Comment combattre le Mauvais Stress?

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Comment combattre le Mauvais Stress?

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Journal Association FSI - USJ 2007
Comment combattre le Mauvais Stress?
Vous vous plaignez fréquemment du stress, pourtant, sans lui, vous seriez continuellement en danger de mort. Le stress est généralement assimilé aux soucis et à l’angoisse: C’est une erreur. Il existe un mauvais stress, mais aussi un bon, qui nous protège des agressions extérieures. A vous de combattre le premier, tout en laissant le second s’épanouir.
 Inventédans les années trente par le chercheur canadien Hans-Selye (Lecomte, & Patesson, 2002), le mot stress désigne la réponse, la parade, que trouve l’organisme contre les agressions ou les stimulations. Celles-ci peuvent être bénéfiques ou mauvaises, dans tous les cas, notre corps émet un signal de même nature. Autrement dit, le stress sera provoqué par des coups, un chagrin sentimental,… mais il sera également causé par une déclaration d’amour, par votre dessert préféré sur un menu, …
Le Dictionnaire de médecine Flammarion définit le stress ainsi:«mot désignant à la fois toute tension ou agression s’exerçant contre l’organisme et la réponse ou réaction non-spécifique de l’organisme à cette agression.» En d’autres termes, le stress est le résultat de tout facteur émotif, physique, social, économique ou autre qui exige une réponse ou un changement. Il est généralement admis qu’un peu de stress est acceptable - ce que l’on qualifie de «défi» ou de «stress positif»-, mais lorsqu’il survient avec une force que vous ne pouvez maîtriser, il peut se produire des changements à la fois mentaux et physiques.
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Le «stress en milieu de travail»consiste en des réponses physiques et émotionnelles nuisibles qui peuvent se produire lorsqu’il y a conflit entre les demandes liées au travail de l’employé et le degré de maîtrise dont dispose cet employé pour répondre à ces demandes. En général, la combinaison de demandes élevées dans un emploi et du faible degré de maîtrise sur la situation peut entraîner du stress.
Beehr et Newman (1978) proposent une définition du stress au travail qui reprend l’idée de l’interaction entre le travailleur et son environnement de travail:«Le stress au travail réfère à une situation où des facteurs reliés à l’emploi interagissent avec les travailleurs de manière à modifier (en augmentant ou en diminuant) les conditions physiologiques et/ou psychologiques telles que l’individu est forcé de dévier du fonctionnement normal.» «Le stress est un état transitoire de désadaptation fonctionnelle, dont les symptômes psychiques, physiologiques et comportementaux manifestent une tentative d’adaptation non encore réussie et se manifestant à court ou à moyen terme. Cet état transitoire, s’il ne se traduit pas par une reconquête d’un nouvel équilibre psychique, évolue vers le burnout» (Schaufeli & Enzmann, 1998, dans Selosse, 2006).
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fortement mais accroît sa sensibilité aux autres facteurs Les différentes conceptions du de stress. C’est là que peuvent survenir des pathologies stress fonctionnelles, les troubles du sommeil qui persistent, l’anxiété… on note également une diminution des Les différentes conceptions du stress au travail offrent relations aussi bien sexuelles que relationnelles. C’est à une structure qui met en relation les sources et les ce stade que l’individu fait toujours face mais dans une symptômes de stress. La plupart de ces modèles situation de tension. reposent sur des approches d’origines médicales et psychologiques qui visent à expliquer l’origine du - La phase d’épuisement stress. Ces approches causalistes ont généralement  Laphase d’épuisement est amorcée lorsque pour but de dégager quelques traits fondamentaux du l’organisme cesse de pouvoir s’adapter aux stresseurs fonctionnement de l’individu lorsqu’il fait face à une auxquels il est soumis. Ce stade répète la réaction situation stressante. Ainsi, certains aspects du milieu de d’alarme mais les mécanismes d’adaptation travail comme les stresseurs physiques ou chimiques s’effondrent. Pour Selye, les réactions de l’organisme (bruit, chaleur, exposition à des substances toxiques, agressé constituent avant tout un phénomène favorable etc.) et les mauvaises conditions matérielles de visant à maintenir l’équilibre avec l’environnement. Les travail rappellent plutôt les conceptions physique et travaux de Selye visaient par ailleurs, à comprendre physiologique du stress. Alors qu’une conception le rôle des systèmes hypothalamo-hypophysaire et psychosociale fait davantage référence aux aspects surrénalien dans les réactions de stress. A ce stade, liés à la charge de travail, aux problèmes de rôle, aux l’individu ne fait plus face,… relations dans le travail, à l’organisation du travail, et à la structure de l’entreprise.  