Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;

De
MEMOIRES DU DUC DE SAINT-SIMON COULOMMIERS. — TYPOGRAPHIE P. BUODARD ET C'«. MÉMOIRES COMPLETS ET AUTHENTIQUES DU DUC DE' SAÎNÏ-SIMON SUR LE SIÈCLE DE LOUIS XIV ET LA RÉGENCE COLLATIONNÉS SUR MANUSCRIT ORIGINALLE PAR M . II É R U E LC ET PRÉCÉDÉS d'une NOTICE PAR M. SAINTE-BEUVE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE TOME DIXIÈME PAllîS C-LIBRAIRIE HACHETTE ET BOULEVARD SAINT-GERMAI.N, 7979, 1884 , MEMOIRES DE SAINT-SIMON. CHAPITRE PREMIER. M. le duc d'Orléans mène le duc de de régenceM. Chartres aux conseils et de — —guerre , sans y opiner. Entreprises du parlement. Mort et dépouille de Simiane et du grand fauconnier des Marais. — Madame assiste scanda- leusement à la thèse de l'abhé —de Saint-Albin. Ballet du roi, qui s'en —dégoûte pour toujours. M. [le duc] et Mme la duchesse de Lorraine à Paris.— Bassesse de courtisan du — le duc et ensuiteduc de Lorraine. M. Mme la duchesse de Berry donnent une fête à M. et à Mme de Lorraine. — Insolence de Magny punie; quel il éloit et ce qu'il devint. — M. de Lorraine va voir plaider à la grand'cliambre puis la Bastille, et dîner chez , —le maréchal de Villeroy. Objet et moyens du duc de Lorraine dans ce — Il est ennemi —voyage. de ta France. Ses demandes sans droit ni pré- — —texte. Ses lueurs mises au net par moi au régent. Altesse Royale, pourquoi accordée —et quand au duc de Savoie. Le régent entraîné à tout —accorder au duc de Lorraine. Ses mesures pour l'exécution.
Publié le : lundi 1 octobre 2012
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MEMOIRES
DU DUC
DE SAINT-SIMONCOULOMMIERS. — TYPOGRAPHIE P. BUODARD ET C'«.MÉMOIRES
COMPLETS ET AUTHENTIQUES
DU DUC
DE' SAÎNÏ-SIMON
SUR LE SIÈCLE DE LOUIS XIV ET LA RÉGENCE
COLLATIONNÉS SUR MANUSCRIT ORIGINALLE
PAR M . II É R U E LC
ET PRÉCÉDÉS d'une NOTICE
PAR M. SAINTE-BEUVE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
TOME DIXIÈME
PAllîS
C-LIBRAIRIE HACHETTE ET
BOULEVARD SAINT-GERMAI.N, 7979,
1884,
MEMOIRES
DE SAINT-SIMON.
CHAPITRE PREMIER.
M. le duc d'Orléans mène le duc de de régenceM. Chartres aux conseils et de
— —guerre , sans y opiner. Entreprises du parlement. Mort et dépouille
de Simiane et du grand fauconnier des Marais. — Madame assiste scanda-
leusement à la thèse de l'abhé —de Saint-Albin. Ballet du roi, qui s'en
—dégoûte pour toujours. M. [le duc] et Mme la duchesse de Lorraine à
Paris.— Bassesse de courtisan du — le duc et ensuiteduc de Lorraine. M.
Mme la duchesse de Berry donnent une fête à M. et à Mme de Lorraine.
— Insolence de Magny punie; quel il éloit et ce qu'il devint. — M. de
Lorraine va voir plaider à la grand'cliambre puis la Bastille, et dîner chez
,
—le maréchal de Villeroy. Objet et moyens du duc de Lorraine dans ce
— Il est ennemi —voyage. de ta France. Ses demandes sans droit ni pré-
— —texte. Ses lueurs mises au net par moi au régent. Altesse Royale,
pourquoi accordée —et quand au duc de Savoie. Le régent entraîné à tout
—accorder au duc de Lorraine. Ses mesures pour l'exécution.— Caractère
de Saini-Conlest, nommé pour faire le traité avec le duc de Lorraine, qui
obtient un grand démembrement en Champagne en souveraineté, et le trai-
tement d'Altesse Royale.— Misère du conseil de régence — Le ré.^ent
tâche inutilement par Saint-Contest et par lui-même, de vaincre ma ré-,
sistance au traité vient enfin àme prier de m'absenter du conseil de régence
;
le jour que traité J'y —ce y sera porté.— consens. Il m'en arriva de même
lorsque le régent accorda le traitement de Majesté au roi de Danemark, et
celui Hautes —de Puissances aux états généraux des Provinces-Unies. Le
traité passe sans difficulté au conseil de régence ; est de même aussitôt
—après enregistré au parlement.— Départ de deM. et Mme de Lorraine.
