Le sida, une maladie du système

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Le sida, une maladie du système immunitaireLes organismes sont en permanence exposés aux agressions de multiples agents infectieux— virus, bactéries, champignons et parasites animaux — mais le système immunitaire permet engénéral de les éliminer. En outre, les vaccins augmentent son efficacité en le stimulantartificiellement.Cependant, l'exemple du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) montre que le systèmeimmunitaire n'est pas infaillible puisque ce virus est responsable du syndromed'immunodéficience acquise (SIDA ou sida), une maladie mortelle pour laquelle il n'existe encoreaucun vaccin efficace.1. Qu'est-ce qu'un virus ?Un virus est un parasite intracellulaire obligatoire. Il est formé d'un acide nucléique (ADN ouARN), entouré d'une enveloppe protéique et parfois d'une membrane plasmique provenant dela cellule hôte. Tous les virus sont de très petite taille, de quelques nm pour les plus petits à200 nm environ, pour les plus grands.Dépourvus d'organites et de métabolisme, les virus ne sont pas considérés comme des êtresvivants : ce sont des acaryotes. Ils ne peuvent donc pas se multiplier par eux-mêmes etdétournent à leur profit le fonctionnement de la cellule hôte. Leur information génétique esttranscrite puis traduite en protéines virales par la cellule infectée. En s'assemblant, cesprotéines donnent naissance à des particules virales, les virions, qui peuvent infecter denouvelles cellules.De nombreux virus sont à l'origine de maladies ...
Publié le : vendredi 23 septembre 2011
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Le sida, une maladie du système immunitaire
Les organismes sont en permanence exposés aux agressions de multiples agents infectieux virus, bactéries, champignons et parasites animaux — mais lesystème immunitairepermet en général de les éliminer. En outre, lesvaccinsaugmentent son efficacité en le stimulant artificiellement. Cependant, l'exemple duvirus de l'immunodéficience humaine(VIH) montre que le système immunitaire n'est pas infaillible puisque ce virus est responsable dusyndrome d'immunodéficience acquise(SIDAou sida), une maladie mortelle pour laquelle il n'existe encore aucun vaccin efficace.
1. Qu'est-ce qu'un virus ?
Un virus est unparasite intracellulaire obligatoire.Il est formé d'un acide nucléique (ADNou ARN), entouré d'une enveloppe protéique et parfois d'une membrane plasmique provenant de la cellule hôte. Tous les virus sont de très petite taille, de quelques nm pour les plus petits à 200 nm environ, pour les plus grands.
Dépourvus d'organites et de métabolisme, les virus ne sont pas considérés comme des êtres vivants : ce sont desacaryotes.Ils ne peuvent donc pas se multiplier par eux-mêmes et détournent à leur profit le fonctionnement de la cellule hôte. Leur information génétique est transcrite puis traduite en protéines virales par la cellule infectée. En s'assemblant, ces protéines donnent naissance à des particules virales, lesvirions,qui peuvent infecter de nouvelles cellules.
De nombreux virus sont à l'origine de maladies humaines, souvent épidémiques. Ainsi, à la fin du vingtième siècle, plus de33 millionsd'êtres humains dans le monde, dont plus de 95 % vivant dans des pays en voie de développement, étaientporteurs duVIH,et plus de 16 millions de personnes étaient décédées du sida depuis le début de l'épidémie. En France, plus de 50 000 cas de sida ont été déclarés dans la même période et entre 21 000 et 23 000 personnes vivent aujourd'hui avec l'infection.
2. Quelles sont les caractéristiques duVIH?
LeVIH(Virus de l'immunodéficience humaine) est unrétrovirus, c'est-à-dire un virus dont l'acide nucléique est unARN.LesvirionsduVIHont une forme sphérique dont le diamètre mesure environ 100 nm. Chaque virion comporte deux molécules d'ARNidentiques qui portent l'information génétique du virus, des enzymes nécessaires à l'expression de cette information (transcriptase inverse, protéase, intégrase) et diverses protéines de structure qui constituent la capside (contenant l'ARNet la transcriptase inverse) et la matrice qui l'entoure.
La matrice est enveloppée par une membrane plasmique provenant de la cellule hôte et dans laquelle sont ancrées desprotéines gp120.C'est l'adhésion de ces protéines aux cellules cibles, comme leslymphocytesT4, qui permet la pénétration du virus.
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3. Comment leVIHse multiplie-t-il ?