Enun mot, le stress agit comme un thermostat. Hans Selye décrit trois stades par lesquelles passe unA chaque émotion, à chaque agression extérieure, individu en état de stress:notre organisme doit s’adapter, sans quoi il mourrait; un exemple tout simple: vous débarquez dans un pays -La réaction d’alerteétranger et l’hôtesse, d’une voix monocorde, vous  L’alerteest la perception d’une contrainteavertit que la température au sol est de 40°. Pour faire qui initie le processus de réaction non spécifique deface à ce brusque changement votre corps va trouver l’organisme, à un stimulus auquel il n’est pas préparé àla réponse biologique adaptée, la sudation notamment. répondre. Selye divise la réaction d’alarme en choc etOr, le premier signal qui l’avertit, qui lui permet de contre choc.réagir, c’est le stress. Tout se passe comme si votre Le choc est l’état de surprise à l’agression soudaine.organisme avait décelé un danger inconnu à l’aide Il peut se manifester par une accélération du rythmed’une sorte de radar et il cherche à l’identifier pour y cardiaque, une augmentation de la profondeurréagir. respiratoire, une hypertension ou une hypotensionDurant la phase d’alerte, le système nerveux envoie artérielle, des troubles digestifs (constipation ouun message à l’hypothalamus qui, en agissant sur diarrhées), des maux de tête,…etc. L’ampleur de lala glande médullo-surénale, libère de l’adrénaline. phase de choc dépend essentiellement du degré de laCelle-ci fournit à l’organisme l’énergie dont il a besoin menace, de l’environnement et des caractéristiques duen augmentant le rythme du cœur, donc son débit, sujet. Cette phase peut durer de quelques minutes à 24pour mieux oxygéner les muscles et les tissus et en heures. Elle est ensuite suivie d’un contre choc au coursfacilitant la libération du sucre et des graisses par le duquel l’organisme se ressaisit et met en jeu ses moyensfoie. C’est un premier stade où la mémoire et la réflexion de défense. A ce stade, l’individu fait face.sont améliorées. Quelle que soit la nature du stimulus, la réponse biologique de l’organisme sera - La phase de résistanceinvariablement la même.  Cettephase constitue l’ensemble des réactionsSi le stimulus persiste, vous passez à une phase non spécifiques provoquées par l’exposition prolongéede résistance. Votre organisme est en position d’alarme de l’organisme aux stresseurs auxquels il s’est adaptéet de mobilisation pour tenter de capitaliser d’autres au cours de la réaction d’alarme. L’organisme y résisteressources afin de trouver un nouvel équilibre. Il se met
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à secréter d’autres hormones: l’endorphine aux vertus apaisantes, le cortisol, la dopamine, la sérotonine et enfin des hormones sexuelles. A ce stade, le stress est considéré, d’un point de vue biologique, comme un agent stimulant bénéfique pour l’organisme, qui lui permet de réagir pour survivre à des situations pouvant le mettre en danger.
Si le stress perdure et que l’organisme est incapable de faire face car les dépenses énergétiques nécessaires sont trop importantes, l’individu passe à une phase d’épuisement, sa soupape de sécurité explose. La porte d’entrée à toutes les maladies est maintenant ouverte, sans parler de la fatigue, de la colère, de la consommation d’alcool, de tranquillisants et d’autres somnifères,... L’individu est enclin à un certain mal de vivre, voire une perte de l’envie de vivre et les pleurs, une absence de projets, de projection sur l’avenir,…
Les causes du stress professionnel (CII, 2000)
- Les conditions de travail: • Le travail par équipes/heures de travail, le week-end, des rémunérations inadéquates, les conflits, la discrimination et le danger présents dans le milieu du travail. • Evolution de carrière: mutation vers un poste mal adapté aux compétences et aux intérêts de la personne, incertitude dans la carrière, insécurité de l’emploi et manque de possibilités d’apprendre et de progresser.
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- La structure de l’organisation et son climat: • Une mauvaise politique et pratique de la communication, changements majeurs sur le lieu de travail, culture de l’organisation et manque de participation dans la prise de décisions. Lesrelationsinterpersonnellesdanslemilieudutravail: la qualité des relations avec les pairs, les subordonnés ou les supérieurs. •Le support: Sentir qu’on n’est pas épaulé par ses collègues peut rendre encore plus difficile la résolution de problèmes au travail qui sont sources de stress.
- La nature de l’emploi: • La quantité d’énergie physique et émotionnelle requise, charge de travail et lieu de travail. • Le contrôle: Ce facteur est le plus lié au stress au travail. Des études ont montré que les personnes qui ont de nombreuses responsabilités mais disposent d’un faible pouvoir de contrôle ou de décision dans leur fonction courent un risque majoré de maladies cardio-vasculaires et d’autres maladies liées au stress.
