Ironie du sort

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Abstractions diverses sur la légèreté; à savoir si elle est lourde de sens pour la tradition philosophique et cela dans le but de voir dans quels recours elle est soit positive, soit négative?

Publié le : samedi 29 juin 2013
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Armand de Lesquivir
Ironie du sort
Kundera a écrit dans L’insoutenable légèreté de l’être : « Nietzsche nous
rappelle que Parménide s’est posé cette question [des ambivalences] au VI ème
siècle avant Jésus-Christ. Selon lui, l’univers est divisé en couples de contraires :
la lumière- l’obscurité; l’épais-le fin; le chaud-le froid; l’être-le non-être. Il
considérait qu’un des pôles de la contradiction est positif (le clair, le chaud, le
fin, l’être), l’autre négatif.
Cette division en pôles positif et négatif peut nous paraître d’une puérile
facilité. Sauf dans un cas, dit Nietzsche : qu’est-ce qui est positif, la pesanteur
ou la légèreté? Parménide répondait : le léger est positif, le lourd est négatif.
Avait-il ou non raison ? C’est la question.
Une seule chose est certaine. La contradiction lourd-léger est la plus
mystérieuse et la plus ambigüe de toutes les contradictions ».
Alors que peut-on dire de la légèreté s’il peut renvoyer tout autant à un
défaut de pesanteur qu’à une abstraction plus ou moins commune.
Pour ce qui est du premier cas, ce défaut deviendrait une qualité mais ce
n’est que pour une forte raison où sa positivité n’aurait alors pas cette contrainte
du lourd et qui serait une libération de toute loi physique.
Pour ce qui est du second cas, la légèreté peut renvoyer à des « vérités »
sur la réalité et la nature humaines.
En effet elle peut tout autant renvoyer à l’évasion et alors cette possibilité
ne serait alors plus qu’un romantisme, un idéal dans l’assentiment des passions.
Ensuite elle peut correspondre à l’oisiveté où la sérénité des temps passés,
des moments renversant de léthargie, ne peut que communiquer à la conscience
la tranquillité du repos et du bien-être.
1Enfin, cette légèreté possède cette possibilité à être l’orientation de la
frivolité dans sa recherche des contextes et des prétextes d’un plaisir consommé
sans autres ressources que la séduction et l’oppression volontaires d’une
satisfaction sans retours ni atours.
Mais dans tous les cas ces abstractions permettent de ne pas déprécier les
vraies valeurs de la vie, de faire du nihilisme une pauvreté de l’esprit sans autre
engagement qu’un cynisme orgueilleux qui veut déclarer sa flamme à l’amour.
Certes il s’agit ici d’un amour-propre qui n’a d’autre sollicitation qu’une
ironie du sort où les sentiments souterrains et profonds ne trouvent plus que des
dérangements factuels dignes d’une pesanteur atomique comme une conscience
alors dite « à la masse » et à jamais virevoltante et où la fêlure part de l’inertie
pour se prolonger dans l’inanitié.
Mais ce ne sera pas là l’ultime effort à toute controverse sur l’ambiguïté
de la légèreté comme celle-ci ne semble pas précisément mais est réellement
antagoniste au caractère masculin qui, et d’autant plus, se contente de proposer
quand la femme dispose. Ainsi encore une fois la légèreté paraît l’emporter mais
ce n’est pas sans compter sur la qualité traditionnelle du mariage qui introduit le
devoir conjugal de la sexualité dans le couple, qualité pourtant « pondéreuse »
du machisme.Cependant Le livre des mutations, le Yijing qui qualifie le yin de
principe négatif et le yang de principe positif, fait correspondre le yang à la
nature masculine, à la lumière, au chaud, au sec, à l’activité, etc. ; le yin à la
nature féminine, à l’ombre, au froid, à l’humidité, à la passivité, etc.Or si la
légèreté était une activité controversée son arrangement spirituel s’offrirait ainsi
qu’une contrainte retorse à toute éventuelle surcharge intellectuelle, et cela dans
la démesure même de sa fausse partialité. De plus le yin et le yang, distincts et
unis, attirés et contrariés, ils forment des « ordonnances rythmiques » (M.
Granet) auxquelles on peut ramener n’importe quelle situation au sein du
Cosmos chaotique des ordres afférents tout autant au psychisme qu’à
l’intellectualisme. Et pour notre relation du léger au positif il faut saisir que dans
2le sentimentalisme il passe fréquemment de l’amour à la haine où par là chacune
ne remplit qu’un rôle relatif l’un par rapport à l’autre sans jamais s’exposer
véritablement à leur fonction idéal, c’est-à-dire positive pour la première et
négative pour la seconde où la première, par sa naïveté, peut être négative, là où
la seconde, par sa radicalité, peut être positive.
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