Naissance du Millésime 2008

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Naissance du Millésime 2008

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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La naissance du millésime 2008 Avant les vendanges Chronique 65 – publié le 16 septembre 2008 Nouveauté Sur la page d’accueil, écoutez la première interview de Jean-Noël Hervé, propriétaire du château Moulin Haut-Laroque, à propos des prévisions 2008 à Bordeaux. –Contenu réservé aux Abonnéser Chronique 66 – publié le 1octobre 2008 Seconde interview à Moulin Haut Laroque et première interview à Brane Cantenac. Vous pouvez lire en première page du site le second interview de Jean-Noël Hervé de Moulin Haut Laroqueet la première interview d’Henri Lurton duchâteau Brane Cantenac. (Version française, version anglaise.) –Contenu réservé aux AbonnésPendant les vendanges Chronique 67 – publié le 15 octobre 2008 Naissance du millésime 2008 Vous écouterez sur le site, les interviews réalisées auchâteau Tour Haut-Caussan, au château Lafon La Tuilerieà etClos Manoupendant les vendanges. –Contenu réservé aux AbonnésLes 2008 et la crise financière A l’heure où l’état des Bourses occupe toutes les ondes, les grands crus du Bordelais avancent dans les vendanges avec une note d’optimisme inattendue : les merlots affichent des moyennes proches ou supérieures à 13 et l’intensité des couleurs surprend. Pour le cabernet sauvignon, le beau temps continue entre le vendredi 3 et le jeudi 16 octobre (à l’exception des pluies inégalement réparties le 7), favorise une maturité indispensable, mais lente. Le vendredi 10, les meilleurs cabernets sauvignons de château Margaux avaient enfin gagné en affinage. Le résultat final n’apparaît pas encore. Or, vis-à-vis des conditions peu amènes de l’été, le compte-rendu des analyses étonne favorablement. Jamais je n’ai vu les bordelais prendre autant de temps pour rechercher la maturité. Bruno Eynard, directeur dechâteau Lagrange, me disait que deux ou trois ans en arrière, la date des vendanges aurait sonné au moins huit jours avant. AuDomaine de Chevalier, Olivier Bernard vendangera l’essentiel de ses cabernets sauvignons à partir du 20 octobre. Si on peut ajouter du sucre ou enlever de l’acidité, ou concentrer, rien ne remplace la maturité des pellicules et donc du tannin. Une vendange trop précoce induit soit des tannins durs, soit un Jean-Marc Quarin sarl - BP 40 - 10, allée de ginouilhac1 33320 - Le Taillan Médoc - France Tel. +33 5 56 35 83 93 - Fax. +33 5 56 35 86 50
corps léger pour éviter cette dureté. Les osmoseurs et les concentrateurs, préparés avant les vendanges, n’ont généralement pas servi. En découvrant les hauts degrés d’alcool quasi insoupçonnables à la dégustation du raisin, ils ont été remisés. Les vendanges représentent toujours un moment particulier, une naissance. Je pense que 2008 ajoute autre chose ; une conscience plus sûre de la bonne méthode pour ancrer le parcours qualitatif. Attendre quelques jours de plus, c’est gagner du gras et donner du plaisir au consommateur. A mi-parcours des vendanges, il semble fortement probable que 2008 soit meilleur que 2007. Paradoxalement, avec la crise présente, il sera sûrement moins cher. A Bordeaux, comme à l’étranger, personne n’envisage d’acheter un premier cru en 2008 à plus de 100 euros, soit la moitié du prix du 2007. Fort logiquement, certains se demandent si les châteaux ne feraient pas mieux de garder le vin, surseoir à la vente en primeurs, pour ne pas casser le marché. Cette situation est propice aux vrais amateurs, à ceux qui achètent pour boire, même s’ils sont contents de savoir que le prix de leurs vins grimpe. En effet, les châteaux, les plus investis, travaillent sans même connaître à quel prix se vendra le futur vin. Pour les spéculateurs, l’heure est plus difficile. Depuis trois semaines, les