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„Financial Institutions Special Report Commentaires sur les résultats 2003 des principales banques tunisiennes et perspectives pour 2004. Analystes Résumé Sonia Trabelsi L’environnement opérationnel s’est encore révélé +216 71 840 902 difficile en 2003 pour les banques tunisiennes. La sonia.trabelsi@maghrebrating.com.tn concurrence au sein du secteur est restée vive et la rentabilité modeste, les marges d’intermédiation se Janine Dow sont inscrites en baisse et la tendance à la +33 1 44 29 91 38 détérioration de la qualité des portefeuilles de crédits janine.dow@fitchratings.com n’a pu être inversée. Plusieurs banques essayent de se développer dans le segment plus profitable de la banque de détail, et de renforcer l’efficience de leurs organisations et systèmes de gestion. Néanmoins, leur point de départ étant très bas, les progrès devraient être lents à être observés sur l’ensemble de leurs indicateurs de performance. En 2003, Fitch Ratings et sa filiale régionale Maghreb Rating ont continué de suivre l’évolution de la situation des principales banques tunisiennes. Rappelons qu’actuellement, seules deux banques (Banque de Tunisie et des Emirats d’Investissement et Arab Tunisian Bank) sont notées de manière sollicitée sur l’échelle internationale par l’agence Fitch Ratings. L’agence a en outre, attribué des notes de soutien extérieur (non sollicitées) à cinq autres banques (Société Tunisienne de Banque « STB », Banque Nationale ...
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Financial Institutions
Commentaires sur les résultats 2003 des principales banques tunisiennes et perspectives pour 2004 : Octobre 2004
1
Analystes
Sonia Trabelsi
+216 71 840 902
sonia.trabelsi@maghrebrating.com.tn
Janine Dow
+33 1 44 29 91 38
janine.dow@fitchratings.com
„
Résumé
L’environnement opérationnel s’est encore révélé
difficile en 2003 pour les banques tunisiennes. La
concurrence au sein du secteur est restée vive et la
rentabilité modeste, les marges d’intermédiation se
sont inscrites en baisse et la tendance à la
détérioration de la qualité des portefeuilles de crédits
n’a pu être inversée. Plusieurs banques essayent de
se développer dans le segment plus profitable de la
banque de détail, et de renforcer l’efficience de leurs
organisations et systèmes de gestion. Néanmoins,
leur point de départ étant très bas, les progrès
devraient être lents à être observés sur l’ensemble de
leurs indicateurs de performance.
En 2003, Fitch Ratings et sa filiale régionale
Maghreb Rating ont continué de suivre l’évolution
de la situation des principales banques tunisiennes.
Rappelons qu’actuellement, seules deux banques
(Banque de Tunisie et des Emirats d’Investissement
et Arab Tunisian Bank) sont notées de manière
sollicitée sur l’échelle internationale par l’agence
Fitch Ratings. L’agence a en outre, attribué des notes
de soutien extérieur (non sollicitées) à cinq autres
banques (Société Tunisienne de Banque « STB »,
Banque
Nationale
Agricole
« BNA »,
Banque
Internationale Arabe de Tunisie « BIAT » , Amen
Bank « AB » et Union Bancaire pour le Commerce
et l’Industrie « UBCI »). Cette couverture analytique
du système bancaire tunisien est enfin complétée par
les notes nationales attribuées par Maghreb Rating à
la Banque de l’Habitat « BH » et la Banque Tuniso-
Koweitienne de Développement « BTKD ».
Actuellement toutes les notes de soutien extérieur
attribuées à des banques tunisiennes sont au niveau
« 2 » ou « 3 » et leurs notes court et long terme sont
donc fondées sur la forte probabilité de soutien de
l’Etat. Les quatre principales banques tunisiennes ont
une note de soutien extérieur de « 2 » traduisant
l’opinion de l’agence que l’Etat tunisien leur
apportera en cas de nécessité, un soutien fort. Cette
opinion résulte de l’observation de l’attitude de
l’Etat tunisien lorsque dans le passé, certaines
banques ont traversé des difficultés, ainsi que des
discussions que l’agence a pu avoir avec les
responsables de la Banque Centrale de Tunisie. La
perspective
d’évolution
des
notes
long
terme
attribuées par l’agence aux banques tunisiennes est
Special Report
Commentaires sur les
résultats 2003 des principales
banques tunisiennes et
perspectives pour 2004.