LeVIHpeut pénétrer dans les cellules cibles lorsqu'il se lie par saprotéine de surface gp120au récepteurCD4,une protéine membranaire notamment présente à la surface des lymphocytesT4, desmonocyteset desmacrophages. Cependant, l'action d'autres protéines est requise pour que l'enveloppe virale puisse fusionner avec la membrane plasmique de la cellule et que le virus puisse entrer. L'ARNduVIH, libéré dans le cytoplasme, est rétrotranscrit enADNpar l'enzyme virale nomméetranscriptase inverse.Le transcrit passe ensuite dans le noyau où il s'intègre à l'ADNde la cellule hôte sous l'action de l'enzyme virale appelée intégrase.Il peut dès lors rester intégré pendant plusieurs années dans l'ADNhôte sous forme de provirus.
L'activation de latranscriptiondes gènes viraux est souvent liée à l'état d'activation de la cellule hôte. LesARNmessagers viraux passent alors dans le cytoplasme où latraductionen protéines viralesse réalise aux dépens de la machinerie de protéosynthèse de la cellule hôte (ribosomes,ARNt, enzymes, etc.). La protéase du virus clive ensuite les protéines néoformées. Les protéines s'assemblent avec l'ARNviral pour former de nouveauxvirionsqui bourgeonnent et se détachent de la cellule hôte. Cette dernière finit par en mourir.
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4. Comment la primo-infection par leVIHse déroule-t-elle ?
LeVIHse transmet uniquement parvoies sexuelle et sanguine,y compris de la mère à son fœtus. Les principales cellules cibles duVIH— lymphocytesT4, monocytes et macrophages — appartiennent ausystème immunitaireet se concentrent dans les ganglions lymphatiques.
Lorsqu'un agent infectieux comme un virus pénètre dans l'organisme, le système immunitaire produit des cellules et des molécules destinées à le neutraliser. Dans le cas duVIH, on observe unephase de latencede quelques jours, suivie de l'apparition et de la multiplication rapide des particules virales dans le sang.
Cette augmentation de la concentration virale (virémie) révèle que la réplication du virus échappe au contrôle du système immunitaire ; il s'agit de laprimo-infection.Cette phase ne se manifeste souvent que par de discrets symptômes cliniques évoquant une infection bénigne.
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Des anticorps apparaissent ensuite dans le sang avec un délai de deux à trois mois (séroconversion)et leur présence(séropositivité)permet de détecter la contamination. Des lymphocytes spécialisés dans la destruction des cellules infectées(lymphocytesT cytotoxiques)apparaissent également. L'activation du système immunitaire se traduit par un gonflement des ganglions lymphatiques. La concentration desanticorps anti-VIHaugmente ensuite progressivement et se maintient à un taux élevé.
5. Comment l'infection évolue-t-elle au cours du temps ?
Les réponses immunitaires déclenchées lors de la primo-infection font diminuer rapidement la virémie et conduisent à unephase asymptomatiquede l'infection qui peut durer plusieurs années. Chez 5 % des personnes infectées, cette phase dure même plus de 10 ans.
Toutefois, comme l'activation des cellules immunitaires dépend étroitement des messagers chimiques émis par les lymphocytesT4, la destruction de ces derniers par le virus entraîne une déficience progressive du système immunitaire. Si aucun traitement antirétroviral n'est entrepris, la concentration en lymphocytesT4 diminue tandis que la charge virale augmente. Laphase symptomatique,ou sida déclaré, apparaît quand diverses maladies se développent en raison de la disparition des défenses immunitaires. Il s'agit d'infections opportunisteset d'affections cancéreusesqui conduisent à la mort des patients. Ainsi, le caractère essentiel des lymphocytesT4 dans les mécanismes immunitaires est révélé par les conséquences mortelles de l'infection par leVIH.
Il est possible d'entraver la progression du virus par diversmédicaments antirétroviraux(il en existe une vingtaine aujourd'hui) agissant sur des cibles variées du cycle viral. Actuellement, on utilise surtout des inhibiteurs des enzymes virales, notamment des inhibiteurs nucléosidiques et non nucléosidiques de la transcriptase inverse, et des inhibiteurs de la protéase, dont des combinaisons variées(trithérapies)permettent le plus souvent de limiter considérablement la réplication virale. De très nombreuses autres molécules sont également en cours de développement. En outre, les maladies opportunistes peuvent être combattues par les méthodes thérapeutiques classiques.
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À retenir Le saviez-vous ?
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En l'an 2000, on dénombrait dans le monde plus de 33 millions d'êtres humains porteurs duVIH dont plus de 95 % vivant dans des pays en voie de développement. À cette date, plus de 16 millions de personnes étaient décédées du sida depuis le début de l'épidémie. En France, plus de 50 000 cas de sida ont été déclarés dans la même période et entre 21 000 et 23 000 personnes vivaient alors avec l'infection.
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