Les Canadiens français de Fall River, Mass

De
\ F 74 .F2 D8 Copy 1 LES CSNSDIENStFRfiNCAIS 1';—-1) FAlrli*Rl¥ER,«ïMASS.f NOTES HISTORIQUES. -—PAi; A. DUBIJQUE Torl"l.r linn (lu Iftnfca.ÇO C!*tpoii(-rlre le plus lMiiimi(;~.''Kl le-i)1its iliinihlc; ii'H l'iiis;:i3 unir les 1 .vi.T. iMVKR, iMi'KiMKitiE L)t; JorjiXAL: IJ-: (A'-TÙli, ir. HOISSKAT, Ei.nr.f-it. 1883. Aux de Fall Rifer.Canadiens Comme il a été rumeur qu'après la mort de ma femme je devais retourner au Canada avec ma famille, je m'empresse d'avertir mes clients qu'il n'a jamais été question d'une telle détermination de ma part. Cette r^imeur, soit intentionnellement ou innocemment répandue dans le public, ne repose que sur des suppositions. serai toujours visible, à laJe FlzapTncLcte St, Loins, Vis-à-vis la Post-Office, de à et de 8 à3 4 9 après-midi; à NOTRE-DAME DE LOURDES, tous les matins jusqu'à heures; le soir de à 89 7 ainsi que la nuit. Et en reconnaissance des bienfaits que j'ai reçus des Canadiens depuis que je suis au milieu d'eux, puis, pour des motifs d'une nature plus particulière encore, je leur donnerai gratis, ler prochain, les avis con-d'ici au Janvier tous et sultations qu'ils désireront moi. S'il a en outrede y de pauvres familles pour une raison pourqui, ou une autre, ne avoir les soins médecinpeuvent du pendant leur maladie, qu'ils s'adressent à moi (la ; nuit exceptée) ils auront mes soins en entier et gratuitement, comme s'ils étaient riches. J. 5. CHAGNON, M. D. //^^»^»«-'^f) FOURNAISES ET POELES DE CUISINE.
Publié le : dimanche 30 septembre 2012
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F 74
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LES
CSNSDIENStFRfiNCAIS
1';—-1)
FAlrli*Rl¥ER,«ïMASS.f
NOTES HISTORIQUES.
-—PAi;
A. DUBIJQUE
Torl"l.r linn (lu Iftnfca.ÇO C!*tpoii(-rlre le plus
lMiiimi(;~.''Kl le-i)1its iliinihlc; ii'H l'iiis;:i3 unir les
1 .vi.T. iMVKR,
iMi'KiMKitiE L)t; JorjiXAL: IJ-: (A'-TÙli,
ir. HOISSKAT, Ei.nr.f-it.
1883.Aux de Fall Rifer.Canadiens
Comme il a été rumeur qu'après la mort de ma
femme je devais retourner au Canada avec ma
famille, je m'empresse d'avertir mes clients qu'il
n'a jamais été question d'une telle détermination de
ma part. Cette r^imeur, soit intentionnellement ou
innocemment répandue dans le public, ne repose que
sur des suppositions. serai toujours visible, à laJe
FlzapTncLcte St, Loins,
Vis-à-vis la Post-Office, de à et de 8 à3 4 9
après-midi; à
NOTRE-DAME DE LOURDES,
tous les matins jusqu'à heures; le soir de à 89 7
ainsi que la nuit. Et en reconnaissance des bienfaits
que j'ai reçus des Canadiens depuis que je suis au
milieu d'eux, puis, pour des motifs d'une nature
plus particulière encore, je leur donnerai gratis,
ler prochain, les avis con-d'ici au Janvier tous et
sultations qu'ils désireront moi. S'il a en outrede y
de pauvres familles pour une raison pourqui, ou
une autre, ne avoir les soins médecinpeuvent du
pendant leur maladie, qu'ils s'adressent à moi (la
;
nuit exceptée) ils auront mes soins en entier et
gratuitement, comme s'ils étaient riches.
J. 5. CHAGNON, M. D.//^^»^»«-'<^^ •'=^'C-' '^ '^^sa*^,^^^
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plus fort"Le lien du langage est peut-être le
hommes."plus durable qui puisse unir lesEt le
Dimocralie en AtmJrique.)(De TOCQUEVILLE, De La
FALL KIVER,
jourmal; LE CASTOR,Imprimerie du
Editeur.H. BOISSEAU,
1883.rLES CANADIENS FRANÇAIS
-DE-
FALL RIVER, MASS.
