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PREMIER MINISTRE
Livre Blanc des acteurs français du développement durable
Sommet mondial du développement durable – Johannesbourg 2002 -
             
Avertissement
Les documents ci-joints reflètent les positions des groupes de travail et des
acteurs impliqués dans le processus de préparation du Sommet mondial du
développement durable de Johannesbourg.
Ils ne constituent pas des positions du Gouvernement français.
Comité français pour le Sommet mondial du développement durable
Placéauprès du Premier Ministre et présidépar Michel Mousel, le Comitéfrançais pour le Sommet mondial du développement durable regroupe une soixantaine de personnalités représentant l'en-semble des acteurs français du développement durable. Il a pour vocationàfaciliter la contribution de ces acteurs au Sommet mondial du développement durable (Johannesbourg, 26 août -4 septembre 2002), sommet qui intervient 10 ans après celui de Rio de Janeiro sur l'environnement et le développement.
Treize thèmes prioritaires ontétéidentifiés par le Comité: Leau L’énergie La santé Lagriculture et la sécuritéalimentaire  La culture, la francophonie et l’éducation La recherche Les enjeux urbains L'accès aux services essentiels Les partenariats et les financements publics / privés Les responsabilités sociales et environnementales des entreprises Le commerceéthique et le commerceéquitable Les inégalités sociales et les inégalitésécologiques La coopération internationale
Les propositions des groupes de travail mis en place par le Comité, présentées lors dun colloqueà Rennes les 1 et 2 juillet 2002, font lobjet du Livre Blanc des acteurs français du développement durable.
Préface :Mousel, Président du Comité français pour le Sommet mondial du développement durableMichel I - Introduction" Un nouvelélan pour la planète ", journées nationales du développement durableRennes, 1 et 2 juillet 2002 -Allocution de Monsieur Jan Pronk, envoyéspécial de Monsieur Kofi A. Annan, Secrétaire général des Nations unies Allocution de Monsieur Jean-Pierre Raffarin, Premier Ministre Allocution de Madame Roselyne Bachelot, Ministre de l'Ecologie et du développement durable Allocution de Madame Claudie Haigneré, Ministre délégué àla Recherche Allocution de Madame Tokia Saïfi, Secrétaire d'Etat au Développement durable Allocution de Monsieur Edmond Hervé, Maire de Rennes, Président de lInstitut des Villes Allocution de Monsieur Josselin de Rohan, Président du Conseil régional de Bretagne Allocution de Monsieur Marie-Joseph Bissonnier, Président du Conseil général dellIineVila-et-
II - Les treize thèmesétudiés par le Comitéfrançais pour le Sommet mondial du développement durable Eau Energie Santé Agriculture et sécuritéalimentaire Culture, francophonie etéducation - Culture et développement durable - Francophonie et développement durable - Education et développement durable Recherche Villes et autorités locales Accès aux services essentiels Partenariats et financements publics / privés Responsabilités sociales et environnementales des entreprises Commerceéthique et commerceéquitable Inégalités sociales, inégalitésécologiques Coopération internationale
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III- Les déclarations des groupes dacteurs 189 Déclaration des collectivités locales et territoriales françaises Positions du Collectif des ONG françaises JoBurg 2002 en vue du Sommet de Johannesbourg Proposition de déclaration sur les femmes : " Femmes pour la qualitéde la vie " Contribution des entreprises membres de lORSE et dEPE Déclaration des entreprises de service deau et dassainissement : " Faire de leau une prioritépolitique " " Pour uneéducation au développement durable "Collectif Joburg 2002 " L’éducationàlenvironnement : le développement durableàbonneécole " Collectif international PlanetERE
IV- RENCONTRES ORGANISÉES EN FRANCE POUR PRÉPARER LE SOMMET MONDIAL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DE JOHANNESBOURG Assises nationales du développement durableToulouse, 11 et 12 mars 2002 -Dialogues pour la TerreLyon, 21, 22 et 23 février 2002 -
Annexes Inventaire des projets concourant aux initiatives de type II signalés au Comitéfrançais pour le Sommet mondial du développement durable Liste des acteurs associés aux travaux du Comitéfrançais pour le Sommet mondial du développement durable
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Autres déclarations de groupes dacteurs 245 PLANETERE 2 :Lappel des jeunes pour un mondeécologique, pacifique, solidaire et démocratiquePLANETERE 2 :Les acteurs de l’éducation se mobilisent pour un monde solidaire,équitable et responsable
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Préface de Michel Mousel