affaires entre les châteaux et le négoce de place sont très calmes. La raison en incombe aux importants lots de vins remis sur les marchés dans le monde par des spéculateurs inquiets. Ainsi, leMouton Rothschild2005 était vendu récemment par la maison Wiss en Suisse avec une remise de 30 %, soit un prix à peine supérieur à celui des primeurs. Tout comme la valeur des actions, rien ne dit que ces prix ne baisseront pas encore. Au printemps dernier, Jean-Bernard Delmas, directeur deHaut-Brion, me disait que selon lui, au-delà de 200 euros, le vin ne se buvait plus. Je me souviens d’un article dans la RVF où un propriétaire pensait que désormais le grand vin se regardait plus qu’il ne se buvait. A ce jour, personne ne sait ce qu’il adviendra dans les prochains mois. Néanmoins, j’ai le sentiment qu’un certain discours idolâtre sur le vin, risque d’en prendre un coup. Dans la crise, on percevra plus justement la juste valeur de ce que certains appellent, de façon désincarnée, « la valeur de la marque ». Porter au pinacle du prix un produit alimentaire est-il raisonnable ? Même s’ils ne sont pas encore achevés, on parle à Bordeaux de la difficulté de vendre les 2008. Quels négociants accepteront de les porter, les comptes déjà chargés par les 2007. Si ces derniers devenaient encombrants, quel sort leur serait fait ? Au cas où la distribution ne porterait pas les 2008, ce serait aux châteaux de les garder et de les financer. Qu’en diront-ils ? Je m’attends donc à voir des négociants en difficulté, qui se regrouperont ou seront rachetés par d’autres. Il faudra savoir à qui on confie ses sous. Loin de ce tumulte, j’ai bu un très bonHaut-Brionrouge 1987, un millésime sans réputation, sans prix excessif, dans lequel ce cru se présente plus en arômes qu’en corps. Comme quoi, on peut se faire plaisir sans outrance, ni extravagance. Il est bon de se rappeler l’adage qui recommande d’acheter les petits millésimes dans les grands châteaux et les grands millésimes dans les petites propriétés. Ma curiosité me pousse à vouloir le goûter en magnum. Vous le savez, je crois en la supériorité de ce contenant pour la qualité du goût du vin. Je l’ai mesuré récemment avec des amateurs, en comparant un châteauLagrangeen 1986 bouteille (sur le déclin) et en magnum (toujours vivant). L’expérience sera renouvelée au château le 22 octobre. Après les vendanges Chronique 69 – publié le 17 novembre 2008 Bordeaux 2008:N’ayez pas peur d’en croire vos papilles! J’ai commencé à goûter de nombreux crus avant la fermentation malolactique. La qualité du fruit, la puissance du corps, le gras, l’absence de verdeur, la grande douceur tannique pourtant mêlée à une forte concentration, étonnent et parfois émerveillent. Il faut vraiment croire en ses papilles ! Pour l’instant, elles disent ce que l’observation du cycle végétatif ne nous révélait pas. Si ces bonnes perceptions se confirment après les fermentations malolactiques, viendra alors le temps des explications. Après coup, comme toujours. Stéphane Dief (Clos Manou) écrit dans sa note de synthèse sur le millésime : - «Incroyable, le 15 septembre, nous envisagions tout simplement de ne pas faire de premier vin. Comment peut-on expliquer qu’après un été Jean-Marc Quarin sarl - BP 40 - 10, allée de ginouilhac2 33320 - Le Taillan Médoc - France Tel. +33 5 56 35 83 93 - Fax. +33 5 56 35 86 50