Financial Institutions
Commentaires sur les résultats 2003 des principales banques tunisiennes et perspectives pour 2004 : Octobre 2004
2
« stable »,
de
sorte
que
sauf
circonstances
exceptionnelles, il n’est pas envisagé de modification
significative de ces notes dans un futur proche.
Même si l’Etat Tunisien continue de contrôler les
plus importantes banques du pays, sa volonté semble
être d’opérer un désengagement progressif de ce
secteur. Des privatisations de banques ont eu lieu ou
sont prévues d’être réalisées à court et moyen terme.
Le processus de transformation des banques de
développement
en
banques
universelles
est
également bien avancé et d’importants efforts
d’assainissement du bilan de ces banques ont été
consentis à cette occasion. L’ensemble de ces
développements s’inscrit dans le cadre d’un plan à
long terme visant à renforcer la compétitivité du
secteur bancaire public et sa rentabilité pour le
rendre plus attractif pour des investisseurs privés et
compléter sa privatisation. Toutefois, les autorités
tunisiennes
ont
confirmé
que
les
trois
plus
importantes banques publiques (STB, BNA et BH)
resteront dans leur giron et continueront donc de
bénéficier de son soutien fort.
Les conclusions de l’agence à l’issue de la présente
revue du système bancaire sont que d’une manière
générale, l’environnement opérationnel des banques
tunisiennes reste difficile : faible demande de crédit,
rentabilité insuffisante, tensions sur la qualité des
actifs et liquidité réduite. De plus elle estime que les
ratios de solvabilité des banques tunisiennes sont
faibles compte tenu du haut niveau de leurs créances
non productives et de la couverture insuffisante de
ces créances par les provisions.
„
Environnement économique
Suite à une année 2002 marquée par une conjoncture
internationale très troublée par les événements du 11
Septembre 2001 et où la croissance du PIB s’est
limitée à 1,7%, l’année 2003 a mis en évidence la
résilience de l’économie tunisienne aux chocs
extérieurs avec une croissance ayant atteint 5,5%.
Les bonnes performances enregistrées en 2003, par
le secteur agricole (14% du PIB) et par certains
secteurs exportateurs ont permis de compenser les
faibles résultats de l’industrie et du tourisme en
général. Dans ce contexte défavorable, la croissance
de la demande de crédit s’est encore ralentie en 2003
(l’encours des crédits octroyés par les banques
tunisiennes s’est inscrit en hausse de 5,1% en 2003
contre 6,3% en 2002 et 8,8% en 2001). L’inflation
est restée stable aux environs de 2,7% tandis que les
taux d’intérêt inchangés depuis plusieurs années ont
amorcé une légère tendance à la baisse en 2003.
Les prévisions pour 2004 sont plus favorables avec
une croissance prévue de 5,5% alimentée par de
bonnes perspectives de production agricole et une
reprise de l’économie dans les pays de l’Union
Européenne sachant que ces derniers absorbent près
de 80% des exportations tunisiennes. Le tourisme, un
des piliers de l’économie tunisienne, enregistre une
reprise de la fréquentation des touristes mais reste
lourdement handicapé par ses problèmes structurels.
La reprise de la production industrielle reste quant à
elle, généralement modérée. Les discussions de
Maghreb Rating avec les responsables des banques
notées, concordent sur une prévision de croissance
modérée de leur volume d’activité pour 2004 et tout
le secteur reste dans l’attente d’une confirmation
tangible des signes d’une reprise économique
soutenue et durable.