La ville de Fall River possède un population d'environ
52,000 âmes. Elle est bâtie sur le littoral de la Baie Mount
Hope, siège des exploits du célèbre chef indien appelé le "Roi
Philippe."
La Baie Mount Hope, (Mont de l'Espérance,) n'est qu'une
continuation de la Baie Narragansett, ce magnifique bras de
mer, qui baigne l'une des régions les plus pittoresques de la
côte de l'Atlantique, avant d'aller se perdre dans l'Océan à
Newport, (R. L). Fall River est à une distance de 50 milles
de Boston, 183 milles de New York, 18 milles de Providence,
1 7 milles de Newport et â 350 milles de Montréal. Lorsque Fall
River n'était qu'un village il était désigné sous le nom de Troy
;
plus tard, on lui donna le nom de la rivière dite Fall River qui
traverse la ville et va se jeter dans la Baie Mount Hope.
Cette ville est aux Etats-Unis ce que Manchester est â
l'Angleterre, le plus grand centre d'industrie cotonnière. On
lubrique environ les trois cinquièmes de la productiony totale
des cotons à indienne, c'est-à-dire 467,252,000 verges par
année.. .
LES CANADIENS-FRANÇAIS
SituéeAU nord de la borne territoriale de l'Etat de Rhoda
Island, environ la moitié de Fall River appartenait autrefois à
cet Etat qui consentit à accorder une partie de son domaine à
l'Etat de Massachusetts, en échange d'une lisière'de terre que
celui-ci lui donna. La ville s'étend déjà au delà la nouvellede
ligne de démarcation des deux Etats. Il amême des ouvriersy
de fabrique qui vivent dans un Etat (le R. I.), et travaillent
dans un autre (le Massachusetts)
En 1874 on estimait la population franco-canadienne de
Fall River à 6,000 âmes : soit, 14 par cent de la population to-
tale ;—aujourd'hui on l'évalue à 12,000 âmes: soit, 23 par cent,
(ou près d'un quart)
/ / En Janvier 1882 il avait dans lesy établissements d'indus-
Arie 18,135 employés, recevant une rénumération collective de
$113,000 par semaine./
En 1859 la première famille canadienne-française vint se
fixer à Fall River. Avant cette époque, le père de Mr. Louis
Noros, (Noreaux) marchand de journaux, avait quitté Mont-
réal pour venir enseigner le français dans le Massachusetts.
Ses enfants ne parlent plus notre langue quoiqu'ils professent
encore le catholicisme. Mais l'immigration franco-canadienne
ne commença à se diriger vers Fall River qu'après la guerre
civile, c'est-à-dire, de 1866 à 18G8. En 1867-68, Mr. l'abbé
A. J. Derbuel, (natif de France,) curé de la congrégagation
franco-canadienne de West Boylston, Mass., desservait les
Canadiens-Français qui habitaient Fall River à cette époque.
Il constata qu'il avait, alors, une centaine familles.y de Mr.
l'abbé Derbuel était l'un des vicaires de la paroisse irlandaise
de Ste. Marie. Le Père Yerdier fût aussi le directeur spirituel
des Canadiens pendant quelques temps, il s'en retourna en
France, iloù mourût vers 1869.
Mr. l'abbé A. de Montaubricq, un autre missionnaire fran-
çais, vint à Fall River en 1870 et bâtity l'église Ste. Anne, dans
la rue Hunter. Ce ne fût qu'en 1874 que Mr. l'abbé Pierre
Jean Baptiste Bedard, le premier prêtre franco-canadien, vint
fonder une deuxième paroisse canadienne dans la partie orien-,
DE FALL RIVER, MASS.
par enchantement, unetaie delà ville, où l'on vit surgir, comme
église, Notre-Dame-de-Lourdes quelques années après, un
;
couvent, maintenant sous la direction de la congrégation des
Dames collège. Il estde Jésus-Marie, un orphelinat et un
question de bâtir un hôpital sur la crête de la colline à l'est de
l'église Notre-Dame.
Mr. obligé d'abandonner lal'abbé de Montaubricq fût des-
serte de la paroisse Ste. Anne pour cause de santé il fit un voya-
;
ge en France et revint se caser au milieu des Canadiens de Fall
River. 11 construit vis-à-viss'est une jolie villa sur une colHne
celle qui s'élève sur la rive occidentale de la Baie Mount Hope
et porte le nom poétique de "Mont de l'Espérance." Il vit
paisiblement dans retraite, prin-sa honoré de l'estime de nos
cipaux concit03'ens.