Ce livre voudraitêtre dabord un témoignage sur ce qui aura été, espérons-le, un nouveau degréfranchi dans la montée en puissance du rôle des citoyens dans la vie internationale. La France a voulu ne pas manquer loccasion du dixième anniversaire de Rio et montrer quon y prenait très au sérieux lappel lancéalors dune mobilisation des principaux acteurs de la société et de toutes les collectivit civileés publiques pour le développement durable. En même temps, cette conviction ne sauraitêtre exempte de modestie. Pourquoi se le cacher, on sy est pris tardmais ces six mois de préparation pour Johannesbourg nen ontétéque plus intensifs ; on a dûrenonceràtraiter tous les thèmesmais au moins a-t-on fait preuve d lesempirisme en choisissant plus mûrs ; on a probablement laisséplaceàdes insatisfac-tions, mais la tentative a eu lieu, et elle a certainement un avenir, tant elle a suscité denvies de débattre, de désirs dapprofondir le travail, de vocations pour les nouveaux partenariatsàinstaurer. Le Comitéfrançais pour le Sommet mondial du développe-ment durable a reçu comme mission de créer un espace qui facilite, dune part, la coopération entre organisations de la sociétécivile et lexpression de leur capacitédinitiative et, dautre part, leur rencontre avec les pouvoirs publics. Le Comité lui-m aême rassemblé personnalit desés que lon sest efforcé de choisir comme représentatives des divers groupes dacteurs concernés (et particulièrement ceux qui avaientétéidentifiésàRio) :élus locaux, entreprises, syndi -cats, agriculteurs, chercheurs, organisations de femmes et de jeunesMais il ne pouvait ainsi avoir la prétention de représentertoute la sociétécivile. Cest pourquoi il sest doublementépar ses douze groupes de travail, et parlargi, des rassemblements régionaux. Les groupes de travail, dont les recommandations et propo-sitions constituent le cœur de ce Livre blanc, ontétéorga-nisés autour de deux axes : celui des sujets sectoriels mis en avant par lOnu (leau, l’énergie, lagriculture et la sécurité alimentaire, ainsi que la santé grâceà jonction op laérée avec le groupe spécialisé HCCI)* ; celui de questions du transversales dont plusieursémergentégalement de la préparation du plan daction de Johannesbourg (rôles du public et du privé, particulièrement dans le financement des
* Haut Conseil de la coopération internationale.
actions et dans la gestion des biens et services essentiels) auxquelles se sont ajoutées des questions que les parte-naires français désiraient plus particulièrement mettre en avant (le commerceéthique et le commerceéquitable, les villes, les relations entre inégalités sociales et environne-mentales) ainsi quuneévaluation de notre coopération internationale avec laide ici encore du HCCI. Troisétapes ont par ailleurs jalonné parcours du ce semestre, trois métropoles régionales Lyon, Toulouse, Rennes, trois rassemblements de nature bien différente et complémentaireàla fois. Lyon a mis laccent sur la crise de la conscience mondiale naissanteà l’égard de l’évolution de la planète. Dix ans après Rio, on découvre que le développement durable nest pas dplus ou moins miracle, mais quabord la solution il est lui-même le problème : peut-on continuer ainsi dans lac-croissement des inégalités et des contradictions entre crois-sance et gestion des ressources ? Pendant les dix ans de laprès-Rio, de manière complètement contradictoire avec les principes qui y furent adoptés, un seul deséléments du triptyque du développement durable, l’économie, a dominé les relations internationales et encore principalement sous langle du commerce et de la finance. Rien qui permette de réviser les modes de production et de consommation en fonction des deux autres volets du triptyque. Et quest-ce qui permet de dépasser la dictature de limmédiat et du matériel, sinon une référenceéthique ? Par là, la crise de conscience peut accoucher de nouveaux comportements. LesÉtats qui se font violence en ratifiant le protocole de Kyoto, donc les contraintes quil impose et surtout quil préfigure, les syndicats et les ONG qui veulent participerà l’évaluation de la responsabilité sociale et environnemen-tale des entreprises, celles-ci lorsquelles sy prêtent au-delà de seules questions dimage, ou quand elles reconnaissent formellement la légitimité des autorités publiques comme garantes dobjectifs dintérêt général, au Nord comme au Sud, les autorités locales quand elles intensifient des coopé-rations qui sont pour lessentiel lexpression de solidaritéstous témoignent peu ou prou de la naissance de comporte-ments répondantàuneéthique nouvelle. Cest précisément lapproche par le local qui a dominé à Toulouse la recherche dactualisation des stratégies de développement durable. Double correction de deux insuffi-sances latentes dans le processus de Johannesbourg.