„
Performances générales du
système bancaire tunisien en 2003
Les banques commerciales qui contribuent à hauteur
de 85,7% au financement de l’économie tunisienne,
ont été sévèrement touchées par le ralentissement de
la croissance en 2002 et par la fragilité croissante de
nombreux secteurs de l’économie du pays. Cette
détérioration de l’environnement opérationnel des
banques observée depuis 2002, combinée à une
gestion peu conservatrice des risques, s’est traduite
par des résultats en baisse au cours des dernières
années pour la majorité des banques tunisiennes.
En 2003, le résultat net agrégé du système bancaire
tunisien a enregistré une hausse de 6,9%. Cette
croissance des résultats est essentiellement due à une
baisse des dotations aux provisions réalisées par
rapport à 2002 (-13,9%) alors que paradoxalement la
qualité des actifs des banques a poursuivi en 2003, sa
détérioration (le ratio des créances classées est passé
à 23,4% à fin 2003 contre 20,9% à fin 2002). Les
reculs par rapport à 2002 des revenus nets d’intérêt (-
1,5%) et de la rentabilité avant provisions (-10,6%)
reflètent donc probablement de manière plus réaliste
l’évolution des performances du système bancaire en
2003.
Les produits d’intérêts constituent la principale
source de revenus des banques tunisiennes. La
stagnation des commissions dans la contribution au
produit net bancaire reflète les difficultés éprouvées
par les banques tunisiennes à développer de
nouvelles activités génératrices de commissions. Les
revenus des activités de marché sont restés stables en
2003. Devant les difficultés rencontrées à accroître
leurs revenus, les principales banques tunisiennes
déclarent vouloir s’attaquer à la réduction de leurs
coûts opérationnels pour améliorer leur rentabilité.
Concrètement, on observe dans de nombreux cas,
que les charges tendent souvent vers la hausse et au
mieux à se stabiliser, et ce compte tenu des
investissements engagés dans la rénovation des
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systèmes d’information et dans le développement de
nouvelles activités.
La marge nette d’intermédiation des banques
tunisiennes a subi en 2003, les effets négatifs
conjugués de la baisse des taux directeurs du marché
monétaire ainsi que l’accroissement des créances
improductives.
La conjoncture économique difficile a accru les
risques
de
nouvelles
défaillances
parmi
les
bénéficiaires de crédit et le taux des créances
classées a continué de se détériorer en 2003 pour la
majorité
des
banques
tunisiennes.
Plusieurs
importantes banques publiques (STB, BNA et BH)
ainsi que certaines banques privées (AB, Union
Internationale de Banque « UIB » et Banque du Sud
« BS ») ont du faire face à de substantielles
insuffisances de provisions identifiées par leurs
auditeurs. De massives opérations de cessions de
créances compromises (totalement provisionnées) et
d’abandons de créances ont été réalisées par les
banques publiques permettant ainsi d’améliorer la
qualité de leurs actifs.
Les systèmes et procédures de gestion de leurs
risques par les banques tunisiennes restent dans
l’ensemble très peu sophistiqués. La détérioration de
la qualité de leurs portefeuilles de crédits a conduit
certaines banques privées (BIAT, ATB et AB) à
réviser profondément et renforcer leurs contrôles
internes. Elles oeuvrent également à renforcer
l’efficacité
de
leur
recouvrement
de créances
compromises et à renforcer la couverture des risques
par les provisions. Les banques tunisiennes sont
également engagées dans une rénovation de leurs
systèmes d’information visant à une meilleure
gestion des risques et une réduction des charges
administratives. Même si plusieurs banques ont à des
degrés divers, amélioré leur méthodes d’évaluation
du risque de crédit et de suivi des créances
problématiques, il leur reste encore un long chemin à
parcourir avant d’atteindre le niveau d’expertise
requis dans le contexte économique actuel.
D’une manière générale, la classification des actifs
des banques tunisiennes et la couverture de leurs
risques
par
les
provisions
sont
établies
conformément à des normes édictées par la BCT et
que l’agence considère comme insuffisamment
conservatrice, notamment en matière de valorisation
des garanties. La solidité des ratios de solvabilité de
ces banques doit conséquemment être appréciée dans
ce
contexte
de
faible
qualité
des
actifs
et
d’insuffisante
couverture
des
risques
par
les
provisions.
