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Les armements français : spécialisation, diversification, mondialisation.

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4 pages

Lacoste (R), Touret (P). http://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/document.xsp?id=Temis-0064766

Ajouté le : 04 janvier 2007
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Note de Synthèse N°94  
Avril 2007  Les armements français : spécialisation, diversification, mondialisation
 Les armateurs français oeuvrant sur les grands marchés internationaux se sont adaptés à la conjoncture mondiale. Aujourd’hui, moins nombreux qu’à l’apogée des années 1980, ceux qui restent ont su dépasser les crises pétrolières et la dépression sur les marchés des vracs solides, ils ont su négocier le virage de la conteneurisation, ils ont osé développer de nouveaux services à valeur ajoutée. Que ce soit en recentrant l’activité sur des marchés de spécialité (Fouquet Sacop), en multipliant les partenariats industriels (Louis Dreyfus Armateurs), en misant sur des secteurs à très forte rentabilité (Groupe Bourbon), en faisant le pari de la massification et de la croissance (CMA CGM) ou au contraire en apportant du sur-mesure sur le marché mondial (Marfret), en choisissant la qualité et en optimisant l’organisation et les structures de gestion (SeaFrance, Brittany Ferries), tous ont su, par un positionnement qui leur est propre, relancer leur activité. Et si l’armement français n’est pas parmi les plus puissants d’Europe, il a su conserver la diversité des métiers qui fait sa force. L'ISEMAR vous propose un tour d'horizon historique et actuel des armements français ainsi que des focus sur deux acteurs originaux Louis Dreyfus et Marfret.  Les armateurs vraquiers et pétroliers français : perspective historique  Les armements vraquiers et pétroliers français se sont beaucoup développés et consolidés autour du marché national du charbon et du pétrole : la loi du 18 août 1936 faisait obligation aux importateurs de charbon d’assurer les approvisionnements français à hauteur de 40% par des navires français. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’ATIC (Association Technique de l’Importation Charbonnière) a possédé, jusqu’en 1995, le monopole sur les importations de charbon. Dans le secteur pétrolier, la loi du 30 mars 1928, réactivée par la loi du 31 décembre 1992 fait obligation aux sociétés pétrolières qui possèdent des raffineries en France de détenir une capacité de transport sous pavillon français équivalente à 5.5% du volume de brut importé par ces unités de raffinage. En règle générale, la trop grande dépendance au marché français et au système colonial alliée à des erreurs stratégiques furent fatales à nombre d’entrepreneurs maritimes. De plus, les crises pétrolières et la dépression qui ont secoué les marchés vraquiers dans la première moitié des années 1980 ont fortement déstabilisé et fragilisé les armements de vracs secs français.  Le groupe Worms en particulier, a symbolisé la croissance et le déclin d’une partie de l’armement national. Le groupe Worms est né en 1848 avec pour objet le négoce de charbon anglais. Dès 1856, la compagnie maritime a vu le jour, suivie par les chantiers navals en 1917 et la banque d’affaire en 1928. Dans les décennies 1950 à 1970, le groupe Worms développa ses participations et prises de contrôle dans l’industrie (pétrole, sucre, papier…) et le maritime (UIM, Unitramp, CNN…). Mais la fin des années 1990 a amené le groupe à se séparer de
l’essentiel de ses activités maritimes comme industrielles, de façon volontaire ou contrainte, après son rachat par le groupe Agnelli (1997).  D’abord orienté sur le transport charbonnier (branche qui sera fermée en 1948), Worms s’engage sur la ligne régulière en 1930 en reprenant la NCHP (dont il se séparera en 1986), puis investit les transports pétroliers en 1938 en créant la Société française de Transports Pétroliers (SFTP). Worms est aussi à l’origine du GIE Unitramp qui le lie à l’UIM à partir de 1972. Le regroupement, focalisé sur les vraquiers de type handysize et handymax, s’ouvre vite aux partenaires étrangers et sera actif jusqu’au milieu des années 1990.  L’Union Industrielle et Maritime(UIM) a été créée en 1925 pour gérer au cabotage charbonnier une quinzaine de vraquiers. La compagnie se développa sur le secteur des vracs secs, puis des colis lourds et des projets industriels jusqu’au milieu des années 1980 avant d’être reprise en grande difficulté financière par le groupe Worms en 1989.  En 1986, Worms reprend la Compagnie Nationale de Navigation (CNN) à Elf et y intègre les pétroliers de la SFTP. La CNN récupérera lors des années 1980 et 1990 une partie des navires des filiales françaises des multinationales pétrolières qui se désengageront du transport maritime durant cette période. Enfin, en 1995, la CNN s’associe avec la Compagnie Maritime Belge (CMB) pour fonder Euronav, avant que la totalité des actifs de Euronav ne soient cédés à la CMB en 1998. A cette date, les activités de transports maritimes de Worms n’existent plus. Worms a aussi été associé, avec plusieurs autres armateurs français au sein de la Cetragpa, aujourd’hui entièrement contrôlée par l’armement Louis Dreyfus.
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