaires publics et privés.
Proposition 4 :Doter la France d’un « réseau diplomatique bis » déconcentré, structuré autour des acteurs de la société civile et de groupes thématiques.
Proposition 5 :Renforcer l’attractivité culturelle, éducative et économique de la Francepar une politique proactive de délivrance de visas et l’accueil d’étudiants étrangers.
Proposition 6 :Doter le Ministère des Affaires Etrangères d’une direction des médias et de la communication au mandat étendu,allant du recueil de l’information à l’élaboration d’une présence médiatique offensive.
Proposition 7 :Créer une nouvelle Agence Française de Coopération qui fédèrerait l’expertise technique internationale de la France.
Proposition 8 :Enrichir l’action du Service Européen d’Action Extérieure (SEAE) sur les thématiques « universelles »comme la protection de l’environnement, mais aussi la non-prolifération des armes de destruction massive et les Droits de l’Homme.
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AFFIRMER LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE# LE RAPPORT JANVIER 2015
Mise en perspective
Le contexte actuel de redistribution du pouvoir que traverse le monde, qui voit une partie de l’influence accumulée en quatre siècles par l’Occident redéployée au profit des pays émergents, s’apparente à un retour à l’équilibre beaucoup plus qu’à une révolution.
Les travaux de l’économiste du long terme Angus Maddison ont ceci d’intéressant qu’ils mettent ce mouvement en perspective (cf. figure 1). La répartition actuelle des richesses mondiales présente des similarités avec celle qui prévalait en 1870 -les cinq puissances occidentales représentant 30% du PIB mondial- à ceci près que les Etats-Unis en portent à eux seuls les deux tiers contre un tiers alors. Tout porte à croire que la tendance se pour-suivant, cette part se réduise encore au niveau qu’elle occupait avant la Révolution Industrielle, tandis que l’Asie, Chine en tête, retrouve son rang.
Ce phénomène n’est pas lié spécifiquement à la France,à qui les commentateurs attachent trop systématiquement les notions de déclin et de déclassement. La probléma-tique du déclassement de la France dans l’ordre mondial et de la perte d’influence qui l’accompagnene peut se comprendre indépendamment du phénomène plus large de déclassement des puissances occidentales. D’autres symptômes récents se sont ainsi fait jour chez nos partenaires, autour d’un champ lexical dont on croit trop souvent détenir le monopole : on citera ainsi la perte d’influence des Etats-Unis au Moyen-Orient, le choc occasionné par le vote négatif du parlement britannique à l’intervention en Syrie, autant de remises en question d e p u i s s a n c e s m o n d i a l e s a u t r e f o i s d o m i n a n t e s contraintes d’admettre qu’elles ne le sont plus.
Dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, les réponses à apporter sont en premier lieu nationales, bien que le gouvernement actuel leur préfère souvent un pro-videntiel recours extérieur. Les problématiques euro-péennes n’ont été à dessein qu’effleurées dans cette étude, et feront l’objet d’une analyse distincte.
En 2017 il sera de la responsabilité de l’actuelle opposition e de faire entrer pleinement la France dans le XXI siècle, en rejetant tout à la fois le repli et la « démondialisation » que prônent l’extrême-droite et l’extrême-gauche, et le renon-cement à une voix autonome qu’accompagne passivement le gouvernement.La mondialisation est un mouvement
inexorable, un combat devant lequel on ne peut reculer. Il a ses règles ; si l’on peut les façonner dans une certaine mesure, il faut aussi les accepter avec humilité. Si l’on ne l’engage pas activement, il saura s’imposer à nous.
Figure 1 : Evolution de long terme de la répartition du PIB mondial
La politique étrangère de la France doit être conçue comme un moyen de poursuivre à l’extérieur les intérêts et les buts affectés à une politique donnée, plus qu’une finalité en soi consistant à « rayonner »urbi et orbi. Comme en témoigne la présidence Hollande, la France ne sera ni audible ni crédible sur les grandes orientations économiques mondiales tant qu’elle n’aura pas engagé avec détermination ses propres réformes. Elle ne sera pas non plus entendue sur des dossiers majeurs tel le conflit israélo-palestinien tant qu’elle sera en proie à des déchirements internes. Ni repoussoir, ni diversion,la politique étrangère ne doit pas être un substitut aux réformes intérieures, mais en constituer le prolonge-ment sur la scène internationale.
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Dans cette ère de puissances relatives, évoluant dans un monde apolaire plus que multipolaire, la France dispose de nombreux atouts à faire valoir pour mettre en œuvre une politique d’indépendance et d’ouverture.Ceci sup-pose que soient portés devant les Français une vision, des choix et les actions qui en découlent. La vision doit être celle d’une politique indépendante, qui n’hésite pas à s’affirmer vis-à-vis de l’extérieur, tout en restant ouverte à son environnement. Le général De Gaulle avait ainsi résumé cette double nécessité durant la seconde Guerre mondiale :
« La France a pu, de siècle en siècle et jusqu’au drame présent, maintenir à l’extérieur la présence de son génie. Cela lui eût été impossible si elle n’avait pas eu le goût et fait l’effort de se laisser pénétrer par les courants du dehors. En pareille 1 matière, l’autarcie mène vite à l’abaissement.»