A l’exception de la BH, les crédits accordés par les
banques tunisiennes sont essentiellement destinés à
des grandes entreprises et des PME. A la fin des
années 90, la BIAT fut la première banque
tunisienne
à
s’orienter
résolument
vers
le
développement du segment des particuliers et
entrepreneurs individuels pour atteindre à fin 2003,
une proportion de 33% de ses engagements octroyés
à ce segment de clientèle. Actuellement toutes les
banques cherchent à se développer sur ce segment
d’activité rentable et à faible risque. A l’exception de
la STB dont les engagements sont fortement
concentrés sur le secteur du tourisme (37% du total à
fin 2003) et de la BH où le financement du logement
accapare 57% du total de ses engagements à fin 2003,
la
concentration
sectorielle
des
risques
des
principales banques tunisiennes est acceptable. La
concentration des risques par client est également
raisonnable quoique la BIAT présente une forte
exposition au risque de crédit sur l’un des importants
actionnaires de cette banque.
Les banques tunisiennes ne disposant pas d’outils
suffisamment élaborés pour gérer leurs expositions
aux risques de marché. A noter toutefois que les
banques tunisiennes ont un faible appétit pour les
risques de marché et tendent à éviter les opérations
pour compte propre. Les risques de change liés à
leurs emprunts en devises sont couverts. Les banques
sont principalement exposées à un risque d’évolution
des taux d’intérêt, toutefois ces évolutions ayant
historiquement
été
de
faibles
amplitudes,
l’importance de ce risque est limitée.
Les dépôts de la clientèle auprès des banques ont
enregistré une plus forte croissance (8,7% en 2003)
que leurs engagements. Cette croissance a concerné
aussi bien les dépôts à vue que les dépôts d’épargne
et les dépôts à terme. La liquidité des principales
banques tunisiennes s’est améliorée en 2003 mais
reste encore réduite. La Banque Centrale de Tunisie
a été à cet égard d’un fort soutien aux banques en
injectant
à
plusieurs
reprises
les
liquidités
nécessaires au marché, à travers la prise en pension
de bons du trésor. A fin 2003, une importante banque
la BNA, ne respectait pas le ratio réglementaire de
liquidité. Les autorités ont adopté sur ce sujet une
attitude conciliante, laissant aux banques des délais
pour améliorer progressivement leur situation de
liquidité.
„
Résultats 2003 des cinq principales
banques tunisiennes
(voir également
les rapports d’analyse de ces banques
publiés par Maghreb Rating)
La
Société Tunisienne de Banque
(STB) est la plus
importante banque tunisienne par le total de son
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bilan. Sa part de marché est de 14,7% en dépôts et de
17,7% en crédits.
La STB a enregistré pour la deuxième année
consécutive, un déclin de ses résultats largement
imputable à sa forte exposition au secteur troublé du
tourisme et à un léthargique secteur industriel. La
croissance des crédits de la banque a été faible en
2003 (5,5%) et la qualité de ses actifs a poursuivi sa
détérioration. Les indicateurs de performance de la
STB sont restés nettement inférieurs à ceux de la
moyenne des principales banques tunisiennes.
La banque a entrepris un vaste « nettoyage » de son
bilan par la cession d’un important volume de
créances compromises et totalement provisionnées.
Des abandons de créances ont été également réalisés
portant sur un montant de 105 MD au cours de la
période 2002-2003. En 2003 les auditeurs de la
banque ont signalé une insuffisance de provisions de
149 MD. Le comblement de ces insuffisances de
provisions n’apparaît ni sur le compte de résultat, ni
sur les fonds propres inscrits au bilan de la banque.
En fait, il a été réalisé par la prise en charge par
l’Etat d’un crédit d’égal montant accordé à la STB
par une banque multilatérale, cette prise en charge
ayant été assortie d’une clause de retour à meilleure
fortune inscrite en engagement hors bilan.