- Le conflit et l’ambiguïté du rôle:imprécision de la définition du rôle, des fonctions, des attentes et des responsabilités.
- L’interface travail-foyer: desexigences et des attentes contradictoires en termes de temps et de disponibilité.
Principales sources du stress des infirmières - S’occuper des mourants, être confrontées à la mort. - Conflits avec des collègues, y compris avec des supérieurs et autres professionnels de la santé - Préparation inadéquate pour traiter les besoins  émotionnelsdes patients et de leurs familles - Manque de soutien au niveau du personnel - Charge de travail - Incertitude concernant les plans de traitements.
Gestion du stress
Gérer le stress consiste en fait, à gérer sa vie, la mettre en équilibre. Il faut travailler sur soi, ne pas se laisser déborder et envahir, se donner les moyens de résoudre son propre problème. Tout ce qui permet d’éviter le surmenage et l’anxiété n’est bon que si vous êtes prêt à vous remettre en question. C’est le premier pas à faire,
et certainement pas le plus facile! Sans compter que gérer le stress ne se fait pas du jour au lendemain, il faut apprendre à faire face et cesser de se placer en position de victime passive. Il n’y a pas de remède miracle, c’est avant tout un travail sur soi pour parvenir à appréhender les choses différemment. Le stress étant une réponse de l’organisme à un changement, il faut donc l’aider à s’adapter sereinement,…
Commes les manifestations du stress sont biologiques, psychologiques et comportementales, la démarche pour contrer les stresseurs doit donc relever de ces trois points.
- Au niveau biologique ou physique • Commencer par une bonne hygiène de vie, éviter la sédentarité, prendre des repas équilibrés et réguliers, certains aliments améliorent notre résistance. Tous les «sucres lents» que l’on trouve dans les céréales, les pommes de terre, les fruits secs, sont excellents, ne vous privez pas non plus de légumes et de fruits frais, riches en vitamines (B1, B6) et en minéraux et oligo-éléments (MgSO4) qui consolideront l’équilibre de l’organisme. Méfiez-vous des «sucres rapides»car ils donnent des coups de fouet parfaitement inutiles. Et n’oubliez pas: le café et l’alcool ne sont pas vos meilleurs alliés. • Respecter les rythmes physiologiques du sommeil, et retrouver le plaisir des hobbys. • Gérer le stress par le contrôle de la respiration et la détente musculaire; tout comme le rire, le yoga et le chant .Essayer de pratiquer un sport, il peut constituer une soupape de décompression.
- Au niveau psychologique • Essayer de changer les relations interpersonnelles en travaillant les émotions. Ainsi, au lieu d’exploser contre un collègue pour une raison ou une autre, il faut essayer de réagir calmement, de dire ce que l’on ressent sans agresser l’interlocuteur. De même, il est inutile de s’énerver à un feu rouge ou dans un embouteillage. • Essayer de relativiser les soucis qui ont une importance négligeable, seront ramenés à leur véritable niveau.
- Au niveau comportemental • Essayer d’adopter une attitude alternative plus apaisante. Dédramatiser, prendre du recul… Le comportement du «coping actif», comme les spécialistes
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le nomment et qui consiste au refus du droit à l’erreur (tout ce qui est entrepris doit réussir), engendre des schémas comportementaux irréalistes et douloureux. Là encore relativisez! Cela peut paraître un peu «cliché» ou ressembler à des conseils psychologiques de second rang, mais cela n’est finalement pas si facile (surtout que cela implique une réelle remise en question de soi) et peut vraiment améliorer les relations au quotidien et donc le climat de l’environnement de travail,…
Dans tous les cas,la meilleure gestion du stress reste la prévention.
Ce que les organisations de soins de santé peuvent faire
- Mettre en œuvre le cycle de contrôle d’évaluation et de gestion des risques qui implique l’identification, l’analyse et la gestion des dangers ainsi que la protection des travailleurs. - S’assurer que les charges de travail correspondent aux capacités et aux ressources de l’employé, définir clairement ses responsabilités. - Solliciter les idées des employés pour l’amélioration du système des valeurs. - Améliorerles canaux de communication. - Prendre des dispositions pour guider, conseiller et assurer la formation en cours d’emploi. - Soutenir l’initiative et complimenter le travail bien fait. - Fournir une sécurité de l’emploi à long terme, des augmentations salariales. - Adapter le travail aux travailleurs, notamment en ce qui concerne l’aménagement du lieu de travail et le choix de l’équipe de travail.
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