Retrouver l'harmonie

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Ce livre est le fruit de la recherche personnelle d'un prêtre missionnaire au Rwanda post-génocide, le témoignage d'une recherche spirituelle et humaine. En rencontrant les rwandais et aussi les étrangers ayant vécu au Rwanda, l'auteur a fait une expérience extraordinaire, celle de passer des profondeurs vers les hauteurs. Il a ainsi mieux compris le christianisme comme un passage des blessures à la guérison.
Publié le : mercredi 15 octobre 2014
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782336358949
Nombre de pages : 142
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Retrouver l’harmonie Moussa Serge Traore
Les voies du christianisme
Ce livre est le fruit de la recherche personnelle d’un prêtre
missionnaire au Rwanda post-génocide. Ce n’est pas un travail
scientifque sur la guérison des blessures. Au Rwanda, j’ai senti que
je vivais intérieurement quelque chose d’incontrôlable, une sorte
de questionnement, de recherche. Ce livre est le témoignage d’une
recherche spirituelle et humaine personnelle. Au Rwanda, j’ai perdu
tous mes repères et toutes mes certitudes. En rencontrant les Rwandais
et aussi les étrangers ayant vécu au Rwanda, j’ai fait une expérience
extraordinaire dans ma vie, celle de passer des profondeurs vers les
hauteurs. J’ai mieux compris le christianisme comme un passage.
Faire ce passage n’est pas si simple que cela. Retrouver l’harmonie,
passer des profondeurs vers les hauteurs, des ténèbres à la lumière, du
désespoir à l’espoir, c’est la chose la plus complexe et la plus belle que
l’Homme puisse vivre. Ce livre concerne ce passage. Il ne s’agit pas
d’expliquer les blessures. Il concerne les voies que le Christianisme
propose à l’Homme pour le faire passer des blessures à la guérison,
des profondeurs vers les hauteurs.
Retrouver l’harmonie
L’auteur, Moussa Serge Traore, est burkinabé. Il
a vécu quelques années comme prêtre missionnaire
au Rwanda et en Mauritanie. C’est un spécialiste Les voies du christianisme
du dialogue interreligieux et interculturel. Il est
notamment l’auteur du livre The Truth in Islam
according to the Offcial Teaching of the Catholic
Church (Paris, L’Harmattan, 2010).
ISBN : 978-2-343-04334-0
14 €
Retrouver l’harmonie Les voies du christianisme Moussa Serge TraoreRetrouver l’harmonie
Les voies du christianisme Moussa Serge Traore
Retrouver l’harmonie
Les voies du christianisme Du même auteur
The Truth in Islam according to the Official Teaching
of the Catholic Church (Paris, L’Harmattan, 2010)
© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-04334-0
EAN : 9782343043340À ma mère rwandaise Candide MukampazimpkaVenez, retournons vers Yahvé.
Il a déchiré, il nous guérira ;
Il a frappé, il pansera nos plaies ;
Après deux jours il nous fera vivre,
Le troisième jour il nous relèvera
Et nous vivrons en sa présence
(Livre du prophète Osée 6, 1-2) Table des matières
Introduction 11
Pourquoi ? 17
La vérité au fond de l’être 27
« Cet homme, c’est toi » 41
Crier 53
Pleurer 63
Se tenir debout 71
Écouter Dieu dans le silence 81
Beaucoup aimer 95
Toucher Dieu 103
Tenir la main de quelqu’un 113
Croire en Dieu Amour 121
Conclusion 131 Introduction
Comment retrouver l’harmonie perdue à la suite
d’expériences douloureuses ? Le christianisme a des
réponses valables pour l’Homme en quête d’harmonie. Je
vous propose de les découvrir. Ce livre est le fruit d’une
recherche personnelle à partir de mon expérience de vie au
Rwanda post-génocide. J’y ai vécu intérieurement quelque
chose d’incontrôlable, une sorte de questionnement, de
recherche. Au Rwanda, j’ai perdu tous mes repères et
toutes mes certitudes. En rencontrant les personnes, j’ai
fait une expérience extraordinaire dans ma vie, celle de
passer des profondeurs vers les hauteurs. J’ai mieux
compris le christianisme comme un passage. Faire ce
passage n’est pas si simple. Retrouver l’harmonie, passer
des profondeurs vers les hauteurs, des ténèbres à la
lumière, du désespoir à l’espoir, c’est si facile à dire, mais
dans la réalité c’est la chose la plus complexe et la plus
belle que l’être humain puisse vivre. Ce livre concerne ce
passage. Il ne s’agit pas d’expliquer les blessures du
peuple rwandais. Il s’agit d’explorer les voies de la
guérison des blessures intérieures. Et cela concerne tout
être humain.