Malgré cet effort important, le ratio des créances
classées de la STB est resté élevé (41,1% du total des
crédits à fin 2003) et la couverture de ces créances
par les provisions fiable (43,6%). L’agence estime
que les dotations aux provisions continueront sur le
moyen terme à peser sur les résultats de la STB.
En dépit de la mise en oeuvre d’un programme de
réduction
de
ses
effectifs,
le
coefficient
d’exploitation de la STB (80%) devrait rester élevé
dans le court terme sous l’effet des importants
investissements informatiques engagés, mais surtout
de l’importance des créances improductives.
Le ratio de solvabilité de la STB (11,3% à fin 2003)
quoique élevé par rapport aux normes locales,
pourrait en réalité être surévalué compte tenu de la
faible qualité du portefeuille de crédits de la banque.
La
Banque Nationale Agricole
(BNA), seconde
plus importante banque du pays par le total de son
bilan, reste le bras financier du gouvernement pour le
développement du secteur agricole (20% du total des
crédits de la banque á fin 2003). La BNA disposait
de parts significatives du marché en collecte de
dépôts (16,4%) et octroi de crédits (17,7%) à fin
2003.
La croissance des crédits de la BNA a atteint le
niveau de 9,4% en 2003 alors que celle de ses dépôts
atteignait le niveau satisfaisant de 12% tirée en cela
par les dépôts à vue et d’épargne.
En dépit d’un recul de 15% de ses dotations nettes
aux provisions, le résultat opérationnel de la BNA
s’est inscrit en baisse en 2003 sous l’effet d’une
hausse de ses créances improductives reflétant le
ralentissement de l’économie tunisienne au cours des
dernières années ainsi que les conséquences d’une
sécheresse prolongée sur l’agriculture.
Même si les perspectives pour 2004 sont plus
encourageantes, compte tenu des bonnes récoltes
agricoles et de signes de reprise de l’économie
tunisienne, les résultats de la banque devraient
continuer
d’être
contraints
par
la
nécessité
d’importantes dotations aux provisions. Toutefois, la
cession de certaines participations détenues par la
BNA pourrait lui procurer de substantiels profits
exceptionnels dans le futur.
L’amélioration de la faible qualité de ses actifs est un
élément central de la stratégie de la BNA. A la fin de
l’année 2003, l’Etat a abandonné au profit de la
BNA le produit du recouvrement de crédits publics
pour un montant de 160 MD. Ceci a permis à la
BNA de délester son bilan par la cession de 100 MD
de créances compromises totalement provisionnées
et de 40 MD de participations dépréciées. Le
management de la BNA a déclaré à l’agence que
suite à ce nettoyage de son bilan, les créances
classées de la banque ne représentaient plus que 18%
du total brut de ses crédits et que ces créances étaient
provisionnées à hauteur de 74%. L’agence pour sa
part, n’exclut pas que la BNA ait pu surévaluer
certaines des garanties en sa possession et que des
provisions complémentaires s’avèrent nécessaires.
Comme pour les autres banques publiques, le ratio
de solvabilité de la BNA (9,38% à fin 2003) pourrait
sembler adéquat mais doit être analysé en relation
avec la faible qualité de ses actifs.
La
Banque de l’Habitat
(
B
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tunisien du financement du logement et se classe au
quatrième rang des banques tunisiennes par le total
de son bilan. Elle détenait à fin 2003 une part de
marché de 12,9% en octroi de crédits et de 10,8% en
collecte de dépôts.
Le portefeuille de crédits de la BH a connu une
croissance très rapide vers la fin des années 90
nettement supérieure à la moyenne du secteur. En
2003, la conjoncture économique défavorable a
résulté en une croissance de ce portefeuille limitée à
4%. A la recherche de nouveaux espaces de
croissance, la BH se développe actuellement dans le
financement du cycle d’exploitation des PME ainsi
que dans le financement d’opérations de commerce
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extérieur. L’agence estime qu’une expansion des
engagements de la banque dans le segment des PME
sans renforcement de ses capacités en matière
d’évaluation et de gestion du risque de crédit
pourrait aboutir à une détérioration supplémentaire
de la qualité de ses actifs dans le futur. Dans la
mesure où les crédits au logement représentent une
part décroissante du total des crédits de la BH, le
profil de risque de la banque pourrait ainsi connaître
un changement graduel.