Dabord, parce que la filiation essentiellement Nord-Sud donnée par lOnuàce processus (déclaration du millénaire, accent mis sur la lutte contre la pauvreté, elle-même décli-née en termes dinéquité internationale, etc.), pour incon-testable quelle soit, comporte aussi le risque de noyer la critique des pays du Nord dans leurs responsabilités propres dans le non-développement durable ; et, par conséquent, de voir réapparaître le néo-paternalisme quest censéexorciser le principe deresponsabilitécommune mais différenciée. Ensuite, parce que ce risque est encore accentué le par silence pesant des textes en discussion sur la gestion des territoires (urbains comme ruraux) et le rôle majeur des autorités locales. Ce qui est pour le moins paradoxal, si lon considère le fait que, de tout lagenda 21, cest le chapitre consacré àce sujet qui a reçu le plus significatif début dap-plication. Même si celui-ci anotamment chez nous été assez timide et dailleurs plus soutenu par le secteur asso-ciatif que par les pouvoirs publics. Toujours est-il que les positionsélaborées par les représentants des autorités locales françaises au cours de ce semestre montrent leur volontédinvestir complètement ce domaine et leur aspira-tionàune traduction concrète sur la scène internationale. Rennes a, enfin, permis simultanément de compléter lavan-cement de ces réflexions par un recentrage sur les enjeux internationauxle Sommet approchantet de tenter une première synthèse des idées et initiatives produites par les groupes de travail. Des moments forts de cette manifestation ontété confrontations entre celles-ci et les pr leséoccupa-tionsémises par les représentants des pouvoirs publics comme des sociétés civiles de pays du Sud. Du représentant dassociation dagriculteurs dAfrique de louest au ministre exprimant les préoccupations des chefs d’État associés dans le projet Nepad, nous avons entendu,à fois, des la réflexions qui renforçaient certaines de nos hypothèses de travail sur le renouveau nécessaire de la solidaritéinternatio-nale, des interrogations très dérangeantes pour nos certitudes et quelques dénonciations de nos incohérences de nantis. Et nous avons eu la confirmation que les fameuses initia-tives en partenariat, dites de type II, qui devaient constituer l'un des résultats de Johannesbourg, pouvaientêtre la pire ou la meilleure des choses. La pire, si elles devaient, devant unéventueléchec de la communauté internationale, se doter dun véritable plan daction, avec autant dobjectifs chiffrés et datés que possible, navoir dautre vocation que
P RÉF A C E SOMMET MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE
de donner le change et faire croireàdes opinions supposées crédules que des progrès auraient lieu malgréle manque de volonté politique desÉtats. La meilleure, si elles permet-taient de donner une illustration concrète dun plan daction constituéde véritables engagements, avec la démonstration quil est possible de fédérer les efforts publics et privés, gouvernementaux et non gouvernementaux autour de ces engagements. Ce qui suppose, comme cela aétédemandé par lUnion européenne, l’établissement dune relation explicite entre chaque initiative et le plan daction, chan-geant ainsi limage coupée des réalités que les grandes conférences internationales ont aux yeux de lopinion publique. Meilleure encore si, comme ont essayéjustement de le faire les groupes de travail, les initiatives choisies sont souvent porteuses de méthodes et de solutions nouvelles propresàcréer des dynamiques allant au-delàdes compro-mis inévitables des textes adoptés. Lun des enjeux du renouveau de lagouvernance,àtous les niveaux, est probablement de rendre féconds des espaces de coopération multi-acteurs comme on vient de sy essayer. Si les relations internationales sont, comme leur nom lindique, des relations entre Nations et par conséquent entre lesÉtats qui les représentent, laffirmation dun rôle propre des citoyens les concerne autant que lesÉtats eux-mêmes, ou les constructions institutionnelles spécifiques comme lEurope. De plus, lobjet comme le sujet