Mr. l'abbé Briscoe, un prêtre irlandais, succéda à Mr.
l'abbé de Montaubricq, comme pasteur des Franco-canadiens
de Ste. Anne. Il est à construire un beau couvent qui sera
sous la direction des Sœurs de la Miséricorde.
Les Canadiens-Français qui habitent Bowenville, au nord
de la ville, appartiennent à la irlandaiseparoisse de St. Joseph;
ils forment près de la moitié de cette congrégation.
Partout où les Canadiens-Fi-ançais sont desservis par des
prêtres de leur nationalité, l'on peut noter les progrès qui se font
parmi eux, soit sous le rapport moral, intellectuel ou national.
Nous n'avons qu'à comparer les paroisses Notre-Dame-de-
Lourdes et Ste. Anne pour s'en rendre compte. Celle-ci laest
plus riche et la plus nombreuse, rnais elle ne possède pas encore
les institutions de charité d'enseignementet que l'on voit dans
l'autre. Les sociétés nationales n'y trouvent pas, non plus,
le même encouragement.
Quels soient le zèle laque et bonne volonté que nous nous
plaisons à reconnaître chez les missionnaires Irlandais, les Ca-
nadiens préfèrent leurs nationaux ceux-ci sentent mieux leurs
;
besoins et connaissent mieux leur caractère.
Il en est de même des prêtres franco-canadiens, ils s'adap-LES CANADIENS-FRANÇAIS
tent assez difficilement aux circonstances lorsqu'ils sont placés
à la tête de paroisses irlandaises.
C'est une question épineuse qu'il ne faut toucher qu'avec dé-
licatesse Fall River a été le théâtre de bien des débats à ce
;
sujet, et les Canadiens-Français, disons le à leur honneur, ont
été assez sages pour se résigner à leur sort.
Il a de grands dangers qui nous menacent, au point dey
national, et nul doute que la plus grande crainte que nousvue
puissions éprouver de voir disparaître la langue française ne se
d'une manière : en ne la parlant plus dans lesréalisera que
franco-canadiennes. Les prêtres étrangers qui desser-églises
vent les Canadiens conservent toujours une certaine prédilection
accent plus ou moinspour leurlangue maternelle et un prononcé.
quelques-uns même, l'on remarque une certaine répugnanceChez
à parler notre langue.
La colonie canadienne-française de Fall River a fait bien
depuis dix ans. Elle est représentée dans les pro-des progrès
libérales par neuf médecins et un avocat. Nos natio-fessions
naux ont de plus envahi toutes les avenues du commerce, sans
qui partie personnelcompter ceux font du des magasins améri-
répondre à la clientèle de langue française. Parmicains pour
nos négociants canadiens plusieurs sont sur la voie de la fortune,
malgré que leur clientèle ne se recrute presque exclusivement
Sur le rapport de la moralité, s'il faut en ju-parmi les nôtres.
par les statistiques criminelles, les Canadiens sont rarementger
traduits devant les tribunaux il est reconnu, toutefois, qu'ils font
;
partie de la population sobre, industrieuse et morale de la ville.
les mêmes que celles des habitants du Canada,Leursmœurs sont
n'est qu'ici, ils ont les moyens de se vêtir avec plus de luxe,si ce
et de se donner l'aisance des villes.
A Fall River, comme dans toutes les colonies franco-cana-
de la Nouvelle Angleterre, il se manifeste un esprit dediennes
cohésion et une force attractive qui se traduisent par la fondation
les plusde sociétés diverses, ayant les buts plus simples et les
variés jusqu'aux objectifs les plus vastes et les plus élevés.