Les revenus nets d’intérêt de la BH ont enregistré
une baisse en 2003 reflétant la baisse des taux
directeurs du marché et la hausse de ses créances
improductives. N’eut été la baisse de ses dotations
aux provisions, le résultat opérationnel de la BH
aurait connu un plus important recul.
Fait inhabituel, le comblement d’une insuffisance de
provisions de 8,6 MD relevée par les auditeurs de la
banque, a été imputé sur ses fonds propres.
Alors que le portefeuille de crédits au logement reste
sain (les créances classées n’en représentent que
1,3%), les engagements de la banque vis à vis des
promoteurs immobiliers ainsi que des entreprises
présentent une très faible qualité (les créances
classées y représentent respectivement 47% et 33%
du total). Globalement, le ratio des créances classées
de la BH s’établissait à 15,6% à fin 2003, soit un
niveau
élevé
par
référence
aux
standards
internationaux. Même en considérant l’existence de
garanties immobilières, la couverture des créances
classées par les provisions reste faible (37%).
L’un des points forts de la BH reste toutefois la
stabilité des dépôts de sa clientèle de particuliers qui
représentaient à fin 2003 près de 55% du total de ses
ressources.
A l’instar des autres banques, le ratio de solvabilité
de la BH (10,67% à fin 2003) doit être analysé en
relation avec la faible qualité de ses actifs.
Des cinq principales banques analysées dans ce
rapport, la
Banque Internationale Arabe de
Tunisie
(BIAT) est celle qui affiche les meilleures
performances. Le résultat net de la BIAT est resté
stable en 2003 avec un rendement des fonds propres
de 9,46% et un rendement des actifs de 0,76%. Les
perspectives de croissance des profits de la banque
pour les cinq prochaines années sont modérées
compte tenu de la stratégie poursuivie par son
management visant à renforcer la couverture de ses
risques.
La croissance du portefeuille de crédits a été limitée
en 2003 à 3,2% reflétant la faiblesse de la demande
de crédit et les règles de sélection de risques plus
strictes adoptées par la banque. L’amélioration de la
qualité de ses actifs est une priorité pour la banque.
Les créances classées représentent en effet une
proportion élevée du total des crédits (16,7%) par
référence aux standards internationaux et leur
couverture par les provisions est faible (41% à fin
2003). La banque s’est fixé pour objectif de porter à
70% à fin 2006, la couverture de ses risques par les
provisions tout en tirant parti des avantages fiscaux
accordés par la réglementation tunisienne en la
matière.
Les dépôts de la clientèle des particuliers qui à fin
2003, représentaient 80% du total de ses ressources,
ont enregistré une croissance de 10,2%. Toutefois, la
marge nette d’intérêt moyenne, quoiqu’elle reste
l’une des plus élevées du secteur, a dans le même
temps accusé une baisse de 15 points de base.
La banque prévoit de renforcer son ratio de
solvabilité à travers l’émission de titres de dette
subordonnée à 10 ans qui seraient souscrits par des
institutions financières internationales (80 M$ dont
50
ont
été
déjà
émis
en
Mai
2004).
Une
augmentation de capital de 20 MD a également été
décidée en Mai 2004, à réaliser avant la fin de
l’année, et une autre augmentation de 18 MD est
planifiée à court terme. Le ratio de solvabilité de la
BIAT (8,86% à fin 2003) est considéré par l’agence
comme insuffisant compte tenu de la faible qualité
de ses actifs. L’objectif du management de la banque
est de porter ce ratio à un minimum de 11% à fin
2004.