déficient en luminosité et en chaleur, des précipitations importantes début septembre, les vins soient aussi denses et concentrés !» Ce qui reste à apprendre reste incommensurable. Même les professionnels, pourtant si proche de leurs produits, se frottent les yeux ! Alors, le grand public, vous imaginez ? Voici quelques pistes. La climatologie de septembre ou d’octobre contribue à la maturité et donc au succès de tous les cabernets. Je le sais depuis la défaite des 1998 de la rive gauche sous les pluies de septembre. Août donne le milieu de bouche. 1998 nous l’enseigne sur la rive droite. 2002 et 2004 en manquent sur la rive gauche. Et juillet ? Assurément, voici le mois important pour le merlot (Denis Dubourdieu). Beau et surtout très sec en 2008, son rôle apparaît majeur pour la concentration tannique. Vous remarquerez que ce que nous savons aujourd’hui sur le goût du vin, ce qui se transmet, ce qui s’enseigne, ce qui se raconte parmi les initiés, bref ce qui structure nos discours, tout ceci a été observé dans le cadre d’une viticulture moyennement bonne. Or, elle change et s’améliore, modifiant à son tour nos représentations gustatives. Par exemple à Bordeaux, depuis 2000, la notion de millésime s’amoindrit. Ou encore, le cabernet sauvignon et le cabernet franc ne sont jamais apparus aussi charnus que le merlot. Et le merlot se révèle de moins en moins utilisé dans l’assemblage des grands crus de la rive gauche. Ce qui était juste sous un paramétrage moyen du travail, devient obsolète dans un cadre supérieur. En résumé, comme je le mentionnais après le millésime 2007, le travail des hommes joue le rôle d’un second terroir. Une ouverture formidable pour la qualité et sa régularité. er Chronique 73 – publié le 1février 2009 Montrose 2008 en primeur L’événement le plus inattendu vu à Bordeaux ce mois-ci fut la présentation officielle du Montrose2008 en primeur. Déjà ? Et oui déjà ! Environ 200 personnes (courtiers, négociants, journalistes), invitées par Martin Bouygues se sont retrouvées pour un déjeuner dans les salons du tout nouvel hôtel 4 étoiles “le Régent”. J’ai tellement entendu de la bouche des propriétaires la phrase accusatrice - « vous, les journalistes, vous goûtez toujours trop tôt » - que je regarde cette initiative comme une véritable révolution. Elle brise le statu quo qui consiste à ne présenter les vins officiellement en primeur qu’à partir du 1 er avril. Il faut dire que Montrose ne fait pas partie de l’union des grands crus. La semaine dernière, l’Union, comme on l’appelle, présentait les 2006 aux États-Unis pendant qu’à Bordeaux,Montrosefaisait seul l’actualité avec son 2008. Autrement dit, aucun propriétaire important, ami, mais néanmoins concurrent, n’était à Bordeaux cette dernière semaine de janvier pour juger le Montrose 2008. Personnellement, je trouve l’initiative heureuse. M Delmas, conseiller de Martin Bouygues pourMontrosea balayé un demi-siècle de tradition en pointant qu’il ne fallait pas « craindre de montrer ce qui est bon ». Comment ont-ils fait se demandaient quelques personnes ? Comprenez que dans les chais, tous les crus ne sont pas en même temps à un niveau similaire d’élaboration, selon les méthodes utilisées. Peu sont déjà assemblés. Pour la plupart, les lots resteront encore séparés jusque fin février. D'autres n’assembleront que juste avant la mise en bouteilles. Pour cette présentation, Montrose a réalisé quatre barriques, pour moitié fût neuf et moitié fût d’un vin. Tout le travail consistait à rendre ce travail représentatif de l’ensemble à venir. Assemblage : 65 % cabernet sauvignon, 30 % merlot, 4 % cabernet franc et 1% petit verdot. Sélection : 60 % de la production. Equilibre : degré alcool 12,97 %, PH 3,75, acidité totale 3,35, IPT 86. Le service a commencé par le 2007 (15,75 - 16), puis le 2008 (16 - 16,5) pour bien comparer. 1999 ( 15,75) accompagnait la viande. Un 1990 en magnum (17) clôturait le déjeuner. Ce n’était pas le 90 attendu, si plein et si riche et pas un brin granuleux quand il se goûte bien. Le meilleur que je n’ai jamais goûté avait été décanté 24 heures à l’avance au château. Par contre, ce flacon affichait une folle jeunesse. L’idée était de démontrer pour ceux qui ne le savent pas encore, que 2008 présente plus de qualité que 2007. Effectivement, leMontrose 2008possède plus de chair, de volume et de texture que le 2007. Le nez, très fruité, a même la note suave très mûre que j’ai connue dans le 2003 jeune. La comparaison s’arrête là. Pour l’instant, la finale manque un peu. L’élevage
