[TRIBUNE] Notre parti doit repenser son éthique - Mars 2014

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Notre parti doit repenser son éthique Tribune publiée dans le Monde daté du 12 mars 2014, et cosignée par Maël de Calan, Enguerrand Delannoy et Matthieu Schlesinger.  Depuis plusieurs mois, la confusion règne en France. Confusion politique, quand les mots perdent tout sens et que les initiatives gouvernementales ne visent plus qu’à « gagner la bataille de la communication ». « Le pacte de responsabilité » succède ainsi à « la réforme fiscale », qui succédait elle-même à « l’inversion de la courbe », sans qu’aucune de ces initiatives n’ait été menée à son terme. Confusion morale, quand un conseiller trahit la confiance d’un Président, avant de se faire trahir lui-même par son proche entourage. Confusion encore quand des magistrats détournent la procédure pénale et trahissent le secret de l’instruction. Quand le garde des Sceaux oppose la protection des droits de la défense et la séparation des pouvoirs, attise la polémique avant de se retrouver lui-même au cœur d’une nouvelle polémique. Quand les médias annoncent un faux suicide, et que chaque camp reproche à l’autre, sous les yeux médusés des Français, d’être au cœur d’un « scandale d’Etat ». La question n’est plus de savoir qui a raison ou qui a tort.
Publié le : vendredi 10 octobre 2014
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Notre parti doit repenser son éthique Tribune publiée dans le Monde daté du 12 mars 2014, et cosignée par Maël de Calan, Enguerrand Delannoy et Matthieu Schlesinger. Depuis plusieurs mois, la confusion règne en France. Confusion politique, quand les mots perdent tout sens et que les initiatives gouvernementales ne visent plus qu’à « gagner la bataille de la communication ». « Le pacte de responsabilité » succède ainsi à « la réforme fiscale », qui succédait elle-même à « l’inversion de la courbe », sans qu’aucune de ces initiatives n’ait été menée à son terme. Confusion morale, quand un conseiller trahit la confiance d’un Président, avant de se faire trahir lui-même par son proche entourage. Confusion encore quand des magistrats détournent la procédure pénale et trahissent le secret de l’instruction. Quand le garde des Sceaux oppose la protection des droits de la défense et la séparation des pouvoirs, attise la polémique avant de se retrouver lui-même au cœur d’une nouvelle polémique. Quand les médias annoncent un faux suicide, et que chaque camp reproche à l’autre, sous les yeux médusés des Français, d’être au cœur d’un « scandale d’Etat ». La question n’est plus de savoir qui a raison ou qui a tort. Sans les institutions de la Vème République, qui tiennent le pays debout comme un corset redresse le malade, cette confusion aurait déjà dégénéré en crise politique, voire en crise de régime, et aurait ajouté une crise morale à la crise économique et sociale.
SORTIR DE LA CONFUSION Analyser les dix jours qui viennent de s’écouler comme un vaste complot contre la droite ne sert plus à rien, même si les coïncidences qui se multiplient jettent le doute, et que le Parti socialiste, égal à lui-même, use sans retenue des vieilles ficelles mitterrandiennes.
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Pour avoir vu de l’intérieur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, nous savons que les grandes décisions en matière économique, sociale ou internationale ont toujours été prises au regard de l’intérêt supérieur du pays. Mais, nous mesurons avec effroi, tous les jours sur le terrain de nos campagnes municipales respectives, l’écart grandissant entre les motivations réelles qui animent les responsables publiques et celles que leur prête l’opinion publique. Cet écart préoccupant est à la fois infondé et injuste.
L’EXIGENCE ETHIQUE Rien de tout cela ne nous décourage. Bien au contraire : parce que nous croyons toujours dans la politique, parce que nous pensons que la conduite de l’Etat est une affaire digne et sérieuse, la crise actuelle nous semble pouvoir accélérer le renouvellement que nous appelons de nos vœux.Un renouvellement de notre manière de penser et de faire de la politique : plus loyale, plus humble, plus collective, plus exigeante. Ce renouveau civique doit évidemment porter sur nos institutions. Les remèdes sont connus : moins de parlementaires, dont la réélection serait limitée dans le temps, qui travailleraient plus et avec davantage de moyens pour contrôler l’action du gouvernement. Moins d’élus locaux, dans le cadre d’un mille-feuille territorial largement simplifié, en regroupant des niveaux de collectivités et en instaurant un véritable statut de l’élu. Mais ce renouveau civique doit surtout être prolongé par une exigence éthique : ce sont les hommes et femmes politiques eux-mêmes qui sont en cause. Une exigence éthique qui doit irriguer la parole politique : quelle valeur nos responsables publics donnent-ils à la parole donnée ? Comment espérer en la politique, quand la parole n’a plus de sens ? Mesure-t-on les dégâts produits par François Hollande en menant une campagne « à gauche », avant de renier la plupart de ses engagements ? Nous pensons pour notre part que l’UMP a le devoir de ne plus rien penser, de ne plus rien dire, de ne plus rien promettre qu’elle ne sache mettre en œuvre. Car la montée des extrêmes est avant tout le fruit d’une gigantesque défiance des Français à l’égard de la parole politique. Une exigence éthique qui doit ensuite irriguer le fonctionnement des partis politiques. A l’UMP, comme ailleurs, en cessant par exemple de délivrer des investitures à des personnes convaincues d’enrichissement personnel. En sortant des logiques de casting.
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En cessant de porter au pinacle de jeunes apparatchiks médiatiques, propulsés par le mauvais génie d’hier, dont nous connaissons tous aujourd’hui le vrai visage. Notre famille politique ne se reconstruira pas si elle laisse une poignée de radicaux enfermer notre camp et Nicolas Sarkozy dans une posture caricaturale, à coup de slogans creux qui visent à provoquer lebuzzet leclash. La Boîte à idées propose à notre génération, au sein de l’UMP, de prendre la politique au sérieux, et de s’engager dans une démarche collective reposant sur deux principaux cardinaux : l’enracinement et les idées. C’est un projet réjouissant !
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