de ces rela-tions se sont complètement transformés. La mondialisation ou la globalisation, comme on voudra, loin de faire dispa-raître le besoin de régulations publiques, conduit lesÉtatsà déléguer une part au moins de responsabilité à des instances quils créent entre euxrègles, normes, institu-tions. Celles-ci concernent ainsi de plus en plus directement lactivitédes citoyens producteurs et consommateurs, indi-vidus comme partiesà la vie sociale. Réciproquement, les États, négociateurs de ces régulations, nont dautre légiti-mitépour ce faire que laccord majoritaire de leurs citoyens. Et, de plus en plus, leur volontéde parveniràdes résultats peut dépendre de jeux convergents de leurs opinions publiques, qui ont eu raison, par exemple, de bien des hési-tationsàla ratification du protocole de Kyoto. Bien entendu de tellesévolutions ne vont pas sans conflits. La société civile na pas toujoursété accueillieà bras ouverts dans les négociations internationales ; les représen-tants dautorités locales dénoncent ici même le statut
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auquel ils sont confinés ; inversement, on peut douter que le mode dexpression choisi pour défendre certaines causes soit le plus appropriéou le plus recommandable. La spécu-lation sur des consensusà caractère très général est illu-soire, quand ce nest pas suspecte, mais il peutêtre déter-minant dans la recherche de solutions aux questionsà traiter sur la scène mondiale que des convergences s’éta-blissentà moments sur des sujets donn certainsés entre gouvernements et sociétécivile. Sil est en tout cas un sujet sur lequel on ne pourra pas faire limpasseàpropos de ce changement d’échelle des débats et des actions, cest bien celui qui réunit les uns et les autres àJohannesbourg. On peut donc exprimer le souhait, comme lont fait nombre des membres du Comité, que cette expé-rience en engendre dautres, quelle suscite de nouvelles ambitions d’œuvrer dans le concret. En attendant, le concret, en cetété2002, cest dabord la catastrophe alimentaire qui sest abattue sur la région oùse tient le Sommet. Espérons que ce soit moins un objet de scandale que de prise de conscience de certaines urgences.
I N T R O D U C T I O N SOMMET MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE
I - INTRODUCTION Un nouvelélan pour la planète, journées nationales du détnemoppevel durable de Rennes, 1 et 2 juillet 2002.
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Les journées nationales du développement durable, organiséesàRennes (France) les 1eret 2 juillet 2002, ont atteint leur objectif :établir un dialogue constructif entre les acteurs du développement durable françaispouvoirs  publics, sociétécivile, autorités localeset ceux des pays du Sud, pour définir ensemble les positions que la France défendraàJohannesbourg.
Dernièreétape française avant le Sommet de Johannesbourg, organisépar les Nations unies du 26 août au 4 septembre 2002, ces journées ont réuni plus de 700 participants. Les acteurs français du développement durable citoyens,élus, chercheurs, représentants dorganisations non-gouvernementales, dentreprises, de syndicats, du milieu agricole...ainsi que près dune centaine de représentants des pays du Sud ontéchangépendant deux jours.
Ces journées ontétéouvertes par Edmond Hervé, maire de Rennes, président de lInstitut des villes, Josselin de Rohan, président du Conseil régional de Bretagne et Marie-Joseph Bissonnier, président du Conseil général dIlle-et-Vilaine.
De nombreuses personnalités sont intervenues : le représentant de lOnu, Jan Pronk, envoyéspécial de Kofi Annan, secré-taire général des Nations unies, des représentants des pouvoirs publics des pays du Sud - José Goldemberg, secrétaire d’ÉtatàlEnvironnement de l’État de Sao Paulo (Brésil), Adbou Aziz Sow, ministre déléguégénéral au NEPAD (Sénégal), Jean-Pierre Elong-Mbassi, coordonnateur du partenariat pour le développement municipal (Bénin) - ainsi que des repré-sentants de la société civile africaine, notamment Mamadou Cissoko, président du réseau des organisations paysannes (Sénégal).
Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, et les ministres présentsRoselyne Bachelot, ministre de l’Écologie et du dévelop-pement durable, Claudie Haigneré, ministre déléguéeàla Recherche et aux nouvelles technologies, Tokia Saïfi, secrétaire d’État au Développement durable ont confirmé lambition de la France de promouvoir le développement durableà l’échelle mondiale.
Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, a rappelélimportance deréussir Johannesbourget a soulignéla volontéde la France daugmenter le montant actuel de lAPD publique au d aideéveloppement - (0,32 % du PNB). Tokia Saïfi a confirméen clôture que le gouvernement prendrait en compte les travaux menés par les acteurs présents, dans la position que la France défendraàJohannesbourg.
I N T R O D U C T I O N SOMMET MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE
Intervention de MonsieurJan Pronk, envoyéspécial de Kofi Annan, sécrétaire général des Nations unies. Journées nationales du développement durableàRennes, lundi 1erjuillet 2002.
Un nouvelélan pour la planète
Mesdames et Messieurs,
Le thème qui nous réunit aujourdhui estJohannesbourg 2002 : un nouvelélan pour la planète. Le Sommet mondial sur le développement durable,à Johannesbourg, doit faire renaître et renouveler l’élan de Rio.ÀRio, nous avions défini lagenda ;àJohannesbourg, cest la mise enœuvre qui sera au centre des préoccupa-tions.
En fédérant les volontés politiques expriméesàRio, nous avons atteint des résultats concrets quantà des problèmes mondiaux essentiels comme le changement climatique, la dégradation de la biodiversitéet la déserti-fication.
Toute entreprise majeure comporte bien entendu des risques. Jen nommerai trois. 1.Sans accords arrêtés dans un programme de mise en œuvre, sans résultats de type 2 (les partenariats) et sans déclaration politique, le Sommet sera un échec.Je suis convaincu quil existe une volontépoli-tique suffisante pour faire du Sommet un succès. Il faut cependant canaliser cette volontépolitique. Pour ce faire, le temps est maintenant venu demener des consultations au plus haut niveau politique. 2. Il y a aussi le risque dun accord sans engagement. Cest pourquoiil est capital de développer les parte-nariats.Les entreprises, les organisations de la société civile et les pouvoirs publics semblent maintenant prêtsàprendre des engagements concrets et conjoints. Les initiatives dites WEHAB du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, joueront ici un rôle clé. Ces initiatives, en faveur de partenariats dans les domaines majeurs que sont leau, l’énergie, la santé, lagriculture et la biodiversité, serontélaborées plus avant dans les semainesàvenir.
3. Le troisième risque, cest labsence des chefs d’Étatà Johannesbourg. Notre signal en leur direction doit être :il fautêtre là”. Le travail restantà accomplir exigelimplication politique directe au plus haut niveau,àJohannesbourg, mais aussi durant les mois précédant le Sommet.
Nous avons ces trois risques là. Au stade actuel, il ne serait pas convenable dajouter de nombreux nouveaux textes. Les discussions de textes ressemblent tropà n laégociation dun contrat entre parties qui ne se font pas confiance. La confiance mutuelle peutêtre rétablie parle respect des accords.Concrètement, cela signifie :  les accords de Doha doivent queêtre mis enœuvre ; quil faut semployeràatteindre lobjectif des 0,7 % du PNB ; quil faut poursuivre sur la base des accords de Monterrey ; que les pays, lUnion européenne, le Japon, mais aussi la Russie doivent respecter le protocole de Kyoto. À la fin de lannée dernière, lagenda de Doha pour le développement aété arrêté. Les pays sy engagentà un élargissement concret de laccès aux marchés pour les produits des pays en développement, au démantèlement effectif des subventions agricoles etàun début dintégra-tion des accords environnementaux et commerciaux au niveau mondial. Le succès de la conférence de Monterrey a dépasséles attentes.Le flux total de fonds pour le développement est certes encore insuffisant pour atteindre les objectifs de développement du millénaire, néanmoins la tendance à baisse a laété enrayée. Nous devons consolider cette nouvelle bonne volonté. Nous le pouvons enétablissant des liens logiques entre ces engagements et en définis-sant lesétapes de la mise enœuvre lors du Sommet mondial.