Jean-Marc Quarin sarl - BP 40 - 10, allée de ginouilhac 33320 - Le Taillan Médoc - France Tel. +33 5 56 35 83 93 - Fax. +33 5 56 35 86 50
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et surtout la proportion de bois neuf utilisée changeront cette perception dans quelques mois. Pour l’instant, je noterai ce vin entre 16 et 16,5. Pendant la présentation, M. Delmas a rapproché la présentation de 2008 avec celle de 1990. Une audace que je ne partage pas. Du coup apparut la principale question qui intéressait les participants, le prix. Avec humour, certains pensaient à un prix de 2008 en primeur égal à celui du 1990 (environ 15 euros ?). Personne n’y croit. Plus tard sur le perron, un autre marchand me dit que les propriétaires ne mettraient pas leur vin en vente cette année. « Vous comprenez, pour eux, c’est comme une danseuse et une question d’image. Ils peuvent sauter un millésime et attendre que les prix remontent.»…. Quelques jours auparavant, je posais franchement la question à Jean-Michel Cazes, homme réputé à Bordeaux pour ses points de vues avisés. Bien sûr que l’on présentera nos vins en primeur. Mais combien se vendront ? Pas plus de trente marques sans doute. Le plus terrible pour une propriété est de ne vendre qu’une partie de la récolte en primeur. Ensuite, nous sommes bloqués longtemps au même prix. On ne peut pas baisser pour ne pas déplaire à ceux qui nous ont fait confiance». Actuellement, la société Wyss en Suisse profite des déstockages bordelais. Chaque semaine, elle offre des noms célèbres à des prix incroyables. Ça marche fort, paraît-il. Comme quoi les acheteurs ne manquent pas quand le prix est bien positionné. Pour l’instant, à Bordeaux, il se raconte tout et son contraire sur la campagne à venir. La qualité supérieure de 2008 sur 2007 ne suffira sans doute pas à justifier un prix au moins égal à 2007. Au regard de l’histoire des vins de Bordeaux, tout ceci est parfaitement normal. Jamais le goût n’est premier dans la détermination d’un prix primeur. Nombre de consommateurs ne le comprennent pas. Je goûtais cette semaineLa Fleur Peyrabon, Pauillac 2004 ( noté 15,75-16, une très belle réussite) et 1998 ( noté 14,5). Le 98 possède moins de qualité que le 2004 et pourtant il vaut 29 euros contre 20 euros TTC pour le 2004. Au non de quoi ? De l’âge, de la rareté, mais pas du goût ! Pour l’instant, ce que j’ai goûté de mieux en 2008, cépages séparés, vient deCheval Blancet deTrotanoy. *** A suivre. Jean-Marc Quarin. 19 février2009. Pour en savoir plus et suivre lesBordeaux primeurs 2008,abonnez vous!Du1er au 27 avril 2009, vivez quotidiennement avec Jean-Marc Quarin la découverte du millésime 2008 dans les crus connus et inconnus. 15 rapports (3 par semaine) couvriront plus de400 vins. Avec la base de données riche de plus de 23,000 commentaires et notes de dégustations, vous pourrez comparer instantanément la valeur de ce millésime dans chaque cru à celle des précédents. Les rapports vous parviennent par mail et sont aussi visibles sur le site. Bienvenue pour trois semaines d'analyses, de critiques, d'informations et de conseils. L’abonnement est disponible sur le sitewww.quarin.comformule mensuelle d’une durée en de30 jourset en formule annuelle. © Copyright: Cette publication est éditée par Jean-Marc Quarin Sarl, 10 allée de Ginouilhac, BP 40, 33320 Le Taillan-Médoc. France. Tél. + 33 (0)5 56 35 83 93. Fax +33 (0)5 56 35 86 50. E-mail: jmquarin@wanadoo.fr La reproduction totale ou partielle des textes et illustrations publiés ici est interdite. Les droits de l’édition étant la propriété de l’éditeur, il est obligatoire de posséder une autorisation écrite de celui-ci.
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