En 2003,
Amen Bank
a enregistré pour la seconde
année consécutive une faible croissance de ses
crédits. La stratégie de développement tous azimuts
précédemment déployée par la banque, a été stoppée
et ses objectifs pour la période 2004-2008 ont été
révisés. Les gains de part de marché ne sont
dorénavant
plus
recherchés,
en
revanche
l’amélioration de la couverture de ses risques par les
provisions, l’allongement de la maturité de ses
ressources et l’amélioration de sa rentabilité par le
développement de son offre de services à la clientèle
des particuliers et entrepreneurs individuels, ont été
placés au rang de priorités stratégiques pour la
banque.
Récemment, les résultats opérationnels de AB ont
été affectés par la faiblesse de la demande de crédit,
la détérioration de la qualité du portefeuille de
crédits (incluant notamment une forte exposition de
20 MD sur une grande entreprise en difficulté) et des
coûts de refinancement plus élevés que la moyenne
du secteur. En 2003, le résultat net de la banque a été
par ailleurs positivement impacté par des plus values
exceptionnelles (19,7 MD) résultant de la cession
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d’une participation de la banque dans une société du
groupe Amen .
En 2003, les autorités de supervision bancaire ont
requis la constitution de provisions complémentaires
(17,1 MD) qui seront progressivement imputées sur
les fonds propres de la banque sur une période de
cinq ans. Le management de AB projette de porter la
couverture des créances classées par les provisions
du niveau actuel de 43% à 75% d’ici fin 2008. Même
si cet objectif ne manquera pas de peser sur les
résultats de la banque au cours des prochaines
années,
l’agence
l’apprécie
positivement
cette
orientation sachant que les garanties sont souvent
surévaluées en Tunisie. Il est également visé une
réduction du ratio des créances classées de 25% à fin
2003 à 10%.
Le ratio de solvabilité de AB était de 9,5% à fin
2003 soit à un niveau faible compte tenu de la
qualité des actifs de la banque. Le management
prévoit de porter ce ratio à 12% par une plus
importante
rétention
des
bénéfices
et
des
augmentations de capital.
„
Perspectives pour 2004
La majorité des banques escomptent de meilleurs
résultats
en
2004,
toutefois
les
progressions
devraient être modestes par rapport à 2003.
A ce jour, les cinq principales banques tunisiennes
ont publié leurs résultats intermédiaires à fin Juin
2004. Ces publications mettent en évidence une
modeste croissance des encours de crédit et une plus
forte
hausse
des
dépôts
de
la
clientèle,
à
respectivement 6% et 9,6%, par rapport au premier
semestre 2003. Toutes ces banques ont affiché un
résultat net en baisse sous l’effet d’une baisse des
revenus nets d’intérêt (-9,8%) et d’une quasi stabilité
des commissions (+1,8% par comparaison à 2003).
A l’exception de la BH, le résultat courant avant
provisions des quatre autres banques s’est détérioré.
Cette détérioration a été remarquable pour la STB et
la BNA (respectivement -50,7% et -53,4% par
rapport à Juin 2003). Le résultat courant des cinq
banques a accusé une baisse de 31,4% à Juin 2004,
avec des pertes opérationnelles affichées par la STB
et la BNA. A l’exception de la BH, les banques ont
eu des difficultés à maîtriser leurs charges et n’ont
pu améliorer leurs coefficients d’exploitation.
Les résultats nets de ces banques ont pu être sauvés
en apparence grâce à une réduction des dotations aux
provisions pour certaines banques, et des reprises de
provisions pour dépréciation de titres pour d’autres
banques. Dans la mesure où les provisions sont en
Tunisie, essentiellement déterminées à la clôture de
l’exercice après approbation des auditeurs et de la
BCT, les chiffres publiés à fin Juin sont susceptibles
de changements ultérieurs.
L’agence considère que le système bancaire tunisien
est sous provisionné et les récents développements
(touchant l’UIB et la BS) tendraient à confirmer ces
craintes. Suite à l’acquisition par le groupe bancaire
français
Société
Générale,
d’une
participation
majoritaire au capital de l’UIB réalisée dans le
second semestre 2002, la banque a du procéder en
2003
au
comblement
d’une
insuffisance
de
provisions de 117,5 MD (pour un total de fonds
propres de 129,3 MD). Une augmentation de capital
de 36 MD est prévue d’être réalisée en 2004 pour
restaurer ses équilibres financiers. L’échec de la
privatisation de la BS suite à l’appel d’offres
international pour la cession d’une participation de
33,5% détenue par des institutions publiques,
tendrait également à confirmer que la banque
présente d’importants problèmes.