Les choix et les arbitrages seront rendus nécessaires afin de concentrer nos ressources sur un nombre limité de zones et de sujets prioritaires.Au-delà de la Méditer-ranée,l’Afrique et le Moyen Orient s’imposent à nous comme zones d’influence privilégiées dans lesquelles la voix de la France est attendue, ce qui lui permet d’être entendue.Tout silence y serait interprété comme un repli.Nous ne devons pas omettre cependant de nous atteler économiquement aux pays émergents les plus dynamiques(partie A).Cette politique d’efficacité appelle dans le même temps unrenouvellement de nos outils diplomatiquespour les adapter aux défis qui se posent. Cela suppose notamment deretracer le sillon culturel de notre action extérieure, à travers une Fran-cophonie renforcée et la mobilisation de la société civile, et de réorienter le Quai d’Orsay vers le continuum politico-médiatique allant du recueil de l’information et du renseignement à l’élaboration d’un discours public (partie B).Enfin, une prise en compte lucide des intérêts de la France n’exclut pas laprise d’initiative européenne à l’échelle mondiale, sur des sujets spécifiques– on en donne quelques exemples dans la partie C. La parole diplomatique doit pouvoir retrouver sa place à l’appui d’une action résolue, et non se substituer à une action à laquelle on ne se résoudrait plus. Elle doitpréparer l’action, l’accompagner puis l’expliquer et en multiplier l’impacta posteriori,mettant ainsi fin à une tradition trop respectée de « diplomatie de posture »,où les buts poursuivis se confondent trop souvent avec des prin-cipes universels, et où les objectifs ne se distinguent pas de leur toile de fond.
AFFIRMER LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE# LE RAPPORT JANVIER 2015
A. CARTOGRAPHIE DU RAYONNEMENT DE LA FRANCE : L’HEURE DES CHOIX
1. LA NÉCESSITÉ D’UN RECENTRAGE DIPLOMATIQUE SUR NOTRE ZONE D’INFLUENCE L’une des conséquences les plus directes du constat général dressé en introduction est qu’aucun pays,si puissant soit-il,ne peut aujourd’hui assurer simultané-ment une présence crédible sur la totalité des dossiers internationaux.Les Etats-Unis eux-mêmes sont conscients de ne plus y parvenir, comme en ont témoigné récem-ment les difficiles tractations entourant le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas, mais aussi la gestion simultanée des crises syrienne et irakienne. Cette néces-sité d’établir des priorités s’est exprimée dans la politique derebalancingentamée sous l’impulsion du Président Obama par l’ancienne Secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Elle se traduira par une réallocation des moyens navals 2 américains dont 60% seront réorientés vers le Pacifique , où le réseau d’alliances des Etats-Unis justifie un enga-gement de long terme. La question se posea fortiori pour la France, déjà lourdement engagée dans la région du Sahel avec l’opération Barkhane, après ses interven-tions en Libye (2011), au Mali (2013) et en République Centrafricaine (2014), à l’heure où le président Hollande assure qu’elle jouera également un rôle militaire de pointe dans la lutte contre l’Etat Islamique au Levant.
Il paraît donc indispensable aujourd’hui que la diploma-tie française opère des choix fondamentaux. Où doit-elle agir en priorité ? Pour quoi faire ? En d’autres termes, et c’est une conviction forte qui parcourt l’ensemble de ce document,il est temps de mettre un terme à l’illusion d’une présence universelle tant en matière de lieux que d’enjeux.La conséquence ultime d’une telle adaptation de notre politique, qui représente à n’en pas douter une évolution culturelle, voire psychologique, serait d’accep-ter implicitement que dans un certain nombre de cas, la Francen’a pas vocation à jouer un rôle politique majeur, maisdoit au contraire concentrer ses moyens là où elle peut agir avec un degré nécessaire de crédibilité et d’autonomie en défense de ses intérêts,en d’autres termes qu’elle ne peut plus être « universelle dans son universalisme ». Pour en revenir à l’exemple irakien, on aurait pu envisager que la France limite son action à la protection des minorités religieuses yazidi et chrétienne, par l’octroi de visas et l’action humanitaire, au lieu de prendre le chemin d’un nouvel engagement militaire.
e 1. Charles de Gaulle, 60 anniversaire de l’Alliance française, Alger le 30 octobre 1943 2. H. Clinton,Foreign Policy « America’s Pacific Century »,novembre 2011
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