—Audacieuse conduite du duc de Lorraine, qui ne voit point le roi. Le
grand-duc [de Toscane] le deet duc Holstein-Gottorp , sur l'exemple du
duc de Lorraine, prétendent aussi l'Altesse Royale, et ne l'obtiennent pas.
— Bagatelles entre M. le duc d'Orléans et moi,— Mme Sabran quelle.de
;
— —Son bon mot au régent. Conduite [du régent] avec ses maîtresses.
M. le duc d'Orléans, à l'insu de tout le monde, mena, le 30 janvier,
M. son fils au conseil de régence, auquel il fit un petit compliment, et
dit qu'il n'opineroit point, qu'il venoit seulement pour apprendre. Je
n'ai point su qui lui donna ce pasconseil prématuré, qui n'a rendu
grand fruit. Il le mena le lendemain au conseil de guerre. M. le Duc y
faisoit une tracasserie au maréchal Villars sur la liasse de conseilde ce
qu'il portoit au régent, lequel, par son goût pour les mezso-terminL'
régla qu'elle ne lui seroit plus portée, et qu'il iroit au conseil de
S^klHT-SlMOn X 1s LE DUC DE CHARTRES AUX CONSEILS. [1718]
quinze jours il lui seroit renduguerre tous les où compte de ce qui s'y
seroit fait pendant la quinzaine.
11 envoya en ce même temps d'Effiatau premier président, donna des
audiences au premier président seul, puis à lui et aux gens du roi en-
enfin, février députéssemble; une le 7 aux du parlement, qui par la
,
bouche du premier président attaquèrent fort les divers conseils, comme
emharnissant et allongeant les aflaires, matière tort étrangère au par-
lement même elle avoit passé le jour de la régence. Ils
, où ne laissèrent
pas d'être traités plus que fort honnêtement.
Simiane, l'un des deux premiers gentilshommes de la charahre de
M. le duc d'Orléans, mourut, et sa charge fut donnée à son frère. Il
son beau-pèreavoit eu à la mort de Grignan, , l'unique 'ieulenance gé-
nérale de Provence, de vingt-sept mille livres de renie, et un brevet
livres, laissa pointde retenue de deux cent mille et ne d'enfants. Un
mois après elle fut donnée à Brancas , devenu longtemps après grand
qui étoit mesd'Espagne et maréchal de France de amis , et pour le fils
,
j'en obtins la survivance dans la suite. Des Marais, grand fau-duquel
connier, mourut en ce même temps jeune et obscur : on a vu en son
fils enfant avoit eu sa survivance.lieu comment son
le duc d'Orléans avoit de la comédienne Florence un bâtard qu'ilM.
néanmoins il a fait une granden'a jamais reconnu et à qui fortune dans
faisoit appeler l'abbé de Saint-Albin. Madame, si ennemiel'Église. Il le
bâtardise, s'étoit prise d'amiiiédes bâtards et de toute pour celui-là
caprice, qu'à l'occasion d'une thèse qu'il soutint en Sor-avec tant de
bonne, elle donna le spectacle le plus scandaleux et le plus nouveau,y
femme si granae qu'elle pût être, n'étoit entrée niet en lieu où jamais ,
suite cette princesse. Toutene l'avoit imaginé. Telle étoit la de la cour et
thèse et afdua. Conflans premier gentilhommela ville fut invitée à la y ,
la chambre de M. le duc d'Orléans, en fit les honneurs, et tout s'yde
côté-là comme si M. le duc de Chartres l'eût soutenue. Ma-passa de ce
portièredame alla en pompe, reçue et conduite à sa par le cardinaly
devant lui. Madame se plaça sur une es-de Noailles, sa croix portée
qu'on lui avoit préparée dans un fauteuil. Les cardinaux-évêquestrade
distingué se placèrent sur des sièges à dos, auet tout ce qui vint dey
fauteuils. M. [le duc] et Mme la duchesse d'Orléans furent leslieu de
allai pas non plus. Cette singu-seuls qui n'y allèrent pas, et moi je n'y
grand bruit dans le monde; jamais M. le duc d'Orléanslière scène fit un
moi ne nous en somrp 's parlé.et
Villeroy , adorateur du leu roi jusque dans les baga-Le maréchal de
bonnetrès-attentif à les faire imiter au roi de heure, luitelles et
qui n'étoit pas encore de son âge et luifit danser un ballet , plaisir ,
des bals, destoute sa vie, par celte précipitation, le goûtôta pour
des fêtes quoique ce divertissement eûtballets des spectacles et
, ,
trouva excédésuccès qu'on s'y pût proposer; mais le roi setout le
plus de le danser ende l'apprendre d'essayer des habits , encore
,
public.
qu'il fût à la cour dede Lorraine, tout tourné et dévouéLe duc
tirernégliger les avantages qu'il pourroitVienne, n'étoit pas homme à

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