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Compte tenu de ces succès relatifs, je vois la suite ainsi.  Faire de laugmentation de laide publique au déve-loppement un catalyseur pour accéderà dautres sources,en particulier dans les grandes entreprises et institutions. Les chefs d’État et les ministres devraient initier un dialogue avec des dirigeants de différents secteurs. Nous devonségalement réfléchir aux possibi-lités de générer des moyens supplémentaires, notam-mentàpartir du secteur privé, et de les canaliser vers le développement durable par le biais dincitations posi-tives données par les pouvoirs publics. Les gouverne-ments peuventégalementétudier des formes spéci-fiques dassainissement de la dette. Mais il ne suffit pas de faire rentrer de largent par le biais de laide publique au développement et de lin-vestissement directà l’étranger. Il faudra trouver des moyens de mise enœuvre,savoir gérer la mondiali-sation et définir des volets cruciaux du programme daction pour la réduction de lexclusion et de la dépendance.Il sagit de compléter avec créativité Doha et Monterrey, en les considérant comme une base et non pas comme un plafond. Lesétapes suivantes devront principalement viserà l’élargisse-ment de laccès aux marchés pour les produits des pays en développement, comme les matières premières, au développement des capacités dexporta-tion et au démantèlement des subventions néfastesà la durabilité.  Le flux de nouveaux moyens générés par Monterrey doitêtre mis en relation avec les objectifs de déve-loppement du millénaire.Cette correspondance doit absolument se faire sur la base de propositions tour-nées vers laction, comme celle de lOMS dans le domaine de la santé. Lapproche actuelle, où lon voit les pays donateurs indiquer séparément quils veulent canaliser leurs moyens vers le programme daction de Johannesbourg, doitêtre complétée par la mise au point dune méthode qui permettra de combiner ces moyens et de les mettre en liaison avec les objectifs de développement du millénaire. La quatrièmeétape est celle du respect par les pays donateurs de leurs engagements financiers. Par le passé, trop de promesses sont restées lettre morte. Outre les ministres de lenvironnement et de la coopé-ration, il importe donc que leurs collègues des finances participentégalementàcet engagement.
Johannesbourg est proche : lheure de véritéest proche. Nous savons quil est généralement plus compliquéde for-mer une coalition pour quelque chose que den constituer une contre quelque chose dessentiel, comme le terrorisme. Mais quil sagisse de pour ou de contre, la question sous-jacente est celle de savoir si nous sommes prêts, ensemble, àoffrir des perspectivesàla jeunesse actuelle et aux géné-rations futures.Avant lan 2015, il faut créer un avenir durable pourà pr peuès un milliard de nouveaux citoyens mondiaux,quiàce moment sont des enfants, ou même pas encore mis au monde. Il faut offriràces jeunes les perspectives de base suivantes : perspectives dune eau propreàla consommation et de la sécuritéalimentaire ; perspectives dun approvisionnement durable enénergie ; perspectives dune bonne santé un usage respon- par sable des ressources naturelles ; perspectives dune agriculture saine dans un cadre rural viable ; perspectives dune biodiversitégarante de la vie et de la sauvegarde desécosystèmes essentiels. Mais tout cela ne suffira pas. Il fautégalementà cette jeunesse de lemploi pour se réaliser un revenu ainsi quun accès assuréaux ressources.
Les trois piliers de la durabilité, les pilierséconomique, sociale et environnemental, sont liés de façon intégrale.
Pour toutes ces raisons, il doitêtre possible darriver, au plus haut niveau politique,àune coalition mondiale pour la lutte contre la pauvreté, une coalition pour le dévelop-pement durable, une coalition pour la civilisation, dans laquelle soit créée, aussi pour la génération suivante, un foyer en sécurité. Cela nécessite une coalition qui se matérialise dans un ensemble cohérent daccords concrets auxquels les parties se savent liées.
Dans cet esprit, lors du prochain sommet mondial, nous ne nous retournerons pas seulement sur lhéritage de Rio, mais nous regarderons aussi vers lavenir avec de nouvelles méthodes et unélan nouveau sur lesquels nous serons aussi jugés.
Cest ainsi que lagenda 21 et les objectifs de développe-ment du millénaire recevront la nouvelle impulsion néces-saire ; mais plus important encore, cestégalement ainsi que notre jeunesse du monde retrouvera des perspectives. Je vous remercie de votre attention.
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