Selon
l’agence,
la
qualité
des
publications
financières des banques demeure faible et peu
transparente. Les incertitudes persistantes sur la
qualité effective des actifs du système bancaire
tunisien pourraient être dissipées si une plus grande
indépendance était donnée à leurs auditeurs externes.
La
majorité
des
indicateurs
de
l’économie
tunisienne ont enregistré une amélioration à Juin
2004 (production industrielle, échanges extérieurs…)
et plusieurs importants investissements publics sont
en cours de réalisation. Les perspectives des
économies
des
pays
de
l’Union
Européenne,
principaux partenaires commerciaux de la Tunisie,
restent toutefois peu favorables.
A l’image du premier semestre, la croissance de la
demande de crédit des entreprises devrait rester
modérée pour le reste de l’année 2004. Une
expansion plus vigoureuse de l’offre de crédit aux
particuliers pourrait toutefois venir conforter les
revenus des banques. En conséquence, l’agence
considère que la croissance des revenus des banques
tunisiennes restera faible et que leur rentabilité
restera de ce fait contrainte. Les marges ne devraient
pas connaître d’amélioration compte tenu de la vive
compétition
qui
sévit
dans
le
secteur.
Les
investissements informatiques devraient peser sur les
charges alors que le coût du risque devrait augmenter
compte tenu de la faible qualité des actifs des
banques.
La volonté et la capacité de l’Etat tunisien à apporter
son soutien aux principales banques tunisiennes en
cas de nécessité, constituent le principal fondement
des notes attribuées par l’agence aux banques
tunisiennes. En conséquence, tout changement dans
ces notes sera fortement corrélé à l’évolution future
Financial Institutions
Commentaires sur les résultats 2003 des principales banques tunisiennes et perspectives pour 2004 : Octobre 2004
7
du rating de l’Etat tunisien (BBB/F2/Stable) ainsi
que de sa volonté de soutenir le système bancaire.
Financial Institutions
Commentaires sur les résultats 2003 des principales banques tunisiennes et perspectives pour 2004 : Octobre 2004
8
„
Cinq principales banques tunisiennes
Résultats de l’exercice clos le 31 Décembre 2003
(TNDm)*
Total
Actifs
% Var
Fonds
propres % Var
Résultat
net
% Var
Rendem
ent des
actifs %
Rendem
ent des
fonds
propres
%
Résultat
opérationnel/
Total actifs
%
Coefficie
nt
d’exploita
tion %
Créance
s classes/
Total
créances
%
Ratio de
solvabilité
Tier 1%
STB
4134.4
-5.3
429.2
4.2
19.7
-5.1
0.47
4.70
0.32
80.65
41.1
11.3
BNA
3474.3
6.7
353.6
3.1
14.9
0.7
0.44
4.28
0.34
72.39
18
9.38
BH
2862.4
6.6
182.9
-0.3
16.4
-3.5
0.59
8.95
0.87
61.01
15.53
10.67
BIAT
3063.1
9.4
245.8
10.0
22.2
-0.9
0.76
9.46
0.93
62.85
16.7
8.86
AB
1981.6
3.6
188.8
16.9
26.9
74.1
1.38
15.34
0.51
43.41
25
9.5
* USD1=TND 1.2083 à fin 2003
Source: Fitch
Notes attribuées par Fitch Ratings et Maghreb Rating
Note Court Terme
Note Long Terme
Internationale
Nationale
Internationale
Nationale
Note
intrinsèque
Note de
soutien
extérieur
STB
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
2
BNA
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
2
BH
n.r.
F1+(tun)
n.r.
AA(tun)
n.r.
2
BIAT
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
2
AB
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
n.r.
3
Source: Fitch
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