Je n’ai aucune solution. Je ne veux pas en donner. Ce
livre est seulement le récit de ma recherche spirituelle
personnelle. J’ai passé des heures à écouter les gens. J’ai
passé des heures à chercher comment leur faire faire ce
passage des profondeurs vers les hauteurs. Je me croyais
fort au début. Je me croyais intelligent. Je me croyais bien
outillé. Je suis allé en mission au Rwanda avec la
conviction de réussir la mission d’évangéliser le peuple 12 Retrouver l’harmonie
rwandais. Quand on est jeune, prêtre missionnaire, on est
souvent gonflé de ses études et on se prend pour le sauveur
du monde. J’ai très vite compris ce que signifient ces
paroles du psaume 127, « Si le Seigneur ne bâtit la maison,
ses bâtisseurs travaillent pour rien. Si le Seigneur ne garde
1la ville, la garde veille pour rien. » Nous connaissons bien
le psaume, mais cela n’enlève rien aux prétentions du
prêtre d’être persona Christi (la personne du Christ), ou
alter Christi (autre Christ), et donc d’être Christ. J’ai très
vite compris que ma mission n’était que de rencontrer la
personne humaine, de l’écouter, de pleurer avec elle, de
prier avec elle, de marcher humblement avec elle. Les
Rwandais m’ont beaucoup appris. Je leur serai toujours
reconnaissant.
Ma première expérience fut celle de la confusion. On a
beaucoup écrit sur le génocide rwandais. J’ai lu autant que
je pouvais. On a beaucoup parlé des Rwandais. J’ai
entendu beaucoup de paroles ! Au début, je me croyais
capable d’apporter toutes les réponses possibles. N’est-ce
pas ce que les gens attendent du prêtre quand ils viennent
le voir ? Qu’il ait les réponses à toutes leurs questions !
J’étais rempli de mes connaissances comme un bon
médecin : tel signe signifie telle maladie et par conséquent
tel médicament. En écoutant les personnes me parler de
leur souffrance, je me suis senti perdu, confus. Je n’avais
tout simplement pas de solution. Je ne savais que penser.
La confusion vient d’abord du langage. Celui qui
souffre ne prend pas son temps pour organiser ses idées,
ses pensées, ses sentiments. Il parle. Il déverse tout ce
qu’il a au fond de lui. Il « vomit son âme » ou il « épanche
son âme » pour utiliser une expression plus biblique. Le
prêtre qui écoute est formé d’une certaine façon. Avec son
esprit scientifique ou cartésien, il a tendance à organiser
les choses, à les classer, à les compartimenter. Dans cet
1 Psaume 127, 1. Introduction 13
exercice mental, je me suis perdu. Je ne suivais plus. Et je
sentais bien que celui qui me racontait sa souffrance avait
même oublié ma présence. Tout ce qui l’intéressait, au
fond, était de parler. Il ne me restait plus qu’à abandonner
mes exercices mentaux d’analyse et de compréhension
pour simplement écouter.
Ensuite, la confusion vient du fait que je n’ai aucune
solution. Je ne savais simplement rien. Hélas, je ne
pouvais pas le dire, car je suis prêtre et le prêtre est censé
tout savoir ou, du moins, il est prêtre pour donner des
réponses et surtout des réponses divines aux questions
humaines. Me voilà sans réponse. Les problèmes des gens
ne sont pas forcément des questions de génocide. Quand
on vit au Rwanda, on a tendance à tout ramener au
génocide. Je ne crois pas que tous les problèmes des
Rwandais soient liés au génocide. J’ai aussi fait fausse
route en liant les choses au traumatisme dû au génocide. Je
me suis bien trompé parfois. De même, je me suis bien
trompé en cherchant à faire rentrer les problèmes des gens
dans des catégories classiques psychologiques préétablies,
un peu comme le médecin cherche à identifier la maladie
en examinant une série de signes pathologiques. Là encore
je me suis égaré.
Je devrais finalement accepter de ne pas tout savoir et
de devoir tout apprendre. J’ai souvent passé des heures,
seul, cherchant les paroles justes, les gestes justes pour
aider telle ou telle personne à faire ce passage des
profondeurs vers les hauteurs, des ténèbres à la lumière.
L’histoire du jeune Occidental qui veut étudier le
bouddhisme m’a plusieurs fois inspiré. L’histoire est
racontée de différentes manières. Il s’agit de quelqu’un qui
veut connaître le bouddhisme. Il va trouver un maître
bouddhiste dans un monastère. À peine est-il accueilli
qu’il se met à parler tout seul de tout ce qu’il connaît du
bouddhisme, de tous les livres lus, des expériences faites,

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