Partout le sentiment national domine ; nulle part, cependant.DE FALL RIVER, MASS.
pour les institutions devoit-on nn enthousiasme plus vifne
Il a trop de sentiments dans le coi'urnotre pays d'adoption. y
du Canadien pour qu'il ne s'y trouve pas de la généro-franc;ais
temps. Il faudra de lon-sité et de la reconnaissance en même
épreuves avant d'effacer chez le Canadien lesgues et de vaines
aussi bienliens qui le rattachent à sa mère patrie, la France,
Et, si le Canadien n'avait pasqu'à son pays natal, le Canada.
d'être heureux et reconnaissant de vivre auxd'autre raison
parfois,Etats-Unis, malgré les vicissitudes qu'il rencontre ily
glorieuses de l'histoirese rappellerait avec orgueil les pages
qui proclament l'héroïsme et les vertus de ses pèresaméricaine
l'hu-français, et redisent en même temps ce qu'ils ont fait pour
sur cette terre d'Amérique !manité et la civilisation
En 1871, les Canadiens-Français de Fall River fondèrent
la première société St. Jean-Baptiste, qui fût successivement
réorganisée en 1873 et en 1878.
Cette société a toujours occupé le premier rang dans la cé-
lébration de la fête nationale des Canadiens.
neIl est imi)0ssil)le de pas reconnaître l'influence salutaire
d'une société nationale dans une colonie canadienne-française
aux Etats Unis. Les membres sont généralement au nombre
de ceux qui sont toujours prêts à faire des sacrifices pour le
bien de leurs frères. Il arrive assez souvent, cependant, que
les sociétaires trouvent au sein même de leurs associations des
de discorde. Ceci expliquesujets les réorganisations succes-
sives de plusieurs sociétés franco-canadiennes. Quelquefois la
rivalité de deux ou trois sociétés fait naître un certain antago-
'nisme entre elles. Néanmoins, ce ne sont que des nuages qui se
dispersent après avoir assombri l'horizon quelque temps.
La Société St. Jean-Baptiste fût d'abord fondée dans la pa-
roisse Ste. Anne; en 1878 la constitution fût calquée sur celle
de la Société St. de Montréal, et divisait Fall
River en trois sections : nord ou St. Joseph centrale ou Ste.
;
Anne ; est ou Notre-Dame. 11 n'existe maintenant que la sec-
tion Notre-Dame.
En 1874. lors de la grande fête de Montréal, la Société St.LES CAEADIENS-FRANÇAIS
Fall River marchaitJean-Baptiste de en corps clans la proces-
sion, a3'ant à sa tête un beau drapeau tricolore, un drapeau
étoile et la riche bannière de la Société, œuvre d'un artiste cana-
N. Provencher.dien, le Dr. J. O. C'est ce même qui a
le portrait de Charles Sumner, présenté au mairecrayonné
Davenport en 1874 par les Canadiens-Français de Fall Kiver.
Ce portrait, très bien réussi, orne les murs de la pièce préposée
maire dans l'Hôtel-de-ville.à l'usage du
événement d'une importance plus qu'ordinaire pour laUn
canadienne-française de Fall River, fût la fondationcolonie,
Alfred Mignaultd'un journal hebdomadaire par MM. et H.
1873. premier exerçait la profession mé-Beaugrand en Ce de
à l'époque il possédait des aptitudes remarquables pourdecin, ;
la musique et la littérature. M. Beaugrand est maintenant
Montréal.l'éditeur-propriétaire du journal, La Patrie^ de
Mignault céda à M. Beaugrand ses intérêts dansLe Dr.
nouveau journal qui s'appelait L'Echo du Canada, quelquele
temps après.
continua la publication de L'Echo du Canada jus-Celui-ci
lorsqu'il fût employé au Bien-Public de Montréal.qu'en 1875,
LEcho du Canada devint tour à tour la propriété de M. Ar-
artiste-photographe, et de M. H. Rémi Benoit. Ilclianibault,
par le Protectenr Canadien, rédigé, d'abord, par unfût succédé
comité de collaborateurs, et ensuite par M. Lucien Carissan, un
Français de cœur et d'esprit, qui est maintenant attaché au vice-
France à Boston, en qualité de secrétaire.consulat de
En 1874, un Américain,M. T. Bennett, publiait un journal.
Le Charivari, dont une moitié était en anglais et l'autre en fran-
H. Rémi Benoit était le rédacteur de la partie fran-çais. M.
çaise. Il maniait très bien l'arme du ridicule, et les lecteurs de
cette feuille humoristique se rappelleront toujours les polémiques
eût avec LEchoqu'elle du Canada.
Eh 1875, M. Benoit fonda LOuvrier Canadien, un autre
journal hebdomadaire, dont la publication fût suspendue lorsque
M. Benoit devint le rédacteur de LEcho du, Canada.
Le Castor, journal hebdomadaire, fût fondé par M. H.

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